Basé sur le livre de Serge Halimi (qui cosigne ici le scénario) et mis en image par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, ce « film documentaire pamphlétaire » est à voir absolument !
Reprenant l’idée que, si les médias peuvent se voir en contre pouvoir, la plupart de ceux qui les font sont un peu trop liés à des intérêts privés ou de pouvoir pour que cela soit vrai. Et c’est ce qui ressort de ce film (et du livre dont il est tiré) avec moult exemples, démonstrations, peuvent apportées.
Au-delà de la connivence, le film démontre aussi l’homogénéité d’esprit qui règne au sein des grands médias (radios, télévisions, presse écrite et internet). La haine de classe s’exprime à plein, la construction de la dénonciation du pauvre comme problème, la condescendance envers les puissants. Et surtout, la manipulation engendrée par des points de vue convergents, comme par exemple vis-à-vis du capitalisme.
Car le film, implacablement (et avec humour) démontre le rôle de « chien de garde », et de prescripteurs d’opinions de ces nouveaux « érudits ». D’ailleurs, les experts médiatiques en prennent sacrément pour leur grade.
Rafraichissant pour qui, comme moi, lit « Médiacritique(s) » et ACRIMED régulièrement, mais assez décapant et instructif pour ceux qui pensent encore avoir à faire avec de l’honnêteté intellectuelle dans les grands médias.
Courrez le voir, il passe dans peu de salles, ou attendez la sortie DVD (mais commandez le).
J’ai longtemps hésité à écrire ce billet. Pas par crainte, mais parce que dès que l’on parle du livre de Stéphane Hessel, l’interlocuteur en face de vous (dans plus de quatre-vingt-dix pour cent des cas, même lorsqu’il ne l’a pas lu) semble renvoyer par son regard une idée du type « ce livre à tellement changé ma vie qu’il est plus puissant qu’on ne le pense ».
Je n’ai rien contre Stéphane Hessel, j’aurais même du respect pour le parcours de l’homme. Même si ses choix parfois me laisse plus septique (servir l’Etat, en tant qu’ambassadeur ou autre, en tout temps, est un choix, à ce niveau de responsabilité là, pas une obligation…). Mais l’homme de 94 ans bientôt ne m’énerve pas plus que cela.
Seulement, son livre, lui, me pose question. Soit je suis trop politisé depuis des années pour trouver dans ce livre un réel sursaut, soit je n’arrive pas à lire ce livre en faisant abstraction de l’auteur et de ses prises de positions. Autant je peux adhérer à une partie de l’indignation (une grande partie) soulevée dans le livre, autant je trouve cela un peu court. Oui ce livre brosse des sujets d’indignations, mais jamais, au grand jamais, de révolte. Tout au plus appelle-t-il à un esprit de résistance.
Et c’est là que le bas blesse pour moi : indigne toi, ok, mais ensuite, n’oublie pas de voter, de protéger l’état et la pyramide hiérarchique du monde… Et pourquoi pas d’ailleurs une sorte de gouvernement mondial, hein ? Etrange cette impression poste lecture (je l’ai lu pourtant trois fois)…
Et puis il y a Hessel : son soutien à Hulot (l’ami du patronat), puis à Aubry (la femme des 35h certes, mais surtout du gel des salaires et de la flexibilité offert au patronat) et maintenant Hollande… Ou pourquoi pas Bayrou. Bref une girouette, plus sociale démocrate / sociale libérale qu’autre chose. C’est donc ça, l’indignation, de l’eau tiède ?
Oui ce livre va dans le sens du « bon poil » pour les progressistes, mais il ne va pas loin. D’ailleurs sa « suite », Engagez vous ! (dont je ne ferais pas de billet), termine de convaincre le plus réticent d’entre tous que Hessel est tout, sauf un révolutionnaire, et surtout qu’il n’a peur que d’une chose, l’effondrement de la pyramide du pouvoir, autrement dit, de l’abolition des classes. Une plus juste répartition, d’accord, mais pas non plus une juste répartition…
Alors que dire ? De ne pas lire ce livre ? Non, je ne dirais pas cela. De le lire pour se faire du bien ? Même pas.
Je dirais : faites ce que bon vous semble, lisez le ou pas, faites vous un avis. Mais je reste persuadé que ce n’est surement pas ce livre qui ouvrira la voie d’un grand changement. Tout au plus une envie d’Etat providence doublé d’une bonne dose de proportionnelle.
Désolé, je sais que ce billet ne plaira pas, mais c’est en toute sincérité ce que j’ai pensé de ce livre, et pense des positions de Hessel.
Je suis mal à l’aise ces derniers temps. Mal à l’aise parce que je suis « membre de fait » d’une communauté appeler LGBTI ou Queer. Je me retrouve à l’observer (par goût) et ce que je constate ne m’amuse pas.
Mais que se passe-t-il dans la tête de pas mal de personnes ces temps-ci ? Pourquoi lis-je ou entends-je de plus en plus cette assertion que je pensais inimaginable ? Oui, depuis quelques mois maintenant, le vote Le Pen n’est plus tabou au sein de la « communauté ». Pire, il semble y prendre un poids bien au-delà du raisonnable.
Tout commence pour moi par des discussions, au départ sans fond politique, sur les réseaux sociaux (oui on a beau se dire que c’est de la merde, c’est prenant quand même). Ca part dans tous les sens ce genre de discussions, mais ces derniers temps, fréquemment, le dérapage est là très vite. Généralement, cela démarre avec une remarque sur « les musulmans ». Puis sur un supposé « intégrisme fort » pour se terminer par « moi, de toute façon, je pense qu’en 2012 je vote Le Pen, c’est la seule qui veut protéger les pd ». Oui je résume, en forçant très peu le trait ceci dit.
Qu’est ce qui peut pousser une minorité souvent mise à mal dans l’histoire comme au présent à accepter de voter, d’adhérer à des idées, contre elle-même ? C’est un peu le réflexe de l’ouvrier blanc contre le basané… Un oubli de classe ou de lutte commune au profit d’un égoïsme mal placé.
D’ailleurs, on voit même apparaitre sur Facebook des groupes du genre « les gays avec Marine » ou autre… C’est dire !
Il faut avoir la mémoire courte pour ne pas se souvenir des propos et écrits du parti de Le Pen père et filles. De la discrimination homophobe en passant par le rejet des séropositifs, la propagation de rumeurs infondées mais destructrices à propos de la propagation du SIDA, la haine viscérale affichée au moment du PACS. Tout cela serait oublié, du passé ? Il faut une grande candeur pour le croire !
En fait, la force de Le Pen, bien aidée par le gouvernement en place et certaines personnes de « gauche », c’est d’avoir réussi à instrumentaliser le fantasme autour des « musulmans » et d’avoir désigné avec force un ennemi intérieur au nom de la « laïcité » (autre mot qu’elle dévoie chaque jour). En s’appuyant là-dessus, elle peut dresser les opprimés les uns contre les autres. Au profit d’une seule chose : sa soif de pouvoir et de nuisance.
Faisant d’ailleurs oublier un peu vite que, globalement, toutes les religions rejettent les homosexuel(le)s et transgenres… Pratique quand on sait que le FHaine est un nid à catholiques intégristes !
Mais je suis dubitatif néanmoins sur la part que cela semble prendre dans le milieu gay (pour faire un raccourci).
Combien de temps a-t-on dû se battre pour obtenir la reconnaissance de nos morts sous les fascismes et autres barbaries dans le monde, pour qu’aujourd’hui on ose porter un parti dont la plupart des membres réécrivent l’histoire ? Combien de combats pour la reconnaissance des droits des malades pour aller vers un parti qui les méprise ? Combien de luttes encore à mener pour l’égalité des droits pour aller vers un parti qui nous promet une ségrégation bien propre ? Combien d’années de combat pour ne plus être vus comme des malades mentaux pour aller vers un parti où l’homosexualité est vue comme déviance ?
Bien que la proportion semble inférieure dans le milieu gay qu’ailleurs il ne faut pas nier que l'envies de vote (déjà, le vote...) pour Le Pen est en augmentation. Et cela ne peut que nous interpeler.
Chaque fois qu’un groupe, plus ou moins important, oublie la lecture de classe et d’oppression qui le concerne, il finit par voter ou adhérer aux pires idées, des idées contre lui-même, et qui, in fine, arrivent au pire.
Aujourd’hui, le virage à droite de la société est palpable, les idées merdeuses du FHaine se propagent, mais pire que tout, même certains de ceux qui devraient avoir le reflexe de combattre ces idées, ne serait-ce que par la « place » que leur octroie la société, se retrouvent à agir contre eux.
Certes, une sexualité ne fait pas le un vote, mais l’ostracisme qui entoure cette sexualité en question devrait pousser à penser autrement son rapport au monde. Ce n’est surement pas en opprimant d’autres minorités que l’on ira mieux.
Décidément, le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève.
La vidéo FACHOS.COM réalisée par le blog poisson-rouge.info a pour but de dénoncer les manipulations de l'extrême droite sur internet. En s'attachant à décrypter plus particulièrement les méthodes du site Fdesouche, elle tend à prouver que derrière des apparences consensuelles, il existe souvent un but politique dangereux.
Le saint président l’a dit : il va falloir continuer à réformer l’école. Et que met-il derrière tout cela (lui et ses penseurs) ? Et bien toujours la même logique : celle d’une école de la compétition doublée d’un système éducatif dévoué au monde du travail. Fin de l’émancipation du plus grand nombre, nous passons à l’étape du dressage.
Bien entendu, tout cela est toujours amené par de bons mots. Ils vont nous parler « d’autonomie » (pour ne pas dire dépendance au privé), de « d’effet de synergie » dans un pur style managérial, devenu norme dans nos sociétés. Tout est présenté comme une opportunité pour nos enfants, l’avenir du pays, la grandeur de la France (à grand coup de classements divers ayant pour but la guerre du savoir, au lieu de son partage).
Alors après avoir détruit l’université (en la livrant au privé, en créant encore et toujours plus de discriminations entre les enfants les plus riches et les plus pauvres), c’est maintenant aux lycées et au collège unique que les libéraux veulent s’attaquer (pas qu’UMP que ce soit clair, lisez les notes des cercle de pensée « de gauche », comme Terra Nova, pour voir que l’idée est plus répandue qu’on ne le pense).
Il y a du fric à se faire pour le privé. Après avoir réussi le tour de force de faire du PPP (Partenariat Public Privé) pour les prisons, c’est à nos « chères têtes blondes » que s’attaque le secteur privé. Mais cela ne suffisait pas ! Il faut que notre système éducatif devienne le lieu non de l’émancipation, mais du formatage pour le monde de l’entreprise.
Car qu’est-ce que visent réellement les potentats au pouvoir si ce n’est flatter encore et toujours ceux qui les ont aidé à arriver là ? Le rêve c’est les USA et le passé. Les USA pour le système « dit au mérite » (autrement dit à la naissance, au fric, plus qu’autre chose) et le passé pour l’idée de revenir aux « écoles de métiers ». Aux ouvriers et à leurs enfants la joie des « nouvelles formations ouvrières » (surtout dans l’aide à la personne aujourd’hui) et aux cadres / cadre sup et leurs enfants la joie de la reproduction sociale.
Car, si le système éducatif français tel qu’il existe (existait devrions nous dire) était largement critiquable, il avait au moins le mérite d’offrir l’opportunité d’une base commune, d’un vivre ensemble (à améliorer, certes) et d’ouvrir une réelle perspective d’émancipation (qu’il aurait fallu augmenter, certes) par son côté « touche à tout ».
Seulement, depuis plus de 30 ans maintenant, méthodiquement, tout est détricoté. De la carte scolaire qui est vidée de son but premier (la mixité sociale), en passant par l’Université qui se retrouve dépendante des fonds privés (pour la recherche comme pour les moyens d’enseignements) pour survivre, en ajoutant l’apprentissage dont l’âge d’entrée a été diminué au profit de filières directes, véritable enfermement dans un métier.
Tout est mis en place pour une reprise en main par le « monde de l’entreprise » du système scolaire. Dans un seul et unique but : un retour en arrière fort, une obligation de dépendre du monde de l’entreprise.
Car là où le chômage a joué son rôle « régulateur des luttes » espéré par le patronat ces dernières années, il ne suffit plus. Et c’est bien pour tenter de pallier à un soulèvement d’ampleur que les liens entre « métiers » et « formation éducative » sont resserrés.
Imaginez demain l’université Auchan, l’école primaire MacDonald, etc… Retour aux « écoles professionnelles » comme les écoles Renault ou Michelin du passé. Enfermement du travailleur dans le moule patronal, incapacité d’en sortir et de faire contrepoids. Acquis de base limité au métier, pour une exécution plus facile et rapide. Robotisation de l’humain.
Bien entendu, certains parlent des forces syndicales qui pourraient s’opposer à cela, retrouver leurs rôles avant tout émancipateurs. Peut-être, mais en combien de temps ? Et sur quelle base, quels moyens, dans une société ou la capacité d’émancipation se rapprochera de zéro de plus en plus (on ne demande même plus de savoir lire, mais de savoir exécuter aujourd’hui). La télévision a lobotomisé les esprits en quelques années, imagine-t’on réellement que la fin de la lecture aidera en plus ?
Au final, la destruction de l’école « républicaine », même si elle pouvait être un but quelque part pour aller vers une école plus libertaire, se fait aujourd’hui vers l’excès (l’extrême) inverse. En tuant le peu de collectif que l’école offrait, les tenants du libéralisme économique (capitalisme) sont parvenus à faire de l’école ce qu’elle ne doit pas être : un énorme centre d’apprentissage professionnel. Avec en plus une propension très élevé à la reproduction sociale, propension qui n’ira pas en s’arrangeant.
Alors bien entendu, il nous faut, tous, être aux côtés de ceux qui luttent (et donc lutter) pour sauver l’école. Tout en gardant en mémoire que ce n’est qu’une étape pour aller ensuite vers une autre école, plus émancipatrice et ouverte.
Sans quoi, nos enfants risquent de vivre la fameuse révolution internet et des techniques de communication de la pire façon qu’il soit : en étant eux-mêmes transformés en simple donnée d’un jeu comptable entre multinationales.
PS : volontairement, ce texte se concentre sur l’école. Il est évident que la misère va aussi en augmentant, et que les laissés-pour-compte du système servent avant tout le système lui-même, en tant que repoussoirs. Avec comme phrase clef : « Estime-toi heureux d’avoir du travail, toi au moins t’es pas à la rue / au chômage ».
Le livre de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon est plutôt très intéressant dans son étude de ce qu'est la sociologie de notre époque et ce que sont les dérives du sarkozysme. Expliquant avec moult exemples que ce sont avant tout (et seulement en fait) les riches qui tirent leur épingle du jeu de la période Sarkozy.
Instructif, fort, profond, le livre souffre néanmoins d'une chose : il est chiant. Oui désolé de le dire comme cela, mais l'écriture est plate, empathée, très accadémique... et les auteurs "se lisent parfois plus qu'ils ne cherchent à nous faire lire" (on aurait dit s'écoute parler). On s'ennuie vite à la lecture, pas par les choses mises en valeurs (très intéressantes) mais par le style... Et puis la fin, les perspectives, me semblent ne pas aller de soit, être un peu ampoulées pour ne "blesser personne à gauche, et surtout pas le PS"...
Bref, pas un mauvais livre, mais avec une restriction sur le style. Hors comment toucher le plus grand nombre quand on parle au plus petit ?
Je m’amuse en ce moment à regarder se battre les chiffonniers pour la présidentielle. De petites phrases en moment de pur vide, c’est la danse du ventre des potentats qui demande la mandature suprême (de poulet ?).
Les voilà donc à s’offusquer d’une petite phrase soit disant insultante (parait que le winner du PS aurait traité le poulain pas déclarer de l’UMP de pauvre mec, ce qui mérite bien une polémique hein…) plutôt que de parler de leurs « programmes » ou autres. Et de faire de la surenchère sur la « fonction qui se respecte » (mon cul !) et sur des choses comme ça. Pensez donc madame Michou, ce n’est pas bien d’insulter la « fonction présidentielle »… Tout ça pour une insulte de bac à sable de Neuilly, un pauvre mec lâché comme ça.
Sauf que le souci de madame Michou est autre : ce sont les mêmes qui viennent de lui coller « de la rigueur dans les dents ». Elle voit tout augmenter, elle ne peut plus se soigner correctement, elle voit ses enfants / petits enfants ne plus trouver de travail, elle les voit galérer à l’école, une école diminuée (et ce n’est pas terminé à en croire le nain en chef, qui veut exploser totalement l’école au profit du privé, et des entreprises). Oui madame Michou se demande ce qu’elle peut bien en avoir à faire que « sale type » ou « sale mec » soient insultant pour la fonction présidentielle ?
Tout cela, c’est du vent, de la fumer pour planquer l’incendie. Car le PS, comme l’UMP, comme EELV, comme le MODEM, comme … ben comme presque tous (et ne parlons pas du FHaine, cet allié objectif de l’abject permanent) ne cherchent qu’une chose : avoir la pouvoir pour le pouvoir. Aucun n’a envie de s’opposer aux marchés, c'est-à-dire au capitalisme. Tous veulent, au pire, l’accommoder, au mieux le « moraliser ». Le contraindre. Sans voir qu’un système n’est pas une chose pensante, mais la somme d’actions humaines. Sans voir que le capitalisme, qui a pour but la richesse par l’accumulation et la spéculation, ne peut être sain compte tenu du fond de départ.
Non, tous jouent à « c’est moi qui est la plus grosse force de frappe » sans se soucier de s’attaquer au cœur du problème. Focalisant sur du secondaire, du vent, du spectacle au lieu de parler du fond.
Car cette classe dirigeante issue de la bourgeoisie (un ex avocat, un énarque, une juge d’instruction, une avocate, etc…) ne veut pas voir les privilèges de son camp, sa classe, diminuer. Non, ils sont là pour « passer les plats » de l’acceptation de la « crise » par le bon peuple, pour qu’il se taise, qu’il ne se prenne pas en main. Tels des parents étouffants, ils cherchent à démonter que « eux savent » et qu’ils peuvent « faire » alors que le bon peuple doit suivre. Infantilisant le plus grand nombre, par la peur, la force ou la crédulité.
Seulement, si l’on regarde objectivement les choses, que savent-ils ? Que font-ils à part suivre ce que demandent « les marchés », autrement dit les riches ? Quelles actions à part mette en place une politique de classe, qui garantisse aux plus aisées de ne rien perdre et de l’être encore plus … sur le dos des mêmes, des autres.
Les aspirations de la classe moyenne à vouloir vivre au dessus de ses moyens (crédits, multiples voitures, télévisions, etc…) les aide en prime à imposer cela. Car qui pense posséder par l’objet finit par être possédé par lui.
Revenons à madame Michou. Elle, comme nous, va avoir le choix. Celui de suivre le troupeau et d’aller dans le sens du Spectacle. Celui de se rendre vers la haine, et de voter pour les solutions fascisantes. Celui de lutter, de s’organiser, d’être ensemble.
C’est la dernière solution qui offre une réelle perspective de sortie du capitalisme, de changement de société en profondeur et d’utopie. Mais c’est la voie la moins prise en ce moment par les gens. Il va donc falloir passer du temps à donner l’envie, donner l’espoir.
Que ceux qui pensent que la solution passe par la radicalité des changements se doivent aujourd’hui de s’interroger sur comment faire de cette idée une réalité. Comment redonner l’envie. Comment fédérer. Comment ouvrir les portes et les fenêtres pour que même madame Michou ait envie de jeter un œil, puis de passer le seuil.
Je n’ai pas de solutions miracles, mais je sais que cela ne passe pas par les élections. Qu’il va falloir bien plus. Il va nous falloir créer des « à côté ». Créer des espaces de liberté, de discussion, de dialogue. Créer des modes de vies différents, des moyens d’échanges autres. Ouvrir des perspectives hors du capitalisme et de ses pis-aller.
Nous ne devons pas nous dire que nous ne pouvons rien faire ni construire, mais au contraire que nous sommes les seuls à réellement faire. Leurs richesses ne dépendent que de nous, de notre travail et de notre consommation. La clef est en réalité bien plus dans nos mains que dans les leurs.
A nous maintenant de construire demain. Sur des bases libertaires, décroissantes, féministes et sociales.
Voilà un film qui surprend, prend au tripes, ne les lâches pas et vous fera verser des larmes de bonheur.
Audrey Tatou y es simple, subtile, tout en douceur. Peut être un peu trop "femme enfant" mais bon, c'est un choix. François Damiens est très bon, dans un rôle où on ne l'attend pas une seconde. Toute en nuance, faisant passer par le regard plus que par le geste. Délicat, en somme... A noter au casting Pio Marmaï toujours excellent, tout comme Mélanie Bernier et Joséphine de Maux.
On peut reprocher aux réalisateurs, dont c'est le premier film, quelques maladresses (des plans assez étranges, dont on cherche le sens) mais globalement le film se tient. C'est un film léger, tendre, qui s'assume comme tel. Ne pas y chercher non plus autre chose, si on veut passer un bon moment. Stéphane Foekinos (et son frère, David, dont le roman sert de scénario au film) s'en tirent avec les honneurs.
La musique, d'Emilie Simon, est excellente et souligne magnifiquement le film.
Un film à voir pour ceux qui aiment à passer plus d'une heure dans le coton de l'amour délicat. A déconseiller aux autres.
Valérie Pécresse, ministre de son état, nous refait le coup de la haine des autres, les pas comme nous, ceux qui ne vivent pas dans une grande ville... La vidéo date de 2010, mais elle est toujours d'actualité pour se souvenir de qui est aujourd'hui représentante de la "France".
La haine de classe dans toute sa splendeur, racisme sous jacent en plus. Ou comment le Grand Paris (idée ménée aussi bien par le PS que l'UMP) n'a d'autres ambitions que de créer une zone de riches.
A voir.
En réponse, cette note sur l'économie du don, datant de 2002... Mais qui n'a pas pris une seule ride. La vie est un choix, et il faut savoir choisir son camp.
UNE ECONOMIE DU DON
Notes sur les alternatives à l’économie de marché
lundi 14 octobre 2002
Il y a beaucoup de choses négatives dans l’économie capitaliste. En tout premier lieu son inégalité, inhumaine et révoltante. Le capitalisme est mû par l’exploitation. Sous la garantie de l’état, il gaspille et conduit à une perpétuelle surproduction dans certaines régions du monde alors que dans d’autres il organise la pénurie ou la famine. Pour masquer ces réalités, il évoque des "lois économiques". Ces lois ne reposent sur rien. Ce sont des mythes. A l’inverse, beaucoup de choses qu’il raille dans d’autres formes possibles d’économie paraissent, à l’analyse parfaitement réaliste. Essayons d’en poser quelques grands principes.
MYTHE N° 1 : Nous ne travaillerions pas s’il n’y avait pas d’argent.
C’est le premier grand mythe pour justifier l’oppression capitaliste. Et il ne résiste pas à la confrontation avec les faits : En Grande Bretagne , 60% du travail n’est pas rémunéré [1]. Il est effectué volontairement, bénévolement, par des parents ou des personnes concernées, des voisins ou autres personnes "généreuses". Autrement dit, une grande partie de notre société est déjà organisée autour de l’économie de don. La seule raison pour laquelle elle ne l’est pas entièrement réside dans le fait qu’ul petit nombre de personnes peuvent accroître leur capital par l’esclavage salarié des autres. El la seule raison pour laquelle nous ne sommes pas plus nombreux à être "généreux" et que nous sommes obligés de travailler comme des brutes pour joindre les deux bouts, dans une société où on nous apprend à être égoïstes, mesquins et peu fiables. La nature humaine est partageuse. La société est issue de la coopération. Notre espèce à survécu parce que nous nous sommes rassemblés. Et c’est bien grâce à la force de notre instinct de don que notre société est encore assez coopérative, malgré les efforts du capitalisme pour transformer toutes les relations humaines en relations commerciales.
MYTHE N° 2 : Si tout était gratuit nous viderions les magasins.
Dans une certaine mesure, l’éducation et la santé (deux biens fondamentaux) , parfois les transports, sont déjà gratuits depuis longtemps (malgré les efforts acharnés du capitalisme), ainsi que de nombreux autres services, marchandises, etc. Or, en général, les gens ne prennent pas ce dont ils n’ont pas besoin. C’est lorsqu’il y a pénurie que les gens peuvent se conduire égoïstement. Dans une société basée sur le don, il n’y aura pas de pénurie (si vous voulez savoir pourquoi prenez la peine de terminer cet article). Aujourd’hui, un des gros problèmes créé par l’argent c’est qu’on peut le cacher. Donc, personne ne sait ce que possèdent les autres, et ceci crée un problème de méfiance et développe l’égoïsme. Si l’argent et les possibilités d’accumulation disparaissent, c’est à l’inverse le sens de la coopération qui est développé. Débarrassons nous des actions, de l’accumulation du capital, des primes, et chacun de nous saura où il en est.
MYTHE N° 3 :Le capitalisme est bien organisé : La demande dirige la production. "Le client est roi".
En tant que consommateurs, nous sommes censés diriger l’économie en "exigeant" en quelque sorte les produits que nous voulons. Ensuite, nous les fournissons en tant que travailleurs-producteurs. Entre parenthèses, un sous-mythe veut que l’économie soit composée de consommateurs et de producteurs. En fait, nous sommes les deux en même temps et les deux groupes économiques vraiment distincts sont les masses populaires d’une part et les quelques décideurs - patrons qui en tirent profit de l’autre.
Dans les faits, les patrons planifient la production pour faire des profits et seulement profits, pas pour satisfaire les besoins des gens. Ils provoquent la demande par le marketing, les techniques publicitaires, ... La production est hautement planifiée. Ils ne pourraient pas se permettre d’installer une chaîne de montage moderne, de mettre des marchandises sur le marché pour découvrir que personne n’en veut. Donc, ils planifient la production après avoir créé la demande.
MYTHE N° 4 : L’argent fait le bonheur.
L’argent fait le bonheur, puisqu’il concentre les ressources et la richesse dans peu de mains. Si le capitalisme était conçu pour satisfaire les besoins ou créer du bonheur, alors, ceux qui planifient la production choisiraient de produire pour ceux dont les besoins de base ne sont pas satisfait. Au lieu de quoi, le système centré sur la profit s’assure qu’il ne fabrique des marchandises que pour ceux qui peuvent les payer et dont les besoins de base sont déjà satisfait. Hormis le fait que ces riches sont dévorés de culpabilité (ou devraient l’être), il est évident qu’un enfant de cinq ans peut comprendre qu’un système basé sur le profit, et non sur les besoins n’est pas une économie juste.
Après avoir vu quelques uns des grands mythes qui soutiennent le capitalisme, il est possible d’envisager, dans les grandes lignes, les principes sur lesquels pourrait reposer une économie du don.
PRINCIPE N° 1 : Économie fédérale
Les communautés locales et les fédérations de communautés seront autonomes en ce qui concerne les formes d’échange utilisée, en vert d’autres principes de base de l’anarcho-syndicalisme que nous allons évoquer. Il n’y aura pas d’état.
PRINCIPE N° 2 : Éviter les écueils du capitalisme
Il n’existera ni mécanisme de profit, ni possibilité de concentration du capital et de la richesse. En d’autres termes, personne ne possédera ou n’emploiera d’autres personnes. Toutes les marchandises et les services seront fournis selon les besoins, et les gros tas d’argent deviendront des gros tas de métal et de papier, sans aucune utilité.
PRINCIPE N° 3 : La démocratie
Ici encore, il faut déjouer les mythes et les utilisation frauduleuses du mot. La démocratie signifie que toutes les organisation et les communautés doivent être dirigées collectivement et contrôlées grâce à la démocratie directe. En démocratie directe, on commence par des assemblée générales. Au travail, tout le monde y est invité et participe également. Au niveau de la rue, du village ou du quartier, c’est la même chose. Quand les entreprises ont besoin de communiquer, par exemple pour planifier leur production, pour l’utilisation des ressources... ou quand les communautés ont besoin de coordination, chaque assemblée générale peut désigner des délégués, des personnes mandatées et révocables à tout moments. En d’autres termes, les délégués ne doivent agir que dans le cadre précis défini par l’assemblée générale et cette dernière peut toujours les révoquer.
PRINCIPE N° 4 : Remettre la propriété à sa place.
La possession d’un bien signifie le droit d’en priver les autres et d’en tirer profit ( puisque, même si vous n’en avez pas besoin, vous continuerez à en exiger le loyer, les intérêts... auprès de ceux qui en ont besoin). Au risque de dénaturer la rhétorique, pourquoi une économie du don ferait elle cela ? Bien sûr, nous aurons tous droit à notre propre espace vital, possessions personnelles et quotidiennes, etc. Les maisons communautaires conviendront à certains, mais d’autres préférerons un logement individuel. Et pourquoi pas ?
PRINCIPE N° 5 : L’autre face de la propriété : Le travail
Tout travail sera volontaire et gratuit. Au même titre que l’économie du don ne peut pas moralement se permettre l’exploitation basée sur la propriété, elle ne peut pas se permettre d’exploiter les gens ( comme c’est le cas dans le travail salarié). Et si les gens refusaient de travailler ? Alors, ils auraient un grief. C’est une question de motivation. A condition que ces griefs puissent se résoudre sur le lieu de travail les gens travailleront. Même le travail peu gratifiant - ces tâches nécessaires à la vie en société que personne ne veut effectuer - ce fait déjà sans rémunération et quotidiennement comme nous venons de le démontrer. Si personne n’a organisé le nettoyage des égouts la communauté organisera des rotations etc. Il n’y a pas besoin de sortir de Polytechnique.
PRINCIPE N° 6 : La planification
Savoir ce qui plaît aux gens, ce dont ils ont besoin aidera les travailleurs à s’organiser pour fabriquer des objets de meilleure qualité et en quantité raisonnable. Il y a de multiples techniques pour recueillir cette information (questionnaires...). entreront également en compte les estimations de ressources, de main d’œuvre et les critères écologiques pour la recherche et la mise sur pied de nouveaux systèmes de production et de nouveaux produits, pour améliorer l’efficacité ainsi que la durabilité et la qualité des produits.
Ceci est à l’opposé de la planification centralisée en Union Soviétique où tout était régi par le ,comité central de Moscou et où tout le monde devait exécuter les ordres. Remarquons qu’outre les problèmes d’évaluation de le demande et la mauvaise gestion, l’union soviétique s’est écroulée à cause des priorités imbéciles de l’état qui ignorait les besoins de base : le pays possédait un arsenal nucléaire mais pas de nourriture.
EN GUISE DE CONCLUSION
A partir des principes, la forme de base de notre économie de don est assez lisible. Une grande partie de notre économie sera plus efficace à l’échelon local (planification locale pour une production et une consommation locales). La planification régionale ou globale sera réservée au modes de production plus complexes dans des unités de production plus importantes, pour résoudre les problèmes de taille des unités de production, d’utilisation rationnelle des ressources et de localisation. L’intégration inter-régionale pourrait se faire sur base de don, de troc ou d’échange. Au niveau du fonctionnement, l’économie du don sera aussi simple que possible. Pourquoi trimbaler des laitues d’un bout du monde à l’autre en modifiant le climat et en augmentant les prix ? Le véritable choix c’est d’avoir une connaissance totale des produits proposés, de leur utilité, de leur durabilité, de leur qualité etc. Actuellement ; on a le choix entre "pas cher mais sans intérêt" ou "d’assez bonne qualité mais trop cher pour moi". Nous pouvons d’entrée éliminer le premier choix. Quand on peut choisir entre une centaine d’ordinateurs différents, combien de gens savent réellement lequel est le meilleur ? Seuls les producteurs le savent. Alors, pourquoi ne pas produire seulement les meilleurs ?
A petite échelle, locale si possible, selon les besoins et non pas pour le profit, l’un dans l’autre, l’économie de don sera aussi efficace que saine. Elle sera gérée localement par la démocratie directe, dans une logique éthique et sera très différente selon les communautés et les régions, dans les limites des principes de base. Le secret est dans ses origines. Commençons par le principe de bas de la solidarité au lieu de l’accumulation maniaque des richesses et de la puissance.
Le mot de la fin est qu’il n’y a pas de point final pour l’économie de don. Ce n’est pas une sorte d’utopie lointaine, statique, étatiquement stable et ennuyeuse. Il faudra s’en occuper sans cesse, discerner les nouveaux besoins, les nouveaux problèmes et les nouvelles opportunités ; elle ne fonctionnera jamais parfaitement. Mais soyons honnête, tout ce qui ressemble peu ou prou à l’économie de don et forcément meilleur que nos rapports de force quotidiens, les morts, les guerres, la spirale de destruction mondiale agencée par le capitalisme et l’état.
En tout cas, le débat est ouvert. A vos plumes.
D’après DIRECT ACTION, organe de la Solidarity Federation-AIT Traduction : CNT-AIT Paris Adaptation : Rédaction C.S.
Prenez Adrew Nicco, réaslisateur et sénariste pas mauvais du tout, Justin Timberlake dans le premier rôle (pas gagné), Amanda Seyfried pour l'accompagner (le petit chaperon rouge) et le brillant Cillian Murphy, ajouter un peu de Olivia Wilde et Matthew Bomer dans des seconds rôles. Mettez le tout dans un univers SF où l'argent est replacée, littéralement, par le temps, votre temps de vie. Secouer le tout, et vous obtenez un des meilleur film de SF de ces derniers temps !
Bon sang que cela fait du bien ! C'est bien joué, les effets spéciaux sont là sans en faire des tonnes, le scénario tient la route et donne à réfléchir. Voilà, de la bonne SF quoi.
Dans un monde où tout le monde cesse de vieillir à 25 ans, une horloge génétique est greffée à chacun de nous. Quand elle arrive à zéro, on meurt. Mais on peut gagner du temps en travaillant, en voler ou le capitaliser. Et c'est là la force du film : c'est une parfaite allégorie du capitalisme !
D'ailleurs une phrase résume les choses : pour que certains soient immortels, beaucoup doivent mourir.
Nous pouvons reprocher au film de donner la part belle à deux personnes et sembler sous entendre que leurs actions seules suffiraient à changer les choses (contre l'action collective qui aurait été plus porteuse n'en doutons pas), néanmoins, le film est intelligent et pose, par analogies, des questions sur notre monde.
A voir, car ce genre de film de SF, intelligent et bien joué, se font trop rare aujourd'hui.
Bon que dire de ce film si ce n'est que c'est une comédie sans prétention qui vous fera passer un super bon moment ? Ha ben rien de plus, c'est exactement ça :)
Florence Foresti et Jamel Debbouse sont tous les deux superbement drôles, énergiques et touchants. Le cadre d'Hollywood est une bonne trouvaille. Les acteurs américains (surtout Nikki Deloach, pétillante à souhait et ultra présente) se marient superbement à l'ambiance "french" du film.
La réalisation souffre d'un léger manque de souffle parfois (surtout au milieu du film) mais la fin est une sacrée apothéose faisant oublier tout cela.
A voir pour passer un très bon moment, et surtout rire !