30.07.2009

A propos de la taxe carbone, réponses aux mails reçus.

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Depuis la publication de l’article de ATTAC sur mon blog, j’ai reçu pas mal de mails (ce qui arrive assez souvent en fait) de personnes désirant m’expliquer en quoi je n’étais pas un écologiste (une sorte d’excommunication) et en quoi je ne comprenais pas la stratégie de Cohn Bendit et d’Europe Ecologie face à Sarkozy (alors que je n’en parlais nullement sur ce blog).

Commençons déjà par répondre à ces deux points. La stratégie de Cohn Bendit, je la comprends bien, contrairement à ce que ces écrivains acerbes de mail à la limite de l’insulte pensent.

C’est la technique du consensus démocratique apaisé. Ce n’est pas plus, pas moins que ce qu’il prône depuis des années. Et rien de plus que la sociale démocratie appliquée à l’écologie. On peut dialoguer avec tout le monde (certes pourquoi pas) et proposer des choses qui entraînent l’autre vers nos positions (là c’est plus discutable). Seulement, je le redis ici, la démocratie ne souffre pas d’avoir un qualificatif. Elle n’est pas plus apaisée qu’autre chose. Par contre elle est souvent trahie. En cette période de politique Sarkoziste dure et fascisante, il est ubuesque de penser que nous sommes « apaisés » en quoique ce soit. Mais comme l'a dit Cohn Bendit il faut, pour lui, recentrer l'écologie politique sur la question écologique, en particulier sur l'urgence climatique (Discours de Saint Ouen, Ecology Day). Donc... amputer l'écologie politique... La transformer en environnementalisme du type associatif.

La stratégie d’Europe Ecologie aussi est connue. C’est la raison qui m’avait fait retirer ma signature, une des raisons plutôt. C’est celle de tout accepter au nom de l’urgence. Ainsi, on accepte n’importe quelle avancée, d’où qu’elle vienne, et même si elle est accompagnée d’un rejet d’une part de social (cela colle avec le "recentrage" évoqué au dessus). Ce n’est pas la vision que j’ai des Verts, entendons nous bien, mais bien d’Europe Ecologie, surtout de sa part société civile, que j’expose là. Cela s’est déjà fait sentir lors du vote pour la présidence du parlement européen… Mais la justification qu’on m’a la plus faite (et écrite au moins quinze fois dans les mails reçus) c’est le « pragmatisme ». Il faudrait donc accepter CETTE vision de la taxe carbone, même si elle n’est pas socialement correcte. Et la justification est que « quand Europe Ecologie sera au pouvoir, on pourra l’améliorer ». Vaste vision optimiste de l’avenir… ou coup de poker énorme !

Mais au-delà de ça, ce n’est pas tant la taxe carbone, outil qui peut être vu comme un moyen de régulation, qui pose problème. Depuis tout temps les Verts et la plupart des écologistes portent l’idée d’une taxe qui permettrait de réguler l’utilisation des ressources. Personnellement, je ne suis pas certain de l’impact réel d’une telle taxe. Je lui préfère la norme établie par une contrainte de type amende lourde couplée à une politique de rationnement.

Ce qui pose réellement problème c’est cette vision de la taxe carbone. Dans un bel élan très droitier, le seul objectif de cette taxe est de redistribuer la valeur ajoutée fournie par les plus pauvres vers les riches. En créant une taxe carbone pour simplement combler le cadeau fait aux entreprises de supprimer la taxe professionnelle en partie, c’est bien un transfert auquel nous assistons.

De plus, en excluant l'électruicité (majoritairement nucléaire) c'est un cadeau à ce secteur : retour du chauffage électrique en vue au nom des économies pour les habitants...

L’objectif de la droite (car oui la pertinence d’analyse gauche droite est toujours d'actualité, même si certains cherchent à nous faire croire le contraire) est bien de dédouaner encore et toujours les plus riches pour faire peser plus sur les plus pauvres. Une transformation de la société pour créer des castes.

Face à cela, quand une personne sensée être progressiste et antiproductiviste, se présente pour dire au président qui incarne une droite décomplexée et conquérante, que l’idée prônée là est « révolutionnaire » et qu’il ne faut « pas qu’il lâche », cela revient à dire que CETTE vision de la taxe carbone est la bonne ! C’est pourtant ce qu’a fait Cohn Bendit dans son envie affolante de donner vite un avis sur la taxe en question (qui est renommée de façon perfide taxe climat énergie, ce qui dédouane les industries lourdes de leurs dû…).

Car faire, comme il a pu le faire, des annonces sur ce qu’on attend de la taxe ne pose pas de problème, mais c’est la partie satisfecit à Sarkozy qui en pose. C’est cette image de « ni ni » écologiste qui revient en force, et qui pose de cruelles interrogations pour l'avenir. Donner l’impression que Europe Ecologie (via la voix de son plus emblématique élu) approuve la taxe telle que, proposée par un exécutif droitier et violent envers les plus pauvres, semble ne pas déranger plus que cela.

J’entends bien ceux qui me disent que non, dans l’article et dans les interviews, le propos était plus nuancés, les propositions faites. Mais au final, cela donne une désagréable impression. Celle de dire « ce n’est pas ce que nous voulons » mais faute de grives, mangeons des merles.

Cette technique, qui est un peu comme pour le Grenelle de l’environnement, sonne comme une sorte de méthode Coué pour se dire que cela avance. Elle n’apporte pas de lettre de noblesse à l’écologie politique. Elle en apporte par contre à la vision environnementaliste et capitaliste vert.

L’écologie politique porte dans son génome (pour faire une peu de science OGM) le lien indéboulonnable entre la transformation inévitable de la société pour la rendre viable et la justice sociale. Lorsque l’on déconnecte l’un de l’autre, comme c’est le cas avec la taxe présentée aujourd’hui, il ne peut que se produire un phénomène redouté par la plupart des penseurs de l’écologie politique : un rejet des citoyens selon le principe que l’écologie c’est plus de difficultés pour les pauvres.

En prônant une avancée à minima, entraînant de fait une paupérisation accrue des plus pauvres, via une taxe carbone dénaturée, la droite sait exactement où elle met les pieds. C’est bien vers une écologie punitive, permettant, comme dans le social, de montrer du doigt les plus démunis et de trouver un ennemi, qu’elle va.

Le problème vient quand, face à cela, au nom d’une urgence réelle mais qui ne doit pas tout justifier, ceux qui devraient porter l’idée inverse se retrouvent à exiger que la taxe se fasse, coûte que coûte. Même au détriment d’un des piliers de l’écologie politique, en sombrant donc dans un capitalisme vert et un environnementalisme malsain.

C’est bien ce que soulève aujourd’hui cette taxe carbone, dénaturée sciemment et détournée de son but premier (qui est, rappelons le, la sortie du productivisme et la relocalisation de la société).

Nous ne devons pas, au nom d’une urgence certes palpable et réelle, abandonner nos idées, nos bases et surtout laisser à ceux qui nous sont le plus éloignés le soin de détruire ce que l’écologie politique à mis des années à construire : une idée juste et humaniste.

Claude Levi- Strauss

Un hommage à cet homme.

D'abord sa dernière interview (j'en partage la portée finale)

Ensuite un interview de 1972 (en 7 parties). La profondeur de la pensée de Levi-Strauss sur l'humanité, sur l'écologie, sur la destruction des ethnies est impressionnante !

28.07.2009

Taxe carbone (ATTAC)

Attac_fond_blanc.gifIntéressante et intelligente analyse posée par ATTAC à propos de la taxe carbone telle qu'envisagée par le comité pour le maintien à un poste après 70 ans.... heu le comité Rocard pardon. Comme j'en partage l'analyse, je préfère vous livrer cet article au lieu de broder le mien (c'est les vacances...)

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La taxe carbone : Entre effet d'annonce et dure réalité
article publié le 28/07/2009
auteur-e(s) : Attac France

La commission d’experts présidée par Michel Rocard vient à peine de remettre son rapport sur la contribution climat-énergie que des voix gouvernementales s’élèvent pour en limiter la portée. Pourtant, les contraintes et le cadre explicitement posés au départ étaient déjà très limitatifs. Cette taxe devait d’abord respecter le principe de neutralité fiscale, les nouvelles recettes étant utilisées pour diminuer d’autres prélèvements, taxe professionnelle ou prélèvements sur la masse salariale. Autant dire qu’une telle taxe ne pourrait pas servir à financer les investissements publics en matière de transport collectif et d’efficacité énergétique des bâtiments et logements, seule voie durable de réduction de la consommation d’énergie par les ménages et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. C’est pourquoi également, Gilles Carez, rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, est opposé à toute idée de reversement aux ménages d’une part du produit de la taxe, comme le suggère le rapport Rocard. Or, pour être efficace, une telle contribution doit taxer les surconsommations des ménages les plus riches et les plus pollueurs et permettre aux ménages les plus démunis, ou à ceux qui subissent des contraintes de déplacement non substituables par des transports collectifs, de faire face au supplément de dépenses tout en s’engageant vers des comportements plus économes.

L’autre limite importante est l’exclusion de la contribution des entreprises les plus consommatrices d’énergie, déjà soumises à des objectifs de réduction dans le cadre du plan énergie-climat de l’Union européenne. Or, toutes ces entreprises recevront gratuitement et largement des quotas d’émission jusqu’en 2013 et au-delà pour nombre d’entre elles, quotas échangés sur le marché européen du carbone par les entreprises en excédent de quotas par rapport aux objectifs fixés et les entreprises en déficit. Le prix actuel de la tonne de carbone, particulièrement volatil et soumis à des spéculations ayant peu à voir avec les objectifs climatiques, est actuellement très faible, de l’ordre de 14 euros. Le rapport Rocard propose une taxation sur la base de 32 euros pour une tonne de carbone émise. Ce prix, conformément à de nombreuses études économiques, correspond au niveau minimum à partir duquel l’incitation à modifier la consommation d’énergie commence à être efficace. Or, le gouvernement va certainement fixer un prix nettement inférieur, au nom de la cohérence avec le prix de la tonne de carbone sur le marché européen. Ce serait le choix de l’impuissance au nom de la régulation prioritaire des émissions de gaz à effet de serre par le marché et du nécessaire alignement sur le prix de celui-ci, avec la certitude de ne pas atteindre les objectifs de réduction tout en pénalisant les ménages les plus fragiles. Le prix, fixé au départ à 32 euros, revient il est vrai à demander aux ménages un effort financier près de deux fois et demie plus important que celui demandé aux entreprises particulièrement polluantes. C’est précisément une des raisons pour lesquelles nous pensons que le marché du carbone ne peut assurer une véritable régulation climatique durable en dehors de normes et réglementations très strictes, et que nous demandons qu’il soit dans l’immédiat strictement encadré, avec notamment la fixation d’un prix plancher pour la tonne de carbone, qui pourrait se situer autour de 30 euros au départ, et que les quotas d’émission distribués aux entreprises polluantes par les États soient payants.

Enfin, le rapport Rocard reste flou sur l’inclusion de la consommation électrique dans la contribution climat-énergie. Il est pourtant à prévoir que l’augmentation des prix du charbon, du fuel et du gaz va favoriser la consommation d’électricité. Contrairement aux idées reçues, la production d’électricité d’origine nucléaire, outre les déchets nucléaires, est également émettrice de CO2, dans la mesure où les suppléments de demande en période de pointe, et notamment pour le chauffage, sont assurés par des centrales traditionnelles particulièrement polluantes. Les rapports scientifiques sur le climat sont formels : lutter contre le dérèglement climatique impose une réduction globale de la consommation d’énergie et non un transfert d’une forme d’énergie à l’autre. C’était aussi un objectif de l’Union européenne, largement passé aux oubliettes, tant les mesures de sobriété énergétique imposent une remise en cause du modèle productiviste, que les lobbies industriels et ceux de l’énergie continuent à promouvoir, contre toute raison. La consommation électrique doit donc être incluse dans l’assiette de prélèvement de la taxe.

Montreuil, le 29 juillet 2009

26.07.2009

Des cigales à .... Lyon !

cigales.jpgCes derniers temps, j'ai été amené à beaucoup me promener dans la région lyonnaise. Et l'avantage d'être à pied, c'est de pouvoir écouter les sons de la nature.

Et là, surprise. Ce que j'avais déjà remarqué depuis quatre ans semble se confirmer : les cigales sont arrivées à Lyon !

Ainsi en trouve-t-on au parc de la Tête d'or, sur les bords du Rhône, de la Saône, dans les parcs de Feyzin et sur la colline de Fourvière. La région est donc couverte de cet insecte typiquement du sud...

Ce fait démontre une fois de plus, s'il était besoin, que le dérèglement climatique est bien palpable à toute personne voulant le voir.

J'ai eu l'occasion de discuter avec un responsable des espaces verts du Parc d la Tête d'or. Il m'expliquait avec le plus grand sérieux que cela fait quelques temps que les cigales semblent monter vers Lyon. Pour lui, elle n'ont pas été amenées, mais sont bien montées du sud. Il avançait que comme les hivers sont de moins en moins froids, et les étés de plus en plus chauds, les larves de cigales survivent, et les adultes arrivent à se reproduire.

Certaines personnes pensent que cela n'est pas grave, voir même que cela fera une attraction de plus pour Lyon (avis d'un élu PS, sérieux en plus).

C'est méconnaitre une chose simple : toute biosphère modifiée entraîne une refonte totale de la vie dans la région concernée. Et c'est bien ce qui pend au nez de la région lyonnaise.

Doit on se souvenir que la région Rhône Alpes est une région agricole ? Que la modification de son biotope n'est pas une nouvelle annodine ?

Car les cigales ne sont qu'un des facteurs de la modification en cours. Les espèces endémiques, toujours selon le responsable des espaces verts, semblent disparaître au profit de nouvelles (plus proches de ce que nous sommes sensés retrouver dans la Drôme ou l'Ardèche).

Bien sur les fans de la Côte d'Azur vont sûrement être heureux de cela, mais il est plus vraisemblablement logique de s'inquiéter de cela. La responsabilité collective de l'impact sur le climat n'est plus à démontrer, tout comme l'immobilisme qui fait politique depuis des années.

Seulement, aujourd'hui, il va falloir prendre des décisions et vite. Nous allons devoir, collectivement, et politiquement, repenser nos modes de vie et de productions locales. Sera-t-il toujours logique de cultiver certaines choses si elles ne s'adaptent pas aux nouvelles conditions, par exemple.

L'arrivée des cigales à Lyon est révélateur de l'emballement face auquel nous sommes. Il n'est plus temps de chercher seulement à limiter les dégats, il est temps de s'adapter, et vite !

25.07.2009

Harry Potter et le prince de Sang-Mêlé

 

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Voici donc le sixième opus de Harry Potter, porté à l'écran par le même réalisateur que le précédent (David Yates).

Il est à noter d'emblée qu'il semble avoir pris des cours de réalisation entre les deux épisodes... Ou alors lui a t on laissé plus de moyens et de liberté dans celui ci. Mais c'est d'un bien meilleur niveau.

Tout comme le jeu des acteurs qui semblent cette fois ci plus concentrés et impliqués. L'histoire est bien rythmée, le film se déroule sans longueur. Un grand bravo pour la musique s'impose (bon c'est pas du Elfman mais quand même).

L'humour est très présent, ce qui n'est pas désagréable, mais on peut regretter que la libération sexuelle soit un peu mièvre pour tout ce petit monde (ils sont sensés avoir 17 ans quand même... pas 14 !). Mais tout cela est compensé par un scénario solide et un sens de la dramaturgie superbe (la scène des baguettes en direction du ciel est magnifique).

Alors voilà, vous pouvez courir le voir car la magie opère vraiment dans cet opus, et l'on en ressort plein d'émotion couplée à une envie de voir la suite !

 

23.07.2009

Le cynisme ne tue pas...

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GSK, qui annonce un plan de suppression d'emplois et de licenciements  (voir ici), le groupe annonce aujourd'hui que pour faire face à une sur-commande liée à la grippe porcine (dite grippe A, ou grippe qui tuera tout le monde un jour si vous ne rendez pas milliardaire les labos de pharma) le site d'Evreux rappelle les... salariés licenciés ! (voir là)

Nous pourrions nous dire "voilà un beau retour en arrière, ils reconnaissent leur erreur". Mais il n'en est rien ! C'est bien vers un emploi de CDD que sont conviés les salariés qui ont été licenciés dans le passé ! Oui vous avez bien lu ! Un emploi de type CDD, valable jusqu'à début 2010 !

Nous pourrions croire rêver, mais non, c'est bien avec cynisme que GSK invente non seulement le salarié jetable, mais flexible  et jetable ! Digne du 19 ème siècle !

Tout cela, bien sur, dans une période où le groupe GSK enregistre des profits pharamineux (voir ici) dignes des heures fastes de l'âge d'or. 11.6 % de plus pour le bénéfice net ! Mais pourquoi ne pas licencier pour augmenter les bénéfices des actionnaires ? Après tout c'est contagieux (bien plus que la grippe A à croire) vu que tous les grands groupes de pharma font de même (Sanofi Aventis en tête, voir là ).

Voilà où nous mènent les assouplissements du code du travail, la droite au pouvoir et un patronat qui ne voit pas la lutte s'intensifier face à lui...

Alors, nous continuons de dormir ?...

15.07.2009

De la petite politique ... le droit des femmes et internet

Suis je le seul que cette phrase de Cohn Bendit dérange aux entournures ? (prononcée après l'élection du rétrograde Jerzy Buzek, misogyne, antiavortement et homophobe notroire à la tête du parlement européen)

« quels sont les pouvoirs de l’Union en matière d’avortement ? Aucun. Donc la question n’a aucun intérêt. En revanche vous oubliez un peu vite qu’il nous a soutenu dans notre combat contre la loi Hadopi. C’est ça le drame des socialistes français : vous avez des oreillettes idéologiques qui vous empêchent de voir le monde tel qu’il est ».

Doit on faire un choix entre le droit des femmes et celui des internautes ? Doit on comprendre que la symbolique n'a pas d'importance ? Pourtant, n'est ce pas le même Cohn Bendit qui a œuvré pour faire changer le règlement du parlement (avec le PSE) pour "éviter la symbolique désastreuse d'un Le Pen qui préside la première cession" ?

Personnellement, je me sens mal quand je lis ce genre de propos. Le droit des femmes à disposer de leur corps n'est pas une "petite chose sans importance". Le parlement européen devrait être le phare d'une pensée libre et ouverte, progressiste. De mettre à sa tête un homme ouvertement rétrograde, misogyne et pro église n'est pas sans incidence. A l'heure ou des milliers de femmes sont enfermées par des dogmes plus nauséabonds les uns que les autres (religieux ou patriarcaux), maltraités aux nom des mêmes dogmes, je suis désolé de dire à Daniel Cohn Bendit que le choix de cet homme est une grave erreur.

Si j'ai bien suivi le vote, la plupart des élus EE ont voté pour lui. C'est assez désolant, alors que l'abstention n'aurait rien changé. Sauf au niveau du symbole.

C'est un avis personnel, mais aux vues des réactions autour de moi dans les milieux féministes, je pense que ce n'est pas un choix anodin.

14.07.2009

Public enemies, Mickaël Mann

 

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Mickaël Mann nous livre un film en demi teinte. Déjà par sa réalisation (en HD avec des blancs trop saturés tout le long et une caméra à l'épaule fatigante) et son rythme (2h15 beaucoup trop long).

Certes, Deep, Cotillard et Bale jouent superbement bien mais le film survole tellement la psychologie des personnage qu'on ne peut entrer dans l'aventure complètement. Cela passe de l'ennui (la répétition des scènes) à l'incompréhension (trop rapide sur les choix). Et pire : le réalisateur loupe même sa fin ! Pourtant avec un scénario autour de Dillinger, il y avait de quoi faire !

Un film très moyen de Mann, que j'adore par ailleurs, mais qui là loupe clairement son sujet.

13.07.2009

Gaypride : à Moscou, un très bon reportage

Pour ceux qui se demandent "à quoi bon les gaypride" voici une bon reportage pour comprendre... Comprendre surtout pourquoi on ne doit pas baisser les bras.

11.07.2009

Intervention sur la motion de censure. Mercredi 8 Juillet 2009. Yves Cochet

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Enfin une intervention intelligente sur la crise ! Merci à Yves Cochet, ça nous change des disours de Daniel Cohn Bendit quand même non ?

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M. Yves Cochet. Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, chers collègues, la motion de censure présentée par le groupe SRC est justifiée et nous la voterons.

Cependant, les raisons qui nous y incitent sont parfois différentes de celles évoquées par le président Fabius. Avec vous, je veux d’abord comprendre d’où vient la récession mondiale actuelle, en reconstituant l’enchaînement des causes et des conséquences, autrement dit en replaçant les dominos dans le bon ordre de leur chute.

L’hypothèse initiale est simple : si la dépense en énergie et en matières premières croît plus vite que le revenu, alors la part du revenu destinée aux autres dépenses décroît – par exemple les remboursements d’un emprunt contracté pour acheter un logement.

Or la stagnation, puis le déclin de la production de pétrole brut conventionnel depuis 2005 ont entraîné la hausse rapide des produits pétroliers jusqu’en juillet 2008. Ainsi, dès l’été 2007, la crise des crédits hypothécaires – les subprimes – émerge de l’incapacité des ménages les moins riches à rembourser leurs emprunts…

M. Jean-Pierre Brard. Parce qu’il n’y a pas de justice sociale !

M. Yves Cochet. À budget domestique égal, ces ménages ont restructuré leurs dépenses en continuant d’acheter l’obligatoire plus cher – les carburants ou l’alimentation par exemple – et en économisant sur le non-obligatoire – les remboursements des emprunts immobiliers, par exemple.

M. Jean-Pierre Brard. Vous n’avez pas d’hameçon, au Gouvernement ? Parce que celui-là, on vous le donne !

M. Yves Cochet. De même, au printemps 2008, les émeutes de la faim étaient aussi une conséquence, dans le secteur alimentaire, de la hausse des produits pétroliers dont dépend lourdement l’agriculture productiviste : le machinisme, les engrais, les pesticides et autres dépenses.

En outre, la raréfaction du brut a amplifié la production d’agrocarburants en lieu et place de l’agriculture alimentaire. Ce n’était plus le pétrole qui servait l’agriculture, mais l’agriculture qui produisait un mauvais substitut de pétrole… Hélas ! Dès septembre 2005, la France a choisi ces agrocarburants catastrophiques.

Premier domino à basculer : le cours du baril à New York. Second domino : les défauts de remboursement d’emprunts hypothécaires des ménages. Le troisième, par agrégation des seconds dominos par dizaines de millions : une perte de rentrées financières pour les banques qui, un certain volume étant dépassé et la folie de la titrisation aidant, perdirent brutalement confiance les unes dans les autres en septembre 2008.

À ces facteurs lourds, s’ajoutait l’immense dette étasunienne, constamment croissante depuis une décennie. La crise actuelle est donc d’abord et avant tout une crise du sous-sol, une crise des énergies fossiles et des matières premières. C’est l’économie matérielle qui est à l’origine de la crise financière et non l’inverse.

M. Pierre Gosnat. Ce n’est pas le capitalisme ?

M. Yves Cochet. Cette conclusion peut être obtenue une deuxième fois en regardant l’histoire réelle – telle qu’elle s’est déroulée au cours de ces dernières années et non pas en racontant les fantasmes du libéralisme économique – et en raisonnant par l’absurde.

Si c’était le resserrement du crédit qui avait engendré la récession, les économies européennes auraient plongé après septembre 2008, alors que leur croissance a chuté dès mars 2008, est devenue nulle en mai, puis négative – selon la célèbre expression de la ministre de l’économie Christine Lagarde ici présente – ensuite.

En effet, il faut éliminer un autre cliché : les économies de la zone euro et du Japon sont beaucoup plus vulnérables aux pointes de prix des matières premières et du pétrole que l’économie des États-Unis, pays qui produit encore un quart de sa consommation de pétrole, entre autres. Cette sensibilité négative aux prix élevés du pétrole et des matières premières, les quatre cinquièmes de l’économie réelle des pays de l’OCDE la ressentent, notamment dans les secteurs des transports et de l’agriculture.

Cette analyse matérialiste s’accorde mieux que les autres aux cinq dernières récessions mondiales que nous avons connues depuis 1973 – je pourrais reprendre les propos tenus depuis lors, à droite comme à gauche, ce qui pourrait être un sujet d’intérêt pour les historiens. À l’exception de la crise dite asiatique de 1998-1999, je l’avoue, les quatre autres récessions furent précédées de fortes hausses du cours du baril et des matières premières.

La dernière de ces hausses atteint 500 % entre 2002 et la mi-2008, soit trois à quatre fois plus que les hausses observées lors des premier et deuxième chocs pétroliers des années soixante-dix ou lors de la guerre du Golfe en 1991.

Tandis que la bulle immobilière incitait les ménages américains défavorisés à résider plus loin de leur travail pour acquérir une maison moins chère, la hausse concomitante des carburants les frappa plus lourdement encore, à proportion de leur éloignement. Ce qu’ils avaient espéré gagner en vivant loin de la ville avec un gallon d’essence à moins de deux dollars, ils le perdirent lorsque celui-ci dépassa les trois dollars.

L’implosion de la bulle immobilière seule aurait pu ralentir les économies américaine et mondiale ; il aura fallu la forte hausse des produits pétroliers depuis 2007 jusqu’à la mi-2008 pour engendrer la récession.

La quasi-totalité des commentateurs de révérence, des responsables politiques – comme ceux qui viennent de s’exprimer – et des économistes orthodoxes et conformistes s’en tiennent à une analyse interne du système financier et de ses tares qui ne constituent pourtant que le quatrième domino qui tombe.

Les plus prolixes d’entre eux nous abreuvent de longs discours et d’articles outrés sur les scandales que constituent les revenus démesurés des « patrons voyous », les bonus et autres parachutes dorés des dirigeants de telle ou telle entreprise, les dérégulations opérées ces dernières années par le capitalisme financier, sous l’égide du gourou Alan Greenspan que tout le monde voue aujourd’hui aux gémonies – mais Dieu sait si on l’a adulé pendant une quinzaine d’années –, et sur les risques insensés pris par les investisseurs immobiliers. Nous avons tous été incapables d’imaginer un possible retournement des prix depuis 1945 : la croissance devait durer toujours ; seuls quelques analystes avisés nous ont aidés à penser les mécanismes cognitifs de l’aveuglement au désastre que nous connaissons aujourd’hui.

Mais pour essayer, comme nous y invitait M. le Premier ministre, d’avoir une pensée un peu plus complexe et d’apprécier le retour des conséquences sur les causes, approfondissons maintenant le raisonnement que je viens de tenir pour affiner l’évaluation que nous pouvons faire, à ce stade, de l’ampleur et de la durée de la récession. Il convient de complexifier un peu la chaîne causale des dominos en examinant comment la chute des derniers d’entre eux – d’ordre financier – provoque une accélération de la chute des premiers dans une boucle de rétroaction positive de ceux-là sur ceux-ci. Convenons d’abord qu’il existe un domino zéro, lequel n’est autre que le déclin géologique de la production de pétrole brut conventionnel depuis 2005 : ce fait est avéré tous les mois par les statistiques de l’AIE et de l’EIA – pour ceux qui comprennent de quoi je parle. Je vois que cela vous fait rire, madame la ministre de l’économie : rira bien qui rira le dernier ! Prenons date pour les mois qui viennent : nous verrons bien ce qu’il adviendra de votre plan de relance !

M. le président. Vous avez demandé, monsieur Cochet, si l’on comprenait ce que vous disiez : c’est ce qui a fait sourire certains, qui avaient compris. (Sourires.)

M. Jean-Pierre Brard. Ce n’est pas sûr ! La pédagogie voudrait que l’on répète !

M. Éric Raoult. Ce serait un ricochet ! (Sourires.)

M. Yves Cochet. L’AIE est l’Agence internationale de l’énergie, et l’EIA, l’Energy information administration, c’est-à-dire le ministère américain de l’énergie.

M. Jean-Pierre Brard. Je ne parlais pas de cela !

M. le président. Chacun avait compris, monsieur Cochet.

M. Yves Cochet. Dont acte, monsieur le président : je vous remercie de cette mise au point.

Face à une demande mondiale croissante, disais-je, le pétrole supplémentaire ne provient plus que de l’extraction des réserves non conventionnelles, extraction coûteuse qui entraîne la chute du premier domino : la hausse des cours du baril et des prix des produits pétroliers. Le second domino – la bulle immobilière, laquelle implose d’ailleurs plus qu’elle n’explose – se dédouble, puisqu’il entraîne, d’une part, la crise de remboursement des crédits hypothécaires risqués puis la baisse des prix de l’immobilier et, d’autre part, les difficultés des compagnies aériennes et des industries automobiles. Ainsi, le plus grand pays libéral du monde a nationalisé General Motors : fait stupéfiant pour les tenants du libéralisme ! En France, l’État a injecté quelque 10 milliards d’euros dans les entreprises Renault et Peugeot, moyennant quoi celles-ci ont instantanément licencié environ 11 000 salariés. J’ai vu, d’ailleurs, que Peugeot avait lancé un nouveau « crossover » – c’est ainsi qu’on les appelle désormais, le terme « 4×4 » étant devenu écologiquement incorrect. Quant à Renault, il a lancé le modèle Koleos l’an dernier, sans aucune étude de marché : autre exemple de marketing irresponsable.

J’ai évoqué les compagnies aériennes : on sous-estime les difficultés de Lufthansa, British Airways ou Air France. On verra dans quelques années – M. Christian Blanc le sait sans doute mieux que d’autres – que même une compagnie comme Air France sera durement touchée par le prix du kérosène, indexé sur le cours du baril qui ne tardera pas à augmenter, pour des raison objectives indépendantes de tout volontarisme politique.

Les deux facteurs que j’évoquais provoquent la crise bancaire, puis le resserrement du crédit et enfin la récession. D’autres dominos tombent alors : affaissement du marché des produits dérivés sur le marché pétrolier, diminution de la demande mondiale de pétrole, laquelle diminution provoque la baisse des prix du pétrole et la réduction de la production. Évidemment, l’OPEP tente de faire remonter le cours du baril en fermant un peu les robinets, mais cela ne marche pas. Il s’ensuit un ralentissement général des investissements dans l’exploration et la production pétrolières visant à compenser la déplétion géologique : extraire un baril pour 80 dollars pour le vendre 60 dollars, autrement dit à perte, n’offre évidemment aucun intérêt. C’est pourquoi la production mondiale de pétrole décroît et continuera à décroître, pour conduire bientôt à quelques pénuries et à un deuxième choc sur les prix après celui de 2008. La boucle sera alors bouclée, après la hausse rapprochée des prix des produits pétroliers et de toutes les énergies, dont on sait, quoi qu’en disent Mme la ministre de l’économie et M. le Premier ministre, qu’il n’ont rien à voir avec des prix de marché : ce sont, depuis 1947, des prix soviétiques, administrés ; bref, des prix politiques.

Cette croissance des prix de l’énergie reviendra heurter à la baisse les prix de l’immobilier hors agglomération, à la hausse le coût des transports et de l’alimentation – comme en 2007 et en 2008 –, et à la baisse la santé déjà défaillante des compagnies aériennes et des industries automobiles. La récession deviendra dépression par quelques événements économiques et sociaux importants, tels que des faillites de grands États : M. Schwarzenegger a ainsi annoncé il y a quelques jours que la Californie, neuvième économie du monde, était au bord de la faillite, et que les fonctionnaires n’y seraient plus payés pendant trois jours par mois. Quant à la situation en Hongrie, en Espagne ou, plus grave encore, en Grande-Bretagne, nous en reparlerons peut-être dans quelques mois : on peut certes débloquer quelques milliards pour l’Islande, mais pour la Grande-Bretagne, madame la ministre de l’économie, c’est tout autre chose.

Outre la probable faillite d’un grand pays, on assistera à une dislocation du système financier mondial qui dépassera celle que nous avons connue, et à une très forte augmentation du chômage – c’est malheureusement une quasi-certitude. Quand ? Bientôt. Autrement dit, il n’y aura plus de « reprise », comme le prétendent M. le Premier ministre et les commentateurs aveugles qui l’annoncent éventuellement pour 2010. La croissance du PIB est terminée ; la décroissance n’est même plus un objet de débat mais une réalité : elle est notre destin. Je l’avais déjà dit en octobre 2008, et je le répète aujourd’hui. Pour le moment, l’histoire me donne raison.

M. Jean Dionis du Séjour. C’est Malthus !

M. Yves Cochet. Ces affirmations péremptoires, me demanderez-vous, sont elles partagées par d’autres analystes ?

M. Jean Dionis du Séjour. Par Malthus, mais cela remonte au XVIIIe siècle !

M. Yves Cochet. Oui, notamment par les experts du LEAP/E2020 – Laboratoire européen d’anticipation politique/Europe 2020 –, un groupe européen de réflexion prospective. La crise systémique pourrait évoluer vers des situations de chaos social, faites de violentes révoltes populaires. Dans son bulletin du 15 février 2009, le LEAP/E2020 annonce le « début de la phase 5 de la crise systémique globale : la phase de dislocation géopolitique mondiale ».

M. Jean Dionis du Séjour. Et ensuite, c’est la fin du monde !

M. Yves Cochet. J’espère que les interruptions de certains collègues seront consignées au Journal officiel.

M. le président. Monsieur Cochet, veuillez poursuivre.

M. Yves Cochet. Les dirigeants du monde n’ont pas tiré les conséquences de l’effondrement en cours du système qui organise la planète depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. « Hélas, à ce stade, il n’est plus vraiment permis d’être optimiste en la matière », poursuit le LEAP. « Aux États-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants persistent à faire comme si le système global en question était seulement victime d’une panne passagère et qu’il suffisait d’y ajouter quantité de carburants (liquidités) » par dizaines ou centaines de milliards « et autres ingrédients (baisse de taux, achats d’actifs toxiques, plans de relance des industries en quasi-faillite…) pour faire repartir la machine. » Nous avons encore entendu ce refrain aujourd’hui. « Or […] le système global est désormais hors d’usage. Il faut en reconstruire un nouveau au lieu de s’acharner à sauver ce qui ne peut plus l’être. »

Dans son dernier bulletin, daté du 16 juin, le LEAP envisage l’arrivée, dans quelques mois, de trois « vagues scélérates » : la vague du chômage massif et brutal ; la vague déferlante des faillites en série – entreprises, banques, immobilier, régions, villes et peut-être États ; la vague de la crise terminale des bons du Trésor américain, du dollar et de la livre sterling, et le retour de l’inflation. « Ces trois vagues », indique le LEAP, ne sont pas successives mais « simultanées, asynchrones et non parallèles. De ce fait, leur impact sur le système mondial est générateur de dislocation puisqu’elles l’atteignent sous divers angles, à différentes vitesses, avec des forces variables ».

Que faire ? disait Lénine il y a un siècle (« Ah ! » sur les bancs du groupe NC) et mon ami Daniel Cohn-Bendit il y a trois mois. Un Green New Deal, c’est-à-dire un nouveau contrat vert et social pour l’Europe et pour la France. Nos concitoyens en ont partiellement ressenti la nécessité en nous accordant quelques suffrages le 7 juin dernier. Ici même, la majorité – peu présente à ce moment du débat – et le Gouvernement auraient pu s’emparer du sujet lorsque, en janvier dernier, nous avons présenté une proposition de loi tendant à faire de l’empreinte écologique un indicateur prioritaire des politiques publiques. Vous l’avez hélas rejetée. Une seconde chance vous a été offerte le 28 mai par François de Rugy et les députés Verts, avec la proposition de loi sur la transformation écologique de l’économie, texte que vous avez lui aussi rejeté.

Mais il n’est pas trop tard pour bien faire, à condition, bien sûr, d’abandonner les vieilles lunes de la croissance – dont on vient encore de nous rebattre les oreilles – comme les prétendues loi de l’économie néoclassique, et de présenter au pays un vaste programme d’urgence écologique et sociale, fondé sur la sobriété et la solidarité, et inspiré par les raisonnements géologiques, thermodynamiques et systémiques que j’ai développés. Mais sans doute n’est-on guère habitué à manipuler ces concepts à Bercy et ailleurs.

Je vous demande donc, monsieur le Premier ministre, de renoncer à votre plan de relance symbolisé par les mille chantiers présentés en février dernier, et de vous convertir à la transformation écologique de notre économie telle que nous l’avons longuement expliquée lors de la campagne des élections européennes. En février dernier, vous avez déclaré sur Europe 1 : « Aucun plan de relance ne permettra d’éviter la crise. Personne aujourd’hui ne peut savoir quand on sortira de cette crise. Ce qu’on sait, c’est que toute l’année 2009 sera une année de crise. »

M. Éric Raoult. Il avait raison !

M. Yves Cochet. Vous pressentiez alors le caractère hors normes du phénomène actuel, mais formuliez aussi un aveu d’impuissance sidérée.

Si nous consentons tous à décoloniser notre imaginaire et à changer de paradigme de pensée, comme j’ai tenté de le faire sommairement aujourd’hui, nous pouvons proposer un autre plan à notre pays : un plan d’urgence écologique et social – euphémisme de ma part, je le reconnais, tant la crise pourrait être beaucoup plus grave encore. Notre pays a donc besoin d’un sursaut intellectuel et politique dans les mois et les années à venir. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et SRC.)

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