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31.10.2007

Et pendant ce temps là, en République Démocratique du Congo

3e52a35a150dd967a6153cb1c4a130bb.jpgLes médias nous abreuvent d’info toutes plus essentielles les unes que les autres. Ainsi voit on le divorce des Sarkozy mis en scène, les sorties des ministres, etc… Mais aussi la Star Académie 7 et autres joyeusetés. Bref, que du lourd.

 

On oublie donc certains sujets… Comme l’exode de milliers de personnes au Nord-Kivu, fuyant les combats. Des combats, mais donc ce n’est pas la paix ? Et bien non. Depuis plusieurs mois, des combats secouent la région. Et aujourd’hui, ce sont plus de 350 000 personnes qui sont en situation d’exile.

 

 

"La crise humanitaire au Nord-Kivu a atteint un niveau comparable à celle du Darfour", région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre depuis 2003, estime le représentant spécial de l'Union européenne (UE) pour la région des Grands Lacs africains, Roeland Van de Geer.

 

Après un séjour au Nord-Kivu, il estime qu'"il y a urgence à régler cette crise et à s'attaquer à ses causes profondes", liées à la persistance des violences dans cette région frontalière du Rwanda, qui compte désormais près de 800.000 déplacés internes, soit 70% du nombre total de déplacés de guerre en RDC.

Rien que cela… Et pourtant, pas un bruit dans nos cher média, pas un seul papier pour dénoncer cela… Serait ce la présence de la France qui gène ? Ou bien le fait que la RDC est un de nos principaux acheteurs d’armes ? Et le fait que la presse chez nous soit tenue par des grand groupes militarofianciers…

La région est secouée par des conflits, depuis des années. Par deux fois plongé dans la guerre (1996-97, 1998-2003), le Nord-Kivu est depuis la fin août le théâtre d'affrontements entre les Forces armées congolaises (FARDC) et des soldats insurgés ralliés à l'ex-général tutsi congolais Laurent Nkunda.

Des accrochages opposent aussi régulièrement les soldats insurgés à des milices locales Maï Maï et des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Dans trois (des six) camps de déplacés de Mungunga (près de la capitale provinciale Goma), les responsables des camps se sont plaints des viols des femmes (...). Les déplacés mettent en cause les FARDC", explique M. Van de Geer.

Les épidémies de rougeoles, et les conditions de vie déplorable des gens entrainent des morts par centaines, et surtout chez les jeunes enfants. Les associations humanitaires essaient tant bien que mal d’atteindre certains réfugiés, mais elle ne peuvent passer du fait des combats ou de zones rendu « inviolables » par les maitres des lieux.

N’oublions pas que la RDC entretient avec la France des rapports proches, qu’attendons nous pour agir ?

29.10.2007

Grenelle....prise de conscience ?

 
C'est pas gagné .... 

25.10.2007

Grenelle de dupe ....

96f3d7c4bbfe1bc3b0a2a36c0d4b1470.jpgVoici les principales propositions retenues mercredi par la table ronde du Grenelle de l'environnement consacrée à la lutte contre le changement climatique: (source AFP) 

TRANSPORTS

- éco-pastille avec une "ristourne" à l'achat pour les voitures neuves peu consommatrices et peu émettrices de CO2, financée par un malus annuel sur les voitures les plus polluantes

- abandon de l'idée d'une réduction de 10 km/h des vitesses maximales sur routes et autoroutes

Annoncez, annoncez et ne faites rien, avec 10km.h de moins, en théorie on décongestionne certaines autoroutes ... Et donc on avancerait mieux. Et que dire de l'Ecopastille : un droit de polluer pour les riches ?

- éco-redevance pour les poids-lourds sur le réseau routier non concédé (hors autoroutes) compensée par une baisse de la taxe à l'essieu pour les camions français

Il faudra bien mesurer les taux et autres qui déplaçent le problème...

- arrêt de l'augmentation des capacités routières et aéroportuaires sauf cas particuliers (sécurité, congestion)

Et donc on justifiera toujours le Contournement Ouest Lyonnais, le TOP, l'A45 et l'A51 et même l'A89 comme axe alternatif à la RN7 dangereuse, de toute façon l'A89 est lancée. Ce sont des exemples mais en gros cette annonce ne chane rien

- développement du fret ferroviaire avec lancement de deux nouvelles lignes nord/sud-est et nord/sud-ouest (investissement de 800 millions euros en matériel roulant pour lesquels la SNCF pourra bénéficier de prêts à 20 et 25 ans avec une garantie de l'Etat, de 50 millions pour les infrastructures et 50 millions pour les plateformes). Un comité de pilotage arrêtera le calendrier d'ici mi-décembre

C'était déjà sur les rails (dans le bureau du ministère et de la SNCF) et pourquoi la France a donc laissé partir l'argent que l'Europe donnait pour le Lyon-Turin par exemple ?

- développement des lignes à grande vitesse avec un engagement de 2.000 km de lignes nouvelles avant 2020

Cela aussi est prévu de longue date (plan SNCF 1998)

- rénovation de 2.500 km de lignes ferroviaires anciennes (l'Etat y participera à hauteur de 350 millions euros contre 150 millions en 2004)

- 1.500 km de lignes supplémentaires de tramway dans les grandes villes contre 360 km actuellement, hors Ile-de-France (un programme de 17 mds euros dont 4 mds par l'Etat)

Bref ce qu'il y a dans les cartons des ministères, certes en attente et qui se débloquera. Et la stricte application de la loi sur la décentralisation de Raffarin pour le financement...

- aérien: objectif d'une réduction de 50% des nuisances sonores en 12 ans et de 20% des émissions de CO2 d'ici 2012 et 40% d'ici 2020. Taxe --à définir-- sur les vols intérieurs quand existe une alternative ferroviaire TGV

Bref ce que les nouveaux avions font déjà. En gros, ben on renouvelle la flotte !

- feu vert aux autoroutes maritimes franco-portugaise et franco-espagnole

On confirme ce qu'on allait faire, il y a rien de nouveau sous le soleil atlantique.

BATIMENT

1/ Neuf: programme de "rupture technologique" pour tous les bâtiments publics qui devront être construits dès 2010 en basse consommation (50 kwh/m2/an contre 240 kwh actuellement). Pour le privé à partir de 2012.

On applique les nouvelles normes Européennes...

 

- à partir de 2020, objectif pour tous les logements de critères d'énergie passive (15 kw/h) ou positive (qui produisent plus d'énergie qu'ils n'en consomment grâce aux énergies renouvelables)

On appliquera là aussi les nouvelles normes européennes discutés ces jours ci...

2/ Ancien: rénovation thermique de tous les bâtiments publics (360 millions de m2) associée à des travaux d'accès aux handicapés d'ici 2015. Bilan énergétique obligatoire dès 2008, l'Etat s'engageant à effectuer la rénovation de ses bâtiments dans les 5 ans.

Dans le privé, mise en place de "mécanismes incitatifs puissants (crédits d'impôt et prêts)

C'est déjà en place ! Rien de nouveau sous le soleil ! Rien de plus ni de moins !

ENERGIE

- Faute d'accord du collège patronal, la décision sur l'instauration d'une contribution climat-energie (ex-taxe carbone) est renvoyée à l'arbitrage du président Nicolas Sarkozy jeudi.

Alors là très fort : Nicolas veut bien mais que si on allège la fiscalité des entreprises !!! On croit rêver : une taxe qui ne pénalise pas (ben oui, moins de taxation d'aun côté compensé par la taxe carbonne) et une décision qui risque de ruiner le social en France !!! 

- développement des énergies renouvelables pour atteindre 20 millions de tones équivalent pétrole d'ici 2020

Rien de plus rien de moins que ce qu'on faisait.

- obligation de réaliser un bilan carbone pour toute entreprise de plus de 50 personnes

- interdiction des lampes à incandescence en 2010

- extension de l'"étiquette énergie" à tous les appareils électriques de grande consommation

Ce qui existe déjà ou allait exister avec l'Europe

SANTE ENVIRONNEMENT

- les produits phytosanitaires contenant des substances "extrêmement préoccupantes" seront interdits à la vente dès 2008 pour un usage domestique et dans des lieux publics

Bref rien de nouveau, l'Europe impose cela...

- définition en 2008 d'un 2e Plan santé environnement pour 2009-2012

Ouais ben vu la teneur du premeir, on ne peut pas parler de pas en avant...

- qualité de l'air extérieur: un plan particules sera défini "dans les tout prochains mois" avec la fixation d'un seul maximal de 15 microgrammes/m3 de particules fines (PM2,5), valeur cible en 2010 et obligatoire en 2015

Ha ben oui, comme le préconise les normes européennes en gros... 

DECHETS

- le Grenelle se donne douze semaines supplémentaires pour arbitrer sur le traitement des déchets, question complexe qui nécessite davantage d'expertises

Donc rien de plus, rien de moins...

 

OGM ET AGRICULTURE :

- Réduction de 50% de l'utilisation des produits phytosanitaire dès que possible, et si possible avant 10 ans

Ca ne mange pas de pain ! Et oui, pas d'obligation et une jolie porte ouverte pour les OGM (voir ci dessous)

- Gel des semences OGM judsqu'à la loi de janvier 2008 et création d'une commission Ad Hoc pour juger de leur innocuité d'ici la fin de l'année

Donc, on fait un gel pendant l'hivers (utile comme de dire mille fois sarabande) et on prévoi déjà une loi qui va autorisé leur culture (car la commission créée servira de faire valoir comme dans ien des cas). Et on va nous sortir "Ha mais oui, on ne peut pas réduire les pesticides sans ls OGM"... 

- Agriculture Bio : extention à 6 % des surfaces et 20 % de repas bio dans les cantines d'ici 2020

On ne fait que semblant de répondre à la forte demande, et ça ne suffira pas : il faudrait au moins 25 % de surace en Bio pour couvrir les besoins,

  

Bref un Grenelle pour nous dire que la France va maintenant suivre les recommandations européennes sans trainer des pieds et rien de plus... Grenelle de dupe.  

Et on oublie un peu vite que rien n'a été dit sur l'eau, le littoral, etc... Des oubliés du Grenelle. Sans parler de tellement de choses...


 

23.10.2007

Guy Môquet : lettre et réflexion

a943fff1df82a81cab8f1d5d2b6c0348.jpgNicolas Sarkozy, en tsar de l'histoire, demande à tous les professeurs de lire la lettre de Guy Môquet. C'est affligeant (le pouvoir n'étant pas dans son rôle, en réécrivant l'histoire) mais on peut aussi de poser quelques questions.

Rappel historique : Guy Môquet est né le 29 avril 1924 et est mort le 22 octobre 1941. Il est le plus jeune des fusillés du camp de Châteaubrillant. Ils furent fusillés en représailles, après la mort de Karl Hotz (lieutenant-colonel des forces d'occupation).

Mais qui a désigné ce jeune militant syndicaliste et communiste aux forces d'occupation ? Il s'agit de Pierre Pucheu et de ses sbires. Qui était Pierre Pucheu ? Le ministre de l'intérieur du gouvernement de Pétain. Mais avant toute autre chose, il était surtout le grand patron des forges françaises. Rappelons au passage que dans les années 30, il finançait les ligues fascistes, les croix de feu et parfois aussi la cagoule. Et il s'écria en 1936, au moment de la signature des accords de Matignon : "Si les salariés veulent gagner plus, ils n'ont qu'à travailler 50 heures par semaine." Travailler plus pour gagner plus ?

C'est donc bien des français, qui dans un jeu subtile et cynique, on fait désigner des militants syndicaux et communistes, pour s'en débarrasser sous les balles de l'occupant nazi. C'est bien une fange revancharde du patronat, qui ne supportait pas l'après 36, qui fait tuer ces jeunes gens. Ces travailleurs.

Mais au delà de l'histoire, sommes nous digne des mots et des combats de ces hommes ? Eux qui rêvaient d'un monde plus juste, moins inégalitaire, fraternel et sans frontières ? Les partisans.

Aujourd'hui nous avons toujours des gens qui meurent de faim, de plus en plus de pauvres, des frontière toujours plus dessinées, des combats xénophobes, de la haine... Non, nous ne sommes pas dignes du combat de ces martyres. Et nous les salissons une nouvelle fois en utilisant la lettre de Guy Môquet à des fins nationalistes, là ou l'homme n'avait qu'une vision humaniste et internationaliste des choses.

Souvenez vous d'eux non parce qu'ils sont "morts pour la France" mais parce qu'ils sont "morts pour leur idéaux".

20.10.2007

ONU : de plus en plus fantoche

cbae3ed6853020e4b4930f9f36990f73.jpgDepuis le début de l'année, les exemples de causes que l'ONU aurait du défendre sont nombreux. Ainsi, le Darfour, la Brimanie, le Pakistan, et tant d'autres régions secouées par la violence, la haine de l'autre ou le fanatisme. Voire tout cela à la fois.

Mais le temps n'est plus à l'humanisme, mais au business. Ainsi a t on vu l'Iran faire ce qu'il veut, couvert par la Russie et la Chine un peu, pour son pétrole. la Birmanie s'enfoncer la pire des dictatures, simplement pour ne pas perdre les contrats gaziers de la région (Total s'en frotte les mains). Mais il en va de même au Darfour, où la Chine construit petit à petit son empire, et ou il devient difficile de contrer les choses.

Le monde tourne sur la tête. Alors que la mission première e l'ONU, l'union des peuples dans la paix, était louable, elle est bafouée pour des raisons bassement économiques, pour le fric.

Combien de vie vos votre litre d'essence ? Et votre chauffage au gaz ? Car c'est en ces termes qu'il faut maintenant se poser la question. 

Alors à nous de militer, d'élire des gens réellement neutre, pas influençables et francs. Mais aussi de choisir nos mode de vie, de préférer le commerce éthique et équitable à tout autre chose. Cela à n coût, oui. Mais une vie humaine, cela n'a pas de prix.

Mais surtout, arrêtons de dire "On ne peut rien faire" et crions notre indignation !

Ensemble, pour demain. 

18.10.2007

Belle journée...

54ca670c422e886bffc5f8e4963e7801.jpgLa grève étant déclarée, me voilà, moi, salarié du privé, en grève. Et oui, défendre le autres ça compte aussi. Il fait beau, la manifestation démarre à 11h30. La joie se lit sur les visages. Pas celle de sentir le couperet du gouvernement libéral, non, jute celle d'être ensemble, unis, pour lutter et essayer de changer les choses.

On marche on chante on rit. Décidément une belle journée. Parce que voilà : le gouvernement veut que l'on travaille tous plus longtemps. Et ben voyons... Jamais dans l'histoire de l'humanité la valeur ajouté du travail n'a été aussi élevée. Jamais le monde n'a été aussi riche. Et dans ces conditions, nous devrions ne pas en profiter, continuer à travailler plus longtemps et plus ? Où est la logique ? 

Alors voilà : passons aux 32 heures, passons au 35 ans de cotisation, prenons l'argent là ou il est. Et arrêtons de toujours pressurer les mêmes.

Décidément, quelle belle journée...

17.10.2007

L'écologie-politique, avenir de la gauche par Jean Zin

311393cbdf63b86c208cd7f599d1d3eb.jpgmardi 16 octobre 2007, texte de Jean Zin, retrouvez le sur son site

On peut analyser de différentes façons l'effondrement des Verts aux dernières élections présidentielles : par leurs défauts internes ou les défauts de l'élection, par la faute à Hulot, à Bové, au PS, aux médias... Certes tout cela a pu jouer mais il faut surtout rapprocher cet effondrement de deux autres faits : d'une part il ne faut pas faire comme si la marginalisation des Verts n'était pas celle de toute la gauche (l'extrême-gauche bien sûr mais jusqu'au PS puisque les valeurs de gauche y étaient marginalisées aussi !), d'autre part cette décrédibilisation du parti écologiste se produit paradoxalement au moment même où les problèmes écologiques commencent à être pris au sérieux par la société toute entière, y compris les partis de droite...

La gauche ne peut se tenir à l'écart de cette prise de conscience écologique et c'est sans doute un des enjeux principaux d'une refondation de la gauche d'arriver non seulement à prendre en compte ces questions écologiques mais à se reconstruire autour d'une véritable écologie-politique qui n'est pas autre chose que la continuation du socialisme par d'autres moyens. En effet, si l'écologie-politique constitue bien une nouvelle façon de faire société, avec de nouveaux biens communs, le sentiment d'une communauté de destin et d'une responsabilité collective, cette solidarité sociale renforcée ne signifie aucunement qu'il faudrait nier pour autant la division de la société ni la nécessaire résistance des dominés. Au contraire, c'est une base solide pour exiger avec plus de force encore la réduction des inégalités, pour ce qui serait une véritable écologie de gauche mais qui aura besoin d'être défendue par toute la gauche, pas seulement par une de ses composantes. La gauche y trouverait sans aucun doute un nouveau souffle pour reprendre l'offensive, une nouvelle légitimité qui pourrait rassembler le mouvement social sur un objectif à long terme. Pour le dire simplement : l'écologie-politique, c'est l'avenir de la gauche ! En effet, la leçon qu'on doit tirer de notre situation historique, c'est qu'il y a une double impasse : celle d'une écologie réduite à un parti groupusculaire, mais tout autant celle d'une gauche tournée vers le passé et sans projet, éclatée en petites chapelles sur le marché des idéologies et confinée à des stratégies purement défensives.

Une écologie de gauche

Le contraste entre la popularité de Nicolas Hulot et le score des Verts a valeur de démonstration du fait que les menaces écologiques sont reconnues désormais par une large partie de l'électorat, sans pour autant que les Verts apparaissent capables d'y répondre en quoi que ce soit ! Il ne faut pas y voir la preuve du caractère apolitique de l'écologie (le fameux ni-ni, "ni de droite ni de gauche") alors qu'il y a bien, au contraire, une écologie de droite comme il y a une écologie de gauche ! C'est juste la preuve que les Verts ne sont pas à la hauteur mais surtout que l'écologie n'appartient pas aux écologistes patentés et qu'elle est devenue incontournable, s'imposant à tous désormais comme notre réalité collective, la crise climatique matérialisant notre existence comme totalité planétaire et l'effet en retour de nos comportements collectifs. Il ne faut pas croire que ce sont les écologistes qui sont à l'origine de la sensibilité aux questions écologiques ni qu'il ne s'agit que d'effets de mode, ce sont les faits eux-mêmes dans ce qu'ils ont de plus matériel qui mettent la préoccupation écologique au centre de la vie publique. Il ne s'agit pas d'idéologie même si l'idéologie vient s'y greffer ensuite. L'écologie n'est pas une "valeur", une préférence pour la nature par exemple. L'écologie n'est pas un sentiment, c'est une prise de conscience, c'est assumer la responsabilité de l'effet de nos actions. Ce n'est pas non plus la nostalgie d'un passé originel alors que c'est tout au contraire une projection dans l'avenir et l'engagement dans un projet commun. Encore faut-il savoir lequel, ce qui devrait être l'objet justement du débat politique entre droite et gauche si la gauche n'avait perdu tous ses repères historiques ! En tout cas, il y a une chose qui apparaît de plus en plus clairement, c'est qu'on n'a pas vraiment le choix puisque, ce qui est en cause, c'est la préservation de nos conditions vitales, la préservation collective de notre existence collective !

Au-delà de Nicolas Hulot, la récupération actuelle de l'environnementalisme par le gouvernement pourrait laisser penser que l'écologie est passée à droite et du coup l'accuser d'être un truc de riches. C'est ce dont rêve la droite, sans aucun doute, dans l'illusion que le "capitalisme vert" pourrait intégrer la contrainte écologique et même relancer l'économie et la croissance, quand ce ne sont pas les tenants du libéralisme qui prétendent que le marché est un écosystème qui réglera tout à merveille tout seul ! Il y a effectivement un certain nombre de mesures urgentes qui peuvent être prises rapidement pour réduire les ravages du productivisme sans nuire à la croissance dans un premier temps mais la contradiction ne tardera pas à se faire sentir entre la logique du profit et la préservation des équilibres écologiques ou sociaux. La prise en compte de l'écologie, c'est-à-dire de tout le hors-travail et le non-économique, condamne à plus ou moins long terme le capitalisme et porte la nécessité d'un retour du politique dans l'économie mais aussi de sa relocalisation. La crise écologique est un élément supplémentaire de la critique du capitalisme productiviste, d'un libéralisme irresponsable et de la mondialisation marchande, c'est même "le plus grand et le plus large échec du marché jamais vu jusqu’à présent" selon le rapport Stern qui ne fait pourtant que proposer des mécanismes de marché pour y répondre ! Certes, on ne pourra se passer d'écotaxes, non pas tant pour internaliser les coûts que pour réduire le gaspillage et préserver les ressources rares, mais elles ne constituent pas du tout une véritable solution pour autant et pèsent surtout sur les plus pauvres. C'est une façon de réserver le droit de polluer aux riches. Pas étonnant que ce soit la voie défendue par la droite. Pour la gauche si des écotaxes sont inévitables, elles ne peuvent être acceptables sans contreparties ni alternatives. En tout cas, il est certainement stupide de prétendre que l'écologie n'est ni de droite, ni de gauche, alors qu'il y a bien une écologie de droite, même si elle ne mène pas bien loin, et une écologie politique de gauche beaucoup plus ambitieuse !

L'écologie ne se réduit pas à l'environnementalisme, comme on le croit trop souvent, se contentant de corriger les effets les plus voyants du système. Au contraire, elle doit remonter aux causes et donc "remettre en cause" le système ; ce que la droite ploutocratique évitera de faire bien entendu, derrière toute sa phraséologie ! Il n'y aura de véritable écologie transformatrice que soutenue par la gauche et les couches populaires. C'est pourquoi, si l'écologie est bien l'affaire de tous, c'est surtout l'affaire de la gauche qui peut lui donner toute sa dimension, en tout cas la plus favorable au plus grand nombre, ouvrant la voie à une transformation sociale émancipatrice, de nouvelles solidarités et la construction d'un avenir commun où la gauche pourrait retrouver toutes ses valeurs. Assumer ce rôle historique en adoptant ces nouvelles perspectives, serait aussi l'occasion pour la gauche de tirer toutes les leçons de ses échecs passés et de ne plus en rester aux vieilles idéologies dépassées du siècle dernier, ni au productivisme industriel, ni à la centralisation du pouvoir. Cela devrait être l'occasion enfin de se tourner vers l'avenir et l'économie de l'immatériel.

Le discours écologiste que la gauche doit reprendre à son compte n'est pas forcément ce qu'on présente habituellement comme le discours "écolo". Rien à voir bien sûr avec l'opposition irrationnelle aux chasseurs par exemple ! Répétons-le, l'écologie n'appartient pas aux écolos ! Il y a tout de même toute une tradition écologiste qui se situe non seulement à gauche mais dans le sillage du marxisme, tout en marquant nettement leurs points de rupture, de Jacques Ellul à André Gorz. Contrairement aux idées reçues, il faut souligner à quel point les analyses de Marx ont été déterminantes dès les origines de l'écologie (le capitalisme comme productivisme, l'aliénation de la marchandise, l'abolition du salariat). L'écologie politique ne se réduit certes pas au rejet du marxisme comme certains écologistes ont pu le croire, elle en reprend plutôt le flambeau ! Une écologie de gauche ne peut qu'être révolutionnaire, engagée dans la construction d'une alternative au capitalisme ainsi qu'au salariat productiviste même si elle devra prêter une attention plus grande au qualitatif, aux spécificités locales ainsi qu'aux effets à longs terme de nos actions. Il y a continuité autant que rupture car si l'écologie vise l'épanouissement de l'individu dans son milieu naturel et social, il lui faut pour cela "changer de révolution" tout de même et notamment "penser global, agir local", comme disait Jacques Ellul.

La révolution écologiste

Les Verts ont beau s'être rangés depuis plus de 10 ans du côté de la gauche plurielle, ils n'avaient rien de révolutionnaire jusqu'à présent, c'est le moins qu'on puisse dire, il était même très mal vu d'oser parler d'écologie révolutionnaire dans leurs rangs, je peux en témoigner ! Les choses ont bien changé depuis car la reprise des thèmes environnementaux par les autres partis a montré qu'il n'y avait pas de place pour un parti écologiste réformiste, ce qui les a poussés à radicaliser leur discours, appelant à une "révolution écologiste" mais qui sonnait un peu faux, il faut bien le dire ! Les Verts qui croyaient avoir l'exclusivité de l'écologie ont dû comprendre, mais un peu tard, qu'un parti écologiste ne se justifiait qu'à défendre un véritable projet écologiste et donc, effectivement, une révolution écologiste, mais il ne suffit pas de le dire...

Si c'est toute la gauche qui doit devenir écologiste, n'est-ce pas l'existence même d'un parti écologiste qui est remis en cause ? La disparition des Verts dans un grand mouvement de gauche, n'est pas exclue, ou plutôt leur éclatement dans différentes familles politiques, mais ce n'est pas forcément le plus probable, ni le plus souhaitable d'ailleurs. Quel pourrait être le rôle d'un parti écologiste dans une gauche écologiste ? On peut penser qu'il pourrait servir utilement d'avant-garde, d'expression politique et de coordination des différents mouvements écologistes mais à condition de ne pas se réduire à un simple parti d'élus à la remorque du PS comme maintenant et d'expérimenter en son sein les solutions qu'il propose à la société toute entière. L'intérêt d'un parti écologiste devrait être, en effet, non seulement de proposer des alternatives mais de les mettre en pratique. Inutile de préciser qu'on en est loin ! Une question cruciale est trop souvent négligée, celle de notre rationalité limitée et donc de la nécessité du principe de précaution et de la construction de l'intelligence collective, ce qu'on peut appeler une démocratie cognitive (non pas une "démocratie populaire" formellement "majoritaire" et qui pourrait décider soi-disant de tout au nom d'une prétendue "volonté générale", encore moins une démocratie des experts plus ou moins indifférents au sort des citoyens mais une démocratie des gens, des minorités, des droits de l'homme, du respect et de la qualité de la vie). C'est ce que les Verts pourraient tenter d'initier en articulant mouvement écologiste et parti. En tout cas, une refondation des Verts est inévitable et ne pourra se faire que sur un projet concret d'alternative, question qui concerne toute la gauche cette fois.

Il ne s'agit pas de faire n'importe quoi. Une alternative effective doit répondre aux contraintes écologiques ainsi qu'aux aspirations sociales mais tout autant aux exigences de l'ère de l'information qui s'ouvre devant nous. Or, il n'y a pas de milliers de façons de prendre en compte à la fois l'écologie, avec la relocalisation des échanges, et l'économie de la connaissance, avec le développement humain. Il ne s'agit pas de prétendre tout réinventer comme si ces questions n'avaient pas été abondamment discutées depuis longtemps mais on peut s'étonner quand même du nombre restreint d'alternatives écologistes effectives. J'en ai dénombré 4 principales (productivisme durable, productivisme bridé, décroissance, production alternative) avec une mesure phare dans chaque cas : écotaxes, RTT, relocalisaton, revenu garanti. La première, trop libérale, ne peut faire plus que limiter les dégâts, c'est l'écologie de droite, pas vraiment alternative ! Les partisans de la réduction du temps de travail et des consommations se heurtent rapidement aussi au productivisme du système qu'ils voudraient seulement réduire, sans offrir d'alternative au capitalisme salarial. La décroissance est un mot d'ordre utile, derrière lequel il y a toutes sortes d'utopies un peu trop volontaristes, moralisantes ou même pires, mais qui insistent avec raison au moins sur la relocalisation de l'économie. Leur faiblesse au-delà de l'utopie un peu floue, c'est de ne pas intégrer du tout la révolution informationnelle.

La dernière alternative est la seule qui tient compte des transformations du travail à l'ère de l'information avec la revendication d'un revenu garanti. Il faut se persuader qu'il n'est pas possible d'attendre du marché qu'il règle magiquement nos problèmes mais pas plus qu'il serait possible de déterminer les besoins sociaux à l'ère de l'information et du travail immatériel où l'autonomie de l'individu devient si essentielle ! Cette alternative, qui me semble la seule vraiment sérieuse (bien qu'elle ne soit pas suffisamment prise au sérieux!), a été dessinée dans ses grandes lignes par André Gorz qui vient tout juste de nous quitter. Précurseur de l'écologie politique dans l'après Mai68, d'une écologie politique de gauche et anticapitaliste, héritière du marxisme et attentive aux conditions de travail, il sera toujours resté fidèle à la classe ouvrière malgré ses "adieux au prolétariat" un peu prématurés. C'est surtout dans "Misères du présent, richesse du possible" (1997) qu'il définira précisément les termes de l'alternative écologiste à l'ère de l'immatériel, rejoignant les propositions les plus innovantes de Jacques Robin et de Transversales pour une économie plurielle : revenu garanti, coopératives et monnaies locales... Il ne fait pas de doute que ces propositions qu'il faudrait détailler un peu plus ne paraissent pas assez crédibles, bien trop différentes des revendications habituelles du mouvement social ! Ce ne sont pourtant pas des propositions utopiques issues d'imaginations un peu trop fertiles, ni des résurgences proudhoniennes, ce sont des pratiques effectives, les enjeux du moment, ainsi que les conditions d'une économie plus immatérielle et moins productiviste. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est à la fois ce qui est possible et nécessaire.

Il y a d'abord le revenu garanti, défendu par bien d'autres comme Toni Négri ou Yann Moulier-Boutang mais qui reste difficile à admettre. C'est presque en contrebande qu'il insiste à travers de nombreuses luttes éclatées (retraités, chômeurs, travailleurs pauvres, précaires, intermittents du spectacle, rmistes, salaire étudiant, handicapés, etc.) et dans de nombreux pays (le Brésil en a le projet au moins). Comme tout le monde, André Gorz a d'abord été choqué par cette idée folle d'un revenu sans contrepartie, idée folle dans l'ancien monde sans aucun doute mais qui s'impose désormais pour assurer non pas seulement une véritable "sécurité sociale" mais bien donner les moyens d'un "développement humain" de plus en plus central. Le revenu garanti unifiant toutes ces luttes non seulement créerait de nouvelles solidarités mais inverserait le rapport de force en donnant les moyens de changer le travail et de sortir du salariat productiviste au profit du travail autonome et de la relocalisation de l'économie.

Il ne faut pas croire que le revenu garanti serait destiné à ne rien faire, il est destiné à assurer une continuité de revenu mais surtout à donner les moyens de valoriser ses compétences et d'assurer une production alternative au système marchand, ce pourquoi il faut des structures collectives destinées à faciliter le travail autonome et le rendre accessible à tous, avec toutes les protections sociales mais très loin d'un travail de fonctionnaire. C'est ce que j'ai appelé, en m'inspirant de Bookchin, des coopératives municipales, destinées aussi à dynamiser les échanges locaux, un peu comme les SEL (Systèmes d'Echanges Locaux).

Il s'agit en fait de prendre la question à l'envers de la planification socialiste, en partant du travailleur lui-même et non de la consommation ou des besoins sociaux, pour essayer de passer du travail forcé au travail choisi, favoriser la créativité, la formation, le travail autonome en lui procurant toutes les protections sociales, jusqu'à un revenu garanti, s'occuper enfin de "changer le travail pour changer la vie" et ne plus perdre sa vie à la gagner ! A condition d'avoir les institutions qui le permettent, cette écologie du travail pourrait offrir une alternative au salariat productiviste et constituer une véritable libération des nouvelles forces productives immatérielles en même temps que l'accès à un travail plus épanouissant pour tous. Cela constituerait, on en conviendra, un progrès indéniable de la qualité de la vie ! Partir des hommes eux-mêmes et de leur vie quotidienne permet de retrouver concrètement les questions écologiques liées à leur milieu. C'est ainsi que le travail autonome se révèle indissociable d'une relocalisation de l'économie au profit des échanges de proximité, constituant bien la base d'un véritable système de production alternatif, plus écologique et adapté à notre époque.

Ce sont les monnaies locales qui sont les meilleurs instruments d'une relocalisation de l'économie, réappropriation politique de la monnaie, au niveau local, et permettant une nouvelle forme d'économie publique, territorialisée. Non seulement, ce n'est pas impossible mais la monnaie solidaire SOL est opérationnelle depuis peu et peut être utilisée dès maintenant ! Cette importance donnée au local est sans doute une des plus grandes ruptures avec la gauche traditionnelle, mais qui a déjà été amorcée par l'altermondialisme avec la poursuite de changements globaux fondés sur des alternatives locales. L'écologie politique se caractérise par le souci du réel le plus concret, la nécessité de dynamiser les échanges locaux et de raccourcir les circuits de distribution, ce qui va de pair avec une revivification de la démocratie locale et de la "commune". C'est un renversement de perspective là aussi, et qui ne va pas de soi, jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que c'est uniquement par le local qu'on pourra développer le local, c'est à partir du local qu'on pourra équilibrer la globalisation, c'est enfin à partir du local qu'on peut agir sans attendre, et construire dès à présent des alternatives locales à la mondialisation marchande. Cela n'exclut pas un mouvement plus ample dans lequel ces alternatives s'inscrivent et qui leur donne sens, mais cette fois selon un processus qui part de la base (bottom-up) et non pas imposé d'en haut (top-down). Il ne s'agit pas du tout d'utopie mais bien de ce qui est faisable ici et maintenant. Non seulement de ce qui est faisable, mais ce qu'il faut absolument faire ! Ainsi, même si c'est hautement improbable, les prochaines municipales pourraient tout-à-fait être l'occasion pour les écologistes, voire pour toute la gauche, de commencer la révolution par les communes...

L'avenir de la gauche (retour vers le futur)

Pour une large part, la victoire de la droite n'est due qu'à la faiblesse de la gauche, son absence d'alternative plus que de mobilisation, et si la gauche retrouvait une légitimité dans l'opinion, si elle avançait des propositions crédibles, rien ne lui résisterait... En attendant, elle donne le spectacle de la plus grande division sans pouvoir renouveler son discours ni s'opposer au pire. Il est certes très important de parler de refondation de la gauche mais la recomposition n'est pas une affaire d'appareils comme on feint de le croire, c'est bien plus une recomposition théorique, une refondation idéologique, une confrontation avec les bouleversements de notre temps et la reconstruction d'un projet collectif. Il ne suffira pas d'un accord au sommet ni d'alliances de circonstance, il faut tout repenser. On peut même dire que c'est parce qu'il faut bousculer nos représentations et nos habitudes de pensée que la tâche est si désespérée, l'idéologie a une fonction d'inertie considérable même si tout peut s'accélérer sous la pression des événements.

En fait de refondation de la gauche, il semble que la plupart du temps cela ne signifie guère plus que tout garder (revenir aux fondamentaux, à la pureté du dogme) ou tout perdre (renoncer aux principes, passer à l'ennemi) alors qu'il faudrait apprendre à penser autrement dans un monde qui se transforme de façon de plus en plus accélérée, où nous sommes devenues responsables de la totalité du monde, du climat planétaire et de la biosphère, dans un monde limité où les ressources ne sont pas inépuisables mais où nous devons apprendre à vivre ensemble, en préservant notre avenir ou plutôt en le construisant collectivement. Il semble impossible à l'écologie-politique de ne pas se ranger du côté de l'alternative et de l'anticapitalisme, mais cela n'a aucun sens si ce n'est pas la gauche toute entière qui s'en empare. Le destin de l'écologie-politique ne peut être séparé des autres forces transformatrices car si elle a bien vocation à devenir toute la gauche, cela veut dire surtout que c'est toute la gauche qui doit intégrer cette dimension écologique et se tourner à nouveau vers le futur au lieu de rester vainement accrochée au passé...

Non seulement il faut tout repenser à partir de la question écologique mais c'est la production aussi qui doit être complètement repensée à l'ère du numérique, de l'automatisation et du travail immatériel. Cela fait beaucoup mais l'ère de l'information, de l'écologie et du développement humain correspond effectivement à de grands bouleversements dans l'organisation productive, bouleversements qui commencent à peine et devraient se traduire notamment par une indispensable relocalisation de l'économie afin d'équilibrer la globalisation marchande mais aussi par l'exigence d'un travail choisi et le souci de la qualité de la vie. On comprend que ces bouleversements idéologiques soient bien difficiles à digérer mais ils ne sont qu'une conséquence de transformations matérielles déjà effectives et de la nécessité de nouveaux rapports de production plus adaptées aux nouvelles forces productives. L'admettre serait la condition pour ne pas en rester aux revendications traditionnelles trop en décalage avec la réalité actuelle. Il ne suffira pas d'y ajouter un peu d'écologie, ce qu'il faudra c'est bien changer complètement de point de vue !

Les difficultés pour dépasser les anciennes idéologies et les organisations actuelles semblent plus qu'insurmontables. Les changements de culture, de perspectives et d'organisations sont trop importants. Inutile, en tout cas, d'attendre de tels changements d'accords au sommet. Par contre, c'est peut-être au niveau des alliances locales qu'une reconstruction pourrait s'avérer possible, c'est à ce niveau que la confrontation avec la réalité peut convaincre les militants de différentes origines de la justesse de propositions et des possibilités concrètes d'alternative, ici et maintenant, dans le cadre du capitalisme mondialisé et malgré les contraintes européennes mais sous la pression de plus en plus impérative des contraintes écologiques. Peu importe au fond que tout cela ne paraisse guère convaincant pour l'instant car il ne s'agit pas d'un débat théorique mais d'une confrontation au réel et de possibilités pratiques à expérimenter. Dans le désastre actuel, on ne peut que se détourner d'un pouvoir central dont on ne peut rien attendre de bon, et se replier sur le local, ce qui pourrait constituer notre chance. Pour cela il faudrait du moins arriver à se regrouper localement, à l'occasion des prochaines municipales par exemple, essayer de refaire communauté et réapprendre à vivre ensemble avec nos différences, un retour de la commune et de la fédération plutôt que des partis...

(Nouvelles Fondations no 7/8, novembre 2007)

 

16.10.2007

Iphone : pour l'écologie, tu repasseras

Quand Apple nous empoisonne....

 

15.10.2007

Drôle de Nobel de la Paix

e77dcb1a1381d986342868af88500a47.jpgJe suis content que le prix Nobel, pour la seconde fois de son histoire, couronne le combat écologique comme un vecteur de paix. Mais je suis surpris du choix de la personne. Car si les experts du GIEC méritent bien ce Nobel, de par leurs rôles d'alerte et de réflexion globale, Al Gore lui me semble plus limite.

Je m'explique : certes, Al Gore a fait un bon film ("Une vérité qui dérange") et a réveillé quelques consciences endormies. Mais regardons les choses en face : ce film, bien qu'utile, n'apporte aucunes solutions. De plus, on le voit tout au long du film prendre des avions (CO2 mon amour), sa grosse limousine et parcourir son exploitation, assez gourmande en énergie. De plus, n'oublions pas qu'Al Gore, c'est aussi l'ex-vice président de Clinton. Celui qui n'a pas bronché quand le dit Clinton a fait bombarder l'Irak. Alors, la paix à coup de bombes c'est cela que nous récompensons ?

Sans oublier non plus ses liens plus que prononcés avec l'industrie pharmaceutique, et son rôle joué en 1999 pour empêcher les pays en voie de développement d'atteindre le marché des génériques. N'est-ce pas charmant pour un prix Nobel de la paix ? Heureusement, Paul Moreira (un de nos meilleurs journalistes) le rappel dans son livre, et sur son site.

Encore une fois, je suis content pour le combat écologique, mais il y a tout de même des prix qui ont un goût amer.

09.10.2007

Mauvaise Langue

f73442bf9038a63258f134562c65ee66.gifIl est des bouquins que l’on apprécie, comme ça par simple gourmandise. Et d’autre sur lequel on s’arrête après en avoir entendu parler, ou parce que le titre nous plait. Mon envie de lire « Mauvaise langue » me vient justement d’une émission de radio, sur France Culture ou France Inter, ou le livre était cité. Son sujet, une réflexion sur la dégradation de la langue et de son apprentissage à l’école, mais aussi le lien entre barbarisme de langage et barbarie tout court m’a beaucoup questionné.

 

Me voilà donc partis à l’assaut de ce livre, pas très épais, mais dense, dès le départ. L’auteure (j’espère qu’elle ne s’offusquerait pas de la  féminisation du terme) est une professeure, une de ces pasionarias du métier. Elle enseigne les lettres, que dis-je, elle fait vivre les lettres pour ses élèves. Mais elle constate surtout que le niveau baisse, que le SMS entre en masse dans la dialectique, sans parler des grossièretés et autres. Mais elle constate dans le même temps que l’envie d’apprendre est là, que les élèves, exposés à ce qu’ils ne connaissent pas (texte ancien, grands classiques) peuvent, si on leur en donne l’envie, se dépasser et aller plus loin.

 

Cécile Ladjali nous entraine dans les méandres de sa réflexion sur la langue, sa vision de l’apprentissage, la transmission du savoir. Certes elle est élitiste. Mais pas de l’élitisme pédant des donneurs de leçon, non. De celui du maitre (qui détient le savoir) trop heureux de vouloir le transmettre, au prix d’efforts, à l’élève. Mais prêt à tout lui donner pour que lui aussi puisse toucher la quintessence du texte, du verbe, de l’écrit.

 

L’éditeur résume le livre ainsi : « Pour un nouveau mot qui entre dans le dictionnaire (comme le verbe "kiffer"), c'est douze verbes qui sont condamnés à ne plus être dits par les adolescents. La langue est un code, avec ses lois, sa grammaire, et qui les ignore ou les malmène menace son lien avec autrui. Le barbarisme mène à la barbarie, tel est le credo de Cécile Ladjali, son cri d'alarme. Car, encouragés par la mode banlieue et les nouveaux supports qui exigent vitesse et laconisme (SMS, MSN, e-mails), la plupart des jeunes parlent désormais une "mauvaise langue", doublée d'une orthographe désastreuse, et s'en vanteraient presque puisque l'autre langue est devenue celle des "bouffons". Ni réactionnaire ni démagogique, Cécile Ladjali fait plutôt l'éloge d'un nouveau bilinguisme. Apprendre le français dans ce qu'il a de convenu et d'académique au bon sens du terme, le maîtriser pour ensuite s'en écarter, telle est l'unique façon de ne pas être dupe des rébellions qui fissurent ce qui fait le ciment d'une société civilisée, à savoir sa langue. »

 

Le livre est vraiment à lire, pour ceux qui comme moi, loue l’envie d’éclectisme des savoirs dans l’école publique, et désapprouve les méthodes de plus en plus destructrices mises en place depuis quelques années.

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