06.05.2012
Pour être déçu faut avoir eu envie
Voilà, les élections approchent et on va avoir un nouveau roi élu. Pardon, un président de la République (avec un grand R). Les espoirs de voir l’actuel mis dehors semble faire oublier tout ce que son adversaire à de pourri au sein de son programme, libéral économique sans borne, tout comme l’autre, mais peut être en moins brutal.
D’ailleurs, le débat entre ces deux prétendants aura permis de voir que leur vision du monde n’est pas si différente. L’immigration est un grave problème pour les deux (faut bien draguer l’électeur de la haine quand même pour gagner), l’économie ne peut être que libérale et sans limites, la patrie est plus importante que tout, bref on nous met le drapeau tricolore sous le nez et on nous demande de pas se moucher dedans.
Bien entendu, il s’agit de redire l’essentiel : quelque soit le prétendant qui posera son cul sur le trône élyséen, nous n’obtiendrons rien sans nous mobiliser, sans être dans la logique d’un changement de société par la rue, la grève, la solidarité et l’entraide. Croire que de voter pour l’un ou pour l’autre change réellement quoique ce soit (si ce n’est le plaisir de virer l’actuel qui nous agace, mais n’est ce pas son rôle d’épouvantail ?) est une douce illusion entretenue par la société du spectacle semblant donner le choix. Mais au final, n’est on pas tout simplement en train de choisir le bourgeois qui nous commandera ?
Dans le monde, que ce soit en Syrie, au Mali, en Egypte, en Tunisie, au Bahreïn, en Russie, en Ukraine, en Espagne, au Portugal, en Grèce, etc… Des voix se lèvent pour un autre possible, un monde sans capitalisme par exemple. Si nous, ici, nous nous contentons de simplement glisser quelques grammes de papier dans une urne pour changer les choses, nous ne valons pas grand-chose, et il est temps de cesser de parler de « nation de droits de l’homme » et autres grandes idées.
Voilà, je vais le dire sereinement, mais pour moi quelque soit le résultat, je ne serai pas déçu. Car je ne souhaite ni l’un, ni l’autre tant les deux incarnent une forme de gouvernance qui me débecte. La force pour l’un, l’infantilisation pour l’autre. Loin, si loin, de l’émancipation autogestionnaire, anti-patriarcale, antisexiste, anti-homophobe. Loin de la démocratie directe, de l’autodétermination. Belliciste dans l’âme, les deux nous parlent d’aller faire la guerre « pour la paix », comme toujours. Incompatible avec un antimilitarisme assumé. Athée, je suis et reste, anticlérical aussi, et les deux flirtent avec le religieux trop souvent.
Donc voilà, je ne serai pas déçu, mais toujours dans la lutte, quelque soit le vainqueur, quelque soit le vaincu. Seule alternative à notre réelle libération de l’aliénation du travail, pour une société d’entraide, anarchiste, décroissante et solidaire.
Pour être déçu il faut avoir eu envie. Bien résumé non ?
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Avengers
Josh Whedon aux manettes de la superproduction du moment, ça avait de quoi rendre tout cela alléchant. On se souvient de la série Buffy ou de Serenity (film assez bluffant de décalage assumé), et il nous vient à l’esprit qu’avec les moyens adéquats, il pouvait réussir un excellent film. Et bien, il n’y a pas à dire, c’est le cas !
Voici donc les Avengers avec un casting de folie : Robert Downey Jr. (Ironman), Scarlett Johansson (Black Widow), Chris Evans (Captain America), Mark Ruffalo (Hulk), Chris Hemsworth (Thor), Jeremy Renner (Hawkeye), Tom Hiddleston (Loki), Samuel L Jackson (Nick Fury), Gwyneth Paltrow (Pepper Potts) et enfin Clark Gregg (Agent Coulson). Rien à dire, c’est du très lourd!
Ajoutons à cela d’excellents effets spéciaux, une très bonne musique, un scenario qui tient la route, des acteurs qui jouent très bien et une réalisation aussi bonne dans les scènes intimistes que dans les scènes d’action pure et le cocktail est des plus savoureux !
Car c’est là la force de Whedon : il donne à son film la dimension épique que nous attendions, tout en laissant malgré tout de la place aux différents héros de s’installer. De même que la dimension dramatique est correctement mise en place pour complexifier un film qui aurait pu être d’une platitude absolue.
Le film est donc une réussite et certaines scènes sont assez drôles (ce qui est rare dans les films de super héros), voir inattendues. Il faut dire que quand on a un Hulk dans son équipe… (Au passage, Mark Ruffalo offre à Hulk / Banner la meilleure interprétation qu’il soit, tout film confondu).
Bref si vous êtes du genre à apprécier les costumes et les « répliques cultes », ce film est fait pour vous, et vous ne serez pas déçus !
PS : à noter que, en prime, la 3D est parfaitement bien utilisée.
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25.04.2012
Alors comme cela je devrais comprendre le vote Fhaine
Depuis les tartufferies électorales de ce weekend, on me demande, à moi, l’anarchiste antifasciste, le bisexuel pédé fiers, le mec issu d’un métissage improbable, de comprendre ces pauvres électeurs du front de la haine, du font national, du FHaine, parce qu’ils seraient tout perdu dans leur tête.
Ben non, j’en ai marre. J’en ai assez qu’on continue à se mentir. Oui, plus de six millions de personnes ont voté pour la haine, avec tous les moyens de savoir pour quoi ils votaient. Point.
Le Fhaine, depuis quinze ans, se maintient à un niveau assez haut, proche d’un électeur sur cinq. Et on continue de parler de vote de protestation, de colère… Mais réveillez vous ! C’est un vote d’adhésion et c’est tout !
A force de légitimer le fait que l’on puisse voter ainsi par « colère », c’est le Fhaine que vous légitimez. Vous le banalisez, vous le rendez concret. Voir le présentez comme une alternative à la lutte, une chose anti-système.
Il suffit d’ailleurs d’entendre des électeurs de Hollande dire (sur France Info) que bon ils sont de gauche mais que les immigrés c’est quand même un problème pour se rendre compte comme la gangrène a pris. Les idées de haine se propagent comme un venin, brulant les tissus de raison aussi surement que la flamme brûle le papier à cigarette.
Regardez la politique menée par Sarkozy depuis des années, la haine de l’autre en étendard, et voyez comme le Fhaine sans dirigé est déjà là ! Pire, lisez le programme de Hollande pour voir que les idées de l’extrême droite sont présentes aussi : franchises médicale maintenues, réforme (casse) des retraites maintenue, quotas d’immigration (ou l’homme réduit à l’état de chose) maintenus, centre de rétention administratifs maintenu, etc... etc… Alors certains diront « mieux vaut Sarkozy que Hollande », c’est un peu comme choisir entre peste et choléra, surtout sur le plan économique, mais bon.
Reste que j’en ai assez de m’entendre dire que les électeurs du Fhaine méritent le respect. Non ils n’en méritent aucun, pas plus que n’importe quel nervi fasciste. Non il n’y a pas de vote de colère, il y a un vote de haine et c’est ce qu’ils expriment.
Quant on me tapera dessus, si cela arrive malheureusement, parce que pédé, parce que bougnoule, parce que anarchiste, je dirais quoi, frappe la joue gauche mon ami ? Non !
Assez, assez de ces conneries ! Les idées du Fhaine, d’extrême droite, de haine se combattent, elle en se « comprennent pas ». Pied à pied, en étant clair. En cessant de dire « qu’il faut tolérer que des gens puissent voter pour ce parti ». Non, je ne tolère pas, je n’accepte pas, je ne comprends pas. Non, en deux milles douze, je ne peux pas comprendre que l’on en soit encore à la haine de l’autre, du différent. Et je le dis ! Je le crie ! Assez de faux semblants !
Et je vous invite à lire ceci : http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120424.OBS7052/pourquoi-les-lepenistes-votent-le-pen.html qui porte enfin une analyse réaliste du vote haine. Oui, c’est l’immigration, l’autre, le pas comme nous qui motive les électeurs de ce lisier. Et pas la « colère ». Ils rêvent d’une « France aux français » bien rance.
Alors, le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève, c’est ce qu’on crie souvent. Trêve de compassion et de compréhension, et au combat !
******
A lire aussi : Moins pire le Hollande ? pour ne pas non plus croire que mon coup de gueule serait un appel ou un soutien à Hollande en quoique ce soit. Car je partage chaque mot de ce communiqué du groupe Pavillon Noir de la FA.
17:52 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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20.04.2012
Un peu de tout et pas de rien
Petite divagation numérique autour de quelques trucs que j'aime et qui peuvent vous plairent.
On commence en militantisme, avec une production là-bas-si-j'y-suis, Les mutins de Pangée, Fakir et une interview faite par François Ruffin.
Le plan de bataille des marchés
Le plan de bataille des financiers par fakirpresse
On continue avec un petit film sympa qui devrait faire réfléchir
Léo Ferré : Ils ont voté et puis après ? par AnarLandes
Bon, c'est de la musique hein, mais c'est bien non ? On continue avec un petit passage par le nucléaire, une parodie que j'ai apprécié :)
On continue, pas trop déroutés ? Un petit truc queer et féministe ? Chiche ?
Puis bon, j'ai une envie de dub qui pulse bien, pas vous ?
Et un petit coup de gueule ça vous dit ?Un truc de la Fédaration Anarchiste par exemple ?
Et si on continuait par un peu de musique qui fait mal aux oreilles ?
Et pour finir, un peu de douceur dans ce monde ...
Aller, à bientôt !!!! :)
18:05 Publié dans Musique, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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13.04.2012
Vendredi treize
Bon D… heu bon s… heu… que cette journée est longue. Nous sommes Vendredi 13 (majuscule oblige) la journée qui, comme Noël (là aussi lettre capitale) et autres, devrait nous évoquer un truc. Oui vous savez c’est le treize, le lendemain du douze et la veille du quatorze. Seulement là, c’est un vendredi et là ça change tout : faut être superstitieux !
Alors depuis ce matin c’est farandole de conneries : de qui a donné son obole à la Française des Jeux (majuscule comme pour toute religion, voyez vous) à qui fait attention à ne pas croiser un chat noir (qui n’a rien demandé mais n’est jamais plus beau que sur les drapeaux), de passer sous une échelle ou ne pas dire de mal (ben ouais ça pourrait se réaliser).
Incohérence mentale, bourrée de clichés (y compris sexiste, parce que la mayonnaise ne monte pas quand une femme a ses menstruations, et si en plus c’est un vendredi treize… entendu ce matin à la machine à café, et c’était dit sérieusement). Bref journée ordinaire ou la pourriture mentale religieuse vient en prime se marier (devant Dieu, là aussi majuscule parait-il) avec la superstition des brebis perdues (vil-e-s païen-ne-s).
Aussi idiot et futile que de croire en un mec qui s’assoie sur un arbre ou un nuage pour nous regarder vivre et diriger un peu tout cela au nom du destin, mecktoub et autre baliverne, la superstition est là aussi pour bien enfoncer l’humain dans la bêtise au détriment de l’émancipation.
D’ailleurs, ce vendredi treize est une aubaine pour le système capitaliste : entre les jeux d’argent (religion dérivative pour devenir enfin riche, et donc avoir le pouvoir et être … libre … du moins c’est la croyance) qui rapportent un maximum et le nombre de grigris vendus pour « aider la chance » ou « s’éviter la malchance » c’est quand même assez énorme (sans parler de ces pauvres tables maltraitées parce qu’on doit toucher du bois). Chaque année, des milliards d’euros sont dépensés par les français-es dans des jeux d’argent. Ils-elles jouent pour « conjurer le sort » semblent dire les sociologues, en ce qui concerne le vendredi treize. Décidément, de toute religion, de toute superstition, le capitalisme et l’argent ne sont jamais loin.
On ne le dira jamais assez : à bas toutes les religions, à bas toutes les superstitions. Ouvrons les yeux et nos esprits, au lieu de les fermer par un obscurantisme d’un autre âge. La révolution anti-autoritaire et émancipatrice s’accompagne d’une remise en question de l’irrationnel pour le chasser de nos vies.
Aimez la beauté plutôt que les dieux. Croyez en vous plutôt qu’en l’immatériel.
17:04 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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11.04.2012
Sur la piste du Marsupilami
Quand Alain Chabat atteint son vieux rêve de réaliser (et de jouer dans) un film issu de la BD de Franquin, qu’en plus il embarque Djamel Debbouze en guide roublard mais pas menteur, Fred Testot en professeur fou, Géraldine Nakache en assistante humaniste, Lambert Wilson en dictateur fan de Céline, Patrick Timsit en petit caporal d’opérette, Liya Kebede en sublime chef Paya, Aïssa Maïga en directrice de chaîne un brin sadique, Jacques Weber en père et The Great Khali pour couronner le tout, comment ne pas se dire que le film sera bon.
Et bien on est loin d’être déçu ! Car c’est du très bon. Certes, pas la comédie de l’année non plus, c’est certain, mais un grand moment de délire et de n’importe quoi à la Chabat, couplé à l’univers (fort bien respecté) de Franquin. Les effets spéciaux sont excellents, donnant vie en plus à un des héros les plus mignon qui soit : le Marsupilami. Comment ne pas craquer complètement devant lui ! Les numéros comiques s’enchainent sans discontinuer (une palme pour Lambert Wilson, je vous laisse découvrir pourquoi), la musique souligne superbement tout, les acteurs en font des tonnes mais on en attend pas moins.
Bref, rien à jeter dans cette excellente adaptation du Marsupilami, si ce n’est quelques lenteurs mais largement supportables.
Le résumé :
Quand Dan Geraldo, reporter en quête de scoop, arrive en Palombie, il ne se doute pas qu'il va faire la plus incroyable des découvertes. Avec Pablito, guide local plein de ressources, ils vont aller de surprise en surprise au cours d'une aventure trépidante et surtout révéler une nouvelle extraordinaire : le Marsupilami, animal mythique et facétieux, existe vraiment !!!
Donc, allez le voir vous ne serez pas déçus, et emmenez les enfants, ils vont adorer !
Houba houba !
18:21 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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09.04.2012
Vous colmaterez bien une petite fuite ?
Penly, ses bocages, sa centrale électronucléaire comme on dit… Et sa fuite radioactive. Certes, une fuite de « faible intensité » et « sans risque » selon les experts « ultra-dépendants » de l’ASN, et plutôt à prendre très aux sérieux pour qui a un brin de jugeote.
Que démontre cette fuite, qui arrive à l’issu d’un incendie (maitrisé très rapidement) sur un joint du circuit primaire ? Déjà, que nos centrales sont loin d’être infaillibles comme le sous entendent les bonimenteurs qui nous vendent du nucléaire comme bien précieux de l’humanité. Mais aussi qu’elles vieillissent et sont de moins en moins bien entretenues… parce que ça coute trop cher !
Va-t-on attendre la catastrophe pour se dire « tient, ce serait cool de faire en sorte que le nucléaire ne soit plus présent sur notre sol » ?
Yves Martignac déclarait à Europe 1 "C'est un avertissement très sérieux d'avoir aujourd'hui un incident sur une pompe du circuit primaire d'un de nos réacteurs", a-t-il prévenu, pointant le "phénomène de vieillissement" des centrales, ainsi que la "pression à la rentabilité, qui fait qu'on ne remplace pas certaines pièces", autant d'éléments qui augmentent le risque de défaillance. "Et qui dit défaillance dit à chaque fois potentiel début d'un scénario d'accident". (Source : http://www.europe1.fr/France/Penly-un-incident-qui-inquiete-1024797/ )
Voilà donc où nous en sommes. Et qu’on ne vienne pas me dire ici qu’une renationalisation serait une solution viable. L’Etat n’est pas forcément meilleur gestionnaire en termes de sécurité (souvent l’accident est attendu pour faire le nécessaire). Non, il faut une sortie claire et nette du nucléaire, et au plus vite.
Cela nécessitera de changer nos modes de vie (personne ne parle de revenir à la bougie) et de se prendre en main en local (penser la relocalisation de la production d’énergie avant de penser à un gros trust comme EDF / ErDF, centralisé et incapable de penser la répartition). D’ailleurs, n’oublions pas qu’aujourd’hui une énorme part de ce qui est produit est perdu, corps et bien, dans le transport sur des centaines de kilomètres de câbles haute tension, sous forme de chaleur !
A l’heure où, de gauche à droite, de médias en médias, on nous vente les bienfaits du nucléaire (qui est avant tout là, aussi, pour la bombe atomique), nous devons être de plus en plus nombreux à porter la contre offensive, et prôner une sortie immédiate du nucléaire et ne surtout pas en faire une simple variable d’ajustement … Ou d’un accord quelconque entre politiques.
10:13 Publié dans Ecologie, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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03.04.2012
Origine certifiée
Ha comme le climat se tend, et comme la présidentielle sert de déversoir à merde cérébrale. Oui, à quelques jours du choix d’un nouveau roi (enfin pour ceux qui souhaiteront réellement participer à cette vaste blague) voilà que la haine de l’autre, la recherche d’ennemi intérieur, les sous entendus nauséabonds servent à rameuter les chiens en manquent de maitres.
Oui, le climat se tend. Certains iront dire que c’est la faute à Mérah, l’auteur des meurtres de Toulouse et Montauban. Ils oublieront un peu vite dans ce cas que cela fait des années que la stigmatisation est à l’œuvre dans le « beau pays des droits de l’homme ». Anti juifs, anti musulmans, anti homos, anti… anti… Jeunisme, agisme, sexisme… Tout cela est un apanage constant de notre belle république. Sauf que les périodes électorales sont bien révélatrices de la porosité même des plus progressistes (selon eux) aux idées les plus crasses.
Ainsi a-t-on vu, justement après l’affaire Merah, se lâcher les chiens de gardes de la pensée vraie comme ils disent, de gauche, comme de droite, sur des thèmes surprenants. Ainsi a-t-on attendu le pire. Par exemple, des éditorialistes « de gauche » et des politiques du même bord parler de « français de souches qui doivent cohabiter avec des français de branche ». Sans que cela ne les choque plus que cela, sans qu’ils ne voient l’ignominie de la reprise de cette imagerie issue du Front National et de la droite xénophobe. De même, voit on de plus en plus de politique de gauche se livrer à une guerre des chiffres, bien morbide : qui de son immigré qui rapporte plus qu’il ne coute à la nation, qui de son enfant scolarisé qui apporte une plus value, même s’il retourne sans son pays (sic). Monétarisation de l’humain qui touche toutes les sphères politiques, y compris au sein d’un Front de Gauche pourtant pas si mauvais sur l’antiracisme. Sans parler de EELV où certains font carrément dans le différentialisme…
Car la force des réactionnaires, racistes, extrémistes religieux, c’est justement d’agir non en prenant le pouvoir (bien que cela arrive) mais en distillant dans la société leurs thèses et point de vue. Comme les candidats à la mandature sont tenus de ratisser large pour s’octroyer une place au chaud, les fanatiques de la haine savent que leurs idées passeront, qu’ils s’installeront non par la porte, mais par tous les interstices de la société.
Ainsi donc, la période actuelle révèle à quel point le pouvoir, l’état, repose sur une notion simple : s’appuyer sur le rejet de l’autre, sur la différence, pour mieux s’en servir de marche pied. Ainsi abandonne-t-on la lecture de classe de la société pour lui privilégier une lecture du tous contre tous, plus encline à permettre la manipulation du plus grand nombre pour maintenir le statu quo du pouvoir et de l’état bourgeois.
Il convient, à ceux qui souhaitent sortir de ces logiques, de revenir à la base, aux fondements de notre pensée qui prône pour chacun une réelle émancipation.
Par exemple, lire et se souvenir de ce magnifique texte, intitulé « Aux errants », datant de 2002, qui nous rappelle qu’avant d’être un chiffre, il convient de voir un humain, qu’avant de voir un problème, il convient de comprendre la douleur. Vous le trouverez ici : Aux Errants
La période actuelle nous oblige. Elle nous oblige à reprendre les devants, à être présent pour souligner les dires et les actes de discriminations, de rejets. Dans la politique, dans les médias, mais aussi dans nous familles, avec nos amis, etc.… Nous ne devons pas les laisser passer en se disant que « ce n’est qu’un moment d’égarement ». Non, sur certaines positions, certains choix, il ne peut y avoir de neutralité. On est pour ou contre. On tranche. Sans quoi, notre « neutralité » bienveillante se transformera assez vite en « passivité complice », permettant à des idées toujours plus détestables de monter dans la société, de s’y installer, avant que la haine n’entre définitivement à la tête de tous ces états, pour une purge finale que certains dans l’histoire ont déjà initiée. Nous sommes des digues et quand nous cédons, longue est la décrue.
Assez de l’utilisation de l’origine certifiée, assez de patriotisme idiot, aussi inutile que débilitant, assez de fierté mal placée, qui enferme et ferme aux autres.
L’avenir ne s’écrira pas si nous continuons à nous taire. Face au racisme, à la phobie, à la discrimination, on l’ouvre ou on est complice.
18:49 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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Hunger Games
Voilà un film intéressant. Je m’attendais à une grosse production hollywoodienne sans fond avec beaucoup d’effet de manche et de gros effets spéciaux, force est de constater que je fus surpris, et dans le bon sens du terme.
Tout d’abord, par le jeu des acteurs. Excellents, ils le sont tous. Et pourtant je partais avec un a priori sur certains. Jennifer Lawrence, dans le rôle principal est juste épatante. Pas de fausse note, pas de scènes sur-jouées, tout en finesse et en aplomb. Là où d’habitude elle aurait été transformée en potiche, c’est l’inverse qui se produit : une pure femme forte comme rarement il nous est donné d’en voir au cinéma. Ensuite, Josh Hutcherson, étonnant, tant par la finesse de son jeu que par sa façon assez singulière de porter un personnage ambigüe mais pourtant attachant. Liam Hemsworth, dans un petit rôle qui devrait prendre de l’ampleur dans le prochain volet, est prometteur. Mais je m’attarderais sur les seconds rôles. Parce qu’ils sont de qualité (ce qui se fait rare là aussi dans le cinéma actuel, alors qu’ils posent souvent l’univers).
Ainsi peut-on découvrir un Donald Sutherland en despote, Woody Harrelson en héros alcoolique désillusionné, Lenny Kravitz étonnant dans un drôle de registre, Elizabeth Banks en nounou déjantée, et saluer la performance de la jeune Amandla Stenberg, tout en finesse et en émotion. Je noterais aussi la présence de deux acteurs que j’apprécie énormément : Stanley Stucci (excellent en présentateur cynique) et Wes Bentley (incarnant un producteur détestable).
La réalisation de Gary Ross peut surprendre. Il fait le choix de la caméra à l’épaule (ce qui souligne très bien le côté « télévision » du show) et de ne pas s’attarder des masses sur les scènes d’action (les rendant peu lisibles, mais je pense par choix). J’ai l’impression que le but (et pour moi c’est réussi) est de laisser la place à l’émotion et à la réflexion (l’action n’étant que secondaire contrairement à la violence qui est elle exprimée directement, ou plus subtilement). Pour moi, le film est réalisé avec un « vision » et pas en simple tâcheron, ce qui donne un cachet au film.
Parce que comment ne pas voir que le film va au-delà du film d’action lambda pour adolescents ? Que les studios le vendent ainsi n’est pas étonnant, mais il y a clairement plus à voir que simplement une « course à la mort » de plus. Critique de la société des médias, de leur rôle sur le comportement des gens (en particulier de la télévision), critique de la violence et du tous contre tous, le film ouvre des perspectives bien plus larges que simplement divertir. D’ailleurs, c’est tellement prégnant que la première chose que j’ai eu envie de faire en sortant du cinéma c’est d’acheter les livres qui servent de base à ce film ! Suzanne Collins semble avoir mis en place une œuvre plus dense qu’il n’y parait de prime abord.
Finalement, Hunger Games est surement une des très bonnes surprises de l’année. Entre l’univers futuriste (mais qui ressemble furieusement au notre par analogie), le scénario ficelé, les acteurs excellents et la musique superbe, j’ai envie de dire : courrez voir ce film vous ne serez pas déçu ! Et vous attendrez comme moi la suite avec un légère impatience j’en suis certain.
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26.03.2012
Oui j'ai retiré un article
L'article "Halte au Front de Gauche" visible sur mon blog un temps ne le sera plus à partir de maintenant. Je n'aime pas les gens qui avancent cachés, et le coup de la même IP pour plusieurs pseudo est juste inadmissible pour moi. Tout comme le refus de donner plus d'information sur qui est derrière ce texte.
Donc désolé si j'ai mis mal à l'aise qui que ce soit, je ne voulais qu'un débat et du dialogue, je me contente donc de retirer l'article.
Fab
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Terreur et union nationale
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vendredi 23 mars 2012
C’est tous les jours que ce monde produit de l’horreur. Dans les guerres que se mènent les États entre eux, ou contre des groupes qui, s’ils ne sont pas à proprement parler des États, ne rêvent que de pouvoir et de domination sociale et politique. A coups de bombes et autres armes frappant plus largement que les seuls adversaires soi-disant visés, c’est-à-dire frappant des centaines et des milliers d’individus qui ne demandaient pas à prendre part à ces guerres, en tout cas qui ne souhaitaient pas en crever. Cette tuerie et cette mutilation permanentes s’étendent jusque dans les conséquences sociales dues au capitalisme : par son travail, son industrie, ses nuisances, les maladies qu’il provoque en pagaille. Jour, après jour, après jour.
Cette horreur diffuse devient banale, on ne l’évoque qu’en citant des chiffres : dix morts par-ci, trente morts par-là, des centaines et des milliers de blessés. Banale comme une hécatombe suite à un tsunami, un tremblement de terre, fatale comme le sont les fureurs et le déchaînement périodique de la nature. On l’évoque donc (il est parfois plus profitable pour certains d’évoquer le drame que de le taire, les larmes mêmes pouvant être productives de façon intéressante dans ce monde pourri), on la glisse dans un bulletin d’information, rapidement, car on n’a au fond rien de bien substantiel à en dire. N’oubliez-pas, citoyens, le drame est là, la mort frappe toujours à nos portes, et face à elle, combien est douce la sécurité et la stabilité que l’État et l’afflux de marchandises vous apportent ! Que le petit quotidien de la survie continue et tout ira fort bien.
Mais tout à coup, voilà qu’un fait parmi d’autres arrête le temps qui passe, qu’une horreur parmi d’autres crève l’écran, que la normalité fait une pause, voilà qu’on devrait se mettre à réfléchir, alors que le reste du temps il faut juste courir vers nulle part. Voilà qu’il ne s’agit plus de quelques « brèves de l’horreur », lointaines et insignifiantes, mais de l’Horreur, avec sa figure terrifiante, la mort terroriste juchée sur un puissant scooter et revêtue de noir, qui a la fourberie de se masquer sous un casque intégral, pour échapper aux preux chevaliers de la police judiciaire. Elle laisse sept morts derrière elle.
Revenons rapidement en arrière. Oui la mort frappe continuellement, pas la mort qui vous enlève tranquillement la vie, pas juste celle qui fait que vous vous endormez dans votre lit un soir sans vous réveiller le lendemain matin. Pas juste celle qui vient vous rappeler que, bon gré, mal gré, la vie des êtres humains ne dure que quelques décennies et qu’il y a une fin à toute chose. Non, celle qui tape brutalement, qui laisse son paquet d’estropiés et d’amputés dans son sillon, en plus des cadavres ; celle qui laisse aussi la terreur, qui cherche à l’inscrire dans le crâne de ceux qui survivent. Qui veut frapper les esprits pour mieux paralyser le corps, déposséder les individus de toute prise en main autonome et concrète de leur existence. Comme nous le disions, cette mort-là a des médiateurs, des responsables particuliers. Ils agissent toujours au nom d’une idéologie, qu’elle soit politique ; démocratique ou non, ou bien religieuse, peu importe quelle religion particulière historiquement, ou bien tout ça à la fois. La faux qui s’abat pour occire et terroriser ne tombe pas du ciel, ou si cela arrive, c’est par un avion bombardier, ou par un lance-missile à longue portée, et pas par les foudres divines. Elle ne vient pas d’une « main invisible », mais d’un bras souvent vêtu de kaki, et peu importe quel écusson y est épinglé.
Dans le cas qui amène ces réflexions, il aurait été en effet fort plausible que sous l’habit noir du « motard déséquilibré », se cache aussi le kaki, puisqu’une des premières éventualités énumérées était qu’il s’agisse d’un ancien para à tendance néo-nazie voulant épancher ses pulsions racistes sur d’anciens collègues trop basanés à son goût, et sur des personnes identifiées comme « juives ».
Ce qui, accordons-nous sur ce point, était de l’ordre du possible. Mohamed Merah, l’homme identifié et finalement exécuté par le RAID, avait par le passé tenté de s’engager dans l’armée, au sein de la Légion étrangère. Il aurait donc tout aussi bien pu tuer autrement, et ailleurs. On l’a vu il y a quelques semaines, lorsqu’un G.I. américain en poste en Afghanistan est sorti de son camp pour aller tirer dans le tas dans un village voisin, massacrant indistinctement plusieurs personnes. Et oui, l’armée française est bien active en Afghanistan -et ailleurs- sous l’égide de l’OTAN ; occupation que les États appellent « mission de sécurisation, d’assistance et de transferts des compétences en ce domaine à l’État Afghan », et que nous appelons simplement guerre et occupation militaire. Cela signifie, à moins de vouloir changer la signification des mots, bombarder, tuer, massacrer, pacifier par la force et la contrainte, contrôler, humilier, perquisitionner et au besoin exécuter. Si le « tueur de Toulouse » avait été engagé à l’époque dans l’armée, force aurait été de conclure qu’il aurait été formé à l’école même de l’État. On ne l’aurait alors pas désigné comme « tueur sanguinaire », mais comme « simple soldat ». Dans le cas de Toulouse et de Montauban, l’acte d’appuyer sur la gâchette n’a pas été donné par le commandement militaire, et les cibles n’ont pas été désignées par lui. Pas cette fois-ci, précisément. Mais dans bien d’autres situations, dans bien plus de situations, ça l’est.
Aussi quand l’État décide de rayer de la carte des villages et des villes entières, donc des milliers de vies humaines, par le napalm, la bombe thermonucléaire, les fameuses frappes chirurgicales ou toute autre joyeuseté en sa possession, c’est la raison qui parle, la civilisation, la démocratie, et même, allons-y dans le cynisme, le Progrès et la « liberté ». Il y a donc l’horreur et les massacres justifiés, les guerres justes et les guerres saintes, et puis il y a le « tueur à scooter de Toulouse ». Celui-ci est, selon une foule d’experts qui accoure la bave aux lèvres dés que le sang coule sur le trottoir, un « fou isolé », un « déséquilibré aux motivations idéologiques », un « terroriste individualiste » (sic). Soyons clairs et nets : un type comme celui-là, on ne va pas pleurer sa mort. Mais ceci dit soyons clairs et nets jusqu’au bout : qu’est-ce qui, ces derniers jours, a fait la teneur de ce que politiciens, médias et représentants communautaires ont qualifié de « drame national » ? Voilà qu’une réponse fuse, évidente : « on ne s’en prend pas aux enfants » et « s’attaquer à des personnes en fonction de leur religion, couleur de peau, ou origines supposées, c’est de la barbarie ».
De la barbarie, bien. Je ne connais pas, personnellement, de barbares, j’en suis désolé. Je ne connais que des individus devant survivre au sein de la civilisation, entre les mailles de la grande broyeuse économique (qui mange aussi des enfants), que la politique vient souvent racoler sous des fanions verts, bleus, roses, rouges, tous tricolores au final. Certains s’y accommodent assez bien, d’autres n’en peuvent plus ; les uns crient « vive la patrie ! », d’autres en ont marre et se tirent une balle dans la tête ou se pendent, en laissant un mot disant à peu près « Travail m’a tuer ». Les uns se débrouillent comme ils peuvent pour grappiller quelques miettes, quitte à faire une crasse à un autre forcé lui aussi de se débrouiller. Les uns vantent sourire aux lèvres les vertus de cette société, du labeur et de la famille, les autres (parfois ce sont les mêmes en fait) se shootent au Prozac, juste pour... continuer. Il y en a aussi qui en ont plus qu’assez de cette foutue vie de merde, mais qui avant de casser leur pipe se rebellent, mordent la main du maître, pourrissent la vie du donneur d’ordres. Certains parmi eux s’en tirent pas trop mal, d’autres (combien de millions sur cette planète murée ?) finissent derrière des barreaux. D’autres sont assassinés par les flics. D’autres tirent dans le tas, souvent en revendiquant une cause, parfois par ce qu’on appelle par défaut nihilisme.
Je vois très bien tout ça, mais je n’ai jamais vu de barbare. Barbare, barbare... ah oui, le barbare, celui qu’on définit par opposition à la civilisation. Il y a la civilisation, et il y a la barbarie. Les barbares et les civilisés. Les citoyens et les sauvages. Les uns sont courtois et polis, mangent à table et sont propres, sont sages à l’école, utiles à la société, et celle-ci leur rend hommage par une petite dalle de marbre à l’heure dernière. Les autres... Quelle horreur ! Mais là, il s’agissait d’un nouveau type de barbare, un barbare roulant en T-MAX Yamaha et équipé d’armes automatiques. Un barbare à la pointe de la technologie, et animé par une idéologie. Mettons un peu d’ordre dans tout ce merdier. Armes de guerre, puissant engin à moteur, racisme, idéologie, agissement froid et maîtrisé, art de la gâchette et même camera embarquée. Notre barbare n’était pas habillé de peaux de bêtes, il ne tenait pas de gourdin grossièrement taillé, il avait sûrement en tête tout un argumentaire bien raisonné pour expliquer pourquoi il faut méthodiquement et froidement éliminer tout ce qui est « juif » (les militaires, c’est encore autre chose) de la surface du globe. Isolé disait-on ? « Fou » ? « Terroriste » ?
Isolé. Certainement pas. Pour notre grand malheur, des personnes qui, sans peut-être appuyer sur la gâchette à tout va, sont animés par l’idéologie raciste et/ou religieuse, il y en a eu un paquet dans le passé, il y en a encore plein aujourd’hui, et ce à tous les échelons et postes de la société, « serviteurs de Dieu » aussi bien que militaires, simple quidam anonyme ou personnage d’État. Le « tueur à scooter » agissait peut-être seul, mais ce qui le mettait en branle, son idéologie rance, occupe aussi l’esprit d’un grand nombre de gens. En d’autres termes, on parle d’arbre qui cache la forêt ou de pointe visible de l’iceberg.
Fou. Comment dire... Ce terme, en fin de compte, est aussi bancal que celui désignant les fameux « barbares ». Qui est fou, qui est « sain d’esprit » et incarnation de la Raison Pure, vaste question, qui agite peut-être frénétiquement les pensées et calculs des spécialistes, sociologues, médecins, généticiens, psychologues, psychanalystes, psychiatres et autres psychothérapeutes, mais qui à vrai dire nous laisse un peu indifférents. La folie est tantôt décrite comme l’incapacité à se conformer aux normes sociales, tantôt comme résultant au contraire d’une overdose de normalité, on parle des fous d’amour, des fous à lier. L’argent, le pouvoir, l’environnement déprimant, le travail, la jalousie, la voiture comme le métro, la possession et la dépossession, l’enfermement, les médicaments mêmes, rendent les gens « fous ». La société rend « fou ». Parler de folie dans ce cas précis, c’est empêcher de mettre le doigt sur l’idéologie et la logique morbide qui est derrière l’acte.
Terroriste. Pour l’instant, on sait que le tueur a tué, et qu’il a crée une certaine terreur. Peut-être son but était simplement de tuer, peut-être voulait-il à la fois tuer et répandre la terreur. Mais on ne le sait pas. Nous pensons en avoir assez dit au début de ce texte concernant cette question du terrorisme : qu’on invoque le Führer, je ne sais quel Dieu ou prophète, ou la République démocratique, un massacre (plus ou moins discriminé, ça ne change pas grand’ chose à l’affaire) reste un massacre, et le pouvoir reste le pouvoir, la domination veut dominer, et pour cela, tuer en masse et terroriser vont de pair ; terroriser et contrôler (de façon plus ou moins violente), terroriser pour exploiter. L’État est nécessairement terroriste, c’est lui qui a crée le concept de Terreur et la réalité qui va avec.
Et c’est l’État qui prétend, pas seulement depuis ce lundi ou quatre personnes ont été abattues devant et dans une école à Toulouse, mais depuis des décennies, mener la lutte « anti-terroriste ». « La République est bien plus forte que le terrorisme », clame le chef de l’État. On lui répondrait facilement (si on avait cette idée bizarre de vouloir dialoguer avec le pouvoir) : « La République est forte comme le terrorisme, par le terrorisme ». Certes, il serait simpliste de ne voir dans la domination que la résultante de la terreur, imposée avec force. Il y a bien aussi, une forme de consensus, d’intérêt parfois partagé entre l’État et des pans de la société, d’acceptation plus ou moins teintée de dégoût. De la servitude volontaire et de la résignation, de la servilité par lâcheté ou par conviction, par peur ou par résignation. Une résignation monnayée, peu ou prou. Une soumission obtenue par la menace de crever de faim, de se retrouver à la rue. Par la carotte et par le bâton, par le salaire et par la prison.
Toujours est-il que le gouvernement en a profité pour décréter le passage au niveau « écarlate » du plan Vigipirate, soit le niveau maximum, dans la région Midi-Pyrénées et les départements limitrophes. Pas un seul des salauds politiques, adorateurs du pouvoir, ne l’a critiqué sur ce point, et ça n’étonnera que les niais. Voici, dans le verbiage chatoyant propre au langage de l’État, ce que vise le plan Vigipirate élevé à ce niveau : « prévenir le risque d’attentats majeurs (simultanés ou non), mettre en place les moyens de secours et de riposte appropriés, des mesures particulièrement contraignantes pouvant être mises en œuvre, protéger les institutions et assurer la continuité de l’action gouvernementale". En deux mots comme en mille : occupation policière et militaire à chaque coin de rue, surveillance omniprésente, possibilité de contrôles à tout instant, en tout lieu et sans « justification formelle », peur diffuse. Il s’agit du dernier stade avant l’état d’urgence. La même chose qu’en temps normal, est-on tenté de dire. Oui, seulement avec l’effet d’annonce en plus, et avec un peu plus d’intensité et surtout plus de moyens. Le plan Vigipirate est activé depuis le début des années 90, au niveau « rouge » depuis les attentats de Londres en 2005. Mais la démocratie se réserve tout le temps la possibilité de resserrer et de desserrer l’étau de son contrôle social sur les populations en fonction de la situation : émeutes généralisées, situation pré-insurrectionnelle, état de guerre, catastrophe nucléaire...Les situations dites d’urgence, décrétables et multipliables à l’envie, permettent de mieux ancrer dans l’esprit et la peau de tout un chacun l’habitude d’être parqué, surveillé, déplacé, fiché, fliqué. De réaffirmer le monopole de la violence entre les seules mains de l’État, et de façon visible, démonstrative même. Il est donc vain de s’indigner face à de supposées « lois d’exception » qui seraient l’envers de la normalité démocratique. Les deux sont inséparables.
Que dire aussi de ce monde polarisé en identités imaginaires ? Lorsque le tueur assassine des personnes d’origine musulmane, on convoque les dits « représentants » de la « communauté » musulmane pour exprimer son chagrin. Puis lorsqu’il tue des personnes d’origine juive, on convoque les équivalents juifs. Comme si le chagrin causé par la mort d’un individu ne concernait que ses co-religionnaires, comme si le chagrin devait forcement appartenir à un groupe social bien défini. C’est dans cette confusion identitaire bien typique de l’époque, additionnée à ce que Dagerman appelait la « dictature du chagrin », que le voile nauséeux de l’autorité assoie la domination de ses sujets. Pourquoi le président se sent-il obliger d’aller s’expliquer avec le premier ministre israélien à chaque fois qu’un crime raciste est perpétré contre une personne désignée par ses agresseurs comme juive ? Ces personnes appartiennent elles à l’Etat israélien ? Ces personnes appartiennent elles à une quelconque communauté avant de s’appartenir à elles-mêmes ? Quand cela arrange le pouvoir, les victimes sont d’abord françaises, des « enfants de la République », et quand il faut brosser dans le sens du poil les lobbys religieux, on use du discours contraire. Quoiqu’il en soit on reste dans le culte de la charogne et les logiques politiques et électoralistes de récupération ou non, selon les opportunités.
Dans une unanimité touchante, nos écolo-socialo-souveraino-centro-frontdegaucho-facho-réacto mêlent donc leurs voix pour entonner : « Vive la République ! Vive l’Union Nationale ! ». Les quelques voix critiquant partiellement ce chantage se sont empressées de préciser qu’elles encourageaient par ailleurs le travail des enquêteurs et des forces de l’ordre, à savoir la Section Anti-Terroriste, et qu’en cas de changement de majorité au parlement, les moyens des services de renseignements seraient augmentés.
L’Union Nationale, parlons-en. Celle qui s’enthousiasmait dés le XIXe siècle pour aller porter les lumières républicaines dans les contrées lointaines à coup de canons, de sabre et de goupillon, celle qui permit la boucherie de 14-18, celle qui porta Pétain sur un trône, celle qui releva le capitalisme en 45 en larguant quelques bombes à Sétif et en laissant bien tranquilles les collabos, qui massacra, tortura et jeta allègrement dans la Seine pendant la guerre d’Algérie. Celle qui permet au pouvoir de mieux isoler, mater et éliminer les rétifs, les rebelles, les sans-patrie, les révolutionnaires, ceux qui crachent sur tous les drapeaux et tous les régimes. Qui refusent d’aller se faire trouer la peau et de trouer la peau des autres pour des intérêts qui ne sont pas les leurs, qui ne le seront jamais.
Nous sommes de ces derniers, et nous comptons bien ne pas rester impuissants dans la posture du refus. Nous refusons et nous combattons à la fois le chantage de l’unité nationale, le ralliement sous la bannière républicaine, qui est toujours l’horreur étatique et capitaliste. Nous refusons tout autant de crier avec les loups avides de racket communautaire et religieux, cette autre forme de muselage universel qui, loin de s’opposer à la domestication politique et au règne de l’argent, en est leur compagnon de route historique, très efficace pour diffuser hiérarchie, fatalisme, obéissance et division entre pauvres.
Si nous autres opprimés, indésirables et révoltés dans ce monde, devons critiquer et combattre jour après jour tout ce qui fait de nous des esclaves, ça ne sera jamais en tirant dans le tas, ni pour répandre la terreur et l’horreur, mais précisément pour en finir avec tout ce qui en est la cause : l’État, le racisme et le nationalisme, l’argent, Dieu.
Pour la liberté.
La liberté pour tous et toutes.
Ni citoyens, ni flics
Ni fascisme, ni démocratie
Ni religion, ni terreur
Ni fric, ni État
Ni patrie, ni nation, ni frontières
Ni maîtres, ni esclaves.
20 mars 2012.
00:31 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : politique, société, anarchisme, monde, vie, terrorisme, état, union sacrée, union nationale |
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21.03.2012
John Carter
Bon bon bon… Alors, voilà je suis allé voir la dernière production Disney (sans savoir que c’était un film Disney d’ailleurs). Que dire… Ben que l’ensemble est un peu fade.
Je m’explique. Rien à redire sur les acteurs qui sont plutôt bons (Taylor Kitsch tout en muscles arrive à jouer réellement, Lynn Collins est convaincante en princesse guerrière, Dominic West et Ciaran Hinds donne de l’épaisseur à leurs seconds rôles. Sans parler de Willem Dafoe et Samantha Norton qui bien qu’en image de synthèse arrivent à être crédibles !) ni sur les effets spéciaux plutôt bluffant.
Par contre, très clairement, la réalisation d’Andrew Stanton est plate au possible ! C’est d’un classicisme ! Aucune surprise, du plan par plan sans envergure, rien. Un côté « Prince of Persia », c’est dire ! Les décors ne sont pas à la hauteur non plus (on passe de l’effet 3D magnifique à du carton-pâte un peu minable). La musique est assez vite agaçante et sans envergure. Bref, tout est moyen ce qui fait au final un film plutôt moyen, tant le scénario est cousu de fils blancs (encore plus pour qui aura lu le livre) mais en prime mal exploité (même les rebondissements sont téléphonés, faute d’une réalisation astucieuse).
En gros, John Carter est un gros film d’action qui ne vous laissera pas de trace indélébile dans le cerveau, si ce n’est la plastique des acteurs et actrices peut être…
18:42 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : film, cinéma, john carter |
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