30/06/2014

Maléfique

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Quand Angelina Jolie se lance dans une production Disney, on peut s'attendre au pire. Et pourtant, on a là un objet cinématographique surprenant.

 

 

Certes, les effets spéciaux sont géniaux, les mondes créés superbes (même s'ils manquent parfois de surprise), l'interprétation de Jolie est top, les acteurs autour sont plutôt bons, le film est rythmé même s'il a parfois une tendance à la surenchère.

 

 

Mais l'étonnant ne vient pas de là. Mais plutôt des thèmes soulevées. D'abord celui de la colère qui nous pousse parfois à faire l'irréparable. Ensuite, la notion de "famille sociale" est mise en avant. Est-on avant tout l'enfant de ceux qui nous mettent au monde ou celui de ceux qui nous aiment ? Mais surtout, la remise à plat des notions de bien et de mal, de domination et de chef bienfaiteur sont parfaitement bien posés !

 

 

Angelina Jolie, par son interprétation tout en nuance, nous offre une vision profonde d'un personnage pas simple, complexe et fort. Et surtout, le côté non manichéen du film en fait la force.

 

 

A voir donc, pour la beauté, mais surtout pour le fond !

 

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29/05/2014

X-Men Days of future past

 

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Bryan Singer en réalisateur, on pouvait avoir un peu peur, parce que parfois, il en fait trop. Surtout avec un scénario jouant avec les boucles temporelles. Et pourtant non, il signe tout simplement un des meilleurs films de la franchise X-Men.

 

Réunissant à l’écran les « anciens » (qui sont donc les futurs) et les « nouveaux » (qui sont en fait ceux du passés) dans un même film, le casting est explosif. Hugh Jackman, James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence, Patrick Stewart, Ian McKellen, Halle Berry, Ellen Page et bien d’autres ! Juste énorme.

 

A noter que dans ce film, la meilleure performance revient à la sublime Mystique alias Jennifer Lawrence, qui offre à son personnage une palette d’émotions étonnante.

 

Les effets spéciaux sont bons et n’en font pas des tonnes (contrairement à d’autres films), le scénario est excellent, la musique tout simplement géniale dans l’accompagnement des scènes et la réalisation plus que soignée.

 

Vous passerez donc un excellent moment dans ce film ou Wolverine est renvoyé dans le passé pour changer l’avenir, et avec … diplomatie !

 

A voir donc, et on attend avec une réelle impatience la suite, prévue pour 2016, toujours avec le sorcier Singer aux manettes, qui semble avoir trouvé un ton plus adulte pour poser ses films.

 

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The Baby

 

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Prenez une technique (la caméra retrouvée), de mauvais acteurs, deux réalisateurs aux doigts palmés, une actrice qui en fait des tonnes et des effets spéciaux merdiques, et vous avez la daube de l’année. Ou autrement dit The Baby. Fuyez !

 

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The Amazing Spider Man 2 Le destin d’un héros

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C’est assez terrible. Si la nouvelle série de films sur Spiderman est intéressante, elle souffre depuis le premier film d’un défaut : Andrew Garfield, qui incarne le héros, semble sous exploité (même quand il porte le costume complet) par rapport à ses qualités d’acteur.

 

 

Mais en dehors de cela, Marc Webb signe un film intéressant, plus sombre que le premier, moins linéaire et surtout un peu plus mature. Du coup, on passe un bon moment et on est surpris par la qualité du scénario, bien moins simpliste que ce qu’on ne pourrait le croire de prime abord. Mais il faut avouer que parfois le film est sur le fil (de l’araignée …) à force de multiplier les sous intrigues (même si on comprend assez vite que la moitié ne sont que des introductions au troisième volet).

 

 

Le trio qui porte le film, Andrew Garfield, Emma Stone et Dane DeHaan, est tout simplement bon, même si je le redis, on sent qu’on ne les laisse pas aller pleinement dans leurs capacités d’acteurs. Par contre, on peut dire que Jamie Foxx est un méchant un peu too much, non maitrisé au final.

 

 

Côté effets spéciaux, on n’échappe pas au trop plein des films actuels. Et ce trop plein donne un côté parfois cartoon à Spiderman ce qui est bien dommage. La musique est assez bonne, et la touche « nostalgique » aussi (je vous laisse découvrir le pourquoi). L’apparition de Stan Lee (devenue une habitude dans les films Marvel) est bien trouvée aussi.

 

 

Bref, un assez bon film globalement, qui ouvre vers le suivant avec. Globalement, ce redémarrage de la franchise Spiderman n’est pas la catastrophe attendue, bien au contraire. Mais ne restera pas dans les mémoires pour autant.

 

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22/04/2014

Babysitting

 

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Philippe Lacheau (qu'on a connu par la télévision, dans "La Bande à Fifi") se lance dans le cinéma, en réalisant son premier film, et en s'offrant le premier rôle.Avec à ses côtés Nicols Benamou.

 

Les gags s'enchaînent, c'est bien écrit, énorme, drôle, bien joué (ce qui n'est pas simple : ne pas sonner faux quand on joue une bande de potes que l'on est hors écran). Le trio de tête (Philippe Lacheau, Tarek Boudali et Julien Arruti) est explosif. Viennent se greffer l'excellente Alice David et l’inénarrable Vincent Desagnat ajoutant une dose de folie bienvenue. Les seconds rôles sont de qualité : Gérard Jugnot, Clotilde Courau, Philippe Duquesne, David Salles et l’impeccable Chralotte Gabris ! Rien que cela !

 

Donc, autant le dire : c'est une comédie sans temps mord, qui évite le pathos, qui offre de bons fou-rires. Et qui détend ! A voir vous ne le regretterez pas ! Futur film culte ;)

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Divergente

 

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Quand on adapte une série de livres à succès, on a deux choix : réécrire un peu les choses pour maintenir un rythme réellement tenable au cinéma ou faire du ligne à ligne, chapitre à chapitre, au risque d'introduire des longueurs dans son film. Et bien, Neil Burger a choisi, pour notre plus grand malheur, la seconde option.

 

Nous voici donc dans un univers post appocalyptique sympathique, avec une base sympa : on sépare les gens en 6 catégories, 5 officielles, les factions, et une sixième, les sans-faction, les miséreux. Cela au nom de la paix et de la stabilité. Comme toujours. Seulement, lors des tests qui déterminent à quelle faction vous appartenez, si aucune ne colle, ou plutôt toute, vous voilà classé divergente, car capable de liberté, et donc ... A éliminer !

 

Alors, disons le, le casting pèche un peu aussi : Shailene Woodley ne tient pas son rôle titre très bien, parfois même de façon très caricaturale (mais peut être est ce la direction d'acteur qui pèche). Theo James quand à lui assure, même si son personnage aurait mérité plus de profondeur. Mais le gros loupé c'est d'avoir Kate Winslet dans le rôle de la méchante de service et de si peu l'utiliser !

 

Bref, ce n'est en soit pas un mauvais film, mais il ne laissera pas de trace indélébile dans l'histoire du cinéma de science fiction.

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06/04/2014

Captain America Le soldat de l hiver

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J'avoue, et vous l'aurez remarqué, que j'apprécie les super héros. Avec un recul et un regard critique bien entendu.

 

Alors, voici le second volet de la nouvelle franchise Captain America. Et là, angoisse : va-t-on voir une adaptation de la partie ultra patriotique et débile de Captain America ou celle, plus subtile, où se mélange la réflexion sur un monde avec une superpuissance omnipotente et une technologie qui permet de tuer n'importe quoi ou presque (drone, etc...). Et bien je vous rassure, c'est la seconde option qu'ont pris les studios Marvel, et ce n'est pas plus mal.

 

Voici donc Chris Evans qui reprend son rôle, dirigé cette fois par Anthonny et Joe Russo. On retrouve aussi Scarlett Johansson (qui joue de mieux en mieux) en Veuve Noire, accompagnée bien entendu de Samuel L. Jackson en Nick Furry (plus aussi sûr de lui) et l'arrivée du Faucon, sous les traits de Anthony Mackie est une super bonne idée.

 

Face à eux, c'est le "soldat de l'hiver", incarné avec brio par Sebastian Stan, et un congloméra du SHIELD, qui a à sa tête pas moins que le terrible Alexander Pierce, joué par Robert Redford, rien que ça.

 

Le scénario n'est réellement pas des plus innovant mais suffisamment bien fait pour qu'on ne s'ennuie pas, même s'il laisse son héro dans des postures encore trop lisses. Les pointes d'humour "Marvel" sont présentes et ça fait du bien. Les effets spéciaux sont très bons, tout comme la musique. Par contre la réalisation aurait mérité un peu moins de mouvements permanents et de nervosité, pour laisser s'exprimer mieux l'action.

 

Bref, ce second volet appel le troisième (et dernier normalement d'une première trilogie). Et je vous le conseil si vous n'attendez pas d'un film de super héro juste de l'action.

 

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01/04/2014

300 La naissance d’un empire

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Cette suite de 300 (8 ans après le premier film) n’était plus attendue. On en arrivait même à se dire qu’elle ne viendrait jamais. Et bien elle est aujourd’hui là, produite par Zack Snyder et dirigée par Noam Murro.

 

Que dire ? Visuellement c’est pas mal du tout, on retrouve le côté lissé et parfait du premier 300. C’est assez fort pour qu’on ne remarque même pas que l’actrice qui joue la femme de Leonidas a pris de l’âge tout comme Xerxes (merci les effets numériques). On découvre donc une histoire parallèle à celle de 300 et une explication de ce qui s’est passé pendant que les braves 300 (rappelons quand même qu’historiquement c’est faux ils n’étaient pas que 300) retiennent l’armée perse.

 

Le souci vient plus des acteurs et actrices. Le manque de charisme de Sullivan Stapleton se ressent une bonne partie du film, Eva Green en fait un peu trop pour être crédible, Lena Headey (Reine Gorgo, femme de Leonidas) est sous exploitée et Rodrigo Santoro (Xerxes) est trop peu présent durant le film. Au final, cela entraine quelques longueurs assez désagréables, et qui aurait pu être évitées par un montage plus énergique et des acteurs mieux utilisés.

 

Enfin, comme toute adaptation de Frank Miller, on ressent le côté très conservateur de la pensé de l’auteur de la BD, allant même jusqu’à glorifier la purification par la guerre (ce qui est éloigné de ce que prônaient les grecs de l’antiquité).

 

Au final, le film reste un bon moment de cinéma, mais qui aurait pu être bien meilleur. Ni une déception, ni un regret.

 

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14/03/2014

Robocop 2014

 

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Quand Robocop est rebouté, ça parait intéressant, mais quand ce n’est pas trop bien fait, c’est vite insignifiant.

 

Malgré les prestations excellentes de Joël Kinnaman (en agent Murphy, donc Robocop), Gary Oldman (excellent docteur), Michaël Keaton (en patron cynique) et Samuel L. Jakson (en présentateur télé réactionnaires), le film ne décolle jamais vraiment.

 

Non pas qu’il manque d’action, loin de là. Il en est au contraire truffé, allant même jusqu’à nous faire décrocher dans des scènes façon jeu vidéo Doom, le son « han han » à chaque balle prise dans les oreilles. Mais plutôt parce qu’il ne va pas au bout de son sujet.

 

Dans la version originale, Paul Verhoeven allait au bout de l’idée. Comment, mis face à une violence immense et difficile à comprendre, en vient-on à désirer un fascisme robotisé pour nous aider. Et comment, parce qu’il a une conscience humaine, l’incarnation de ce fascisme se retourne contre ses maitres. Mais là, José Padilha édulcore tellement son film (la violence est plus suggérée que montrée) et le fond politique : là où Verhoeven osait une charge lourde contre une société capitaliste et du tout contrôle, Padilha se contente de nous expliquer en quoi le capitalisme peut être gentil quand il est entre de bonnes mains. Du coup, on reste face à un bon film d’action, sans réelle profondeur.

 

Au final, on peut retenir que ce reboot n’est en soi pas un mauvais film, mais il est tellement éloigné de l’original que ça en fait un sous-produit, digne d’une série télévisée à gros budget. Calibré pour passer à 20h30 avec un seau de pop-corn sur les genoux, et les neurones pas trop branchés.

 

Vraiment dommage.

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12/02/2014

Petit retour sur la GPA

société,politique,gpa,lutte,homosexualité,anarchisme,féminisme,vie,enfant,enfanceVous le savez, j’avais pondu un texte sur la GPA il y a de cela quelques temps. Depuis, la vie m’a fait croiser des gens partisans, d’autres du même avis que moi, d’autres encore ayant eu recours à cette technique.

 

Face à l’insistance de ces derniers, qui me certifiaient que j’avais une vision tronquée et partiale (ce que je n’ai jamais nié) de tout cela, j’ai décidé de mener une petite enquête, en grande partie via le réseau internet, pour me faire une idée plus précise. C’est donc le résultat de nombreux échanges que je vous livre ci-dessous. Tout ce qui sera entre guillemets est issu de paroles brutes, que je retranscris sans fioritures.

 

La prise de contact

 

Pour prendre contact avec des gens ayant eu recours à la GPA ou l’envisageant, je me suis plongé dans les réseaux sociaux et forums spécialisés. Sans mentir sur mon intention ni qui j’étais, et prenant contact plus via messages privés que sur les fils de discussion. J’ai aussi eu des conversations « dans la vraie vie » comme on dit.

 

Premiers pas : la vision des femmes

 

Ce qui m’intéressait en premier lieu dans tout cela, c’est comment était perçue la mère porteuse dans le processus. Déjà, il y a eu combat sur les mots : la plupart refusent le terme de mère porteuse au profit d’un anglicisme de bon ton, surrogate mother. C’est amusant, car les réponses liées à cela que j’ai eu peuvent se résumer par cette réponse « tu comprends, c’est plus sain, les gens comprennent pas vraiment de quoi il s’agit et ça enlève le côté négatif du français ». Etrange envie de nier une réalité, celle décrite par mère porteuse ou de substitution.

 

L’une des raisons évoquées est que l’ovule / ovocyte implanté après fécondation n’est pas issu de la mère porteuse, mais d’une autre femme. Du coup, ce ne serait pas « son enfant ». Loin de me ravir, cette vision très biologique de la filiation me glace le sang. Il faudrait donc être des mêmes gènes pour parler de lien parents / enfants ? Quelle vision de l’adoption du coup ? Et quelle négation de ce qu’est une grossesse et de ce qu’elle entraine comme lien physiologique avec le fœtus.

 

« L’adoption j’y ai pensé, mais c’est long, et puis je voulais un enfant de moi, qui soit de moi ». Voilà, on sent l’envie d’avoir sa filiation génétique. « Après, ça va quoi elle le porte, mais bon elle n’est pas obligée de se dire que c’est le sien » m’a-t-on dit. Quand je demande « qu’entends-tu par « ça va quoi » ? » la réponse ne fait pas dans la dentelle : « une femme c’est fait pour porter des enfants, donc bon elle est faite pour ça » ou encore « une femme c’est un réceptacle, point. L’amour fera l’enfant ». Entre pathos et pathétique, une vision patriarcale et machiste fortement rependue, en particulier dans les milieux de papas ou futurs papas gays (j’ai aussi eu des liens avec des couples hétérosexuels ayant eu ou voulant avoir recours à la GPA).

 

Et c’est là que j’ai eu l’idée de demander comment étaient vu la mère porteuse pendant la grossesse. La majorité avait une vision distante, c’est le moins que l’on puisse dire. Même si certains m’ont rassuré sur leur volonté de créer du lien avec la mère porteuse (« Nous la voyons sur Skype régulièrement et nous allons aller là bas rapidement»), ou de s’enquérir du bon déroulement de la grossesse pour elle(« On est toujours là bas à ses côtés, pour suivre chaque étape, et prendre de ses nouvelles»).

 

« Ben c’est un peu son « job » si tu vois ce que je veux dire. Elle porte, et ensuite ben voilà quoi », « Après la nature les prévoit pour ça, donc bon, c’est pas comme si elle devait faire un truc qui la dépasse quoi » et le meilleur du pire « Merde, je peux pas porter une enfant elles peuvent bien faire ça pour moi ! ».

 

J’ai remarqué que plus la mère porteuse était issue d’un pays non « occidental », plus le mépris pour cette dernière était affiché. Comme une reproduction raciste de base. Vision confirmée par plusieurs dires, dont celui-ci : « Tu sais, c’est déjà pas facile d’être fils de pédé (notez que la personne ne connaissait pas encore le sexe de son enfant à ce moment-là) alors j’ai préféré une insémination d’un ovocyte blanc »… pour une GPA en Inde. Et là je découvrais que c’était en plus possible …

 

Personnellement, la majorité des discussions que j’ai eues m’ont glacées le sang. Entre négation du risque pour la mère,  voire négation de la personne porteuse, on n’était pas loin d’un discours finalement assez patronal et capitaliste. On te paie alors ta gueule comme dirait l’autre.

 

Le rapport à l’argent

 

C’est là que j’ai touché du doigt ce qui m’a le plus dérangé. Ce rapport au fric, et la notion que l’argent permet tout.

 

« Je vois pas pourquoi je me priverais d’être père parce que j’ai le fric pour le faire » ou « Bon et après tout, si je peux me le payer, pourquoi je ne le ferais pas ». Cette vision, très cynique et déshumanisante, était malgré tout assez présente. Je dirais majoritaire. Seulement, rare ont été ceux qui évoquaient « une possibilité pour tous à ouvrir en remboursant la GPA » par exemple. Non, on était souvent dans un rapport petit bourgeois du moi je peux donc je fais.

 

C’est là que l’on peut mesurer à quel point la pensée politique autour de la GPA n’existe au fond pas vraiment. Elle est pour l’instant majoritairement inscrite dans un rapport marchand. Sans réel recul ou pensée globale, excluant du coup les femmes.

 

Je dois avouer que l’argent est central dans la discussion de pas mal d’intervenant, elle revient en boucle, comme « moyen d’accéder à l’enfant » sans que ceux-ci ne mesurent à quel point c’est dérangeant. Une sorte d’achat … Je ne pense pas que la majorité le voit ainsi au fond, mais c’est ce qu’ils laissent transparaitre.

 

Le chantage à l’enfant

 

Ce sous chapitre est volontairement intitulé de façon « dure » mais c’est ce que j’ai ressenti durant ces discussions et rencontres. Comme cela concerne la venue au monde d’enfants, et donc de bonheurs, il semble interdit de critiquer le « comment ils sont arrivés là ».

 

« Tu ne peux pas parler de marchandisation, ce sont des enfants à la clef » ou « Mais tout cela c’est pour le bonheur d’un couple et des enfants à venir ». Sauf que ce n’est pas cela qui est en jeu, mais bien le lien et l’utilisation de la tierce personne par ledit couple, pour ledit enfant.

 

Ainsi très vite est balayé le fait des grossesses multiples : c’est deux fois plus de bonheur. Sans penser que c’est aussi dix fois plus de risques pour la mère porteuse ! La focalisation permanente sur l’enfant entraîne de fait une dépolitisation du propos au profit de l’affect et de l’émotion. Seulement, l’émotion et l’affect ce n’est pas toujours de très bon conseil … On en conviendra facilement en se souvenant que la haine est un affect.

 

Conclusion provisoire (ou pas)

 

Il est évident que je ne donne pas ici les sites et noms des gens que j’ai croisés. Tous ces agissements étant punis par la loi.

 

Par contre, je peux tirer une sorte de conclusion face à tout cela.

 

Ce sont deux points de vues tranchés qui s’affrontent : celui qui dit que le corps de chacun lui appartient, et que donc qu’il en fait ce qu’il en veut, y compris le vendre pour porter un enfant. Et celui qui pense que la société est aussi un moyen d’oppression, et que donc on ne peut pas dire que les gens aient réellement le choix à tous les coups.

 

Personnellement, de ce que j’ai entendu et vu, j’ai tendance à penser que c’est le second qui est le bon point de vue. En effet, la vision machiste et patriarcale fortement ressentie dans bien des discussions me laissent à penser que ce « droit à avoir un enfant » est du coup lié au fait de pouvoir disposer du corps des femmes, contre de l’argent.

 

Même si je ne doute pas de la sincérité de certains de mes interlocuteurs (minoritaires) et du fait qu’ils ne souhaitent à aucun moment user d’un droit lié à leur position dominante de mâles, blancs, riches (car ne nous mentons pas : une GPA ayant un coût entre 25000 et 90000 €, ce n’est pas donné à tout le monde), ce doute pour moi reste entier quant à la réelle motivation des mères porteuses, et le pourquoi du comment. Car en dehors de la pauvreté qui peut être un moteur, il convient de ne pas écarter non plus le poids de la société, celui de la religion (particulièrement vrai en Inde et aux USA) et du rôle donné aux femmes dans l’échiquier sociétal.

 

Pour moi, il convient donc de politiser le débat autour de la GPA, de le sortir de sa gangue purement émotionnelle et de poser les choses clairement sur la table. Où commence la liberté réelle dans une société capitaliste et purement inégalitaire me semble un bon angle d’attaque.

 

Vous l’aurez compris, je reste plutôt opposé à la GPA, mais je pense des plus important qu’un débat s’ouvre enfin sur cette dernière, et que l’on puisse y intégrer toutes les composantes, en premier lieu les féministes.

 

Voilà, ce billet n’a pas pour but d’être un article de fond, c’est un billet de ressenti et de réflexion. D’un gars qui se pose des questions sur le monde qui l’entoure, et qui n’a pas envie de rester sur un préconçu et un prémâché.

 

PS : ceci étant écrit, les enfants issus de GPA se doivent de ne pas être instrumentalisés politiquement, et donc d'avoir le droit de vivre sereinement. Du coup, je suis contre l'opposition à donner des papiers et des droits à ces enfants, ce qui est pour moi une peine injuste sur un début de vie.

10/02/2014

Jacky au royaume des filles

 

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Riad Sattouf nous revient avec ce film OVNI. Alors disons tout de suite : il a des lacunes, en termes de rythme mais aussi de narration. Mais on peut aussi dire une chose : ce n’est pas une comédie à la française, et ça n’a jamais eu la prétention de l’être. Là ce sont les critiques et autres spectateurs mécontents qui se sont fourvoyés.

 

Car Sattouf est un satiriste. Il fait dans l’observation douce-amère de notre société, de la vie, dans l’humour là malgré lui. Il n’est pas dans la gaudriole. C’est en cela que son film est puissant.

 

Car le réalisateur, en retrouvant ses acteurs et actrices fétiches, va dans ce film interroger bien des points. De la notion de religion, de pouvoir, de croyance, de genre, de haine, d’idée, de liberté, d’avancée sociales et sociétale. C’est autant de sujets qui sont, avec malices, soulevés dans ce film.

 

Charlotte Gainsbourg et Vincent Lacoste nous offre une prestation étonnante de justesse et de fantaisie. Anémone est une dictatrice hallucinante, appelant à aimer les chevalins plus que les humains. On retrouve aussi, dans des rôles étonnants, Michel Hazanavicius, Noémie Lvovsky, Valérie Bonneton, Anthony Sonigo et Laure Marsac. Sans oublier Didier Bourdon, mais qui lui n’est franchement pas terrible dans ce film.

 

Bref, avec ce film, Riad Sattouf ne fait pas dans le correcte, fait grincer des dents. Résolument athée, résolument pour l’égalité, dénonçant avec forces nos travers. Pas vraiment étonné que le film déplaise autant … Mais très heureux de l’avoir vu !

 

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24/01/2014

Ca fait genre

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Deux mecs qui discutent lors d’un atelier anarchiste :

- Dis, t’as vu y’a une réunion de féministes … Tu sais des anarcha-féministes. Et ben tu sais quoi, elles veulent que la réunion se tienne en « non mixité meufs, gouines, trans » et du coup elles demandent que les mecs cisgenres ne soient pas là. J’c’comprends pas …

- Ben tu sais, cisgenre, c’est que tu te reconnais dans ton sexe biologique, en gros, un mec qui a un pénis et se considère comme un mec, c’est un cisgenre.

- Ouais mais alors un mec qui se sent femme …

- Ben elle a le droit d’aller à la réunion.

- Il a le droit !

- Non, elle a le droit : son genre prime, donc elle !

- Ok, c’est compliqué. Mais je ne comprends réellement pas, on est tous des humains, merde, et moi je suis féministe. Je ne comprends pas pourquoi je ne pourrais pas aller à cette réunion !

- Bon, je vais prendre un exemple. Tu connais Angela Davis ?

- Ben ouais ! Quelle nana celle-là !

- Bon, tu sais ce qu’elle a fait pour « l’empowerment » et pour la lutte noire aux USA ?

- Ben ouais, mais je ne vois pas le rapport.

- J’y viens : Les Black Panthers avaient fixé une règle de non mixité pour certaines de leurs réunions. Ainsi, seuls les gens ayant du sang noir pouvaient venir. Ce n’était pas à toutes les réunions, mais c’était pour celle concernant en particulier l’oppression subie par les noirs du fait des blancs.

- Ouais et ben je vois, mais je ne comprends toujours pas le rapport…

- T’es sûr ?

- Ben quoi, là les noirs étaient oppressés par les blancs mais dans le cas … Ha merde je viens de comprendre ! Ben ouais les non mec cisgenre sont oppressés par les mecs cisgenres !

 - Ben ouais, voilà ! Et certes toi t’es peut être pas machistes et masculiniste, mais dans ces réunions, le temps passé à entendre « moi je ne suis pas comme les autres », c’est autant de temps perdu. Et puis, y’a aussi le fait que même si ce n’est pas ton cas selon toi, tu représentes les dominants, de par ton appartenance sexuelle, de sexualité et de genre. Du coup, c’est un peu comme dans une réunion de syndicat, tu n’invites pas le patron.

- Ouais ok je vois. Mais bon ça me fait un peu l’impression d’un rejet.

- Ben ce n’est pas à toute les réunions, t’es pas face à des misandres, mais pour parler de problèmes concrets, et parler ensemble, se remonter le moral parfois, mais aussi construire une autre société, les « opprimées » (note les guillemets, je fais un raccourci) doivent pouvoir parler entre elles. Et là c’est juste ce qui se passe : une réunion en non mixité c’est la mise en place d’outils de lutte spécifiques, sans interventions parasites de représentant des dominants. Sans présumer de la suite.

- Mais attends, on est des anarchistes, donc on n’est pas pour l’oppression ! On ne la pratique pas !

- Là tu n’es pas honnête : regarde nos compagnons, combien sont réellement sur un pied d’égalité avec leurs compagnes ? La plupart d’en eux se placent naturellement au-dessus ! Aux femmes la prise de notes dans les réunions, la mise en place du repas, la cuisine et la vaisselle, et à ces messieurs les débats de fond, les empoignades et la parole tout simplement !

- Ouais t’as pas totalement tord… T’as même raison …

- Sans parler de « voici MA femme » … Si ce n’est pas un instinct de propriété et de possession de l’autre ça ! Et en prime, t’ajoute à ça les blagues sexistes (et homophobes) « pour rire » et autres, et t’as la totale. Sans parler des viols et agressions que l’on tait dans nos milieux. Trop souvent.

- Ouais je comprends mieux. Mais alors, pourquoi j’ai eu ce sentiment d’un coup ?

- Surement parce que pour une fois, toi, mec cisgenre, t’étais pas au centre du processus ! Mais t’en fais pas, tu vas t’en remettre !

- Ben toi c’est pareil !

- Qui t’as dit que j’avais une sexualité non déviante, comme dirait Boutin ?

- Non pas toi, attend ça se verrait !

- Bon sang, avec toi y’a du boulot ….

 

Voilà, petit dialogue (presque) imaginaire dans un milieu militant anarchiste.

Comme quoi y’a encore du boulot … Globalement !