06/04/2014

Captain America Le soldat de l hiver

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J'avoue, et vous l'aurez remarqué, que j'apprécie les super héros. Avec un recul et un regard critique bien entendu.

 

Alors, voici le second volet de la nouvelle franchise Captain America. Et là, angoisse : va-t-on voir une adaptation de la partie ultra patriotique et débile de Captain America ou celle, plus subtile, où se mélange la réflexion sur un monde avec une superpuissance omnipotente et une technologie qui permet de tuer n'importe quoi ou presque (drone, etc...). Et bien je vous rassure, c'est la seconde option qu'ont pris les studios Marvel, et ce n'est pas plus mal.

 

Voici donc Chris Evans qui reprend son rôle, dirigé cette fois par Anthonny et Joe Russo. On retrouve aussi Scarlett Johansson (qui joue de mieux en mieux) en Veuve Noire, accompagnée bien entendu de Samuel L. Jackson en Nick Furry (plus aussi sûr de lui) et l'arrivée du Faucon, sous les traits de Anthony Mackie est une super bonne idée.

 

Face à eux, c'est le "soldat de l'hiver", incarné avec brio par Sebastian Stan, et un congloméra du SHIELD, qui a à sa tête pas moins que le terrible Alexander Pierce, joué par Robert Redford, rien que ça.

 

Le scénario n'est réellement pas des plus innovant mais suffisamment bien fait pour qu'on ne s'ennuie pas, même s'il laisse son héro dans des postures encore trop lisses. Les pointes d'humour "Marvel" sont présentes et ça fait du bien. Les effets spéciaux sont très bons, tout comme la musique. Par contre la réalisation aurait mérité un peu moins de mouvements permanents et de nervosité, pour laisser s'exprimer mieux l'action.

 

Bref, ce second volet appel le troisième (et dernier normalement d'une première trilogie). Et je vous le conseil si vous n'attendez pas d'un film de super héro juste de l'action.

 

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01/04/2014

300 La naissance d’un empire

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Cette suite de 300 (8 ans après le premier film) n’était plus attendue. On en arrivait même à se dire qu’elle ne viendrait jamais. Et bien elle est aujourd’hui là, produite par Zack Snyder et dirigée par Noam Murro.

 

Que dire ? Visuellement c’est pas mal du tout, on retrouve le côté lissé et parfait du premier 300. C’est assez fort pour qu’on ne remarque même pas que l’actrice qui joue la femme de Leonidas a pris de l’âge tout comme Xerxes (merci les effets numériques). On découvre donc une histoire parallèle à celle de 300 et une explication de ce qui s’est passé pendant que les braves 300 (rappelons quand même qu’historiquement c’est faux ils n’étaient pas que 300) retiennent l’armée perse.

 

Le souci vient plus des acteurs et actrices. Le manque de charisme de Sullivan Stapleton se ressent une bonne partie du film, Eva Green en fait un peu trop pour être crédible, Lena Headey (Reine Gorgo, femme de Leonidas) est sous exploitée et Rodrigo Santoro (Xerxes) est trop peu présent durant le film. Au final, cela entraine quelques longueurs assez désagréables, et qui aurait pu être évitées par un montage plus énergique et des acteurs mieux utilisés.

 

Enfin, comme toute adaptation de Frank Miller, on ressent le côté très conservateur de la pensé de l’auteur de la BD, allant même jusqu’à glorifier la purification par la guerre (ce qui est éloigné de ce que prônaient les grecs de l’antiquité).

 

Au final, le film reste un bon moment de cinéma, mais qui aurait pu être bien meilleur. Ni une déception, ni un regret.

 

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14/03/2014

Robocop 2014

 

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Quand Robocop est rebouté, ça parait intéressant, mais quand ce n’est pas trop bien fait, c’est vite insignifiant.

 

Malgré les prestations excellentes de Joël Kinnaman (en agent Murphy, donc Robocop), Gary Oldman (excellent docteur), Michaël Keaton (en patron cynique) et Samuel L. Jakson (en présentateur télé réactionnaires), le film ne décolle jamais vraiment.

 

Non pas qu’il manque d’action, loin de là. Il en est au contraire truffé, allant même jusqu’à nous faire décrocher dans des scènes façon jeu vidéo Doom, le son « han han » à chaque balle prise dans les oreilles. Mais plutôt parce qu’il ne va pas au bout de son sujet.

 

Dans la version originale, Paul Verhoeven allait au bout de l’idée. Comment, mis face à une violence immense et difficile à comprendre, en vient-on à désirer un fascisme robotisé pour nous aider. Et comment, parce qu’il a une conscience humaine, l’incarnation de ce fascisme se retourne contre ses maitres. Mais là, José Padilha édulcore tellement son film (la violence est plus suggérée que montrée) et le fond politique : là où Verhoeven osait une charge lourde contre une société capitaliste et du tout contrôle, Padilha se contente de nous expliquer en quoi le capitalisme peut être gentil quand il est entre de bonnes mains. Du coup, on reste face à un bon film d’action, sans réelle profondeur.

 

Au final, on peut retenir que ce reboot n’est en soi pas un mauvais film, mais il est tellement éloigné de l’original que ça en fait un sous-produit, digne d’une série télévisée à gros budget. Calibré pour passer à 20h30 avec un seau de pop-corn sur les genoux, et les neurones pas trop branchés.

 

Vraiment dommage.

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12/02/2014

Petit retour sur la GPA

société,politique,gpa,lutte,homosexualité,anarchisme,féminisme,vie,enfant,enfanceVous le savez, j’avais pondu un texte sur la GPA il y a de cela quelques temps. Depuis, la vie m’a fait croiser des gens partisans, d’autres du même avis que moi, d’autres encore ayant eu recours à cette technique.

 

Face à l’insistance de ces derniers, qui me certifiaient que j’avais une vision tronquée et partiale (ce que je n’ai jamais nié) de tout cela, j’ai décidé de mener une petite enquête, en grande partie via le réseau internet, pour me faire une idée plus précise. C’est donc le résultat de nombreux échanges que je vous livre ci-dessous. Tout ce qui sera entre guillemets est issu de paroles brutes, que je retranscris sans fioritures.

 

La prise de contact

 

Pour prendre contact avec des gens ayant eu recours à la GPA ou l’envisageant, je me suis plongé dans les réseaux sociaux et forums spécialisés. Sans mentir sur mon intention ni qui j’étais, et prenant contact plus via messages privés que sur les fils de discussion. J’ai aussi eu des conversations « dans la vraie vie » comme on dit.

 

Premiers pas : la vision des femmes

 

Ce qui m’intéressait en premier lieu dans tout cela, c’est comment était perçue la mère porteuse dans le processus. Déjà, il y a eu combat sur les mots : la plupart refusent le terme de mère porteuse au profit d’un anglicisme de bon ton, surrogate mother. C’est amusant, car les réponses liées à cela que j’ai eu peuvent se résumer par cette réponse « tu comprends, c’est plus sain, les gens comprennent pas vraiment de quoi il s’agit et ça enlève le côté négatif du français ». Etrange envie de nier une réalité, celle décrite par mère porteuse ou de substitution.

 

L’une des raisons évoquées est que l’ovule / ovocyte implanté après fécondation n’est pas issu de la mère porteuse, mais d’une autre femme. Du coup, ce ne serait pas « son enfant ». Loin de me ravir, cette vision très biologique de la filiation me glace le sang. Il faudrait donc être des mêmes gènes pour parler de lien parents / enfants ? Quelle vision de l’adoption du coup ? Et quelle négation de ce qu’est une grossesse et de ce qu’elle entraine comme lien physiologique avec le fœtus.

 

« L’adoption j’y ai pensé, mais c’est long, et puis je voulais un enfant de moi, qui soit de moi ». Voilà, on sent l’envie d’avoir sa filiation génétique. « Après, ça va quoi elle le porte, mais bon elle n’est pas obligée de se dire que c’est le sien » m’a-t-on dit. Quand je demande « qu’entends-tu par « ça va quoi » ? » la réponse ne fait pas dans la dentelle : « une femme c’est fait pour porter des enfants, donc bon elle est faite pour ça » ou encore « une femme c’est un réceptacle, point. L’amour fera l’enfant ». Entre pathos et pathétique, une vision patriarcale et machiste fortement rependue, en particulier dans les milieux de papas ou futurs papas gays (j’ai aussi eu des liens avec des couples hétérosexuels ayant eu ou voulant avoir recours à la GPA).

 

Et c’est là que j’ai eu l’idée de demander comment étaient vu la mère porteuse pendant la grossesse. La majorité avait une vision distante, c’est le moins que l’on puisse dire. Même si certains m’ont rassuré sur leur volonté de créer du lien avec la mère porteuse (« Nous la voyons sur Skype régulièrement et nous allons aller là bas rapidement»), ou de s’enquérir du bon déroulement de la grossesse pour elle(« On est toujours là bas à ses côtés, pour suivre chaque étape, et prendre de ses nouvelles»).

 

« Ben c’est un peu son « job » si tu vois ce que je veux dire. Elle porte, et ensuite ben voilà quoi », « Après la nature les prévoit pour ça, donc bon, c’est pas comme si elle devait faire un truc qui la dépasse quoi » et le meilleur du pire « Merde, je peux pas porter une enfant elles peuvent bien faire ça pour moi ! ».

 

J’ai remarqué que plus la mère porteuse était issue d’un pays non « occidental », plus le mépris pour cette dernière était affiché. Comme une reproduction raciste de base. Vision confirmée par plusieurs dires, dont celui-ci : « Tu sais, c’est déjà pas facile d’être fils de pédé (notez que la personne ne connaissait pas encore le sexe de son enfant à ce moment-là) alors j’ai préféré une insémination d’un ovocyte blanc »… pour une GPA en Inde. Et là je découvrais que c’était en plus possible …

 

Personnellement, la majorité des discussions que j’ai eues m’ont glacées le sang. Entre négation du risque pour la mère,  voire négation de la personne porteuse, on n’était pas loin d’un discours finalement assez patronal et capitaliste. On te paie alors ta gueule comme dirait l’autre.

 

Le rapport à l’argent

 

C’est là que j’ai touché du doigt ce qui m’a le plus dérangé. Ce rapport au fric, et la notion que l’argent permet tout.

 

« Je vois pas pourquoi je me priverais d’être père parce que j’ai le fric pour le faire » ou « Bon et après tout, si je peux me le payer, pourquoi je ne le ferais pas ». Cette vision, très cynique et déshumanisante, était malgré tout assez présente. Je dirais majoritaire. Seulement, rare ont été ceux qui évoquaient « une possibilité pour tous à ouvrir en remboursant la GPA » par exemple. Non, on était souvent dans un rapport petit bourgeois du moi je peux donc je fais.

 

C’est là que l’on peut mesurer à quel point la pensée politique autour de la GPA n’existe au fond pas vraiment. Elle est pour l’instant majoritairement inscrite dans un rapport marchand. Sans réel recul ou pensée globale, excluant du coup les femmes.

 

Je dois avouer que l’argent est central dans la discussion de pas mal d’intervenant, elle revient en boucle, comme « moyen d’accéder à l’enfant » sans que ceux-ci ne mesurent à quel point c’est dérangeant. Une sorte d’achat … Je ne pense pas que la majorité le voit ainsi au fond, mais c’est ce qu’ils laissent transparaitre.

 

Le chantage à l’enfant

 

Ce sous chapitre est volontairement intitulé de façon « dure » mais c’est ce que j’ai ressenti durant ces discussions et rencontres. Comme cela concerne la venue au monde d’enfants, et donc de bonheurs, il semble interdit de critiquer le « comment ils sont arrivés là ».

 

« Tu ne peux pas parler de marchandisation, ce sont des enfants à la clef » ou « Mais tout cela c’est pour le bonheur d’un couple et des enfants à venir ». Sauf que ce n’est pas cela qui est en jeu, mais bien le lien et l’utilisation de la tierce personne par ledit couple, pour ledit enfant.

 

Ainsi très vite est balayé le fait des grossesses multiples : c’est deux fois plus de bonheur. Sans penser que c’est aussi dix fois plus de risques pour la mère porteuse ! La focalisation permanente sur l’enfant entraîne de fait une dépolitisation du propos au profit de l’affect et de l’émotion. Seulement, l’émotion et l’affect ce n’est pas toujours de très bon conseil … On en conviendra facilement en se souvenant que la haine est un affect.

 

Conclusion provisoire (ou pas)

 

Il est évident que je ne donne pas ici les sites et noms des gens que j’ai croisés. Tous ces agissements étant punis par la loi.

 

Par contre, je peux tirer une sorte de conclusion face à tout cela.

 

Ce sont deux points de vues tranchés qui s’affrontent : celui qui dit que le corps de chacun lui appartient, et que donc qu’il en fait ce qu’il en veut, y compris le vendre pour porter un enfant. Et celui qui pense que la société est aussi un moyen d’oppression, et que donc on ne peut pas dire que les gens aient réellement le choix à tous les coups.

 

Personnellement, de ce que j’ai entendu et vu, j’ai tendance à penser que c’est le second qui est le bon point de vue. En effet, la vision machiste et patriarcale fortement ressentie dans bien des discussions me laissent à penser que ce « droit à avoir un enfant » est du coup lié au fait de pouvoir disposer du corps des femmes, contre de l’argent.

 

Même si je ne doute pas de la sincérité de certains de mes interlocuteurs (minoritaires) et du fait qu’ils ne souhaitent à aucun moment user d’un droit lié à leur position dominante de mâles, blancs, riches (car ne nous mentons pas : une GPA ayant un coût entre 25000 et 90000 €, ce n’est pas donné à tout le monde), ce doute pour moi reste entier quant à la réelle motivation des mères porteuses, et le pourquoi du comment. Car en dehors de la pauvreté qui peut être un moteur, il convient de ne pas écarter non plus le poids de la société, celui de la religion (particulièrement vrai en Inde et aux USA) et du rôle donné aux femmes dans l’échiquier sociétal.

 

Pour moi, il convient donc de politiser le débat autour de la GPA, de le sortir de sa gangue purement émotionnelle et de poser les choses clairement sur la table. Où commence la liberté réelle dans une société capitaliste et purement inégalitaire me semble un bon angle d’attaque.

 

Vous l’aurez compris, je reste plutôt opposé à la GPA, mais je pense des plus important qu’un débat s’ouvre enfin sur cette dernière, et que l’on puisse y intégrer toutes les composantes, en premier lieu les féministes.

 

Voilà, ce billet n’a pas pour but d’être un article de fond, c’est un billet de ressenti et de réflexion. D’un gars qui se pose des questions sur le monde qui l’entoure, et qui n’a pas envie de rester sur un préconçu et un prémâché.

 

PS : ceci étant écrit, les enfants issus de GPA se doivent de ne pas être instrumentalisés politiquement, et donc d'avoir le droit de vivre sereinement. Du coup, je suis contre l'opposition à donner des papiers et des droits à ces enfants, ce qui est pour moi une peine injuste sur un début de vie.

10/02/2014

Jacky au royaume des filles

 

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Riad Sattouf nous revient avec ce film OVNI. Alors disons tout de suite : il a des lacunes, en termes de rythme mais aussi de narration. Mais on peut aussi dire une chose : ce n’est pas une comédie à la française, et ça n’a jamais eu la prétention de l’être. Là ce sont les critiques et autres spectateurs mécontents qui se sont fourvoyés.

 

Car Sattouf est un satiriste. Il fait dans l’observation douce-amère de notre société, de la vie, dans l’humour là malgré lui. Il n’est pas dans la gaudriole. C’est en cela que son film est puissant.

 

Car le réalisateur, en retrouvant ses acteurs et actrices fétiches, va dans ce film interroger bien des points. De la notion de religion, de pouvoir, de croyance, de genre, de haine, d’idée, de liberté, d’avancée sociales et sociétale. C’est autant de sujets qui sont, avec malices, soulevés dans ce film.

 

Charlotte Gainsbourg et Vincent Lacoste nous offre une prestation étonnante de justesse et de fantaisie. Anémone est une dictatrice hallucinante, appelant à aimer les chevalins plus que les humains. On retrouve aussi, dans des rôles étonnants, Michel Hazanavicius, Noémie Lvovsky, Valérie Bonneton, Anthony Sonigo et Laure Marsac. Sans oublier Didier Bourdon, mais qui lui n’est franchement pas terrible dans ce film.

 

Bref, avec ce film, Riad Sattouf ne fait pas dans le correcte, fait grincer des dents. Résolument athée, résolument pour l’égalité, dénonçant avec forces nos travers. Pas vraiment étonné que le film déplaise autant … Mais très heureux de l’avoir vu !

 

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24/01/2014

Ca fait genre

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Deux mecs qui discutent lors d’un atelier anarchiste :

- Dis, t’as vu y’a une réunion de féministes … Tu sais des anarcha-féministes. Et ben tu sais quoi, elles veulent que la réunion se tienne en « non mixité meufs, gouines, trans » et du coup elles demandent que les mecs cisgenres ne soient pas là. J’c’comprends pas …

- Ben tu sais, cisgenre, c’est que tu te reconnais dans ton sexe biologique, en gros, un mec qui a un pénis et se considère comme un mec, c’est un cisgenre.

- Ouais mais alors un mec qui se sent femme …

- Ben elle a le droit d’aller à la réunion.

- Il a le droit !

- Non, elle a le droit : son genre prime, donc elle !

- Ok, c’est compliqué. Mais je ne comprends réellement pas, on est tous des humains, merde, et moi je suis féministe. Je ne comprends pas pourquoi je ne pourrais pas aller à cette réunion !

- Bon, je vais prendre un exemple. Tu connais Angela Davis ?

- Ben ouais ! Quelle nana celle-là !

- Bon, tu sais ce qu’elle a fait pour « l’empowerment » et pour la lutte noire aux USA ?

- Ben ouais, mais je ne vois pas le rapport.

- J’y viens : Les Black Panthers avaient fixé une règle de non mixité pour certaines de leurs réunions. Ainsi, seuls les gens ayant du sang noir pouvaient venir. Ce n’était pas à toutes les réunions, mais c’était pour celle concernant en particulier l’oppression subie par les noirs du fait des blancs.

- Ouais et ben je vois, mais je ne comprends toujours pas le rapport…

- T’es sûr ?

- Ben quoi, là les noirs étaient oppressés par les blancs mais dans le cas … Ha merde je viens de comprendre ! Ben ouais les non mec cisgenre sont oppressés par les mecs cisgenres !

 - Ben ouais, voilà ! Et certes toi t’es peut être pas machistes et masculiniste, mais dans ces réunions, le temps passé à entendre « moi je ne suis pas comme les autres », c’est autant de temps perdu. Et puis, y’a aussi le fait que même si ce n’est pas ton cas selon toi, tu représentes les dominants, de par ton appartenance sexuelle, de sexualité et de genre. Du coup, c’est un peu comme dans une réunion de syndicat, tu n’invites pas le patron.

- Ouais ok je vois. Mais bon ça me fait un peu l’impression d’un rejet.

- Ben ce n’est pas à toute les réunions, t’es pas face à des misandres, mais pour parler de problèmes concrets, et parler ensemble, se remonter le moral parfois, mais aussi construire une autre société, les « opprimées » (note les guillemets, je fais un raccourci) doivent pouvoir parler entre elles. Et là c’est juste ce qui se passe : une réunion en non mixité c’est la mise en place d’outils de lutte spécifiques, sans interventions parasites de représentant des dominants. Sans présumer de la suite.

- Mais attends, on est des anarchistes, donc on n’est pas pour l’oppression ! On ne la pratique pas !

- Là tu n’es pas honnête : regarde nos compagnons, combien sont réellement sur un pied d’égalité avec leurs compagnes ? La plupart d’en eux se placent naturellement au-dessus ! Aux femmes la prise de notes dans les réunions, la mise en place du repas, la cuisine et la vaisselle, et à ces messieurs les débats de fond, les empoignades et la parole tout simplement !

- Ouais t’as pas totalement tord… T’as même raison …

- Sans parler de « voici MA femme » … Si ce n’est pas un instinct de propriété et de possession de l’autre ça ! Et en prime, t’ajoute à ça les blagues sexistes (et homophobes) « pour rire » et autres, et t’as la totale. Sans parler des viols et agressions que l’on tait dans nos milieux. Trop souvent.

- Ouais je comprends mieux. Mais alors, pourquoi j’ai eu ce sentiment d’un coup ?

- Surement parce que pour une fois, toi, mec cisgenre, t’étais pas au centre du processus ! Mais t’en fais pas, tu vas t’en remettre !

- Ben toi c’est pareil !

- Qui t’as dit que j’avais une sexualité non déviante, comme dirait Boutin ?

- Non pas toi, attend ça se verrait !

- Bon sang, avec toi y’a du boulot ….

 

Voilà, petit dialogue (presque) imaginaire dans un milieu militant anarchiste.

Comme quoi y’a encore du boulot … Globalement !

 

20/01/2014

Quand cesserons-nous nos conneries électives

politique,société,anarchie,municipales,élections,lutte,luttesVoilà maintenant plusieurs mois que je délaisse ce blog. Pas par manque de temps, non, plus d’envie. L’envie d’écrire me revient, mais c’est pour être surement encore plus acide que je l’ai été dans le passé.

 

C’est bien la mascarade actuelle qui me pousse à cette acidité. Parce que j’observe mes concitoyens comme on dit, des gens sympas pour la plupart. Et que je les ai vus encore une fois croire aux élections, se persuader que Hollande était de gauche, qu’il ferait une politique de gauche… Triste mascarade.

 

Et aujourd’hui je les vois s’étonner d’un soit disant virage de la politique du gouvernement qui semble devenir une chambre d’enregistrement du MEDEF. Semble seulement, car il suffit de lire ce que Hollande écrivait, ou de réécouter ses interviews avant mai 2012, pour voir qu’il n’a pas changé, et que de tout temps il a prôné un libéralisme bon teint. Cela fait mal à ceux qui ont appelé à « voter contre Sarkozy »… Soutien en fait entier de ce bon Hollande.

 

Bien entendu, Hollande se contre fiche totalement du sort des plus démunis et des travailleurs, comme de l’environnement, comme de l’égalité, comme du reste. Tous ces paramètres ne sont d’utilité pour lui que dans la logique de paravent au reste. L’utilisation du « mariage pour tous » et maintenant de Dieudonné, ajoutons sa vie privée, sont des exemples flagrants.

 

Car pendant ce temps-là, c’est bien une destruction en bonne et due forme qui est mise en place : plus dur pour les plus pauvres, le salariés, les migrants… C’est la pauvreté qui morfle pendant que les nantis se gavent. C’est la police qu’on lâche comme on lâche un chien d’attaque. Protection des riches, maltraitance des pauvres. La guerre des classes dans toute sa splendeur.

 

Mais ce qui me désespère le plus c’est que les municipales approchant, mes concitoyens ont comme une envie d’y croire de nouveau, comme les enfants croient au père noël. Envie pour certains de voter UMP pour voir si ça change quelque chose, d’autres Le Pen, histoire de tester le fascisme, d’autres encore Front de Gauche, sans voir que celui-ci est sous perfusion du PS, d’autres EELV, pour se donner bonne conscience écologique, sans voir que les écologistes de EELV sont au gouvernement … Et participent donc à la casse généralisée.

 

Bref, une nouvelle mascarade. Au lieu de se battre, au lieu de prendre leurs destins en main, la majorité va encore se précipiter aux urnes pour mieux déléguer et attendre tout d’une figure paternelle ou maternelle. Tels des enfants en manque de seins.

 

C’est un peu déprimant à force de voir à quel point la rhétorique capitaliste fonctionne. Qu’on croit encore à l’image sainte du politique pour nous sauver. Qu’on perd notre temps (pourtant précieux) à soutenir et porter ces roitelets au pouvoir.

 

La commune, c’est là que tout peut commencer. C’est l’espace idéal pour un autre possible. C’est l’espace adéquat pour penser à côté du capitalisme. Et le faire tomber.

 

En Espagne, de 36 à aujourd’hui, les exemples ne manquent pas de communes autonomes. Pareil au Chiapas, pareil dans bien des coins du monde. Sans parler de l’histoire, avec une Ukraine époque Makhno qui invente d’autres possibles.

 

Si nous n’osons pas, c’est plus par peur qu’autre chose. Si nous avons peur, c’est avant tout parce que nous refusons de voir le monde en face. De voir que nous sommes ceux qui produisent. Ceux par qui tout se fait.

 

Et donc nous voilà à encore attendre au lieu d’agir. De se dédouaner. De laisser faire. Pour la majorité.

 

Nous ne sortirons pas de cette société capitaliste sans changer notre propre perception des choses, mais surtout sans courage. Et le courage n’est pas le vote. Le vote est au contraire une perte de raison. Car la liberté coûte. Mais son prix est peu élevé, bien moins que celui de la lâcheté collective.

 

Voilà, ce blog reprend sa route.

10/01/2014

Pourquoi Dieudonné n'est pas fréquentable (ce sera tout pour moi sur ce triste crétin)

Voici un article écrit par quelqu'un qui a soutenu Dieudonné avant de s'en mordre les doigts.

Issu de : http://al-montpellier.over-blog.com/2013/12/pourquoi-dieudonn%C3%A9-n-est-pas-fr%C3%A9quentable.html

Mettons cartes sur table. J’ai fait parti des sempiternels soutien à Dieudonné, et il y a encore quatre ans, je participais à l’organisation de sa venue dans ma ville d’origine. Je n’ai jamais soutenu, et ne soutiens toujours pas, le fait d’interdire Dieudonné de jouer ses spectacles. Pour un certain nombre de jeunes, Dieudonné a même pu être source, à une époque, de prise de conscience politique en abordant et en dénonçant, avec humour, les dérives de la politique française et internationale. Lorsque nous parlons du cas Dieudonné, la question israélo-palestinienne n’est jamais loin. Son exclusion du monde médiatico-politique a débuté, notamment, au lendemain de son sketch chez Fogiel où il caricaturait un colon israélien. Encore aujourd’hui, les références à Israël ne manquent pas. Paradoxalement (ou peut-être pas), plus je prenais place, notamment, dans le mouvement de solidarité avec la Palestine, et moins je soutenais Dieudonné.

Une colère légitime

Dieudonné, lorsqu’il ironise sur la politique dans ses spectacles, aborde des thèmes très différents : dérive de la classe politique française, hypocrisie diplomatique… La concurrence des mémoires est un des premiers piliers « humoristico-politique » de Dieudonné. Un thème qui, à première vue, semble légitime, ou du moins, demeure un sujet de débat. Pierre Tevanian, dans un article intitulé Un négationnisme respectable, relève la manière dont les propos de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz qui ne seraient qu’ « un détail » de l’histoire ont entraîné une condamnation unanime de l’ensemble de la classe politique française ainsi que du monde associatif et du corps enseignant. À l’inverse, l’historien Max Gallo, fréquemment invité sur les plateaux télés, déclarait à propos du rétablissement de l’esclavage et de la traite négrière par Napoléon, ainsi que de son interdiction au territoire métropolitain aux « nègres et autres gens de couleur » : « Cette tache, car c’est une tache, est-ce que c’est un crime contre l’humanité ? Peut-être, je ne sais pas ». Ces propos furent réitérés, et Gallo n’a eut à affronter ni la justice ni la désapprobation du monde politique et associatif. Il en va de même, souligne Tevanian, pour « la colonisation, dont le caractère intrinsèquement criminel est largement nié ou minimisé, aussi bien dans la culture de masse que dans les programmes scolaires ».

Ne souhaitant pas me réapproprier des analyses, je me permets de poursuivre la citation de l’article de Tevanian : « le cas de Dieudonné est là pour nous rappeler les dérives auxquelles ce juste constat peut conduire s’il n’est pas réfléchi et analysé politiquement ». Dans ses dénonciations et ses actes, Dieudonné use à plein régime de provocations gratuites au point d’en faire oublier « la part de vérité sur laquelle viennent s’agréger rancœurs, amalgames et provocations racistes ». C’est sûrement ici que se situe la première dérive de l’humoriste. Singulièrement, il ne nie pas, directement, le fait même de l’Holocauste, mais ses célébrations et son emploi dans la sphère politique. Un sujet qui, tout en étant justifié, se doit d’être abordé de manière réfléchie et raisonnée (cf. Idith Zertal, La Nation et la mort ; Norman Finkelstein, L’industrie de l’Holocauste). Mais Dieudonné préfère en rire, parodiant dans divers sketchs, et dernièrement dans un film tout entier, des déportés dans un camp de concentration, ajoutant à ses personnages un goût immodéré pour l’argent. Selon lui, la mémoire du génocide des juifs occulterait les autres mémoires dans une abjecte concurrence victimaire.

Quiconque s’emploie à relire l’historiographie française se rendra compte assez facilement que ce n’est pas l’enseignement de la Shoah qui occulte les autres crimes. Dans les années 1950, 1960 et 1970, nous parlions très peu, voire absolument pas, du génocide des Juifs. Parlions nous pour autant davantage des crimes coloniaux ? Je ne le pense pas. Reprenons Tevanian : « La vérité, c’est que l’occultation du tort fait aux Noirs – comme du tort fait aux colonisés – repose sur des ressorts beaucoup plus anciens, profonds, puissants et complexes que la formation récente d’une mouvance sioniste ultra-droitière au sein des élites associatives juives de France. Si les Noirs sont injuriés, si leur mémoire est bafouée, si un Max Gallo peut en toute impunité et en toute innocence leur cracher son mépris à la figure, ce n’est pas « parce qu’une petite clique de Juifs fascistes en veut aux Noirs de concurrencer la Shoah » : ce qui est en cause, c’est la quasi-totalité des élites politiques françaises catholiques, protestantes, laïques, athées, républicaines, progressistes…, qui sont structurées par une idéologie, une culture et un imaginaire républicaniste profondément chauvins, ethnocentriste voire raciste. Ne pas prendre en compte le système politique qui est à l’origine d’un tort subi, en rabattre toute la responsabilité sur un groupe social délimité (en l’occurrence les extrémistes sionistes), tel est le premier faux pas qui conduit de la révolte légitime aux divagations racistes. »

Dans les bras de l’extrême droite

Dans ses premiers combats, Dieudonné s’inscrivait dans ce combat politique évoqué précédemment. Figure de la lutte antiraciste de gauche, il a été, peu à peu, dégoûté du milieu politique français. Sa première cible, les associations antiracistes, type SOS Racisme, et la gauche française qui semblait sourde à la prise en compte de ses revendications. Une nouvelle fois, sa rancœur peut sembler légitime. Voir SOS Racisme travailler main dans la main avec l’Union des Étudiants Juifs de France, organisation qui ne cache pas son soutien à la politique israélienne, ou encore s’afficher dans des manifestations aux côtés de la Ligue de Défense Juive (groupuscule violent ultra-sioniste), c’est bien évidemment nauséabond. Il en va de même pour un certain nombre de représentants de cette « gauche molle », aux avant-postes médiatique pour défendre les droits de l’homme et la dignité humaine, mais qui dans le même temps, par amour et/ou intérêt envers Israël, se taisent sur les innombrables crimes dont le peuple palestinien est victime. Évidemment, ils sont, sur bien d’autres sujets encore, éloignés d’un quelconque « socialisme », au sens idéologique du terme, les Roms le savent actuellement mieux que quiconque. Se reconnaîtront ici Manuel Valls, Julien Dray, Pierre Moscovici, Harlem Désir… Ecœuré, Dieudonné quitte la sphère politique, et enchaîne les rencontres, brisant les clivages droite et gauche, affirmant qu’ « il ne sait plus où est le bien et où est le mal ». Il nie ainsi l’hétérogénéité de la gauche française, et tourne le dos à toutes ces forces politiques, ces militants, ces élus, ces parlementaires, qui mènent leurs actions en adéquation totale avec leurs idéaux. Simpliste, le choix de Dieudonné de se diriger vers ses anciens ennemis était donc bien plus intentionnel que ce qu’il laisse à penser.

Sa rencontre avec l’essayiste Alain Soral, passé du PCF au FN, semble décisive. Tout autant nationaliste qu’homophobe, sexiste que fascisant, le fondateur du mouvement Égalité et Réconciliation s’inscrit dans la droite ligne des propos précédents de Tevanian. Soral est loin de reconnaître les crimes coloniaux, et méprise ceux qui défendent cette mémoire. Il admire le mouvement italien Casa Pound, qui se revendique de Benito Mussolini, et ne masque pas sa fascination pour les néo-nazis grecs d’Aube Dorée. Il œuvre pour un rapprochement entre l’Occident chrétien et le monde musulman afin de lutter contre « l’Empire ». Nul ne sait précisément ce qui se cache derrière ce terme, mais Israël et les États-Unis semblent en être les fers de lance. Musulmans et catholiques devraient s’allier contre les juifs et les protestants. Pourquoi ? Parce que juifs et protestants sont les créateurs du prêt à intérêt. Le prêt à intérêt n’est pas autorisé par le catholicisme ni l’islam, et il est la matrice de la finance mondiale qui permet d’asservir les peuples. Après cette rencontre, Dieudonné s’affiche sans problème avec des cadres de l’extrême droite française, considéré comme « victime » du système politique. Le symbole de ce rapprochement est sans aucun doute sa candidature en 2009 à la tête de la liste « Anti-sioniste », rassemblant à la fois Yahia Gouasmi, directeur du centre Zahra France et dirigeant de la Fédéraction Chiite de France, Alain Soral, mais aussi un cadre du Front National Jeune, un nationaliste catholique…

Sans forcément retranscrire toute l’histoire de Dieudonné, arrêtons-nous sur l’un de ses derniers faits d’arme : une interview, complaisante à souhait, de Serge Ayoub, aka Batskin. Figure des milieux skinheads d’extrême droite, il fut fondateur entre autre des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires et de Troisième Voie (dont je laisse à chacun de vous la liberté de lire leurs faits d’armes). L’interview vient se caler au lendemain de la mort de Clément Méric, étudiant et militant antifasciste de 18 ans, mort sous les coups de skins liés au mouvement d’Ayoub. Clément Méric se mobilisait pour toutes les causes qui lui semblait juste. Il participait aux manifestations parisiennes contre l’islamophobie, notamment la campagne « Mamans toutes égales », aux actions contre le mal logement, pour les sans-papiers, aux rassemblements de soutien au peuple palestinien, etc… Si Dieudonné laisse à Ayoub la possibilité d’expliquer ce qu’il veut, sans jamais être contesté ou remis en cause, il affirme à demi-mot que Clément Méric était proche de la Ligue de Défense Juive : « L’extrême gauche de Méric est, je l’ai découvert à ce moment là (cf. altercation sur un marché parisien entre des militants antifascistes et Dieudonné et son entourage), […] très proche des milieux sionistes, de la LDJ et ce genre de mouvements, plutôt protégé par la police ». L’interview se termine par une brève salutation : « nous avons nos différences, mais nous avons un même ennemi ». Certains s’amusent à noyer le poisson en évoquant les méthodes de lutte, jugées violentes, de certains milieux dits « d’extrême gauche ». Gardons à l’esprit que Serge Ayoub se bat pour une domination de race, un nationalisme exclusif, et plaide pour un régime politique d’inspiration fasciste. Clément Méric se battait pour une suppression des classes, une justice sociale, et contre la diffusion de toutes les idées haineuses, racistes et fascisantes, quelles soient portées par Ayoub, la LDJ ou Dieudonné.

Le mouvement de solidarité avec la Palestine

En tant que citoyen français, nous avons un rôle important à jouer dans notre pays sur la question palestinienne. La France a eut et doit retrouver son indépendance diplomatique afin d’agir, et d’être le fer de lance politique d’une lutte pour l’application stricte du droit international au Proche-Orient. Pour cela, il faut un mouvement de solidarité pour la Palestine qui soit fort, organisé et capable de relever des défis politique. C’est un rapport de force, tout est une question de rapport de force. Celles et ceux qui sont dans le mouvement peuvent en témoigner, les lignes ne sont pas enracinées, elles bougent, elles évoluent. D’année en année, de nouveaux députés nous rejoignent, de nouveaux élus ou simples citoyens partent sur le terrain afin d’œuvrer à une solidarité concrète, à un élargissement du front. Si les droits des palestiniens sont bafoués, c’est à nous de refuser que ceux qui soutiennent ce crime puissent influencer la politique de notre pays. Et eux, ce ne sont ni « les juifs », ni même forcément les « sionistes », mais simplement les soutiens à la politique israélienne. Et ce de la même manière que le mouvement de solidarité avec la Palestine n’est pas composée exclusivement que d’arabes ou de musulmans. Qu’apporte Dieudonné à ce mouvement de solidarité ? Rien.

En s’affichant comme soutien à la cause palestinienne tout en multipliant les dérapages et les provocations, Dieudonné sert les intérêts des soutiens à la politique israélienne. Ces derniers peuvent ainsi aisément mettre dans un même sac antisémites et anti-sionistes. Dans les faits, c’est encore plus clair. En 2004, malgré la désapprobation de Leila Shahid, représentante officielle de l’Organisation de Libération de la Palestine en France, Dieudonné conduit une liste EuroPalestine aux élections européennes. Plus récemment encore, des membres du Parti Solidaire Français (PSF), dont Emmanuelle Grilly – colistière de Dieudonné en 2009 – est l’une des responsables, s’affichaient discrètement dans une manifestation parisienne commémorant l’anniversaire de la Nakba (expulsion des Palestiniens de leur terre en 1948 afin de créer l’Etat d’Israël). Aussitôt démasqués, ils furent chassés du rassemblement par le service d’ordre. Le soir même, le PSF publiait un communiqué critiquant la présence dans la manifestation de l’Union Juive Française pour la Paix, parce qu’ils sont « juifs ». En Palestine comme en France, des Juifs sont engagés aux côtés du peuple palestinien. Le problème n’est pas ethnique, mais politique. Dieudonné aime jouer sur cette frontière en mélangeant l’ethnique, la religiosité, et le politique ; mais le danger intervient lorsque la frontière de l’humour et de la politique n’est plus identifiable, ou plutôt que les deux se trouvent volontairement entremêlés.

Certains lecteurs diront que ces écrits ne sont qu’une leçon de morale « d’un petit gauchiste », du bla bla politique. Au cours de mes lectures, je suis tombé sur une tribune du Parti des Indigènes de la République (PIR) à propos de Dieudonné, intitulée "Houria Bouteldja dénonce le rapprochement de Dieudonné avec l’extrême droite". L’intérêt est que le PIR est sans concession avec la gauche française et son « passé colonial », et ne peut pas être accusé de « solidarité politique » avec quelque partis que se soit. Je vous invite à lire l’article dans sa totalité, tant les mots de sa porte-parole, Houria Bouteldja, sont à ce sujet justes et pertinents. Je retranscris ici quelques extraits : « Nous n’avons pas non plus hésité à discuter avec lui, à le mettre en garde contre les conséquences gravissimes de ses prises de positions pour ce que nous pensions être nos causes communes, l’antiracisme et l’anticolonialisme (dont l’antisionisme est aujourd’hui une composante majeure). Catastrophés, nous l’avons vu, à chaque fois qu’il était l’objet d’une nouvelle campagne médiatique, glisser, déraper, aller toujours plus loin dans l’aberration politique. [...] Le message qu’il communique aux nôtres à travers ses prises de position politiques est extrêmement dangereux : l’extrême-droite est une « victime » du système politique, l’extrême-droite est antisioniste, l’extrême-droite est nationaliste tout comme nous, l’extrême-droite est donc notre alliée « naturelle ». Rien n’est plus faux ! L’extrême-droite n’est pas une « victime » du système politique, elle en est le produit ; elle constitue la tendance la plus dure du racisme français ; l’extrême droite n’est pas antisioniste (certains de ses courants sont pro-sionistes par haine des Arabes, d’autres se déclarent solidaires du peuple palestinien par haine des juifs en tant que juifs) ; quant au nationalisme de l’extrême-droite, c’est un nationalisme parfaitement impérialiste, colonialiste et raciste qui n’a rien à voir avec notre lutte pour la libération nationale des peuples opprimés. En s’alliant avec l’extrême-droite Dieudonné [efface] sans scrupules plus de quarante ans de lutte de l’immigration contre l’extrême-droite ; [il insulte] la mémoire de tous ceux qui se sont battus contre le colonialisme. […] Le combat antisioniste, le combat de Azzedine Elqassam, de Arafat, de Georges Habbache, de cheikh Yassine, le combat anticolonialiste et antiraciste de Mandela, Fanon, Césaire, Malcolm X, Angela Davis, Sankara, Lumumba et bien d’autres est beaucoup trop précieux pour le corrompre aujourd’hui avec une extrême droite française toujours fière d’avoir torturé en Algérie ; une extrême droite qui a organisé des ratonnades contre les arabes et les noirs ; une extrême droite qui dénonce l’islamisation de la France, qui exige toujours plus de répression contre l’immigration et dans nos quartiers, qui justifie la chasse aux sans papiers. Nous n’avons aucun intérêt commun avec ces gens-là. »

Dieudonné est exclut du mouvement de solidarité avec la Palestine. Il ne travaille avec aucune organisation sérieuse, et n’œuvre à aucun projet pour le peuple palestinien. Ses actes ne font que desservir la cause. Je ne parle pas ici d’humour, cela relève selon moi des goûts de chacun, mais de politique. Continuez à soutenir politiquement Dieudonné, le considérer comme un « héros anti-système », tout en prenant publiquement fait et cause pour la cause palestinienne, et vous ne serez, malheureusement, rien de plus qu’un idiot utile aux soutiens à la politique israélienne.

17:03 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société, politique, dieudonné, anarchisme, liberté, haine | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Albator Corsaire de l'espace

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Quant une adaptation d'un personnage aussi emblématique qu'Albator pointe le bout de son nez, et qu'on annonce en plus un redémarrage sur de nouvelles bases, on peut avoir peur.

 

Et pourtant, pas de quoi ! C'est juste une des plus belles productions japonaises de l'année. Des images à couper le souffles, des effets spéciaux superbes, une 3D utile et bien faite. Mais au delà de ça, voilà un scénario juste tordu à souhait mais qui laisse la place à l'action en prime.Et à une réflexion sur la liberté, nos choix et l'écologie.

 

Car Albator est entre l'anarchisme romantique et le taoïsme. Et cette oscillation est énormément bien retranscrite dans le film. Avec la force d'une narration intelligente et de dialogues tout sauf creux.

 

On attend avec impatience la suite de ces nouvelles aventures, de cette variation sur le thème de la liberté. Cela nous change des autres films calibrés pour ne pas gratter là où ça fait mal.

 

Albator, ou l'art de parler d'anarchisme sans en avoir l'air...

16:56 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, albator | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/12/2013

Parce qu'il y a ...

Parce qu'il y a des bretonnes et des bretons qui n'ont pas oubliés ce que veulent dire les mots lutte et accueil.

 

Merci !

 

Le Hobbit La désolation de Smaug

 

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Ce second volet du Hobbit, pivot de la trilogie, aurait pu donner quelque chose de mauvais, de trop poussif ou pire de trop long. Mais c'est l'inverse que Peter Jackson réussit : il redonne du souffle à sa trilogie, met une bonne dose d'action et se sert à merveille du monde créé par Tolkien pour nous faire rêver.

 

Rien à dire sur l'interprétation des acteurs, tous aussi bons les uns que les autres, même si on peut reprocher une longueur dans le film au moment où celui ci se centre sur les elfs. Mais rien de grave, et c'est bien vite qu'on replonge avec plaisir dans la suite. Les effets spéciaux sont épouctouflant et la 3D superbement gérée (la scène avec les araignées est grandiose). La musique est de toute beauté.

 

C'est avec une réelle impatience qu'on attend le grand final de cette "aventure inattendue" et on se surprend à se dire que décidément, ce réalisateur est un sacré filou.

 

C'est donc avec plaisir qu'on retrouvera Martin Freeman, Richard Armitage, Ian McKellen, Orlando Bloom, Evangeline Lilly, Kate Blanchet, Lee Pace, Luke Evans et bien d'autres dans le prochain volet.

 

Vivement !

15:43 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, film, hobbit | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

15/12/2013

Boutin ou la masturbation face aux transpédégoines en prison

politique,monde,société,boutin,homosexualité,anarchisme,anarchie,lutte,indeEt oui, elle a osé. Plus de limite pour l'intégriste Boutin, la Christine du Christ roi, celle qui ne serait pas homophobe mais qui pourtant vomit à longueur d’intervention sa haine des "déviants".

 

De quoi est-elle coupable aujourd'hui ? Après sa sortie pour cracher sur le cadavre de Mandela ? De rien de moins que de s'être réjouie que l'Inde remette en place une loi contre l'homosexualité. Une loi qui permet d'enfermer quelqu'un 10 ans parce qu'il n'a pas une sexualité hétérosexuelle. Oui vous avez bien lu : elle aime l'idée qu'on enferme des gens juste parce qu'ils n'aiment pas "dans la norme" comme elle dirait cette saloperie. Elle applaudit. Elle jubile. Elle se révèle.

 

Vous doutez de ce que je dis ? Voici son tweet :

 

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Vous ne rêvez pas. C'est bien une "leçon" que ces pays donneraient à la France. Elle rêve donc de pouvoir enfermer les transpédégouine en taule la mère Boutin. Première étape avant l'élimination peut être ?

 

La haine de la porte parole du Vatican en France, en mission pour le seigneur et son église, est là face à nous. Et nous n'avons pas d'autre choix que d'arriver à une conclusion : quand on cherche à nous faire disparaitre, il n'est plus temps de simplement parler. Il est temps de se battre, pied à pied.

 

Ni dieu, ni maître, ni ordre moral !