06.02.2010

NPA : nouveau parti antiféministe ?, par Caroline Fourest

Une analyse que je partage.


e paradoxe ne vient pas du fait qu'une jeune femme de 22 ans ne voit aucune contradiction entre la décision de se voiler pour Dieu et celle de militer dans un parti d'inspiration trotskiste luttant contre le sexisme. Le Front national a bien des militants noirs ou d'origine arabe. La nature humaine est ainsi faite : des affinités contradictoires peuvent aisément cohabiter au sein d'un même individu. Sans doute faut-il s'en réjouir. Mais que penser de la cohérence des convictions politiques d'Olivier Besancenot ? Antisexiste et ferme face à l'intégrisme chrétien anti-IVG, mais ému par la réaction religieuse lorsqu'elle porte un voile.
A l'en croire, il ne faudrait y voir qu'un "signe privé", comparable à l'engagement chrétien de l'abbé Pierre. Sauf que le voile n'est pas l'emblème des musulmans progressistes, mais l'équivalent de la messe en latin chez les catholiques... Le drapeau des musulmans traditionalistes et réactionnaires. C'est donc le camp de la réaction que Besancenot choisit de soutenir en présentant une candidate qui le porte. Non sans y voir la preuve que le NPA "s'intègre" dans les quartiers.

Le voile serait-il devenu l'emblème des quartiers populaires ? Les féministes de culture musulmane, qui souhaitent lui résister, ont-elles encore leur place au sein du NPA ? La question se pose en voyant la candidate et son parti leur faire la leçon. Qu'elles se le disent... "On peut être féministe, laïque et voilée !"

La chanson n'est pas nouvelle. Des prédicateurs islamistes bien connus ont écrit les paroles : il existerait un "féminisme islamique", qui, contrairement aux soixante-huitardes débridées du "féminisme occidental", souhaite préserver le corps et la pudeur des femmes. Officiellement, ce féminisme-là n'est pas soumis... Sauf à Dieu et à son ordre patriarcal. Certes, ce féminisme religieux n'est pas incompatible avec le fait de militer contre le capitalisme. En revanche, il l'est avec le féminisme progressiste et laïque, à qui il fait la guerre. Tant pis. L'émancipation sexuelle attendra. Olivier Besancenot a fait ses calculs et il a choisi... de céder à l'adage : "Les ennemis de mes ennemis sont mes amis."

Vieille rengaine

Le NPA n'irait pas jusqu'à déménager son siège à Monaco sous prétexte que Nicolas Sarkozy critique les paradis fiscaux. Mais le "sexisme", c'est autre chose. Plus secondaire. Nicolas Sarkozy critique le voile ? Présentons une femme en voile ! "Léger", nous dit le communiqué. Pourquoi faire dans la demi-mesure ? Une candidate en burqa, voilà qui aurait permis un contre-positionnement "révolutionnaire" !

Même "léger", ce choix marque un tournant. Longtemps, le NPA s'est contenté de délibérément ignorer tout débat sur l'intégrisme et la laïcité pour se concentrer sur ce qu'il appelle les "vrais problèmes" : la lutte des classes. Là aussi, vieille rengaine. Certains marxistes ont toujours un Grand Soir, plus important à faire. En son temps, le combat du MLF a, lui aussi, été jugé "petit-bourgeois" et "secondaire". En 1976, une militante féministe, qui venait de dénoncer le viol commis par un "camarade" immigré, a connu un véritable procès de Moscou. Ses "camarades" gauchistes l'accusaient de stigmatiser les classes populaires. Le réflexe perdure. Olivier Besancenot s'est tu lors de l'affaire des caricatures. Il ne dit jamais mot contre l'intégrisme qui sévit dans les quartiers populaires. A l'entendre, ces débats ne servent qu'à encourager "l'islamophobie".

Toute la gauche de la gauche n'est pas prête à jouer ainsi les "idiots utiles" de l'islamisme. A Lutte ouvrière, au Front de gauche, et même au NPA, dans toutes ces formations, il existe des militants qui refusent de trahir l'esprit de Mai 68 et le MLF sous prétexte d'aller chasser de l'électeur en terres populaires. A eux de se faire entendre. Avant que l'"avant-garde éclairée" ne devienne définitivement une arrière-garde obscurantiste.

Caroline Fourest
Article paru dans l'édition du 06.02.10

Planète 51

 

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Voilà un film d'animation étonnant : inverser la perspective et faire des humains les "extra terrestres" est une très bonne idée. Mais en plus mettre tout cela dans une ambiance année 50 parano et pleine de contradiction, c'est plus que drôle !

Les références à beaucoup de films, l'humour parfoisfin, parfois lourd, la musique, il y en a pour tous les gouts. C'est un joli panel que nous offre Jorge Blanco. Même si, malgré tout, le film n'est pas aussi drôle qu'un Shrek ou Age de Glace.

A voir sans en attendre trop, pour passer un bon moment..

05.02.2010

NPA, voile, religion, médias et déraison…

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Autant prévenir tout de suite, ce qui va suivre est écrit par moi, c'est-à-dire un laïc convaincu, un athée sans remords et un anticlérical. Donc, ami(e) lecteur (trice), te voilà prévenu(e)

Bensancenot et son parti, le NPA, ont-ils décidé de faire un coup médiatique en présentant une femme voilée aux régionales dans le Vaucluse ? Son nom : Ilham Moussaïd. Sa qualité : étudiante. Son crédo : on peut être voilée et féministe. Ca commence déjà mal…

Depuis la valse médiatico-politique autour du NPA est lancé, le parti se déchire en interne entre ceux qui estiment que c’est une bonne chose « de faire de la place à l’immigration » (comme si cette jeune femme représentait l’immigration parce que voilée …) et aux « quartiers » (là aussi, léger problème, cela accrédite la thèse idiote : quartier = musulmans = femmes voilées) et ceux qui sont pour une non ingérence de la foi dans le politique, voir anticléricaux (dans un parti historiquement troskyste, la phrase de Marx a encore du sens, pour beaucoup, « La religion est l’opium du peuple » (http://www.webphilo.com/textes/voir.php?numero=453061357 )). Et moi je vois cela de l’extérieur, pour être clair.

Mais plus grave sont les arguments pour défendre cela, qui dénotent un glissement démagogique d’une partie du NPA, digne de la droite qui voit des islamiste dangereux dans tout musulman. C’est juste que là, la vapeur s’inverse pour le pire.

Sur France Info (http://www.france-info.com/chroniques-l-invite-de-8h15-20... ), Besancenot, mis face aux contradictions soulevées par cette candidature, affirme que « Ceux qui me font de grandes leçons sur la laïcité, je les invite à balayer devant leurs portes", a-t-il lancé. "Parce que sans même parler de la droite, les régions socialistes qui financent avec nos impôts des lycées privées catholiques, parfois même au-delà de ce que la loi préconise, ça la fout mal", a assené Olivier Besancenot, affirmant qu'"il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures". ». On peut dire que cela sonne bien, sauf que c’est un argument terriblement idiot. Parce que des partis se disant de gauche pratiquent une politique parfois à la limite de l’acceptable vis-à-vis de la laïcité, son parti devrait pouvoir lui aussi s’affranchir d’une réflexion sur le fait de présenter une femme voilée ? On croit rêver ! C’est digne d’une phrase genre « Mais regarder les ouvriers chinois, ils ne se plaignent pas eux, et pourtant vous achetez tous du fabriqué en Chine, donc vous devriez accepter de vivre comme eux ». C’est stupide n’est ce pas ? C’est pourtant du même niveau, genre cour de maternelle, ce n’est pas moi c’est lui…

Ensuite il insinue que le débat « sera mené, mais loin du climat islamophobe qui prévaut trop souvent aujourd’hui ». Serait-il en train d’insinuer que tout le camp progressiste sauf le sien serait islamophobe ? Que la droite instrumentalise, pour une grande partie, l’islam pour faire peur, ce n’est pas nouveau. Mais sous entendre que la réaction des progressistes face à ce choix soit de l’islamophobie (mot dangereux, tiroir, qu’il faut en plus éviter, cf cet article : http://www.prochoix.org/frameset/26/islamophobie26.html ) c’est faire un raccourci plus que court qui a de quoi mettre l’argumentaire au niveau d’un Le Pen se sentant persécuté.

Mais reprenons les affirmations de la candidate. Elle dit vouloir se battre pour une gauche anticapitaliste (pourquoi pas), qui sauve l’environnement et le climat (oui comme tout le monde en ce moment), qui soit du côté des travailleurs (oui, c’est mieux quant on parle via le NPA) et qui soit féministe. Et bien là, ça coince.

Le voile est un objet prosélyte (comme la croix, l’étoile, mais en plus voyant du coup). Il place la femme sous l’égide de dieu avant toute chose. C’est sa symbolique. Il est donc un affichage disant aux autres : la femme voilée se réfère avant tout à dieu et à ses commandements (parfois via son église, au sens large) et ensuite aux humains. Il est le choix d’un islam radical, qu’on le veuille ou non. Tout comme la tenue traditionnelle juive des orthodoxes l’est pour cette religion. Tout comme la perruque pour les femmes juives, la voilette pour les chrétiennes. Ce choix de se montrer de façon ostentatoire comme ayant la foi est aussi dérangeante pour moi qu’une sœur en tenue, un prêtre en soutane, etc.… C’est une volonté d’être vitrine de sa foi, prosélyte. On est loin du simple pendentif autour du cou. Est-ce compatible avec le féminisme ? Je ne le crois pas : aucune religion, et je dis bien aucune, n’est féministe. Aucune ne place la femme à égale de l’homme. Aucune n’est ouverte à ce que la femme puisse disposer de son corps. On ne peut donc décemment pas se faire la vitrine ambulante d’une religion par le port d’une marque de type publicitaire et se réclamer du féminisme. Il n’y a aucune cohérence, bien au contraire. Quant à penser que c’est une question de foi simple : le voile est l’outil d’une religion constituée, pas d’un simple courant philosophique. Cela commence à me chauffer les oreilles de laisser entendre le contraire. Je ne crois pas que l’on se pose la question pour la soutane ou la tenue traditionnelle bouddhiste tibétaine…

Pour palier à cela, un de ses camarades affirme que « l’Abbé Pierre siégeait à l’assemblée en soutane, et personne ne disait rien ».Désolé mon gars, mais tu as la mémoire courte. Toute la gauche se moquait de cet abbé qui venait en tenue rétrograde. Les caricaturistes s’en donnaient à cœur joie (surtout dans la presse libertaire et d’extrême gauche) pour dire à quel point il n’avait pas sa place dans cette tenue. Et quel exemple politique : l’abbé était en effet en soutane à l’assemblée, mais pour une raison simple : il méprisait la laïcité ! Son programme, très proche du populisme, lui permis d’être élu comme indépendant et il siégea à ce moment là au MRP, qu’il quitta après les incidents de Brest, ou mourut Edouard Mazé. Et à ce moment là il commença une mutation politique vers plus de laïcité et de socialisme. La période « religieuse affichée » fut donc liée à un positionnement clairement anti républicain, anti laïc, au départ… Et c’est cet exemple qui est pris aujourd’hui pour dire que ce n’est pas grave qu’une femme voilée se présente et veuille siéger (ce qui ne sera a priori pas possible, du fait de loi) ainsi vêtue ?

Autre affirmation, « je ne vois pas la différence entre un gay qui se réclame comme tel et une musulmane qui le fait ». Déjà, moi je vois une sacrée différence : personne ne choisi sa sexualité, tout le monde à le choix de sa religion. Ensuite, c’est sacrément différent de se dire musulmane et de porter le voile. Entre affirmer quelle est sa religion personnelle (et privée) et l’afficher ostensiblement, il y a une sacrée marge. Ne pas voir de différence là dedans est inquiétant. Ou alors Christine Boutin n’est pas une catholique rétrograde mais juste une femme sympa qui aime bien dire à toutes les sauces qu’elle est catholique et que cela pèse plus que tout…

Pour continuer, j’entends dire que toute personne qui critiquerait cela serait juste raciste. Voilà là un raccourci encore pire que celui de l’islamophobie. Nous sommes là dans la bêtise crasse. Il est encore un droit de critique du fait religieux en France. Et tout le monde n’a pas forcément envie d’être assimilé comme musulman car de banlieue, comme cela est fait aujourd’hui au travers de la défense de certains autour de cette candidature. Que doivent penser les femmes, souvent féministes et laïques, qui se battent dans les pays où le voile est obligatoire, de voir un parti se disant progressiste offrir comme image de la femme « de banlieue » une femme voilée ? Dans un pays où celui-ci n’est pas obligatoire, mais surtout où la liberté religieuse est totale, le choix du port du voile ne peut être vu que comme une provocation à but politique. Car entre porter le voile et porter le voile et se présenter à une élection pour en faire symbole, la distance est grande.

Pour finir, certains m’affirment que ce n’est qu’une façon troskyste d’infiltrer les milieux musulmans radicaux pour mieux les détruire. C’est non seulement ridicule à mes yeux, mais pourquoi l’inverse ne serait il pas viable ?

C’est une bien triste décision de la part d’une partie du NPA (car cela semble une initiative locale au départ) que de présenter ce symbole, bien éloigné du progressisme (que l’on serait en droit d’attendre de ce parti), dangereux pour la laïcité, porteur d’un message négatif assimilateur du type « toutes les femmes de banlieues sont des filles voilées » et surtout provocateur pour rien. A trop vouloir en faire on finit parfois par faire des conneries…

Et pour finir, je n’empêche en rien cette jeune femme de faire de la politique ou de se présenter aux élections, mais je ne peux que souligner le manque de cohérence de ce qui se passe aujourd’hui au travers d’une candidature dans le camp de la gauche radicale. Quand je lisais « La tentation obscurantiste » de Caroline Fourest, je trouvais ses arguments justes mais peut être alarmistes. Malheureusement, je crains qu’elle n’ait que raison, finalement.

La dernière utopie, Menace sur l'universalisme; Caroline Fourest

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Le dernier essai de Caroline Fourest est la poursuite de sa réflexion, engagée depuis des années, sur l'universalisme, la laïcité et le vivre ensemble. Documenté, formidablement bien écrit, cet essai prolonge ce qui avait été entamé dans "La tentation obscurantiste". Il est clair qu'aujourd'hui le vivre ensemble au travers de la laïcité dite "à la française" semble plus que jamais fragilisé. Mais pas autant que le multiculturalisme à "l'anglo-saxonne" qui donne des dérives auxquelles personne ne voulait croire.

Posant les bases d'une réflexion sur la remise en action et en forme de l'idée philosophique de la laïcité, loi 1905, et mettant en exergue le fait que c'est un moyen clair et efficace de se sortir des dérives actuelles, Caroline Fourest offre un livre de combat, de réflexion. Une véritable bouffée d'air frais politique.

Présentation de l'éditeur :

Caroline Fourest s’est fait une spécialité de clarifier et de mettre en lumière les grands débats comme les aime notre époque, mouvante et inquiète. Depuis bientôt quatre ans, elle travaille sur une question majeure : l’agonie de l’universalisme – notre dernière utopie. Cette belle ambition, gravée dans le marbre de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, est battue en brèche. Pourtant, il n’existe pas de meilleur remède à la crise que connaît le multiculturalisme depuis le 11 septembre 2001, à force de tout tolérer au nom de la culture et du religieux.

Cet enjeu dépasse largement l’aspect rhétorique. Il est au cœur de débats qui agitent quotidiennement le monde. Les Nations-Unies, le Canada, les Etats-Unis, l’Afrique du Sud, l’Australie, l’Inde, la Belgique, les Pays-Bas, la France… Dans tous les pays où le respect des minorités et le culte de la diversité progresse, on se déchire pour savoir comment concilier droit à la différence et respect des valeurs communes. Peut-on tout tolérer – l’excision ou l’infanticide – au nom des coutumes ? Faire passer le respect du voile avant l’égalité hommes-femmes ? Accepter des menus séparés dans les cantines ? Des créneaux non-mixtes dans les piscines ? Retirer les sapins de Noël des places publiques ? Reconnaître des arbitrages basés sur la charia ? Interdire le voile dans la rue au nom de l’identité nationale ?

Dans ce livre puissant, Caroline Fourest explique le ” modèle français “, admiré et controversé, le malentendu avec le monde ” anglo-saxon “. Elle revient sur la Révolution française, la Constitution américaine, raconte le débat canadien sur les ”accommodements raisonnables “. Elle rend clair, enfin, les termes qui nous font perdre la tête : communautaire, communautarisme, multiculturalisme, essentialisme, racisme, islamophobie, musulmanophobie… Et nous livre, à trente ans, le bréviaire courageux sur lequel rebâtir l’envie de faire société.


L' universalisme, dernière utopie (Caroline Fourest)
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Sherlock Holmes, Guy Ritchie

 

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Le nouveau film de Guy Ritchie est une adaptation libre de Sherlock Holmes. Le héro est incarné, de façon cabotine (parfois un peu trop) par un Robert Downey Jr au top de sa forme. Jude Law incarne un Watson flegmatique et parfait.

Le film est une relecture à la sauce speedée de l'oeuvre (même s'il y a 10 minutes de film un peu longues). Il s'agit d'une histoire originale, intense et intéressante, même si, avouons le, la fin n'est pas réellement surprenante. Reste que l'univers est "respecté", que le ton décalé est plaisant et que la bande son (Hans Zimmer) est superbe (on y entend même The Dubliners!).

Un bon divertissement qui mérite un visionnage au cinéma. Et avouons le, quant on sort, on se dit "une suite ne serait pas de trop"...

31.01.2010

Océans; Perrin / Cluzaud

 

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Le dernier film documentaire de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud est une véritable ode à l'océan, la nature et la vie sauvage. Sans trop de commentaires, jouant juste sur la beauté à coupé le souffle des images, le plaidoyer en faveur de la vie marine est mené de main de maître et prend aux tripes.

Le film n'est pas long (1h44) et on aimerait  presque qu'il dure encore tant nous sommes immergés (c'est le cas de le dire) et mis face à une beauté que personne ne soupçonne vraiment.

Reste que même si c'est un excellent film, même si le message est positif et écologique (sans en faire des tonnes), on ne peut que grincer des dents en voyant comme sponsors EDF, Total ou Véolia... Une légère incohérence dans tout cela quand même...

Appel pour l'école publique

SIGNEZ et FAIRE SIGNER la pétition

http://www.appelpourlecolepublique.fr/

L’École publique, laïque et gratuite crée le lien social indispensable pour faire face aux défis d’un monde en crise. C’est elle, et elle seule, qui permet de garantir la cohésion sociale. Elle est pourtant aujourd’hui menacée par des choix politiques qui favorisent le privé et encouragent le consumérisme éducatif.

Redonnons la Priorité à l’École laïque !

Le service public et laïque d’éducation doit garantir à chaque élève une scolarisation de qualité sur tous les territoires. Il doit permettre à chacune et chacun, quelle que soit son origine culturelle ou géographique, quelle que soit sa condition, quel que soit son handicap, de bénéficier d’une éducation et de s’approprier « le vivre ensemble » dans un espace où la liberté de conscience est strictement respectée.

Aujourd’hui, le service public et laïque d’éducation n’est plus une priorité de l’état.

Les nombreuses décisions ministérielles le montrent :

- les dizaines de milliers de suppressions d’emplois qui ne cessent de le frapper durement, le fragilisent en zone rurale et l’asphyxient en zone urbaine,
- les aides publiques concédées aux établissements privés (à 95% catholiques) qui n’ont jamais été aussi élevées. Il s’agit de près de 7 milliards d’Euros octroyés chaque année par l’État, auxquels viennent s’ajouter les participations obligatoires versées par les collectivités locales,
- la loi Carle qui amplifie le financement de la concurrence au service public et conforte la logique de « marché » scolaire,
- la suppression de la sectorisation, qui transforme les parents d’élèves en consommateurs d’école,
- le développement du privé par le plan banlieue, là ou les besoins du service public sont les plus criants, là ou la ségrégation sociale est la plus forte,
- les accords « Kouchner Vatican » (qui remettent en cause les règles de collation des grades universitaires au bénéfice des instituts catholiques) ainsi que les projets de financement par l’état de l’enseignement supérieur privé.

Nous, signataires de cette pétition, refusons l’affaiblissement organisé par l’État, de notre service public et laïque d’éducation. L’éducation n’est pas une marchandise. La liberté de conscience doit être respectée partout et pour toutes et tous. L’argent de tous doit cesser de financer les choix de quelques-uns.

Nous exigeons une orientation politique qui fasse clairement le choix de l’École publique, laïque et gratuite.

Nous réaffirmons qu’il n’y a qu’une École de la République.

Nous demandons que l’effort éducatif de la Nation soit réservé au développement de l’École de la Nation.

28.01.2010

Daniel Cohn Bendit : le marchandage comme conviction ?

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Je sais, il va m’être reproché de « cracher contre mon ancien camp » mais ce n’est point grave.

La nouvelle parue aujourd’hui sur le site du journal « Le Point » a de quoi écoeurer le plus démocrate d’entre nous tous. (http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2010-01-28/ele... )

Quelle est la conception de la démocratie pour Daniel Cohn Bendit ? Le marchandage aux voix ! La vente en ligne d’électeurs… Vous ne rêvez pas, le plus méprisable de la politique sort de la bouche de « l’homme politique de l’année ». (http://lci.tf1.fr/filnews/politique/cohn-bendit-lagarde-d... )

Car c’est là la politique du renoncement et les arrangements entre appareils pour garder des places. C’est bien là le plus terrible. Comment ne pas comprendre la collère et l’indignation qui s’exprime par le fait de … ne pas aller voter ! Comment croire que la politique peut changer le monde et le réanchanter si elle utilise les plus basses ficèles mercantiles et puantes ? Le chantage, comme entre entreprises, comme entre des margoulins de bas étages. Rien que cela.

Allez dire après aux électeurs que vous les comprenez, que non, vous ne les prenez pas pour des veaux. Franchement…

Donc le deal proposé est 50 députés contre le renoncement de porter les idées (y’en a-t-il encore chez Cohn Bendit ?) de son "parti" à la présidentielle, et pour se ranger derrière le candidat du PS. Rien que cela… Et bien, que de convictions !

C’est la politique du renoncement, celle de l’oligarchie qui ne veut pas perdre ses privilèges. Ecœurant au possible. J’attends de voir la réaction des Verts face à cela : vont-ils une nouvelle fois cautionner, dire que c’est une « provocation », ou affirmer que cela n’est pas admissible ?Ou pire, baisser la tête en espérant que le couperet ne tombe pas trop vite ...

Reste que l’on comprend mieux le lien indéfectible entre Daniel Cohn Bendit, le pouvoir, le capitalisme et sa méconnaissance du monde du travail. Il est même prêt à vous faire travailler jusqu’à 67 ans… (http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5htl_O5... )

Décidément, l’écologie politique est bien malmenée ces derniers temps par le pantin préféré de Sarkozy... Jusqu'à la rupture et son dévoyement, c'est à craindre.

21.01.2010

Qu'est ce que l'écologie politique, Jean Zin

Qu'est-ce que l'écologie politique ?

Lien d'origine : http://jeanzin.fr/index.php?post/2010/01/21/Qu-est-ce-que...

La question se pose d'autant plus de la nature de l'écologie-politique qu'il s'agit d'un mouvement émergent et non de l'application d'une doctrine préalable. On peut dire que son corps de doctrine s'est constitué en marchant, ce qui justifie l'approche historique qu'en donne Alain Lipietz dans son petit livre éponyme.

L'inconvénient de cette approche est cependant de ne pouvoir sortir de la confusion initiale et du volontarisme dont l'écologie-politique a tant de peine à se débarrasser, réduite à une aspiration morale, à une pure question de valeurs, un désir d'harmonie sinon d'amour des hommes et des bêtes, au lieu d'une responsabilité incontournable qui en fait plutôt un enjeu cognitif vital. Il ne s'agit pas de préférences personnelles : on n'a pas le choix ! La réduction de l'écologie-politique à l'amour de la nature est à la fois inévitable et intenable. Il faut l'affirmer haut et fort, on n'a pas besoin de faire de sentimentalisme pour prendre l'écologie-politique au sérieux, notamment sa dimension politique qui introduit dès lors la division entre les écologistes qu'on ne peut absolument pas rassembler en un seul courant qui irait de l'écologie profonde à l'écologie sociale.

Il y a nécessité d'une définition plus conceptuelle et critique de l'écologie-politique, certes moins habituelle, comme retour au réel et nouveau stade cognitif, celui de la post-modernité et de l'unification du monde dont on est devenu responsables, intégrant la contradiction entre nature et culture ainsi qu'en posant des limites aux possibles, à nos capacités techniques de transformation du monde comme de nous-mêmes.

Notre époque en quête de nouvelles spiritualités est imprégnée, depuis le mouvement hippie au moins, d'une idéologie écolo très naïve mais qui a toutes les raisons de perdurer auprès des jeunes urbains. Dès lors, les écologistes sont invariablement identifiés à ce retour à la nature de sortes de boy scouts qui restent pourtant plus que marginaux. Sans aller jusque là, on leur imputera au moins une forme ou une autre de primitivisme ou de régression. Il n'est certes pas si facile de s'en défaire quand on prétend défendre notre "monde vécu" ou quelque nature originaire, l'indispensable critique de la technique et du progrès glissant facilement à la technophobie comme au conservatisme le plus réactionnaire.

Pendant que les gentils écolos occupent héroïquement la scène, on voit arriver en coulisse une toute autre écologie en costard cravate, plus du tout utopique celle-là, et plutôt technophile, celle du capitalisme vert engagé dans un nouveau cycle de croissance. Ces divergences d'approche prouvent du moins que l'écologie ne se réduit pas à ce que ses partisans en font, mais elles témoignent surtout de l'absence de la dimension politique dans ces approches spirituelles ou marchandes.

De son côté, l'écologie-politique ne peut se limiter à l'environnementalisme au moins parce qu'elle est supposée remonter aux causes (humaines) et adopter un point de vue global (collectif), mais avant tout à cause de l'enjeu politique qui a été souligné par André Gorz dans son texte inaugural "leur écologie et la nôtre" que nous avions mis en exergue du premier EcoRev'. Non seulement ce texte introduit la division dans l'écologie, en particulier avec l'opposition à l'expertocratie, mais il se situe clairement dans la continuité des luttes d'émancipation et dans le camp de l'anti-capitalisme. Avec de grandes différences toutefois, qu'on peut caractériser comme post-totalitaires, le paradigme écologiste valorisant notamment la diversité, la décentralisation, le local, à rebours des idéologies collectivistes précédentes, mais on ne peut nier l'existence de luttes politiques dans l'écologie.

Il y a une opposition frontale entre différentes tendances de l'écologie qui sont largement incompatibles et dont il faut expliciter les divergences qui sont loin d'être claires pour tout le monde puisqu'on essaie de les concilier alors qu'elles sont fondamentalement contradictoires dans leur conception même de la liberté. C'est bien, en effet, notre liberté qui est en jeu dans cette politisation de l'écologie. C'est pourquoi, dès 1993, en préalable à mon engagement écologiste, j'avais cru devoir distinguer explicitement les écologistes en fonction de la place donnée à la liberté : 1) les fondamentalistes ou écologistes de droite qui défendent les lois de la nature, les hiérarchies naturelles, et pour qui la liberté humaine représente le mal contre lequel il faut se prémunir, 2) les environnementalistes centristes ou libéraux qui défendent la qualité de la vie et les produits écologiques mais pour qui la liberté est instrumentalisée, ravalée au rang de moyen pour le marché. 3) la véritable écologie-politique comme prise en charge par le politique des effets globaux de nos actions en vu de renforcer notre auto-nomie (nous donner nos propres règles avant d'y être forcés). Dans la continuité des luttes sociales, c'est la conscience de notre solidarité globale tout comme de nos limites, constituant indubitablement un progrès de la raison. Cette fois la liberté est un projet collectif d'émancipation.

On ne peut surestimer ce qui oppose ces différentes écologies puisqu'il y a une complicité certaine de l'écologie avec le libéralisme le plus brutal (Malthus, Spencer), tout comme avec le nazisme (on le répète assez). Il n'est pas question de se mélanger avec des idéologies tellement contraires à nos objectifs.

Rien de commun entre une écologie-politique responsable tournée vers l'avenir et les nostalgies d'une nature perdue. Mais alors, si on est en si mauvaise compagnie, pourquoi donc garder le nom d'écologie, demandera-t-on ? C'est que l'écologie y reste centrale, non seulement par les menaces auxquelles il faut faire face mais tout autant par la notion d'écosystème qui change nos façons de penser. La seule chose qui réunit ces différents écologistes, c'est la conscience des problèmes écologiques, quoiqu'avec des diagnostics assez éloignés : tout est là, la vérité n'est pas donnée et les convictions sont diverses, affirmées avec d'autant plus de force qu'on n'y connaît rien ! Les réponses apportées sont en tout cas absolument opposées, même si l'attention portée aux écosystèmes impose un certain nombre de faits et de mécanismes participant d'un nouveau paradigme cognitif bien plus que moral, modifiant nos conceptions, notre compréhension du monde plus que nos valeurs.

On peut définir l'écologie-politique par la préservation de l'avenir et donc comme le passage de l'histoire subie à l'histoire conçue en assumant la responsabilité collective de nos actes. C'est ce qui fait la nouveauté de cette idéologie mais pourrait la rapprocher aussi des autres idéologies qui se projetaient elles aussi dans l'avenir supposé radieux au nom de quelque valeur. Une des différences notables, cependant, et pas assez comprise des écologistes eux-mêmes, c'est de mettre une limite à notre volontarisme comme à l'artificialisation du monde avec la nécessité de la préservation de nos conditions d'existence et la régulation des flux matériels. Tout au contraire des utopies volontaristes voulant forger un homme nouveau, l'écologie-politique se doit de coller à la réalité et d'agir avec prudence, en tenant compte des hommes tels qu'ils sont comme des rapports de force effectifs même si elle est tenue à une certaine radicalité des réponses à donner, qui ne peuvent se limiter en effet aux dysfonctionnements les plus voyants. La question n'est pas tant celle de ce qu'on voudrait que du possible et du nécessaire.

Plus même qu'un marxisme trop empreint encore de religiosité, l'écologie-politique est un matérialisme intégral, bien que non réductionniste, et même un matérialisme dialectique en tant qu'il intègre la contradiction et la part du négatif. Le caractère le plus évident de l'écologie et qui la spécifie, c'est en effet de partir du négatif de notre industrie et du progrès, alors qu'elle a le plus grand mal à y donner une réponse positive ! Cette expression du négatif est une exigence cognitive préalable d'une prise de conscience qui doit partir du réel, des effets non voulus de nos entreprises (les fameuses externalités négatives!) et non pas de nos supposées bonnes intentions.

L'écologie-politique correspond au stade cognitif d'une modernité réflexive, c'est-à-dire d'une post-modernité qui intègre la durée et parvient à se critiquer elle-même, prise de conscience des limites du progrès technico-économique et de ses dangers comme de son coût écologique et de sa dimension globale. La post-modernité n'est pas un retour en arrière pour autant mais une modernité plus précautionneuse et moins triomphante qui s'interroge sur ses conséquences futures.

L'écologie-politique qui relie nature et culture, local et global, est aussi la négation de la séparation des sphères technologiques, écologiques, économiques, politiques et sociales malgré leur autonomie relative. La négation de la séparation, reste bien sûr tout aussi relative : ce n'est pas parce que la biosphère nous réunit tous qu'il n'y a pas de séparation entre nous et que nous ne ferions qu'un avec la nature que nous dévastons. Il s'agit seulement de comprendre nos interdépendances, de nous adapter à notre environnement et ne pas scier la branche sur laquelle nous sommes assis !

Plutôt qu'une "éthique de responsabilité" un peu trop individuelle, il faudrait parler d'une "politique de responsabilité collective" envers les générations futures et les conséquences de nos actions, en premier lieu la prise en compte du négatif de notre industrie (pollutions, externalités négatives, épuisement des ressources) ainsi que la perturbation des équilibres écologiques qu'elle engendre (réchauffement climatique, déforestation, perte de la biodiversité, OGM, etc.). Cette responsabilité de l'avenir commun est aussi l'affirmation de notre solidarité actuelle et de l'exigence de développement humain comme développement de notre autonomie effective. Ce n'est pas en tant que valeurs morales mais bien en tant que politique qu'on peut reprendre la devise écologiste "autonomie, solidarité, responsabilité" et donner ainsi un sens plus concret à celle de la République.

Les différences entre écologistes se manifestent justement sur le plan politique, dès qu'on en vient aux solutions préconisées. Pour nous, comme pour André Gorz, l'écologie-politique implique de sortir du productivisme capitaliste et du laisser-faire libéral, tout en préservant l'autonomie individuelle aussi bien que la solidarité sociale. Ce n'est pas la collectivisation des entreprises, ni même l'autogestion mais le revenu garanti qui permet de sortir du salariat et de passer du travail subi au travail choisi et de la sécurité sociale au développement humain grâce aux institutions du travail autonome, en premier lieu des coopératives municipales qui participent aussi à l'autre axe d'une politique écologiste, une nécessaire relocalisation de l'économie qui s'appuie principalement sur des monnaies locales

L'écologie-politique devrait signifier enfin une façon plus écologique (post-totalitaire) de faire de la politique : une démocratie des minorités, ancrée dans le local et le face à face, à l'opposée de toute dictature majoritaire, et pouvant constituer à terme une véritable démocratie cognitive en interaction entre agir local et pensée globale. Inutile de préciser qu'on en est loin, y compris chez les écologistes !

Au moment où les préoccupations écologiques deviennent hégémoniques, il ne faudrait pas se tromper d'écologie ni se laisser faire par tous les obscurantismes. L'enjeu, c'est la liberté, la solidarité, la justice, la raison et non pas la Nature, l'authenticité, l'originaire. Il ne s'agit pas de revenir en arrière, ni de foncer tête baissée dans une course en avant, encore moins de rêver vainement de quelque utopie mais de prendre en main notre destin et tenter de se préserver des risques que nous avons nous-mêmes provoqués, afin de continuer l'aventure humaine et l'histoire de l'émancipation...

20.01.2010

Haïti, la nouvelle téléréalité et terrain stratégique international?

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Depuis plus d’une semaine maintenant, le séisme subi par Haïti fait la une des journaux. Vu l’ampleur du sinistre, le nombre de morts et le choc ressenti par la population (les autorités parlent de peut être 200 000 morts), il n’y a rien d’illogique à cela.

Ce qui est plus choquant, c’est le traitement médiatique de cette catastrophe. Le tsunami de décembre 2004 avait déjà fait dans le cynisme, mais là nous touchons le fond (quoique…) avec le drame actuel.

Avec une indécence sans bornes, les chaînes de télévision et de radios se pressent à qui aura l’image ou le témoignage le plus choc. Ainsi a-t-on pu voir la course de « qui a le cadavre le plus choquant à montrer », qui a « la femme la plus en pleures », qui a « l’histoire la plus sordide ». Mais aussi, bien entendu, qui a « son petit miracle ».

Autant d’informations sans réelles importances mais qui permettent de jouer sur l’affect. Et l’affect, c’est de l’audience ! D’ailleurs, comme pour le tsunami, point de cadavres d’occidentaux. Le noirs pauvres peut être méprisé même dans la mort, exhibé, mais pas le blanc riche voyons ! C’est ainsi, il y a une hiérarchisation des morts… Comme des vivants !

Et le comble revient à ces histoires d’enfants adoptés qu’il faut rapatrier. Alors qu’une population entière se meurt, alors que bien des choses sont à dire sur les modes d’aides apportés, les médias focalisent sur ces « pauvres familles européennes » qui attendaient leurs enfants adoptés là bas. Oui il y a un drame humain, mais l’information est elle de la même importance que le reste ? Ces enfants sont (heureusement) en vie et pris en charge. Pourquoi les rapatrier en urgence au détriment, par exemple, de blessés graves que nous pourrions soigner en Europe ? Mais l’enfant c’est vendeur, et ça fait de l’audience pour le peuple de France (comme dirait Damien Saez).

Aucune enquête journalistique réelle n’est menée pour expliquer concrètement pourquoi ce séisme a été si meurtrier. Car le problème de fond est avant tout l’extrême pauvreté dans laquelle est plongée la république haïtienne depuis des années. Le fait que les pays occidentaux ont tout fait pour que ce pays ne puisse pas se relever. De la même façon, personne n’explique clairement que les bidonvilles sont le mode de vie (contraint) de la majeure partie de la population. Et que ce sont ces véritables dominos qui se sont effondrés sur les populations. Et qui parlera des chantiers des multinationales du bâtiment sur place ?

Et que dire de l’aide internationale ? Les ONG manquent une fois de plus de coordination, tant la majorité d’entres elles cherchent à tirer la couverture à elles. C’est là aussi une guerre de la communication pour mieux se placer. Triste constat. Je note à titre personnel que les ONG présentent sur place depuis des années (MSF et le Secours Populaire) sont les plus discrètes… Là aussi, il faut choisir qui nous soutenons ...

Les nations se font une guerre médiatique sur le terrain. Surtout les USA et la France. C’est à qui enverra le plus d’hommes, qui prendra les positions les plus visibles. C’est ainsi que l’on arrive à voir se poser des militaires américains parachutés sur les pelouses du palais présidentiel haïtien… Triste symbole. Car tout est là, dans le symbole. Pour s’attirer les faveurs de cette région et se positionner en « grand frère ». Une extension d’influence par aide militarisée. L’ONU tente de faire contre poids aux deux en envoyant sur place des renforts, mais ce sera en vain, pour l’influence tout du moins.

D’ailleurs, il est intéressant de noter que si les nations riches avaient dans l’envie réelle d’aider en profondeur Haïti (et pas seulement en secours d’urgence) nous aurions déjà dû entendre trois choses :

 

  • La suppression de la dette (abyssale) du pays par les pays riches.

  • La mise en place d’un plan de reconstruction autour des énergies dites vertes (même si ce n’est pas la panacée).

  • La prise en charge à grande échelle des migrants potentiels pour un accueil sans condition et définitif au besoin.

 

Mais non, rien de tout cela n’a été et ne sera proposé, tant l’idée n’est pas de sortir réellement Haïti de son marasme. Il faut bien que la République Dominicaine ait sont lot d’esclaves… (pardon pour le cynisme).

Et nous pouvons déjà nous dire une chose qui fait froid dans le dos : cet évènement est un des premiers de cette ampleur. Mais dans l’avenir, nous savons que des millions (voir milliards) de réfugiés climatiques vont exister. Et ce très rapidement. Quand nous voyons comment est traitée cette catastrophe, nous ne pouvons que nous inquiéter de la déshumanisation qui entoure déjà tout cela, et donc qui entourera les futurs réfugiés. Il est à craindre que l’occident forteresse ne soit le seul horizon que nous offrirons demain…

19.01.2010

Une petite zone de turbulence; Alfred Lot

 

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Adapter l'humour anglais au cinéma n'est pas facile, mais le faire sur une comédie de moeurs, cela devient un sécré pari. Relevé par Michel Blanc (au scénario et dialogues) et Alfred Lot (à la réalisation), nous pouvons affirmer que le film est presque à la hauteur.

Les acteurs sont tous excellents : Michel Blanc en petit bourgeois hypocondriaque, Miou Miou en femme blasée et délaissée, Mélanie Doutey en future mariée castratrice, mais surtout la révélation du film, Cyril Descours, en fils qui ne choisit pas le chemin qu'aurait souhaité son père.

Les dialogues sont ciselés, c'est certain. Mais là où le bas blesse un peu, c'est sur la longueur : le film manque de punch et s'éternise un peu  trop sur la fin, cassant l'effet enlevé fort réussi du début. C'est dommage, car cela gâche finalement l'appréciation d'une adaptation très fine.

Reste que pour une fois, on y voit un couple gay tout ce qu'il y a d'ordinaire, un remariage tout ce qu'il y a d'angoissant et une famille du paraître tout ce qu'il y a de plus pathétique. Reste que le plus heureux, c'est surtout le plus simple, et ce n'est pas une surprise.

A voir, car les comédies de moeurs se font rares, et elle deviennent bien trop "bien pensantes" pour garder un intérêt...

Le siffleur; Philippe Lefebvre

 

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Que dire de cette petite comédie ? Philippe Lefebvre réunit un casting alléchant (Thierry Lhermite, François Berléand, Clémentine Célarié, Virginie Efira, Fred Testot, Alain Chabat, Sami Bouajila) autour d'un scénario sympathique : un paisible commerçant s'invente un frère jumeau pour ne plus qu'on lui marche sur les pieds, et pour sauver son restaurant préféré...

Alors certes, tout le monde cabotine à souhait, mais il y a malgré tout un manque de rythme évident et de délire. Trop policé par moment, le film en devient assez paresseux et lasse un brin. Il reste au niveau d'une comédie "entre copains" sans jamais laisser de souvenir impérissable.

Ce n'est pas à proprement parler un film loupé, c'est plutôt un film qui ne va pas assez loin, ni au bout de son sujet.

Et une révélation : Virginie Efira sait jouer la blonde .... (humour)