02.07.2009

La doctrine des bonnes intentions, Noam Chomsky

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Lire du Chomsky est toujours revigorant tant l'homme passe d'une idée à l'autre avec clareté et maestria. Et surtout, tous les livres de Chomsky nous poussent à aiguiser notre esprit critique pour ne pas sombrer dans le ridicule de croire une propagande (trop) évidente ou un complot (trop) idiot.

Dans ce livre, Chomsky dresse un inventaire des raisons qui ont transformées les USA en nouvel empire, ses fondements mais aussi ses doctrines. Il démontre par exemple que tout n'est pas né avec Bush et que ça ne finira pas avec lui (comme il a raison, quand on voit ce que fait Obama aujourd'hui). Dans une style simple (mais pas simpliste) et faisant montre d'une érudition étonnante, offrant au lecteur une vraie vision du monde, Chomsky ouvre la porte de notre esprit à la remise à plat de notre propre mode de vie et de pensée.

Il s'interroge en profondeur sur le pourquoi, nous, issus de nations riches et libres, nous préférons tourner la tête plutôt que de changer le monde, préférons garder notre petit confort au lieu de le remettre en question pour offrir à tous le mieux vivre.

Et surtout, Chomsky nous rappelle que les choses ne changerons pas sans un engagement constant, parfois ingrat, mais sur la duré du plus grand nombre.

Je ne peux que vous conseiller vivement de lire ce livre entretien qui mettra en route votre esprit critique !

Quatrième de couverture : L'Amérique se cache souvent derrière des " bonnes intentions " pour promouvoir une stratégie impériale. Puisant dans son immense culture politique et sa longue expérience, Noam Chomsky dissèque de façon magistrale cette " doctrine " et ses antécédents, mais aussi ses liens avec la propagande, l'éducation, l'armée de métier, la " repentance " sans réparation pour les exactions passées, ou encore la montée du fondamentalisme religieux aux Etats-Unis. Un livre décapant, vivant, plein d'humour, en prise directe sur l'actualité.

28.06.2009

Subtile propagande...

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Aujourd'hui la propagande d'état a refait des siennes. Ainsi voit on le premier ministre nous dire que nous ne pourrons pas faire autrement que de travailler plus longtemps dans l'avenir et que donc, il faut repouser l'âge de départ à la retraite.

Dans le même temps, Frédéric Lefebvre, autrement appeler la voix de son maître, remet le couvert sur le travail à domicile quand la personne est malade qui "aiderait à soigner des gens".

Et ce n'est pas terminé : pour la symbolique, les ministres se réunissent aujourd'hui pour réfléchir à la crise et son après ! Un dimanche ...

Voilà un plan communication bien huilé n'est ce pas ?

Alors, nous pourrions nous attendre que face à cela les réactions soient vives. Et bien non. La CFDT, via un porte parole, affirmait ce matin que "oui il est évident que nous allons devoir travailler plus longtemps (sic), mais il ne faut pas toucher à l'âge de départ à la retraite". Difficile quand on a signé l'accord permettant de passer à 41 puis 42 ans de cotisations de dire autre chose, remarquez.

Mais le PS entonne la même chansonnette : "Oui il va falloir travailler plus longtemps, mais il faut tenir compte de la pénibilité". Pour mémoire, entre 1995 et 2002, ils ont toujours refusé d'en entendre parler...

Triste me direz vous ? Et bien non, simple lobotomie réussie liée au système capitaliste. Car au lieu de se pencher sur les faits, c'est à dire que la part dans les salaires à toujours diminuée par rapport à la part pour le capital (on est à 40 / 60 aujourd'hui, en faveur des détenteurs de papiers boursiers), que la France n'a jamais émis autant de richesses qu'aujourd'hui et que la productivité n'a jamais été aussi haute, ces "penseurs" préfèrent se dire allons au plus simple : nous vivons plus vieux, nous travaillerons plus longtemps.

Seulement, c'est nier le mouvement historique qui veut que quand la richesse augmente et la productivité aussi, nous travaillons de moins en moins longtemps. C'est nier que la richesse existe mais que le fond du problème est sa redistribution. C'est nier que l'allongement de la durée de vie n'est pas liée au travail.

Car le souci majeur de tout cela c'est la centralité de la "valeur travail" dans le raisonnement ! En quoi le travail devrait il être l'alpha et l'oméga de la vie ? Doit on encore et toujours créer des besoins fictifs pour que nous travaillons toujours plus ?

Je le dis, aujourd'hui, il est temps de prendre le problème dans l'autre sens : libérons nous du travail !

Il est temps de revoir les choses sous l'angle des besoins essentiels. Osons proposer une société où le travail ne serait qu'une variable, rien de plus, comme l'argent. Une société progressiste quoi !

Osons affirmer que nous pouvons travailler 20 heures par semaine, 35 ans dans notre vie et que cela ne détruira pas notre qualité de vie (mais seulement la richesse des nantis). Osons dire que non, nous ne voulons pas travailler le dimanche, ni plus longtemps, mais que nous voulons vivre.

Osons prôner une répartition des richesses plutôt que l'éternel augmentation du gâteau pour que les plus pauvres aient quelques miettes.

C'est cela être progressiste, et pas adouber les propos d'un gouvernement qui n'a qu'un but, celui de maintenir les nantis dans l'opulence et les pauvres dans la fange.

Transfromers 2 : Revange of The Fallen

 

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Second volet de la franchise (qui devrait en compter trois), Transformers : Revange of the Fallen est dans ligne direct du premier. C'est à dire un bon film d'action autour de l'univers de nos jouets d'enfance.

Le scénario est assez mince mais se tient, ce qui ne rend pas le film désagréable. La réalisation de Mickaël Bay est meilleure que dans le premier opus et ça, c'est un vrai mieux ! Les acteurs sont très bons (Shia LaBeouf, Megan Fox bien entendu mais surtout John Turturro qui nous offre là un rôle tout en décalage plutôt sympathique).

Donc le film se laisse regarder sans déplaisir, même si on peut regretter le côté "carte postale de l'armée américaine" vers le tiers final du film. C'est assez récurent chez Bay ce chauvinisme servile, et un brin agaçant (suffit de voir la vision qu'il a des autres nations, entre l'Egypte et la France, c'est clichés sur clichés).

Mais ne boudons pas notre plaisir, le film remplit son office de bon moment décérébrant.

27.06.2009

Gaypride 2009 Lyon

Voici quelques images de la Gaypride lyonnaise de cette année, mot d'ordre "non à la transphobie".

25.06.2009

Question au gouvernement : crise écologique et sociale (Martine Billard)

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Voici la question au gouvernement posée par Martine Billard, député Verte et la réponse pleine de dédain du gouvernement...

Je voulais la partager avec vous.

 

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Question au gouvernement : crise écologique et sociale

Mme Martine Billard. Ma question s’adresse à M. le Premier ministre.

Tout ça pour ça… Oui, c’est vraiment la première réaction que l’on peut avoir après le discours du Président de la République. Dans ces quarante-cinq minutes de peu d’intérêt, je voudrais relever quelques énormités. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR et SRC. – Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Celle-ci, entre autres : « La crise nous rend plus libres d’imaginer un monde plus libre. » Les milliers de salariés licenciés, les chômeurs et précaires apprécieront ! Ou encore celle-ci : « Les actionnaires méritent rémunération ; les salariés méritent considération. » Que sont devenues les envolées lyriques sur la répartition de la valeur ajoutée ? Ces quelques mots en disent plus qu’un long discours sur la conception de la société et des rapports sociaux voulue par le Président de la République. Ils résument à eux seuls son programme : tout pour les riches ! (Protestations sur plusieurs bancs du groupe UMP.)

Finies, les grandes déclarations sur le pouvoir d’achat ; il n’y a d’ailleurs pas de coup de pouce pour le SMIC, la seule augmentation se résume à dix centimes de l’heure… Quelle largesse ! Pour la troisième année consécutive, ceux qui perçoivent des bas salaires devront attendre des jours meilleurs pour améliorer leurs fins de mois.

Il est cynique de citer le Conseil national de la Résistance et, dans le même temps, de tordre le coup à toutes les avancées sociales fondamentales qu’il avait permises : retraite, sécurité sociale, droit au travail et au repos, garantie du pouvoir d’achat et sécurité de l’emploi. (Protestations sur quelques bancs du groupe UMP.) Lisez le texte chers collègues de la majorité : nous venons de le recevoir !

Dans ce même discours, le Président a encore répété qu’il fallait « produire plus pour consommer plus ». Cette vieille recette productiviste me fait pousser un cri d’alarme, et je ne doute pas que M. le ministre de l’écologie l’entendra : pitié pour la planète ! Elle n’en peut plus ! À cet égard, le discours du Président de la République est parfaitement cohérent : exploitation des salariés, exploitation de la planète.

Monsieur le Premier ministre, puisque vous devez réfléchir aux priorités nationales – dixit le Président –, allez-vous enfin prendre en compte l’urgence sociale et l’urgence écologique ? (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs du groupe SRC.)

M. le président. La parole est à M. Jean-Louis Borloo, ministre d’État, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire.
M. Jean-Louis Borloo, ministre d’État, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire. Vous le savez pertinemment, madame Billard : la France est, comme les autres pays occidentaux, confrontée à une crise qui dépasse les seuls enjeux financiers : le Président de la République l’a rappelé hier. Cette crise, qui touche à la conception même de notre modèle économique, nécessite la mobilisation de toute la société française et européenne.

Connaissant votre implication sur ces sujets, madame Billard, je suis un peu étonné que vous feigniez d’ignorer que notre Parlement est celui qui a adopté les engagements les plus forts pour l’environnement : je pense notamment au programme d’investissements de plus de 440 milliards d’euros pour assurer la mutation écologique, programme voté dans le cadre de lois budgétaires triennales et de mesures fiscales.

Les plus grands cabinets du monde, tels le Boston consulting group, nous classent, dans leurs comparaisons internationales, parmi les pays industriels les plus en pointe pour cette mutation. Que cela vous dérange est une chose, mais, au fond du fond, restez fidèle à vous-même, madame Billard : continuez de soutenir cette mutation, quitte à faire semblant, lors des questions au Gouvernement, de marquer un peu votre différence. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP et sur plusieurs bancs du groupe NC.)

24.06.2009

Remaniement : à droite toute !

 

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Que ne faut-il pas lire sur le remaniement effectué dans le gouvernement Fillon. La « grandeur de Sarkozy », le « génie politique », les « surprises »…

Mais où en est-on là ?

Le remaniement n’est pas grand-chose : un recentrage, mais pas au centre. En clair, après avoir fait de l’esbroufe pendant deux ans avec l’ouverture et le reste, Sarkozy vient de créer sa dream team pour accélérer les « réformes » qui ne sont que des destructions du modèle social français. Et pour cela, il vient juste de faire entrer ses portes flingues favoris, une prise au MODEM pour faire chier Bayrou (Mercier) et les lèches cul de service (comme Frédéric Mitterrand).

Le but de ce remaniement n’est pas de « changer les choses » mais « d’accélérer les choses ». Alors bien sûr on fait de la pseudo écologie en nommant des secrétaires d’états à tour de bras, et en affirmant que le ministre aura en charge les « négociations sur la climat » (vaste blague, à qui cela aurait il dû aller autrement ?). Mais bon, les paroles c’est pas cher…

On nomme un idiot utile télévisuel à la culture, histoire de démontrer quel mépris le président a pour elle. Et cela ne fait qu’affirmer un peu plus la vision mercantiliste (on parle de marché de la culture) des choses (Hadopi 2 nous voilà !). Histoire d’avoir en plus des accès simplifiés dans le milieu de l’audiovisuel…

Mais le plus surprenant et que peu de médias relèvent, c’est le passage de Michèle Alliot Marie de l’intérieur à la justice … C’est pourtant troublant, non, de passer de l’un à l’autre compte tenu des cloisonnements qu’il est raisonnable d’attendre dans une démocratie digne de ce nom entre les deux…

Reste que ce gouvernement se ressert entre néocons (néoconservateurs) et que les attaques frontales contre les pauvres, les travailleurs et les femmes ne font que commencer.

C’est bien une équipe clairement soudée autour de l’idéal rétrograde de Sarkozy qui est mise en place, avec l’instruction de ne pas avoir d’autre mission que de détruire l’existant pour mieux permettre aux plus riches de le rester.

Face à cela, je préfèrerais que l’on entende l’opposition sur le fond, plutôt que commentant la nomination du neveu de l’ex président…. A croire que tels des chiens, ils sautent sur les os qu’on leur lance…

22.06.2009

Quand le poing se lève, l’Iran tremble

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L’Iran connaît une crise politique majeure. Les manifestants qui défilent aujourd’hui sont là pour réclamer une chose simple : qu’on leur rende leur élection.

Le trucage flagrant de l’élection d’Ahmadinejad à la tête du pays enflamme les foules. Pas sur un critère de simple fraude mais aussi parce que les citoyens iraniens demandent une chose évidente : où est passé leur vote ?

On peut trouver cela bizarre dans nos démocratie mais dans une théocratie comme l’Iran, le vote revêt une valeur forte, surtout quand il est la clef d’un espoir, celui de voir un modéré arrivé à la tête du pouvoir (Mir Hossen Moussavi).

Car même si cet homme est plus modéré que Ahmadinejad, il n’en reste pas moins un théocrate et un islamiste convaincu (sa vision de la modernité aurait de quoi rendre jalouse une Christine Boutin chez nous, c’est dire). Et n’apportera qu’un léger mieux au peuple d’Iran.

Mais alors, pourquoi devons nous appuyer et espérer ? Tout simplement parce que l’on peut imaginer que cette révolte débouche sur une nouvelle révolution, qui elle mettra à mal le régime du guide suprême autoproclamé et permettra la mise en place d’un régime démocratique libre dans le pays.

Depuis des siècles l’Iran a toujours été le théâtre de mutations et d’innovations en termes de pouvoir. Le pays fut un des premiers à nationaliser son pétrole, à mettre en place une langue unique, etc... Il a connu bien des rebondissements et pourtant les iraniens ont toujours su garder leur identité.

Aujourd’hui, certains, surtout à l’extrême gauche, parlent d’ingérence lorsque j’ose affirmer que je souhaite la démocratie pour tous, y compris en Iran. C’est quand même fort de café de penser cela. Je n’ai pas parlé de l’instaurer par la force mais bien de soutenir la révolte actuelle en espérant une révolution débouchant sur cela.

Nous ne devons pas rester indifférents, ni neutres, mais bien être aux côtés de ceux qui luttent et meurent pour faire valoir leurs droits. Et au côté des démocrates, féministes, militants pour les droits humains de ce pays !

21.06.2009

Apprendre à faire le vide (pour en finir avec le toujours plus); Ariès / Costa-Pardes

 

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Dans cet essai, Paul Ariès et Bernard Costa-Prades se livrent à une analyse tout en finesse de notre société de consommation. Face au constat terrifiant que le consummérisme s'introduit dans toutes les strates de la société (même la sexualité), les auteurs proposent de partir vers un mieux en "apprenant à faire le vide", au sens large (matériel, mais aussi dans nos idées préconçues).

Avec brio et style, les informations données permettent d'appréhender notre société différemment, mais surtout de construire les outils indispensables pour la changer en profondeur et aller enfin vers un réel mieux. En un peu moins de 150 pages, c'est un "préci du vivre autrement et mieux" que vous aurez entre les mains.

Quatrième de couverture : " Toujours plus ! ", tel semble être le credo de notre époque. Nous avons pris l'habitude de consommer sans réfléchir, comme s'il n'y avait pas de limites à nos désirs, aux ressources naturelles que nous épuisons à toute allure. Nous croulons sous le superflu et nous nous éloignons de ce qui est essentiel à notre existence. Or, cette fuite en avant génère frustration plutôt que bien-être... Un jour, on a le " Déclic de soi " et l'on comprend qu'une société capable de s'autolimiter est plus humaine. Nous optons alors pour un mode de vie qui privilégie le partage plutôt que l'accumulation. Il nous permet de retrouver nos vraies valeurs, de redevenir acteurs de nos vies, citoyens plutôt que simples consommateurs. Le credo de cette nouvelle façon de vivre ? " Moins de biens, plus de liens ! " Comment est-on arrivé à " Trop de tout ", dans le couple, en famille, au travail ? Pourquoi le vide fait-il si peur ? Pourquoi n'est-il pas trop tard pour agir ? Et pour comprendre que désencombrer sa vie ne signifie pas se serrer la ceinture, mais réfléchir à ses vrais besoins ? Comment faire le vide en soi ? Et sur un plan collectif ? Comment profiter davantage des plaisirs gratuits que sont la nature, l'amour, l'amitié, la culture ?

Je vous le recommande vivement !


« Les milieux de la Décroissance n’ont pas réponse à tout », affirmation de Paul Ariès qui peut rassurer (un peu) les auditeurs les plus méfiants, voyant en lui un gourou illuminé. Reste la question de l’impuissance de la droite, de la gauche à résoudre les problèmes environnementaux.

Résister, de Mauthausen à mai 68; Georges Seguy

 

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Il existe peu de grands hommes, beaucoup de grandes causes.

C'est sur cette phrase que je commence ce billet sur le livre de Georges Seguy "Résister de Mathausen à mai 68". Pourquoi ? Tout simplement parce que Georges Séguy est, à mes yeux, un grand homme.

Son livre n'est pas qu'un simple recueil de son histoire personnelle, mais bien une lecture de l'histoire, celle commune à tous, au travers de son histoire. Il relate, alors qu'il ne l'avait jamais fait avec autant de détails, son internement dans le camp de Mauthasen par les nazis, aidés par des collaborateurs français. C'est l'enfer du camp qui nous saute au visage, sortie de l'écriture sobre mais juste de l'auteur. Mais surtout, c'est la solidarité et la fraternité dans les pires moments de l'histoire qui nous est relatée. Et qui frape tant notre monde est individualiste par rapport aux luttes (résistances et camp) menées par des gens, parfois très jeunes.

Puis l'auteur nous offre sa vision de ses années CGT. Revenant sur des questions restées entières, ils nous livre sa version des faits et ses réponses, sans langue de bois, admettant ses propres erreurs, ses choix parfois limites, mais aussi sa fierté à n'avoir jamais abandonné certaines de ses convictions (la recherche de l'unité, l'autonomie du syndicalisme, la modernisation des institutions au travers du 40 ème congrès). Dans un discours accessible et simple, Georges Seguy nous rappelle tout simplement que la vie est une succession de choix, mais qu'il faut toujours connaître son passé pour construire son avenir (il concrétisera cela en devenant l'instigateur de l'Institut d'Histoire Sociale CGT).

Enfin, il livre des pistes pour l'avenir, pour le devenir de la gauche, du progressisme, du syndicalisme. Et parle de sa fibre écologique, née d'une lutte, une fois de plus...

Un livre passionnant de bout en bout, par le carractère de l'homme et par l'histoire qui y est raccontée. Un livre essentiel pour tout militant, quelque soit sa sensibilité.

Merci à Georges Seguy pour ce qu'il est, et ce qu'il offre.

(A noter, un article sur ce livre ICI)

Un entretien vidéo :

Sunshine Cleaning

 

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Il y a parfois des moments où vous ne regrettez pas d'aller au cinéma, où vous vous dites "voilà, là c'est un vrai bon moment". Et bien allez voir Sunshine Cleaning et vous vivrez cela.

Deux soeurs (inteprétées par Amy Adams, fabuleuse comme toujours, et Helen Blunt, surprenante et juste) sont en galère dans la société américaine d'aujourd'hui qui déconsidère au plus haut point les petits emplois (c'est aussi vrai ailleurs). L'une est femme de ménage, l'autre serveuse. L'une a un fils et cherche par tous les moyens à l'éduquer correctement, l'autre est une femme un peu perdue, à la recherche d'elle même, vivant chez son père (interprété par l'acteur fabuleux Alan Arkin). Quand un jour l'idée naît de devenir "nettoyeuses de scènes de crimes"...

De cette intrigue assez surprenante va sortir un film magnifique dans lequel toutes les facettes de la vie simple passent, dans lequel nous ne pouvons que retrouver une part de nous, de nos doutes, de nos méfiances, mais aussi de nos joies et nos peines. Un film juste, sans effets de manche, vrai. Un pur moment de bonheur et de joie, dont nous sortons avec des idées plein la tête et l'envie de revoir ces deux soeurs dans dix ans pour savoir vers quoi la vie les aura menées.

Je vous conseille vraiment de ne pas louper ce film, et d'y emmener le plus de monde possible !

(La bande annonce commence au bout de 20 secondes)

14.06.2009

Vive la sobriété heureuse !, par Patrick Viveret

Un autre texte (que je préfère à celui de Morin) que je souhaitais partager avec vous.

Vive la sobriété heureuse !, par Patrick Viveret
LE MONDE | 13.06.09 | 14h37  •  Mis à jour le 13.06.09 | 14h37

L'écologie politique, si elle veut être à la hauteur des espérances qu'elle suscite, doit construire une réponse réellement systémique à la crise en articulant une critique de l'insoutenabilité de nos formes de croissance avec l'exigence du mieux-être.

Cette articulation suppose qu'elle intègre pleinement dans sa perspective la question sociale, de même que les socialistes européens se doivent eux de penser radicalement la question écologique. Et la question sociale pose plus radicalement encore la question humaine et la difficulté propre à notre espèce de penser et de vivre le rapport entre notre intelligence et nos émotions. C'est toute la question de ce que Félix Guattari nommait l'écosophie, la capacité de penser écologiquement et politiquement la question de la sagesse. C'est aussi ce que Pierre Rabhi nomme les enjeux d'une "sobriété heureuse" où s'articule, dans la justice sociale, le choix de la simplicité avec celui d'un art de vivre affranchi de sa boulimie consommatrice et consolatrice

Il nous faut d'abord voir que ce qui est commun à toutes les facettes de la crise, ce qui la rend donc systémique, c'est le couple formé par la démesure et le mal-être. Ce que les Grecs nommaient l'ubris, la démesure, est en effet au coeur de notre rapport déréglé à la nature par deux siècles de productivisme et ses deux grandes conséquences : le dérèglement climatique et ce danger à ce point majeur pour la biodiversité que l'on peut évoquer le risque d'une "sixième grande extinction" des espèces, cette fois provoquée par le comportement irresponsable de notre propre famille humaine.

C'est la démesure aussi qui a caractérisé le découplage entre l'économie financière et l'économie réelle : un ancien responsable de la Banque centrale de Belgique, Bernard Lietaer, a pu avancer qu'avant la crise, sur les 3 200 milliards de dollars (2 272 milliards d'euros) qui s'échangeaient quotidiennement sur les marchés financiers, seuls 2,7 % correspondaient à des biens et services réels !... Démesure encore dans le creusement des inégalités sociales mondiales tant à l'échelle de la planète qu'au coeur même de nos sociétés : lorsque la fortune personnelle de 225 personnes correspond au revenu de 2 milliards d'êtres humains, lorsque les indemnités de départ d'un PDG qui a mis son entreprise en difficulté peuvent représenter plus de mille fois le salaire mensuel de l'un de ses employés.

Démesure enfin, il ne faudrait pas l'oublier, cette fois dans les rapports au pouvoir, qui a été à l'origine de l'autre grand effondrement politique récent, il y a tout juste vingt ans, celui du système soviétique et de sa logique totalitaire. Il est important de le rappeler si l'on veut éviter le mouvement pendulaire des années 1930 qui vit un politique de plus en plus autoritaire, guerrier et finalement totalitaire, prendre la relève du capitalisme dérégulé des années d'avant-crise.

Ainsi le caractère transversal de cette démesure permet de comprendre le caractère systémique de la crise, et l'on comprend alors que des réponses cloisonnées qui cherchent, par exemple, à n'aborder que son volet financier se traduisent finalement par une fuite en avant dans le cas de la crise bancaire doublé de fuites en arrière dans le cas de la crise sociale. Comme quoi les caisses ne sont pas vides pour tout le monde !

Mais pour construire, au-delà d'une écologie politique, une "écosophie politique", il faut faire un pas supplémentaire dans l'analyse et comprendre ce qui lie profondément cette démesure au mal de vivre de nos sociétés.

Celle-ci constitue en effet une forme compensatrice pour des sociétés malades de vitesse, de stress, de compétition, qui génèrent un triple comportement guerrier à l'égard de la nature, d'autrui et de nous-mêmes. En ce sens, nos "sociétés de consommation" sont en réalité des "sociétés de consolation" et cette caractéristique se lit économiquement dans le décalage entre les "budgets vitaux", et les dépenses de stupéfiants, de publicité et d'armement.

En 1998, le programme des Nations unies pour le développement (PNUD) comparait en effet les budgets supplémentaires nécessaires pour couvrir les besoins vitaux de la planète (faim, non-accès à l'eau potable, soins de base, logement, etc.) et mettait en évidence que les seules dépenses de stupéfiants représentaient dix fois les sommes requises pour ces besoins vitaux (à l'époque 400 milliards de dollars par rapport aux 40 milliards recherchés par les Nations unies). On note le même écart s'agissant des dépenses annuelles de publicité.

La société dure est en permanence compensée par la production du rêve d'une société harmonieuse, et l'endroit par excellence où s'opère ce rapport est la publicité qui ne cesse de nous vendre de la beauté, du bonheur, de l'amour, voire de l'authenticité, messages dans l'ordre de l'être, pour mieux nous faire consommer dans l'ordre de l'avoir. Quant aux budgets militaires qui expriment les logiques de peur, de domination et caractérisent par conséquent les coûts (et les coups) de la maltraitance interhumaine, ils représentaient eux vingt fois ces sommes ! Ces dépenses passives de mal-être représentent (car le même écart est maintenu dix ans après) environ quarante fois les dépenses actives de mieux-être nécessaires pour sortir l'humanité de la misère et assurer un développement humain soutenable tout à la fois écologique et social.

Il nous faut donc répondre au couple formé par la démesure et le mal-être par un autre couple, celui de la "sobriété heureuse", formé par l'acceptation des limites et par l'enjeu positif du "bien-vivre" ou par ce que les prochains "Dialogues en humanité", qui se tiendront début juillet, évoquent sous le terme de la construction de politiques et d'économies du mieux-être.

Et c'est ici que l'écologie doit non seulement intégrer pleinement la question sociale, celle de la lutte contre les inégalités, mais aussi la question humaine proprement dite, c'est-à-dire la capacité à traiter ce que l'on pourrait appeler le "bug émotionnel" de l'humanité, qui est à la racine de ce qu'Edgar Morin nomme "Homo sapiens demens". La question est en effet moins de "sauver la planète" - qui a de toutes manières plusieurs milliards d'années devant elle avant son absorption par le Soleil ! - que de sauver l'humanité qui peut, elle, terminer prématurément en tête-à-queue sa brève aventure consciente dans l'Univers.

Or, comme le soulignait Spinoza, la grande alternative à la peur est du côté de la joie. La différence aujourd'hui réside dans le fait que ce qui était traditionnellement de l'ordre personnel et privé devient un enjeu politique planétaire. La question de la sagesse, c'est-à-dire la question fondamentale de l'art de vivre, qui cherche à épouser pleinement la condition humaine au lieu de vouloir la fuir, devient alors une question pleinement politique.

Nous sommes en effet à la fin du cycle des temps modernes qui furent marqués par ce que Max Weber, d'une formule saisissante, avait caractérisé comme "le passage de l'économie du salut au salut par l'économie". La crise actuelle démontre que ces promesses n'ont pas été tenues. L'un des enjeux aujourd'hui est de savoir comment sortir de ce grand cycle de la modernité par le haut, les intégristes le faisant par le bas : garder le meilleur de la modernité, l'émancipation, les droits humains et singulièrement ceux des femmes qui en constituent l'indicateur le plus significatif, la liberté de conscience, le doute méthodologique, mais sans le pire, la chosification de la nature, du vivant, des animaux et à terme des humains, la marchandisation n'étant qu'une des formes de cette chosification. Et retrouver, dans le même temps, ce qu'il y a de meilleur dans les sociétés de tradition, mais là aussi en procédant à un tri sélectif par rapport au pire : un rapport respectueux à la nature, sans qu'il soit de pure soumission, un lien social fort mais non un contrôle social, des enjeux de sens ouverts et pluralistes et non des intégrismes excluant. Une grande partie du destin de l'humanité se joue en effet dans l'alternative guerre ou dialogue des civilisations.

Nous ne sommes pas condamnés soit à la projection mondiale du modèle occidental, soit à l'acceptation au nom du relativisme culturel d'atteintes fondamentales aux droits humains, à commencer par ceux des femmes. On peut récuser l'impérialisme et le colonialisme sans être obligés de tolérer l'intégrisme et l'exclusion. C'est alors la co-construction d'une citoyenneté terrienne qui est en jeu, et la rencontre des sagesses du monde est alors un enjeu capital dans cette perspective où l'Homo sapiens sapiens, à défaut d'être une origine, pourrait être, devrait être un projet.

C'est à ce projet planétaire qu'une Europe, qui a payé le prix lourd pour comprendre que la barbarie n'est pas un danger extérieur, mais le risque intérieur par excellence de l'humanité, peut pleinement contribuer.


Philosophe, essayiste altermondialiste et ancien conseiller à la Cour des comptes, Patrick Viveret a été rédacteur en chef de la revue "Transversales Science Culture" entre 1992 et 1996.

Il a notamment publié "Pourquoi ça ne va pas plus mal ?" (Fayard, 2005) et "Reconsidérer la richesse" (éd. de l'Aube, 2002)

Ce texte est issu des conférences que l'Université de tous les savoirs organise sur le thème "La croissance verte, comment ?" en partenariat avec l'Ademe, la ville de Bordeaux et France Culture. (Lemonde. fr et ou Utls. fr)

Les beaux gosses

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J'ai croisé un ami au cinéma qui me dit "allez, viens voir "Les beaux gosses" avec moi". J'y suis allé avec un peu de peur, vu les bandes annonces que j'avais vu.

Et bien quelle surprise ! Voilà un film juste, touchant et drôle sur une période que l'on a tous connu : l'adolescence.

Le propos est justes, les acteurs sont très bons (spécialement les deux principaux, Vincent Lacoste et Anthony Sonigo) et la musique superbe.

L'image est bien travaillée tout comme la réalisation (pour un premier film Riad Sattouf frappe très fort).

Il est intéressant de noter quand même que l'on a là une vision de l'adolescence par les yeux d'un homme. Car je ne suis pas certain que le propos soit perçu de la même façon par une femme.

A noter, la performance étonnante et hallucinante de Noémie Lvovsky en mère protectrice et aimante... un peu trop aimante même ...

A voir vraiment, ce film vaut réellement le détour, malgré sa très mauvaise bande annonce.