12.12.2009

Lettre de départ des Verts

Cher(e)s adhérent(e)s des Verts, cher(e)s ami(e)s pour certains, cher(e)s ennemi(e)s pour d'autres,

C'est après quelques mois de réflexion et une interrogation constante concernant les orientations politiques de notre (votre maintenant) mouvement que je prends la décision de cesser d'adhérer au parti des Verts. Ce qui n'est en rien un renoncement à mes idées.

Certain(e)s me disent que je prends cette décision sans "savoir ce qu'est vraiment le parti". Je les arrête tout de suite : je me suis investi, j'ai pris mes marques dans celui ci, participant même jusqu'à récemment à la CE des Verts du Rhône. J'ai aussi été aux journées d'été, participé à diverses commissions (pour lesquelles, par cette lettre, je prends congé), apporté certaines contributions, dialogué, débattu, etc...

Je connais donc assez bien ce parti pour me rendre compte que la logique engagée ces derniers temps ne me convient pas. L'opacité avec laquelle se décide aujourd'hui les choses au sein d'Europe Ecologie , mais aussi du parti Vert lui même, ne peut que me pousser à m'en aller. La "politique autrement" a disparu au profit d'une politique d'appareil, entraînant de fait un positionnement peu lisible, c'est à dire la fin d'une radicalité (dans le sens "aller à la racine") seule capable d'ouvrir un avenir à l'espèce humaine.

Europe Ecologie tire l'écologie politique, et donc les Verts, dans la direction du pseudo réalisme, qui reste maintenant la ligne. Comme si l'idée de réalisme suffisait à faire une politique. C'est surtout un cache sexe pour planquer honteusement la fin de tout réel projet émancipateur.

Je n'aurais jamais cru possible que ce qu'il advint au social(isme), via la sociale démocratie, puisse advenir à l'écologie politique. Et pourtant c'est ce que je constate aujourd'hui. C'est bien face à une mutation sociale démocrate bon teint que se trouve le mouvement Europe Ecologie, et via lui, les Verts.

J'en veux malheureusement pour preuve le dernier vote des députés Europe Ecologie (pas tous il est vrai, mais la majorité) de la résolution Copenhague au parlement européen. Que cette résolution ait été porteuse d'une porte ouverte au nucléaire était déjà pour moi un repoussoir. Mais pire, elle avalise l'idée que le marché, via la spéculation carbone, est le meilleur régulateur des gaz à effet de serre ! Comment peut on cautionner un truc pareil ! L'explication de vote fut de dire que face à l'urgence, il fallait que ce vote ait un soutien massif... Un peu comme lorsque Jospin expliquait qu'il fallait saccager le service public pour sauver le social, ou privatiser pour aider... Bref une excuse bateau pour couvrir un vote qui est un renoncement de fait. Je n'aurais pas été surpris si des "non Verts" avaient voté ainsi, mais de voir des Verts le faire... Mais je sais, comme le dit si bien Daniel Cohn Bendit, je suis un cinglé (oui, objecteur de croissance, donc...) et donc incapable d'analyse.

C'est donc bien cette glissade vers une forme de centrisme (qui reste de gauche a priori), cette perte de la radicalité, qui m'éloigne. Je vois se profiler ce que je craignais : une dépolitisation globale au nom de l'urgence. La perte de repères et de convictions sous prétexte qu'il n'y a plus le temps. C'est par ce "réalisme" que l'on tue les avancées. Ainsi je vois se profiler demain des phrases du genre "Oui j'ai accepté la mise en place de l'EPR , plutôt que 5 centrales à charbon, comprenez, l'urgence est aux GES". Je pense que ce vote est malheureusement le premier pas... Je force le trait, mais malheureusement à jouer à "toute avancée est bonne à prendre" on finit par se dédire si on a pas un corpus idéologique solide en appui de ces choix. Et aujourd'hui, c'est le cas...

Au delà de ça, je vois surtout le déficit de social au sein de la mouvance Europe Ecologie, mais aussi au sein des Verts. C'est triste, mais c'est ainsi. L'incapacité à comprendre certaines mutations à tendance à me laisser pantois. J'ai vu définitivement cela quand lors du 49ème congrès de la CGT (j'y étais délégué), où tous les partis de gauches étaient là en "amis" à l'ouverture du congrès, comme cela se fait toujours. Tous ? Non, pas les Verts... Révélateur pour moi et déclencheur de mon départ. Car comment ne pas faire le lien avec les refus de signer les textes communs de soutien aux syndicats ? Comment ne pas comprendre que ...

Voilà, je crois que je n'ai plus ma place parmi vous. Je ne me sens plus en phase avec ce qui est sensé être défendu, je crains trop les dérives que le lis de plus en plus dans les choix politique fait (que ce soit la mise sous perfusion du Modem par Cohn Bendit Daniel, ou l'ouverture de l'écologie politique qui irait jusqu'à Borloo pour Cohn Bendit Gabriel , ben voyons. Mais surtout l'atonie du parti Vert face à tout cela) ou dans l'opacité, laissant place à tous les opportunistes, de la construction des listes (sans réel projet je le crains). Sans parler des "choix imposés", comme pour Marie Bové par exemple...

Pour finir, je pense que je n'aurais de toute façon pas pu faire la campagne de Philippe Meirieu.

Donc voilà, je vous laisse. Définitivement ou pour un temps, je ne sais pas. Mais en ce moment, je ne rêve plus dans la bonne direction.

Cordialement,

Fabien

06.09.2009

Duflot Vs Zemmour / Nolleau

Rarement je n'ai vu un tel déferlement de mépris de la part des deux "chroniqueurs" de Ruquier face à un invité.

Nolleau "Royal mon amour" et Zemmour "Vive Napoléon" se déchaînent littéralement contre Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts.

Seul hic, même si elle savonne un peu au début, la jeune femme qu'ils prennent pour une conne dans un machisme évident, en a dans le ventre. Même si tout n'est pas parfait, l'exercice est bien mené.

Ou quand la conviction politique se voit ....

23.08.2009

Nîmes 2009 : journées d'été des Verts et d'Europe Ecologie

 

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Cette année c'est à Nîmes que les journées d'été des Verts et, pour la première fois, d'Europe Ecologie se sont tenues. C'est donc sous un climat plein de chaleur (32 à 40 °c !!) que nous avons débattu, parlé, swingué et milité. En prime : des tonnes de chaleur humaine !

Je ne vais pas ici faire un résumé de tout, ce serait idiot et inutile, mais faire un bilan de ce que j'ai ressenti.

Commençons par l'OPNI (Objet Politique Non Identifié) qu'est Europe Ecologie. Ce que je disais (qu'il ne survivrait pas en l'état) après (ou pour) les régionales se confirme. La forme actuelle n'est pas totalement adaptée à un enjeu national et c'est donc tout naturellement que la théorie du phoenix lui est appliquée : meurt de son combat passé pour mieux renaître. Oui mais renaître sous quelle forme ? A priori celle d'un "parti réseau". Intéressante notion, car cela manque dans le paysage politique français.

Disons le tout de go, j'ai été très critique sur Europe Ecologie, et le reste sur certains points. Mais l'espace qui vient de se créer me semble intéressant (d'autant plus qu'il est, à ce jour, le seul où les choses bougent). Je compte donc y prendre "ma place" (façon de parler) pour voir vers quoi tout cela évolue. Car nous ne sommes pas à l'abri, malgré tout, de dérapage du type cooptation des têtes des listes, manque de transparence et manque de démocratie. Mais je crois qu'il est temps que les acteurs non verts se bougent un peu plus pour obtenir tout cela aussi...

L'OPNI est donc en devenir, c'est donc à suivre...

Sinon, des plénières furent intéressantes. Celle qui tentait de faire un arc large sur ce que peuvent être les valeurs de Europe Ecollogie (annimée par Edwy Plénel) fut forte en positions / convictions. Christiane Taubira y fut excellente, tout comme Cécile Duflot (surtout pour rattraper la énième assiette Modem lancée en l'air, maladroitement selon certain, pour avoir un article dans les journaux selon moi et d'autres, par Daniel Cohn Bendit) et Emmanuelle Cosse. Bon, ok, n'oublions pas les messieurs. Yannick Jadot en as surpris plus d'un sur son déterminisme et son "autonomisme" (mais je ne peux m'empêcher de penser qu'il construit pour 2012, malgré tout...son site étant déjà réservé, mais c'est le propre du politique... ), pour le reste, ce fut un peu plan plan quand même messieurs ...

La plus surprenante fut  celle de clôture, réellement fabuleuse et pleine de sens sur ce qu'est l'écologie politique, ses valeurs, ses fondements, ses doutes aussi (car ce n'est pas un dogme). Des intervenants de très grande qualité : Yves Cochet, Geneviève Decrop, Alain Lipietz, Patrick Viveret, Jean Paul Besset et le tout annimé par Cécile Duflot (brillamment). Il est bon de voir une plénière de ce niveau, posant clairement les bases de l'écologie politique comme politique de civilisation (dès que je peux trouver le Podcast, je le mets en ligne, sinon allez voir sur le site des JDE)

A noter, tout de même, que la plupart des plénières manquent de temps de débat réel avec la salle, ce qui aurait permis, par exemple dans le cas de l'invitation de Véolia et Eurst and Young, l'expression des tous face aux acteurs invités.

Ce furent donc trois belles et intenses journées où l'écologie politique a su se retrouver (pas dans sa globalité, mais autour de l'appel Europe Ecologie pour le moins) et partager.

Reste maintenant à solidifier tout cela, à fixer des valeurs, à poser un réel socle commun et, comme le disait Yves Cochet, à être certain que nous partageons tous le même constat.

Pour finir, je souligne le fait que ces journées ont été l'occasion de belles rencontres, et je salue ici ceux qui se seront reconnus...

03.02.2008

KOKOPELLI : biodiversité, la fin des illusions

Communiqué de presse de l'association KOKOPELLI. Soutenez là sur le site ICI.

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Les verdicts sont tombés : l’association Kokopelli est lourdement condamnée :

12.000€ pour le grainetier Baumaux

23.000€ pour l’état et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF).


Il faut être réaliste : les semences que défend l’association Kokopelli, étant maintenues dans l’illégalité par une volonté politique, nous ne pouvions pas gagner ces procès.

 

Malgré les directives européennes, les avis de l’ONU, du Sénat, de scientifiques, d’agronomes affirmant l’urgence de sauvegarder la biodiversité végétale alimentaire, l’état français refuse de libérer l’accès aux semences anciennes pour tout un chacun.
C’est ce qui permet aujourd’hui aux magistrats d’infliger ces lourdes peines à l’association Kokopelli.

Dans le cas du procès de la SAS Baumaux pour concurrence déloyale, M. Baumaux verra donc son bénéfice de 800.000€ augmenté de 10.000€ et recevra 2.000€ pour ses frais.

L’état français recevra 17.500€ au motif que KOKOPELLI vend des semences illégales, 5.000€ seront consacrés aux frais et à l’information du bon peuple sur les pratiques dangereuses de l’association KOKOPELLI. Les semences qui ont nourri nos grands-parents et qui servent à nous nourrir aujourd’hui par le jeux des croisements, sont donc devenues illégales et dangereuses.

Nous avons eu droit au grenelle de l’environnement : il faut sauver la biodiversité ! alors pourquoi condamner une association qui sauvegarde avec ses adhérents et ses sympathisants, plus de 2500 variétés en risque de disparition ? Pourquoi condamner ces semences dont la FAO reconnaît qu’elles sont une des solutions pour assurer la souveraineté alimentaire, face aux dérèglements climatiques et à l’augmentation de la population mondiale ? Pourquoi les mêmes variétés, selon qu’elles sont vendues par KOKOPELLI ou d’autres opérateurs entraînent condamnation ou mansuétude ? Pourquoi les grandes surfaces vendent des fruits et légumes issus des variétés interdites à KOKOPELLI, en toute impunité (en tout cas à notre connaissance).

Les condamnations infligées à KOKOPELLI
ne sont donc pas à chercher dans la nature des
semences que protège l’association, mais dans ses actions.

L’association propose aux jardiniers, aux paysans, d’être autonomes et responsables, face au vivant. Dans notre société du tout marchandise, c’est intolérable. Le plus grand grief (sous jacent) fait aux semences anciennes ou de pays, est d’être reproductibles et qui plus est adaptables à de très nombreuses conditions de cultures, sans le soutien de l’agro chimie. Voilà la faute de KOKOPELLI : conserver le levain des savoirs populaires, agronomiques et génétiques. A l’heure où l’on veut nous faire croire que le tout hybride, OGM, chimique, énergie fossile, sont les seules possibilités d’assurer notre alimentation, propager l’autonomie semencière par l’exemple est devenu répréhensible. Ce qu’il faut retenir de ces condamnations, c’est la volonté affichée d ‘éradiquer les alternatives techniques et semencières autonomes.

Depuis 15 ans, KOKOPELLI protège la diversité de nos jardins, de nos champs, de nos assiettes, tout en essayant de faire évoluer le cadre juridique vers une reconnaissance de la valeur agronomique et culturelle des variétés reproductibles : L’ETAT FRANÇAIS NOUS A FAIT ECHOUER. Aujourd’hui, la disparition potentielle de KOKOPELLI ouvre un boulevard à l’uniformisation culturelle et productiviste agricole. La disparition de la « vraie » biodiversité basée sur la variabilité génétique d’une multitude de variétés locales ne sera jamais, et de très loin, compensée par la multiplicité de quelques variétés clonées.
Il est intéressant de noter la similitude des actions et de la répression envers les faucheurs volontaires, les amis de l’ortie, les défenseurs de l’herboristerie et KOKOPELLI : chacun cherche à sa façon, à protéger et promouvoir la vie et la continuité des savoirs. Pour notre gouvernement, tout cela est devenu répréhensible ! Face à ses contradictions, entre ses déclarations enflammées du Grenelle de l’Environnement et les condamnations qu’il obtient contre les défenseurs de la biodiversité, gageons que l’état français mettra un point d’honneur à prendre en réelle considération le devenir des générations futures.

L’association KOKOPELLI a toujours proposé la résistance fertile non violente et le dialogue, peut-être étions-nous trop en avance ? Mais maintenant, sauver la biodiversité est d’une extrême urgence. Si l’agriculture productiviste que protége le gouvernement se trompe, vous trompe, nous trompe, quelle stratégie de repli aurons-nous ? Si nos élus ont contribué à éradiquer notre patrimoine semencier alimentaire ?

La solution est dans votre camp, mesdames et messieurs nos gouvernants. Une fois, vous avez pu revendiquer « responsables, mais pas coupables ». Devant la faim du peuple, cet argument ne tient pas.
N’obscurcissez pas l’avenir, il l’est déjà suffisamment.

Mais peut-être faut-il lancer un appel : aux semences, citoyens !

Raoul JACQUIN

 

 

Nos enfants sont fichés, on ne s'en fiche pas !

NOS ENFANTS SONT FICHÉS, ON NE S’EN FICHE PAS !

LES SIGNATAIRES DE CETTE PÉTITION NATIONALE RÉCLAMENT LA SUPPRESSION IMMÉDIATE DE

BASE ELEVES

Bientôt, tous les enfants en âge d’être scolarisés qui résident en France seront fichés dans le système Base élèves 1er degré. Elaboré en l’absence de tout débat démocratique sur sa finalité, son fonctionnement, ses possibilités de croisement avec d’autres fichiers (police, justice,…), il est en voie de généralisation sur tout le territoire, après une simple déclaration à la Cnil le 24 décembre 2004. Sa mise en place rencontre de fortes oppositions de la part de parents d’élèves – mais nombre d’entre eux ignorent jusqu’à son existence –, d’enseignants, d’associations et d’élus. Des conseils municipaux se sont prononcés contre ce fichage, des parents le refusent, des directeurs d’école sont opposés ou réticents (ils sont alors soumis à de fortes pressions de leur hiérarchie)… mais rien ne semble pouvoir arrêter une administration qui minimise les dangers du système.

Des informations sur les enfants et leurs familles qui, jusqu’à présent, ne sortaient pas de l’école, deviennent partiellement accessibles aux maires, et remontent jusqu’à l’échelon académique, et même au niveau national avec un identifiant (la liste des informations se trouve en Annexe). Ces données transitent via Internet. Personne n’a oublié le scandale de juin 2007 qui a mis en évidence l’absence de sécurisation – tout un chacun pouvant avoir accès aux données personnelles des enfants et de leurs familles.

La plupart des données individuelles nominatives seront conservées quinze ans. La finalité affichée du traitement est d’« apporter une aide à la gestion locale des élèves, assurer un suivi statistique des effectifs d’élèves et permettre un pilotage pédagogique et un suivi des parcours scolaires ».

Mais dans la mesure où il va ficher tous les enfants – y compris ceux qui sont scolarisés dans leur famille – l’une des utilisations vraisemblables de ce système se trouve dans la Loi de prévention de la délinquance du 5 mars 2007. Cette loi place le maire « au centre de la politique de prévention » avec de nouveaux pouvoirs, en le faisant notamment bénéficier de la notion de « secret partagé » avec différents acteurs sociaux. Les enseignants sont associés à ce dispositif de contrôle social : l’article 12 de la loi modifie le Code de l’Education en précisant que les établissements scolaires « participent à la prévention de la délinquance ». Base élèves se situe donc dans la droite ligne du rapport Benisti qui, pour prévenir « les comportements déviants », préconise la détection précoce des troubles comportementaux infantiles dès la crèche…

Sous la pression d’un mouvement de protestation de parents d’élèves, d’enseignants et d’organisations de défense des droits de l’Homme, le ministère a annoncé le 5 octobre 2007 la suppression des champs relatifs à la nationalité (Annexe note(2)) – tout en maintenant le lieu de naissance.

Pour l’enfant, individu en devenir, toute information sortie de son contexte peut être source de discrimination. Confier autant de données personnelles à une administration qui pourra les faire circuler par Internet et les utiliser à des fins qui ne sont pas précisées, nous semble dépasser ce qui peut légitimement être exigé des familles. L’école doit rester un lieu protégé, un lieu où l’enfant doit pouvoir se développer sans être enfermé dans son passé.

Convaincus que les libertés individuelles sont trop importantes pour être abandonnées au bon vouloir des gouvernements et des administrations, nous demandons la suppression définitive du système Base élèves et des données déjà collectées.

Pétition mise en ligne à l’initiative du CORRESO (Collectif Rennais de Résistance Sociale), le 22/01/2008.

Texte finalisé par Line Lucas et Hélène Auneau (Rennes), Mireille Charpy (Grenoble) et François Nadiras (Toulon).

Le site pour signer ICI (remplir le cadre en haut à droite avec nom et prénom)

02.02.2008

La décroissance en films

Le film du contre Grenelle de l'environnement :

 

 
 
Serge Latouche et la décroissance :
 
 
 
En trois partie, "Simplicité volontaire et décroissance" :
 
 
 
Et pour finir, Yves Cochet :
 
 

01.02.2008

Microparticules

9105ce90d24a7b39a426b683c1dab8a8.jpgNous autres français avons le don de nous gargariser avec rien. Ainsi, nous mettons en avant aujourd’hui notre savoir faire en terme de véhicules, qui soit disant polluent moins que ce que demande l’Europe. Hosanna, alléluia !

 

 

 

Comment en est-on arrivé là ? En utilisant massivement la technologie de l’injection directe de diesel. Cette technique permet en effet d’avoir un rapport thermique meilleur, offrant un bon rendement moteur (enfin bon…). Ce qui fait qu’avec moins de carburant, vous faites plus de kilomètres. Soit in fine, moins de CO2 émis.

 

 

Sur le papier c’est bien sauf que… des microparticules sont émises par les moteurs diesel… C’est quoi les microparticules ? Et bien ce sont de minuscules particules (on s’en doutait), autrement appelées particules fines, émises lors de la combustion du diesel. Bien sur on en trouve aussi issues de l’industrie et des incinérateurs, ou d’autres sources, mais là n’est pas le problème de cet article. Car en ville, la source principale de microparticules, ce sont les véhicules diesel. Surtout ceux sans filtre à particules (filtre qui retient les particules dans l’échappement). Mais ne nous leurrons pas : même avec un filtre, elles restent émises en petite quantité.

 

 

Et c’est là que le bas blesse : ces microparticules sont potentiellement responsables d’une liste sacrément longue de maladies : asthme, pleurésie, cancer, trouble endocrinien… Leur taille leur laisse tout loisir de passer, via les poumons, dans le sang. Entrainant des problèmes graves.  Et de potentiels cancers.

 

 

Mais selon les constructeurs, c’est déjà génial que l’on envoie moins de CO2 dans l’air non ? Donc si nous les suivons, nous résolvons un problème après l’autre. Que les microparticules soient aujourd’hui suspectées de faire jusqu’à 5 000 morts par ans dans les villes, ne les dérange pas ?

 

 

De plus l’argument est faux : certes les moteurs envoient moins de CO2, mais le marché lui progresse. Hors, la progression du marché est bien supérieure à la baisse d’émission de CO2. Donc au final, la courbe se stabilise à peine….

 

 

Que faire ? Et bien changer plusieurs choses.

 

 

La première, c’est de rendre obligatoire la pose de filtre à particules sur tous les véhicules diesel. L’Europe s’y attèle, reste à voir ce que sera la réaction de la France. Il faudrait mettre cela en place dès aujourd’hui.

 

 

 La seconde, c’est d’utiliser massivement les transports en communs. Mais là aussi, il faut des bus bien équipés, et mettre en place prioritairement des transports rails (train, métro, tramway) en faisant attention à ce que ces technologies ne soient pas elles même source d’émission de microparticules (filtre à particules obligatoire, système de frein, frottement des rails, etc…).

 

 

Et pour les particuliers : privilégier les transports en commun et à défaut les voitures à l’essence ! Ce sont des gestes tout bête mais qui peut sauver des vies.

 

 

Tout cela ne devra pas nous dédouaner de mettre en place aussi une chasse aux microparticules issues des incinérateurs, de l’industrie et de l’aviation. L’écologie politique est globale ou n’est pas.

25.01.2008

Le lampiste, la banque et le mensonge

84074fee82cd093cecf4d48f138bf2e3.jpgComme on s’amuse à la Société Générale ! C’est une sacrée banque vous pouvez me croire ! Pourquoi tant d’éloge ? Mais c’est merveilleux une banque ou l’on peut perdre 5 milliards d’euros comme d’autre perdent 5 euros ! Et ce sans que personne ne s’en rende compte pensez vous !

 

Il faut dire que selon le super directeur cravaté de la banque en question, personne n’a rien vu ! Tout est la faute d’un trader du bas de l’échelle, indépendant, qui aurait tout fait foirer ! Et même pas pour s’enrichir ! Mais alors… Le doute survient. Pourquoi a-t-il fait cela ? Réponse : pour le fun pardi !

 

Il est bien connu que, quand un trader s’ennuie, il aime à se faire peur et à perdre de l’argent comme ça pour déconner. Ben oui, on a les loisirs que l’on peut. Et à la Société Générale, on peut le faire sans que ça se voit pendant un an et perdre 5 milliards d’euros … Le rêve du trader dépressif…

 

Non mais qui gobe cette histoire ? Honnêtement, j’espère que tout le monde se rend compte du coup fourré là-dessous. La Société Générale est une des banques qui a le plus prêté pour les fameuses « subprime » aux banques américaines. Elle avait déjà annoncé une perte de 2 milliards d’euros. Mais on peut imaginer que la note s’élève au final à 7 milliards… Comment justifier les 5 milliards manquants ? Inventons un lampiste de luxe, et le tour est joué ! La banque à bien gérer l’argent, mais pas son trader !

 

C’est fin, ça se mange sans fin ces mensonges énormes. Mais soyons rassurés, Fillon à annoncé qu’il allait demander « que toute la lumière soit faite sur cette affaire ». Ben si c’est comme pour le Crédit Lyonnais, on n’est pas prêt d’en savoir plus…. Et ne soulignons pas qu’en plus cela va permettre à la Société Générale d’être absorbée dans une fusion acquisition à laquelle est aspire depuis des mois…

 

 

Au fait, le nom du lampiste : Jérôme Kerviel. Bon courage à lui.

La faim, le blé, la bagnole et nous de Fabrice Nicolino

39e29213e12d54ccc4f28e8c98359333.jpgVéritable plaidoyer argumenté et sévère sur les agrocarburants, ce livre est à mettre entre toute les mains. Explicitant les liens existants entre financiers, politiques et grands groupes industriels, Fabrice Nicolino nous démontre comment, depuis 1945, l’industrialisation de l’agriculture nous amène aujourd’hui aux portes de nouvelles famines et surtout d’un des systèmes les plus injustes qui soit au niveau de la répartition de ce qui est vital.

 

Bien écrit, très bien documenté, le livre nous plonge dans le marais puants de la haute finance, des vendus de la politique et surtout, dans les entrailles du système d’exploitation le plus élaboré et cynique possible.

 

 

Ne reculant devant rien, Fabrice Nicolino nous offre là un des livre essentielle sur l’écologie d’aujourd’hui, et nous démontre que derrière le message humaniste et écologiste des agrocarburants (appeler biocarburants) se cache une hydre à milles têtes, toutes prêtes à asservir et exploiter.

22.01.2008

Les bourses tombent, les pauvres trinquent

94a63990b2348e717f3449dc80964b21.jpgA la tienne le pauvre ! Ainsi va la vie du capitalisme néoclassique (ou ultralibéral, libéral, selon de quel parti vous êtes). D’abord il se goinfre, jouant à la grenouille voulant être plus grosse que le bœuf, puis tout cela tombe comme un château de carte. C’est dans les gènes du capitalisme : accroitre au point de ne plus avoir de valeur, gagner toujours plus, et surtout, après moi le déluge…

Seulement voilà, la crise qui se profile est difficilement négligeable pour les plus pauvres. Certains vont dire « tant mieux ça fera la peau aux riches ». Comme ils se trompent ! Dans les précédentes crises, jamais un nanti n’a perdu sa fortune. Tout au plus a-t-elle diminué, mais elle restait largement supérieure à la moyenne des gens. Riche un jour, riche toujours comme disent certains. Bref ce ne sont pas les oligarques et les riches qui vont morfler.

Non cette crise va toucher de plein fouet les classes moyennes et les pauvres. D’abord parce que la plupart des systèmes de retraites et de complémentaires santé des pays riches reposent sur la bourse… Je vous laisse donc imaginer ce qui va se passer pour nous…

Mais pour ceux qui n’ont rien, ce sera pire : ils auront moins que rien. Quelles sont les valeurs spéculatives qui vont avoir le vent en poupe. C’est assez simple : les agrocarburants, les minerais (or, argent, nickel) et les ressources nucléaire (uranium). Et là, miracle de la mondialisation libérale, c’est bien sur les plus pauvres de la planète que le couperet va tomber.

Les agrocarburants, devenus valeur boursière de refuge, vont entrainer des déforestations encore plus rapides, de l’esclavage moderne (les coupeurs de canne à sucre, etc…), des expropriations massives (Brésil, Chili, Pérou, Indonésie) et surtout des sécheresses et famines de masse. Ben oui, quand on produit pour faire rouler le 4*4 de Shwarzy, on ne produit pas pour nourrir…

Les minerais risquent de rouvrir les conflits : à moi ce terrain ou il reste un peu d’or et de diamants (même si ce n’est pas un minerai) à extraire. Le retour des guerres ethniques de circonstances, tribales pour certaines, peut être des génocides de masse pour ne plus être emmerdé par le voisin. Voilà ce que nous promet la crise actuelle. L’Indonésie, l’Iran, le Tibet, l’Afrique dans son ensemble risque de s’embraser pour le gain de survie. Avoir le minerai pour que l’autre ne l’ait pas….

Et ne parlons pas du nucléaire, qui lui, soutenu par l’état français, garde une bonne visibilité boursière, comme disent les économistes, ce qui signifie simplement que l’on peut s’en mettre plein les poches pour pas cher… Aréva manipulant les dictateurs, la France envoyant ses soldats pour sécuriser les espaces de production… Comme cela sent bon la néocolonisation par l’argent plutôt que par la force…

Bref, certains un peu fou vont se réjouir de cette crise, d’autres, dont je suis, vont s’inquiéter grandement de la récession organisée qui va encore toucher de plein fouet les plus pauvres. Il est temps de réellement changer le monde et le système. La gauche a son mot à dire, et il serait temps que la décroissance et le partage soient envisagés et portés…..

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