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26.01.2008
Cloverfield
Avant première de qualité ! Un film superbe, prenant, trépidant et à ne pas rater !
Le scénario est simple : un monstre géant attaque New York, un groupe d'amis veux survivre et aller chercher une de leurs amies coincée dans son immeuble.
Le film est haletant : filmé à la DV (il ne faut pas craindre les mouvements de caméra), des effets spéciaux géniaux, des acteurs excellents. De quoi passer un moment agréable et vraiment shoutant en adrenaline.
Sortie le 6 février.
17:05 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : film, cinéma, cloverfield, actualité
25.01.2008
Le lampiste, la banque et le mensonge
Comme on s’amuse à la Société Générale ! C’est une sacrée banque vous pouvez me croire ! Pourquoi tant d’éloge ? Mais c’est merveilleux une banque ou l’on peut perdre 5 milliards d’euros comme d’autre perdent 5 euros ! Et ce sans que personne ne s’en rende compte pensez vous !
Il faut dire que selon le super directeur cravaté de la banque en question, personne n’a rien vu ! Tout est la faute d’un trader du bas de l’échelle, indépendant, qui aurait tout fait foirer ! Et même pas pour s’enrichir ! Mais alors… Le doute survient. Pourquoi a-t-il fait cela ? Réponse : pour le fun pardi !
Il est bien connu que, quand un trader s’ennuie, il aime à se faire peur et à perdre de l’argent comme ça pour déconner. Ben oui, on a les loisirs que l’on peut. Et à la Société Générale, on peut le faire sans que ça se voit pendant un an et perdre 5 milliards d’euros … Le rêve du trader dépressif…
Non mais qui gobe cette histoire ? Honnêtement, j’espère que tout le monde se rend compte du coup fourré là-dessous. La Société Générale est une des banques qui a le plus prêté pour les fameuses « subprime » aux banques américaines. Elle avait déjà annoncé une perte de 2 milliards d’euros. Mais on peut imaginer que la note s’élève au final à 7 milliards… Comment justifier les 5 milliards manquants ? Inventons un lampiste de luxe, et le tour est joué ! La banque à bien gérer l’argent, mais pas son trader !
C’est fin, ça se mange sans fin ces mensonges énormes. Mais soyons rassurés, Fillon à annoncé qu’il allait demander « que toute la lumière soit faite sur cette affaire ». Ben si c’est comme pour le Crédit Lyonnais, on n’est pas prêt d’en savoir plus…. Et ne soulignons pas qu’en plus cela va permettre à la Société Générale d’être absorbée dans une fusion acquisition à laquelle est aspire depuis des mois…
Au fait, le nom du lampiste : Jérôme Kerviel. Bon courage à lui.
15:10 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note | Tags : actualité, politique, banque, monde, économie, verts, les verts
La faim, le blé, la bagnole et nous de Fabrice Nicolino
Véritable plaidoyer argumenté et sévère sur les agrocarburants, ce livre est à mettre entre toute les mains. Explicitant les liens existants entre financiers, politiques et grands groupes industriels, Fabrice Nicolino nous démontre comment, depuis 1945, l’industrialisation de l’agriculture nous amène aujourd’hui aux portes de nouvelles famines et surtout d’un des systèmes les plus injustes qui soit au niveau de la répartition de ce qui est vital.
Bien écrit, très bien documenté, le livre nous plonge dans le marais puants de la haute finance, des vendus de la politique et surtout, dans les entrailles du système d’exploitation le plus élaboré et cynique possible.
Ne reculant devant rien, Fabrice Nicolino nous offre là un des livre essentielle sur l’écologie d’aujourd’hui, et nous démontre que derrière le message humaniste et écologiste des agrocarburants (appeler biocarburants) se cache une hydre à milles têtes, toutes prêtes à asservir et exploiter.
14:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : livre, environnement, actualité, écologie, verts, les verts, politique
22.01.2008
Les bourses tombent, les pauvres trinquent
A la tienne le pauvre ! Ainsi va la vie du capitalisme néoclassique (ou ultralibéral, libéral, selon de quel parti vous êtes). D’abord il se goinfre, jouant à la grenouille voulant être plus grosse que le bœuf, puis tout cela tombe comme un château de carte. C’est dans les gènes du capitalisme : accroitre au point de ne plus avoir de valeur, gagner toujours plus, et surtout, après moi le déluge…
Seulement voilà, la crise qui se profile est difficilement négligeable pour les plus pauvres. Certains vont dire « tant mieux ça fera la peau aux riches ». Comme ils se trompent ! Dans les précédentes crises, jamais un nanti n’a perdu sa fortune. Tout au plus a-t-elle diminué, mais elle restait largement supérieure à la moyenne des gens. Riche un jour, riche toujours comme disent certains. Bref ce ne sont pas les oligarques et les riches qui vont morfler.
Non cette crise va toucher de plein fouet les classes moyennes et les pauvres. D’abord parce que la plupart des systèmes de retraites et de complémentaires santé des pays riches reposent sur la bourse… Je vous laisse donc imaginer ce qui va se passer pour nous…
Mais pour ceux qui n’ont rien, ce sera pire : ils auront moins que rien. Quelles sont les valeurs spéculatives qui vont avoir le vent en poupe. C’est assez simple : les agrocarburants, les minerais (or, argent, nickel) et les ressources nucléaire (uranium). Et là, miracle de la mondialisation libérale, c’est bien sur les plus pauvres de la planète que le couperet va tomber.
Les agrocarburants, devenus valeur boursière de refuge, vont entrainer des déforestations encore plus rapides, de l’esclavage moderne (les coupeurs de canne à sucre, etc…), des expropriations massives (Brésil, Chili, Pérou, Indonésie) et surtout des sécheresses et famines de masse. Ben oui, quand on produit pour faire rouler le 4*4 de Shwarzy, on ne produit pas pour nourrir…
Les minerais risquent de rouvrir les conflits : à moi ce terrain ou il reste un peu d’or et de diamants (même si ce n’est pas un minerai) à extraire. Le retour des guerres ethniques de circonstances, tribales pour certaines, peut être des génocides de masse pour ne plus être emmerdé par le voisin. Voilà ce que nous promet la crise actuelle. L’Indonésie, l’Iran, le Tibet, l’Afrique dans son ensemble risque de s’embraser pour le gain de survie. Avoir le minerai pour que l’autre ne l’ait pas….
Et ne parlons pas du nucléaire, qui lui, soutenu par l’état français, garde une bonne visibilité boursière, comme disent les économistes, ce qui signifie simplement que l’on peut s’en mettre plein les poches pour pas cher… Aréva manipulant les dictateurs, la France envoyant ses soldats pour sécuriser les espaces de production… Comme cela sent bon la néocolonisation par l’argent plutôt que par la force…
Bref, certains un peu fou vont se réjouir de cette crise, d’autres, dont je suis, vont s’inquiéter grandement de la récession organisée qui va encore toucher de plein fouet les plus pauvres. Il est temps de réellement changer le monde et le système. La gauche a son mot à dire, et il serait temps que la décroissance et le partage soient envisagés et portés…..
16:20 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : économie, actualité, écologie, politique, décroissance, verts, les verts
20.01.2008
Et si on se posait des questions ?
Frontde Libérationdu Tempsde Cerveau Disponible
« Sérieusement ou avec humour combattre le décervelage «
Texte diffusé le dimanche 25 novembre 2007 de 12 heures à 13 heures, dans l’excellente émission « La Planète Bleue » sur la chaîne de radio suisse romande « Couleur 3 », qui est une chaîne de radio très fiable à tous niveaux.
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Quand la fameuse affaire de l’Arche de Zoé a éclaté, curieusement, le Président Sarkozy n’est pas venu au secours des enfants victimes, ni des familles abusées, mais des voleurs d’enfants.
Pourquoi ? Pour protéger qui ? Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il allé au Tchad chercher les journalistes français et les hôtesses espagnoles ? Pourquoi le président français a-t-il annoncé, haut et fort, qu’il irait chercher lui-même les membres de l’association « Arche de Zoé », quoi qu’ils aient fait, mettant ainsi le feu à un baril qui n’avait pas besoin d’arrogance pour s’enflammer.
S’agit-il d’une maladresse due à la précipitation, ou l’affaire des illuminés de l’Arche de Zoé cacherait t-elle une autre affaire autrement grave, bien plus glauque, qui aurait conduit le président français à la gaffe internationale ?
Y aurait-il des imbrications entre l’exfiltration d’enfants tchadiens vers l’Europe, l’industrie pharmaceutique, et les milieux d’affaire ?
Chaque jour qui passe voit apparaître de nouvelles questions. Pourquoi et comment l’association l’Arche de Zoé, a-t-elle bénéficié de passe-droits au ministère des affaires étrangères, au ministère de la défense, voire au ministère de l’intérieur ? Pourquoi et comment l’association l’Arche de Zoé, a-t-elle pu utiliser les avions Transal de l’armée française, pour transporter son matériel de N’Djaména à Abéché ? Pourquoi les services du ministère français de la défense, connaissaient-ils le plan de vol du Boeing affrété par Eric Breteau, le président de l’Arche de Zoé ?
Le Boeing atterrit à Abéché, un aérodrome sous contrôle militaire tchadien … et français, certains gradés français étant présents dans la tour de contrôle. C’est depuis Abéché, que, grimés en blessés, les gamins devaient embarquer dans l’avion garé en bout de piste.
Est-ce que les moyens tout à fait étonnants dont a profité l’Arche de Zoé, est-ce que la précipitation maladroite du président Sarkozy, à s’impliquer personnellement dans l’affaire, aurait un rapport avec le financement trouble de l’association l’Arche de Zoé ? Cette affaire, qui est tout le contraire d’une histoire de pieds nickelés, soulève tellement de questions, que certains se demandent aujourd’hui, si derrière cette bavure humanitaire, ne se cache pas une affaire d’une toute autre ampleur, une affaire d’expérimentations thérapeutiques sur des patients pas du tout volontaires.
L’association l’Arche de Zoé est une initiative d’un organisme français Paris Biotech Santé. Elle est financée par une société de développement de produits pharmaceutiques BioAlliance Pharma, dont le propre frère du président, François Sarkozy, est vice-président du conseil de surveillance. Certains observateurs se demandent si BioAlliance Pharma, qui mène des recherches sur le sida et pratique des essais thérapeutiques, n’aurait pas un lien avec l’affaire des infirmières bulgares, dont la libération avait déjà été négociée par la famille Sarkozy. Quelles sont les réelles activités de BioAlliance Pharma, dont fait partie le frère du président Sarkozy ?
La compagnie développe des médicaments pour traiter des maladies décrites comme mille fois plus virulentes en Asie du Sud-Est et dans l’Afrique subsaharienne que chez nous. Pour développer ces traitements la société pratique des expérimentations sur des patients, comme par exemple pour le Loramic, cinq cent quarante patients répartis sur quarante sites différents à travers le monde. Stéphanie Lefèvre, la secrétaire générale de l’Arche de Zoé, est directrice adjointede Paris Biotech Santé.Et François Sarkozy, le frère du président, figure avec elle parmi les membres du comité d’évaluation de cet organismespécialisé dans la recherche bio-médicale. D’où les questions qui enflent sur le web. Y aurait-il un rapport entre ces sociétés pharmacologiques, et l’intervention du président Sarkozy au Tchad. C’est comme la maladie d’Alzheimer, devenue grande cause nationale française, aussitôt après l’élection de Nicolas Sarkozy. Cette déclaration surprise aurait-elle un rapport avec le fait que son frère, François Sarkozy, siège à AEC Partners, dont le principal client est l’américain Pfeizer, leader mondial de l’industrie pharmaceutique, et spécialiste du traitement de la maladie … d’Alzheimer.
Au printemps dernier, le Nigéria a attaqué devant la justice internationale le géant Pfeizer, qui aurait je cite : « effectué en 1996, de façon illégale, l’essai clinique d’un médicament, le Trovan, sur deux cents enfants » fin de citation. L’inventeur du Viagra aurait secrètement utilisé des enfants comme cobayes, pour tester de nouvelles molécules, sous couvert d’aides humanitaires. Onze enfants sont morts lors de ces tests. D’autres ont subi de graves séquelles : surdités, paralysies, lésions cérébrales, cécités. Le Nigéria réclame dix milliards de dollars à Pfeizer. C’est le Washington Post qui a révélé le scandale.
Le journal belge sept sur sept s’interrogelui aussi sur le rôle de Paris Biotech Santé, où travaille Stéphanie Lefèvre, la secrétaire générale de l’Arche de Zoé, et François Sarkozy le frère du président. Je cite « L’Arche de Zoé n’est pas une histoire d’amateurs. Ils sont très professionnellement organisés, et ne manquent pas de fonds et de soutiens, en tout genre. La soit disant « petite » association semble avoir préparé cette opération au Tchad, avec beaucoup de relations d’influence, et de moyens techniques et financiers. » Fin de citation.
Pourquoi le président Sarkozy veut-il aller récupérer les militants de l’Arche de Zoé au Tchad ? Pourquoi a-t-il voulu aller récupérer les infirmières bulgares en Lybie ? Est-ce que c’est juste pour faire le beau, pour parader devant les caméras du monde entier, ou est-ce que tout en haut de l’état français, on redouterait que des choses finissent par se dire dans les geôles africaines. On évoque notamment des expérimentations humaines financées par de puissants labos de biotechnologie, sous couvert d’aide humanitaire.
Non, non, bien sûr, çà se serait de la science fiction !
Fin de citation
Voilà un quinquennat qui est reparti sur les chapeaux de roues dans la continuité des derniers septennats et quinquennats, dans les histoires de magouilles, de mafias, d’aide et de protection de la famille et des amis.
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J'ai reçu cela ce matin, je tenais à vous le faire partager....
11:41 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (46) | Envoyer cette note | Tags : actualité, monde, sarkozy, arche de zoé, verts, les verts
18.01.2008
Nicolas Sarkozy va tuer la laïcité....
On apprend dans "Le Monde" que Nicolas Sarkozy veut faire entrer les religieux dans le Conseil Économique et Social... Mais où va t on ?
Extrait de l'article : "Le chef de l'Etat leur a toutefois fait part d'un projet sur lequel, selon le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Dalil Boubakeur, il souhaite avancer assez vite : faire entrer au Conseil économique et social les représentants des différents courants religieux."
Retrouver une analyse intéressante sur les dérives de Sarkozy ICI
Cela fait des mois que nous nous doutions, nous les laïcs, que cette homme était dangereux pour ce que représente la laïcité et ce qu'elle apporte comme équilibre à la France. Je mets ici un texte de Caroline Fourest, datant de Novembre 2007, issu de Prochoix, ou elle anticipait toutes les dérives que nous observons. La gauche doit se retrouver sur la laïcité et vite !
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Le compromis de 1905 est menacé par les instrumentalisations politiques de toutes parts. D’un côté, l’extrême droite s’en sert comme prétexte pour interdire la construction de lieux de culte musulmans en multipliant les recours administratifs douteux. De l’autre, certains élus locaux cherchent au contraire à contourner la loi de 1905 pour financer la construction de mosquées par clientélisme, au risque de favoriser l’islam politique au détriment de politiques culturelles et sociales en faveur de l’égalité. Les deux jouent un jeu dangereux, dans un contexte où il faut d’urgence cesser d’entretenir la confusion entre la question culturelle et la question confessionnelle, avant de distinguer enfin la question religieuse de la question sociale.
La loi de 1905 en otage
Autant la volonté d’empêcher la construction d’une mosquée, comme à Nice, doit être combattue car elle révèle un impensé raciste et une volonté de maintenir la prédominance culturelle chrétienne. Autant celle de construire des lieux de culte en sus et place de centres sociaux ou culturels sur des fonds publics révèle une incompréhension grave des priorités et menace le vivre-ensemble. Elle trahit l’espoir bien illusoire d’acheter la paix sociale en substituant l’« espérance spirituelle » à l’espérance sociale dans les quartiers populaires . C’est le programme affiché par Nicolas Sarkozy dans La République, les religions, l’espérance , écrit en collaboration avec Thibaud Collin, membre de la Fondation de Service politique, l'un des think-tank du Vatican et de son aile droite (Opus Dei, Légionnaires du Christ etc). Une fois élu, Nicolas Sarkozy a d’ailleurs confié le ministère de la ville et du logement (donc en partie des banlieues) à Christine Boutin, conseillère du Vatican. Son directeur de cabinet, approuvé par la présidence et le Premier ministre, est un intégriste chrétien formé par la Cité catholique (une association prônant la restauration d’une forme de théocratie). Quant à l’homme qu’elle a chargé du dossier des quartiers populaires, Jean-Marie Petitclerc, il est prêtre.
Cette nomination, loin d’être accidentelle, est parfaitement cohérente avec la vision d’une laïcité défendue par Nicolas Sarkozy. Comme ce 20 juin 2005, à l’occasion d’une réunion interreligieuse organisée par l’association la Bible au théâtre de Neuilly sur le thème « Dieu peut-il se passer de la République ? ». « Les religions sont un plus pour la République… ce sont les sectaires qui ont fait de la laïcité une laïcité de combat » a déclaré Nicolas Sarkozy. À l’entendre, la République ne peut pas se passer de Dieu. Surtout dans les quartiers populaires, où le manque de spiritualité sert à expliquer tous les maux. « Nos quartiers sont devenus des déserts spirituels, je ne pense pas que nous ayons quoi que ce soit à y gagner … Si personne n'explique que la vie n'est pas un produit de consommation, il ne faut pas s'étonner que le sens de la vie ne soit pas le même à La Courneuve qu'à Neuilly ». Le ministre revient alors de la cité des « 4 000 » à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), où un enfant de onze ans, Sidi Ahmed Hammache, vient d’être tué par balles lors d’un règlement de comptes entre bandes. « Quand on voit des choses pareilles, on comprend que choisir l'espérance soit une nécessité. » Rien à redire, sauf lorsqu’on sait que chez Nicolas Sarkozy le mot « espérance » veut dire « religion ».
L’opium des quartiers populaires
Contrairement à ce que semblent croire plusieurs de ses sympathisants, l’intégrisme en banlieue n’est pas forcément un problème aux yeux du nouveau président de la République. Il y verrait plutôt un moyen efficace de lutter contre la délinquance : « Partout en France, et dans les banlieues plus encore qui concentrent toutes les désespérances, il est bien préférable que des jeunes puissent espérer spirituellement plutôt que d’avoir dans la tête, comme "seule religion", celle de la violence, de la drogue ou de l’argent. » Il défend même le rôle positif que pourraient jouer certaines organisations comme l’UOIF pour remettre les quartiers populaires dans le chemin : « La réalité, c’est que l’UOIF mène, sur le terrain, un travail utile contre des adversaires autrement plus dangereux pour la République : les salafistes. », écrit-il.
En Angleterre, cette approche a conduit Tony Blair à miser sur les Frères musulmans pour combattre les salafistes djihadistes. Un faux pari absolu. Puisque les Frères musulmans n’ont aucun impact sur ces ultra-radicaux (qui les prennent pour des mous voire des traîtres) mais diffusent un islam liberticide (sexiste, homophobe et antisémite) d’autant plus dangereux pour le vivre-ensemble qu’il bénéficie désormais de la bénédiction de l’Etat. La France va jusqu’à présent mieux que l’Angleterre de ce point de vue (un musulman anglais sur trois veut vivre selon les lois de la charia, contre 73 % de musulmans français attachés à la laïcité). Encourager les fondamentalistes à remplacer les travailleurs revient à abandonner le terrain aux prédicateurs intégristes, sexistes, homophobes et antisémites et reproduire les erreurs de l’Angleterre. Nicolas Sarkozy ne peut pas l’ignorer, mais il ne veut rien entendre.
En bon ultra-libéral fasciné par les républicains américains, Sarkozy privilégie l’« espérance spirituelle » à l’« espérance sociale » autant par conviction chrétienne que par pragmatisme économique. Les travailleurs sociaux, les associations citoyennes maintiennent un lien social qui fait barrage à l’intégrisme, mais ils coûtent cher en subventions. Or, Nicolas Sarkozy n’y voit qu’un ramassis de petites mafias ayant détourné l’argent de l’État. En novembre 2005, devant le Mouvement national des élus locaux réunis à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), il a fait une déclaration stupéfiante : « Tout l’argent mis par les gouvernements de gauche et de droite depuis vingt ou trente ans dans les politiques de la Ville a été en partie détourné par une économie souterraine qui a pollué l’économie réelle dans ces quartiers. » Les religieux, eux, ne coûtent pas cher… et ils ramènent l’« espoir ». Or le gouvernement a déjà largement creusé les déficits publics au profit des plus riches. Il doit maintenant faire des économies sur le dos des plus pauvres. Autrement dit, en banlieue, s’il doit investir, ce sera pour construire des lieux de cultes et non des centres socioculturels.
La religion au secours de la République
Dans La République, les religions et l’espérance, sous couvert d’une discussion polie, Nicolas Sarkozy signe un livre de combat contre la conception française de la laïcité — qualifiée de « laïcité sectaire ». Il souhaite la remplacer par une « laïcité positive », que d’autres chercheurs appellent aussi « laïcité ouverte » ou « nouvelle laïcité », c’est-à-dire par une laïcité inspirée du modèle anglo-saxon. Et ce au moment même où les anglais se demandent si leur modèle ne favoriserait pas l’intégrisme...
Ira-t-il jusqu’à modifier l’article 2 de la loi de 1905 —selon lequel « l’Etat ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » — pour financer ces lieux de cultes sur fonds publics ? Le débat, en tout cas, aura lieu. Pour l’anticiper, Nicolas Sarkozy a confié une mission de « réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics » à une commission de sages — composée de religieux et de partisans de la nouvelle laïcité.
Sans surprise, la commission dirigée par le professeur Machelon a conclu à la nécessité d’encourager les communes à subventionner directement la construction de nouveaux lieux de culte. Cette réforme pourrait notamment favoriser les passerelles entre la loi de 1901 et celle de 1905 pour permettre aux associations non cultuelles de soutenir davantage les associations cultuelles. Une demande formulée entre autres par la Fédération protestante de France, très demandeuse de souplesse en matière de laïcité depuis qu’elle a admis en son sein les adventistes, et qui vient de nommer à sa tête un évangéliste.
Les conclusions de ce rapport ont reçu le soutien du candidat Nicolas Sarkozy. Dans une tribune intitulée « Pour une laïcité vivante » et adressée à La Croix juste après la sortie du rapport Machelon, le 21 septembre 2006, il persiste : « Il n’est pas juste que les fidèles des confessions en expansion récente sur notre territoire, l’islam sunnite et le christianisme évangélique, rencontrent des difficultés pour pratiquer leur culte. » Un regret déjà énoncé dans La République, les religions et l’espérance, où le fait d’autoriser les pouvoirs publics à financer directement des lieux de culte est présenté comme le moyen de permettre à l’islam de France de rattraper son retard, mais surtout de le couper des influences étrangères. Cette idée séduit, même à gauche, mais repose sur un diagnostic erroné.
Faux pari
En réalité, le problème n’est pas que les mosquées soient financées de l’étranger, ni même que les imams parlent à peine le français (les prêches les plus intégristes sont souvent tenus par de jeunes imams parlant parfaitement français) mais de faire en sorte que ces mosquées et ces imams respectent le principe de laïcité et celui d’égalité hommes-femmes. Ce qui peut passer par l’imposition d’une charte devant être signée par tous les lieux de culte, à laquelle il faudrait ajouter le respect du droit à pouvoir changer de religion sans être condamné pour apostasie. Quant au déséquilibre du paysage religieux, la réalité est plus contrastée.
D’après les RG, il n’existe que trente caves servant de mosquées souterraines. En revanche, sans avoir besoin de modifier la loi, il se construit chaque mois de nouvelles mosquées grâce aux dons des fidèles. Selon l’Annuaire des mosquées, on recense désormais 1554 mosquées et salles de prière . Certains spécialistes estiment même que le retard en matière de lieux de culte musulman est presque rattrapé.
Si la loi de 1905 venait à être modifiée, elle ne servirait qu’à construire des églises évangéliques et des mosquées en plus de ces 1554 mosquées et salles de prière déjà recensées. Sans aucune garantie quant à leur devenir. En effet, ni les extrémistes des caves, ni même les intégristes institutionnalisés de l’UOIF, n’accepteront de recevoir le moindre subside de l’État français si cette aide est couplée avec le moindre contrôle. Ils ont déjà des mécènes prêts à les financer pour leurs idées, pourquoi iraient-ils chercher de l’argent public doté d’un droit de regard ? Quand bien même ce droit de regard serait imposé… qui l’exercerait, les élus locaux ?
Ils ne sont ni formés ni suffisamment insoupçonnables de considérations clientélistes pour faire la différence entre un imam intégriste et un imam moderniste. Cela vaut d’ailleurs également pour les élus nationaux et même pour les plus sécuritaires d’entre eux. En septembre 2004, le ministre de l’Intérieur est allé inaugurer une mosquée dirigée par un imam de l’UOIF — que son ami Manuel Aeschlimann, maire d’Asnières, a contribué à faire agrandir. Sitôt la fête d’inauguration passée, Le Parisien révèlera qu’on y a découvert 10 000 exemplaires du livre de Sayyid Qotb — À l’ombre du Coran —, qui théorise le meurtre des tyrans apostats et dont s’inspire Ben Laden…
Quand bien même un droit de regard plus exigent et plus vigilant serait imposé. Quelle forme prendrait-il ? Par un contrôle du contenu des prêches en finançant la formation des imams ? Mais comment ? À moins de transformer l’État en théologien et de revenir à un système concordataire s’appliquant à tous les cultes. À ce stade, il faut bien comprendre que cette mesure — guidée par la peur de voir un islam trop radical délivré en France — ne pourra pas être une mesure d’exception et devra donc s’appliquer à toutes les religions. Ce qui signifie que l’État devra former également les prêtres et les rabbins sur fonds publics. Or Nicolas Sarkozy a déjà annoncé dans son livre y être radicalement hostile : « Je ne suis pas favorable au financement des églises par l’État parce que je connais trop bien la logique du "qui paye décide". Nous rentrerions alors dans un système des religions d’État, alors que l’État ne doit pas s’immiscer dans les questions internes des cultes, où il n’a aucune compétence et n’est pas à sa place » . Où est la cohérence ? Ainsi l’État devrait s’impliquer dans le financement de mosquées et la formation d’imams pour mieux contrôler l’islam de France mais ne devrait surtout pas s’immiscer dans les affaires de l’Église catholique ni dire mot sur la formation des séminaristes, de peur que l’État ne contrôle le catholicisme de France ?
Équilibre fragile
Compromettre l’équilibre de 1905 pour construire — sur fonds publics — de nouveaux lieux de culte ne garantit rien quant à leur orientation politique. En revanche, toucher à l’esprit de 1905 est le meilleur moyen de tuer un compromis qui a fait ses preuves depuis un siècle en matière d’intérêt collectif. Nicolas Sarkozy connaît les réticences que soulève son projet. Pendant la campagne, dans la toute dernière ligne droite, il a pris soin de rassurer. L'AFP a même annoncé qu'il renonçait à modifier la loi de 1905. En réalité, dans l'entretien accordé à La Croix servant de prétexte à cette dépêche , il a simplement promis de ne pas « avancer » sur ce sujet sans consensus, c'est-à-dire — selon ses propres mots — sans une « discussion avec l'ensemble des religions ». Enfin et surtout, Nicolas Sarkozy n’a pas besoin de modifier l’article 2 de 1905 pour changer l’esprit de la laïcité à la française et la faire évoluer vers une interprétation plus anglo-saxonne. Ce changement passera par des glissements visant à rendre plus confuses les lignes de démarcation entre cultuel et culturel puis entre religieux et social. En assouplissant les frontières entre la loi de 1905 et celle régissant les associations 1901 (ce qui permettra des transferts de fonds), en subventionnant en priorité des associations religieuses pour se charger du social, surtout dans les quartiers populaires, en s’adressant aux citoyens en fonction de leurs confessions. Cette révolution culturelle est bien en marche. À terme, elle peut modifier bien des équilibres.
19:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : politique, actualité, laïcité, sarkozy, verts, les verts, religion
15.01.2008
No Kid , Corinne Maier
Autant dans "Bonjour Paresse", Corinne Maier est à son meilleur niveau, autant dans "No Kid" elle nous amuse mais perd parfois son style et sa fougue au profit d'un peu de "vengeance".
Le livre présente 40 raisons de ne pas avoir d'enfant. Avec humour, et parfois avec une terrible lucidité. Agréable à lire, et surtout plein de conseils avisés, "No Kid" vaut le détour. Sauf sur la fin, ou l'auteure s'essouffle et règle un peu ses comptes avec elle même, au travers du lecteur. Sommes nous devenu ses psy ? Elle qui les réprouve tant ?
A lire avec l'idée que la transgression, c'est parfois bon !
18:01 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : livre, corinne maier, littérature
Entropia n° 1 : Décroissance et Politique
La revue "Entropia" pose comme mission première à ses auteurs de définir la décroissance, sous toutes ses coutures. Cela se fera avec le temps, et chaque numéro a une thématique, celui ci est donc le lien entre la décroissance et le / la politique.
De l'intérogation première "la décroissance est elle de gauche" en passant par les dérives possibles (récupération fasciste, malthusianismen etc...), le premier numéro est vraiment de très bonne facture. La participation de Serge Latouche, d'Yves Cochet et de bien d'autres, nous rassure sur la qualité et le niveau de la pensée qui est exprimée au sein de l'ouvrage.
Complexe parfois, l'ouvrage ouvre tout de même de grandes perspectives que ce que peut être une société sans croissance, ou plutôt de l'après croissance. Société de frugalité heureuse, ni austère, ni totalitaire.
Rapelant le rôle politique que nous devons tous jouer, l'iéde est que nous subissons ce que nous ne choisissons pas.
Je vous conseille donc la lecture de cette excellente revue, que vous trouverez chez Atheles.
17:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : livre, décroissance, revue, idée, verts, les verts, actualité
Cécile Duflot : ses voeux à la presse

Percutante, claire, et sans détour, Cécile Duflot présente ses voeux à la presse et revient sur les enjeux à venir. Rafraichisant !
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Bonjour,
Comme c’est la tradition, je vous souhaite au nom de toutes les Vertes et de tous les Verts, une fertile année 2008.
Rassurez-vous, on ne vous a pas fait venir pour vous tancer ou pour vous faire des annonces fracassantes sur l’avenir de votre chaîne. Comme vous le savez, les Verts sont non-violents et contre toutes formes de maltraitance sociale, fussent-elles vis-à-vis des journalistes... même quand ils ne nous le rendent pas.
Ce qui pourrait paraitre une boutade ne l’est pas complètement. Au classement 2007 de la liberté de la presse établie par Reporters sans frontières, la France est classée 31e sur 169 et l’ONG précise que de nombreuses inquiétudes demeurent en raison de cas de censure persistants, de perquisitions dans des rédactions et d’un manque de garanties concernant la protection du secret des sources. Je vous souhaite à cet instant de pouvoir mener votre travail dans les meilleures conditions possible. Je n’oublie pas les 167 journalistes actuellement emprisonnés et le cas particulier d’Anna Polititovskaia qui nous a tous extrèmement touchés.
Pour les Verts, l’année 2007 a été une année charnière.
Plus que jamais, cette année, on a parlé d’écologie. Je ne vous cache pas qu’au début ça nous a fait un peu bizarre de ne plus susciter la perplexité lorsque l’on parle de réchauffement climatique ou des méfaits de la pollution et devoir certains de nos plus farouches adversaires s’exprimer, souvent avec maladresse sur le principe de précaution ou le développement durable.
Alors évidemment, on se réjouit que les constats que nous portons à bout de bras depuis plus de 20 ans fassent enfin l’objet de l’attention qu’ils méritent.
Malheureusement, lorsque l’on peut constater dans la presse que toutes les marques de voiture sont plus écologiques les unes que les autres grâce au fameux « bonus », ou qu’EDF nous explique que le nucléaire, rien de tel pour le respect de l’environnement, je me dis que les Verts ont encore du pain sur la planche. Aujourd’hui, tout le monde est d’accord sur les constats. Nous sommes à l’aube d’une crise écologique. Plus grand monde ne conteste les objectifs à atteindre pour y répondre. Tant mieux.
Mais tout le monde n’est pas d’accord sur les moyens d’y répondre.
Et oui, tout le monde parle d’écologie. Mais les actes sont encore loin nous le verrons, alors je crois que c’est paradoxalement, à ce moment que, plus que jamais, on a besoin des Verts.
Prenons le Grenelle de l’environnement puisque ce devait être l’évènement fondateur du changement de perception de la crise écologique et bien la photo avec Al Gore était très réussie ! Je ne voudrais pas être cruelle, mais je me demande si au fond, ce n’était pas le seul objectif du Grenelle de l’environnement.
Le chapelet des fausses promesses serait long à égrainer. Ce qui nous soucie c’est que celles-ci ne bénéficient pas du même « traitement » pour reprendre votre vocabulaire
Prenez les autoroutes par exemple. On nous annoncé le jour même du Grenelle en couverture du Monde que la France va mettre fin à la construction d’autoroutes. Chouette alors ! se disent les écolos, on va enfin sortir du tout bagnole pour mettre en place une stratégie de développement des transports collectifs digne de ce nom.
Sauf que lorsque l’on lit cet article et quand on se penche sur les décisions, on lit qu’on va mettre fin à la construction d’autoroutes en France à l’exception des contournantes urbaines et des résorptions de points noirs. Et là, on a déjà comme un léger doute. Ces « exceptions » entre guillemets concernent une quarantaine de projets autoroutiers sur la cinquantaine que compte le pays.
Et puis quand quinze jours ou un mois après le Grenelle, on a le premier ministre ou les secrétaire d’Etat au transport que disent que certains projets d’autoroutes en plein champs, comme la Langon-Pau sont des projets prioritaires et que ces projets continuent d’être développés, comme si de rien n’était, on repense à la belle photo de Sarkozy avec Al Gore. Et là on se dit que des gens qui pipeautent plus que Chirac et la maison qui brûle, ça existe ! Plus c’est gros, plus ça passe.
Je ne vais pas vous reparler des OGM qu’on aurait à nouveau semés comme si de rien n’était sans la mobilisation de la famille écologiste. Je ne vais pas vous reparler de l’amendement que la droite à voulu faire passer en catimini afin de permettre d’épaissir le secret en cas d’incident dans les centrales nucléaires. Je ne vais pas vous parler non plus de la signature par Sarkozy et Zapatero voilà quatre jours de la construction d’une ligne THT qui ne sert à rien et qui va défigurer les Pyrénées des deux côtés de la frontière. Je ne vais pas non plus évoquer l’étude de l’IFEN qui a montré récemment que 9 rivières sur 10 sont polluées par les pesticides et que la situation empire. Après tout, madame la Marquise, tout va très bien en matière d’environnement en France. La preuve, Sarkozy a fait une photo avec Al Gore.
Alors oui, tout le monde parle d’environnement, tout le monde est d’accord sur le constat, on semblait même avoir trouvé des consensus sur certaines solutions. Mais pour l’application, il faut cesser d’être naïfs. Même nos partenaires de gauche sont décevants. Je vous le dit avec d’autant plus d’aisance que les Verts tirent leur bilan de 6 ans de mandature municipale. Je le dit et je le répète. Il ne faut pas être naïfs, il n’y aura pas d’écologie sans les écologistes ! Dans les faits, les seuls élus qui considèrent que l’écologie, ce n’est pas que de la com, ce sont les Verts. C’est dommage, mais la réalité, c’est cela.
Cela s’explique simplement par le fait que pour nous la protection de l’environnement ce n’est pas un truc « en plus » compatible avec n’importe quelle politique.
Nous le redirons toujours l’écologie politique c’est un autre projet de société basé sur le partage des richesses, en France mais aussi entre les pays du Nord et du Sud, basé sur l’économie des ressources et qui au produire plus préfère le vivre mieux. Ca parait simple mais c’est un changement profond que nous souhaitons.
Celui-là est totalement incompatible avec la politique de ce gouvernement. Les Verts sont déterminés à refuser qu’on embobine les Français avec des belles paroles et de la com. Nous sommes déterminés à nous battre pied-à-pied contre les régressions démocratiques qu’imposent Nicolas Sarkozy.
Sarkozy s’échine à détruire de façon pathologique toute forme de contre-pouvoir et c’est intolérable. Le Parlement, est plus que jamais une chambre d’enregistrement. Le dialogue social est dévoyé. Comment parler de dialogue avec des syndicats qui ont le pistolet sur la tempe pour accepter l’américanisation du marché du travail imposée par le Medef ?
Et bien malgré tout, les Verts continuerons de lutter de toute leur force contre un régime népotique qui met le pays en coupe réglée avec l’assentiment des « copains », chefs d’entreprises ou chefs d’état de pays dont les pratiques sont antithétiques avec notre conception de la politique. Nous continuerons de critiquer les politiques d’un gouvernement prédateur qui s’emploie à casser les classes moyennes et à rabaisser les pauvres au seuls profit de ceux qui ont déjà trop.
Nous continuerons de dénoncer la prolétarisation des centaines de milliers de jeunes qui travaillent en stage pour moins que le RMI dans des entreprises aux profits exorbitants. Car ce sont les mêmes jeunes qui servent de variable d’ajustement dans les entreprises, qui doivent s’endetter sur 30 ans pour et se paupériser durablement pour se loger.
Le gouvernement s’est empressé pendant l’été de claquer 15 milliards d’euros en prime diverses pour les Français riches parmi les riches. Nicolas Sarkozy, c’est le robin du bois de Boulogne, qui prend au pauvre pour donner au très riche.
On inflige les franchises médicales à tous pour récupérer 800 millions d’euros, tandis qu’avec la suppression de l’ISF on fait cadeau de 350 millions d’euros à 16 000 foyers hyper fortunés.
Voilà ce que la France est en train de devenir : la république des copains.
Nous continueront de dénoncer les rafles d’enfants et les fichiers dans les écoles. Jamais nous ne seront indifférents au parquement des étrangers dans des camps. Les mots semblent perdre de leur sens au fur et à mesure que l’on s’habitue à ce qui aurait semblé inenvisageable il y a peu.
Bien sûr quand je dis cela, je ne fais pas référence au cabinet d’audit mars & co. Vous savez, c’est ce cabinet qui va évaluer les ministres et qui, en même temps, entretiendrait des relations d’affaires avec le cabinet d’avocat de Nicolas Sarkozy. Sans même faire de commentaire sur cette affaire qui interroge profondément sur ce qu’est la politique, je me demande quand même à quoi servent la cour des comptes et les députés élus au suffrage universel.
Comme les Etats-Unis voilà 7 ans, comme l’Italie il y a quelques années, notre pays traverse une période de régression démocratique. Non, ce n’est pas sain qu’un homme veuille tous les pouvoirs et les obtienne. Non, ce n’est pas normal qu’un industriel intervienne pour censurer des articles dans un journal. Non, ce n’est pas normal de pourchasser des milliers de familles immigrées pour faire du marketing politique alors même que la commission européenne nous dit que l’europe a besoin d’immigration alors même que nous pillons encore les pays du Sud de leur richesses humaines et naturelles.
Nous avons toujours vertement critiqué la Ve République. Et plus que jamais nous continuons de le faire. La France un besoin d’un régime plus démocratique. La France a besoin de contre-pouvoir. La France a besoin de pluralité. La France n’a pas besoin d’un berlusconi bis.
Plus que jamais, les Verts sont décidés à ne rien laisser passer au gouvernement. Nous avons décidés collectivement de nous mettre en ordre de marche pour jouer à plein notre rôle de parti d’opposition, d’opposition qui propose un autre projet solidaire et respectueux.
Depuis plusieurs mois, nous l’avions dit, nous avons travaillé pour nous réformer et être à la hauteur de ces enjeux. Dans quelques jours, nous vous communiquerons les résultats de notre referendum sur notre réforme interne après avoir adopté à 70 % du conseil national les premières mesures. Les Verts achèvent une période d’introspection sans concession, et je ne suis pas peu fière ce travail mené de façon démocratique, transparente, concertée, qu’aucun autre parti n’a été capable de mener.
Nous voulons démontrer que la politique, c’est défendre un projet avec constance, c’est le défendre avec clarté, c’est être dans la construction.
Nous militants Verts, nous proposons la mise en place d’une politique écologiste globale qui trouve sa traduction concrète au niveau local. Nos convictions ne sont pas forgées à la faveur d’un sondage ou d’une vague médiatique.
Nous ne travestissons pas notre projet, nous l’assumons et nous le défendons. Nous ne disons pas tout et son contraire en même temps par électoralisme.
Nous voulons d’une société écologique, d’une société chacun trouve sa place, d’une société où l’on cesse de sacrifier l’environnement et la santé des citoyens aux intérêts mercantiles, d’une société dans laquelle la richesse est partagée et pas accaparé par une minorité de néo-aristocrates.
C’est pourquoi je vous invite à venir à notre prochain conseil national les 26 et 27 janvier prochains. Nous adopterons notre projet pour les élections municipales basée sur les réalisations et les réflexions menées partout en France. Une politique créative, une politique qui permet à chaque citoyen de trouver sa place, une politique qui soit écologiste, réellement écologiste, c’est possible. Depuis 2001, les élus Verts se battent avec courage pour mettre en place de telles politiques. Le bilan qu’ils tirent aujourd’hui est très bon, et je souhaite ardemment que les électeurs qui veulent plus d’écologie au pas de leur porte sauront nous accorder leur confiance.
Alors mesdames et messieurs, merci d’être venus aux vœux à la presse des Verts. Permettez moi de vous souhaiter et de nous souhaiter beaucoup de courage, parce que je ne sais pas qui - de la presse française ou des Verts - en aura le plus besoin en 2008.
Cécile Duflot
17:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, environnement, politique, actualité, verts, les verts, Cécile duflot
13.01.2008
OGM : le tour de passe passe politique
Certains parlent de victoire, d'autres de grande avancée, et d'autres disent que "la droite fait ce que la gauche n'a jamais fait"... Mais tout cela est faux.
La France active "la clause de sauvegarde" c'est un fait. Qu'est ce que cette clause ?
L’article 23 de la directive de 2001 sur la dissémination volontaire d’OGM dans l’environnement permet à un Etat membre d’interdire sur son territoire un OGM autorisé au niveau européen. Mais pas à n’importe quelle condition. L’Etat doit avoir des «raisons précises» de considérer que l’OGM en question présente «un risque pour la santé humaine ou l’environnement». Autrement dit, il doit apporter «des informations nouvelles ou complémentaires». L’interdiction doit alors être notifiée à la Commission européenne qui transmet le dossier à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA). Sur la base de l’avis de ces scientifiques, la Commission prépare un projet de décision, validant ou non la clause de sauvegarde, qu’elle soumet aux experts des Etats membres. Si ceux-ci ne s’accordent pas à la majorité qualifiée, le dossier passe au niveau du Conseil des ministres européens de l’Environnement. Si à nouveau aucune majorité qualifiée ne se dégage, le dernier mot revient à la Commission.
Source : Libération
Donc, il va falloir que la France apporte des preuves scientifiques.... illusoire quand on sait qu'aucune étude indépendante de grande ampleur n'a été menée sur les OGM ! Donc c'est d'avance que nous pouvons affirmer que l'Europe (enfin la commission, car le parlement européen est muselé sur ce sujet) va rejeter la demande de la France.
L'Allemagne a déjà fait appelle à cette clause. Comme décrit ci dessous :
La France ne serait pas la première. L’Autriche l’a déjà invoquée à trois reprises, notamment s’agissant du Mon 810. La Hongrie et l’Allemagne aussi, pour ce même maïs. L’AESA a jusqu’à présent toujours jugé que les informations fournies n’invalidaient pas son évaluation des risques d’origine. Se rangeant derrière l’avis de ses scientifiques, la Commission européenne a donc à chaque fois demandé la levée de l’interdiction. Mais ni les experts, ni les ministres n’ont réussi à trouver de majorité qualifiée. Et c’est donc à la Commission qu’est revenu l’arbitrage.
L’Allemagne s’apprête finalement à lever sa clause de sauvegarde, la firme Monsanto s’étant engagée à mettre en place un réseau d’information comme elle le réclamait. Dans le cas autrichien, qui remonte à 1999, la Commission est au contraire dans une impasse. Les ministres européens ont refusé deux fois de suivre l’exécutif européen, mais un passage en force de Bruxelles est jugé impossible politiquement. Les réticences persistantes de nombreux Etats vis-à-vis de la culture d’OGM et les critiques récurrentes visant le processus décisionnel et les avis de l’AESA pourraient pousser la Commission à organiser un débat d’orientation ouvrant la voie à de nouvelles réformes.
Source : Libération
Donc, on l'applique trop tard ! Nous aurions dû dès le début interdire le MON810 et toute forme d'OGM en plein champ... Mais la frillosité des politiques (PS comme UMP) n'a pas permis de le faire...
Alors pourquoi ce timing ? C'est simple : gagner du temps et surtout, pour l'UMP, attendre après les élections municipales ! Car qu'y a t il de plus local que la culture d'OGM ? En faisant cela, Sarkozy repousse l'examen de la loi OGM de quelques semaines, le temps de passer les élections, pour mieux la remettre au débat (enfin débat, c'est un bien grand mot) ensuite...
Nous aurons des OGM en France, c'est malheureusement une certitude. C'est maintenant au citoyens de reprendre la main, et de démontrer leur opposition. Et faire entendre leur collère !
11:10 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : ogm, environnement, écologie, politique, verts, les verts



