07.11.2009

Thirteen or so Minutes

Un film court juste magnifique (pas mal de fautes d'orthographes dans les sous-titres ceci dit).

Quand deux hétéros.... tombent amoureux ! Ou comment expliquer qu'au delà du sexe, au delà du genre, ce qui compte, c'est l'amour...

 

03.11.2009

Gad Elmaleh pour le bouclier fiscal : quand Guillon remet les pendules à l'heure !

Une superbe chronique humoristique de Stéphane Guillon à propos de la position de Gad Elmaleh qui soutient le bouclier fiscal...

Merci monsieur Guillon !

29.10.2009

Viv(r)e la gratuité, collectif, dirigé par Paul Ariès.

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(Sous titré : une issue au capitalisme vert)

Dans ce livre à plusieurs mains, les auteurs nous présentent un des socles de ce que devrait être l’idée révolutionnaire du 21 ème siècle : la gratuité.

J’en partage d’ailleurs parfaitement les buts. En effet : encourager l’usage et pénaliser le mésususage doit être à la base de toute politique qui prend en compte la finitude de la planète, tout en ne négligeant pas l’aspect social. De la même façon, la présentation faite du revenu inconditionnel et du revenu maximal offre une perspective intéressante pour changer les fondements de la société : passer d’une société productiviste à une société profondément de lien et de solidarité. Et donc profondément antiproductiviste. Réinventer (réimposer) la fraternité au travers d’un projet de partage, via la gratuité.

Mais l’intérêt de ce livre est aussi de ne pas laisser de côté les écueils que pourrait rencontrer un tel projet de société. Bien au contraire, les aspects limites, les résistances à prévoir, les côtés utopiques sont mis en lumière, au prix d’une autocritique plus que salvatrice, ne faisant que renforcer la faisabilité d’un projet de société réellement égalitaire et solidaire.

Pour ceux qui reprochent la trop grande théorie des choses avancées parfois, les auteurs s’attachent à chiffrer, expliquer et décortiquer le pourquoi, mais surtout le comment faire. Cela ouvre d’autant plus de perspectives que ce « comment faire » est souvent lié à l’échelle locale et donc applicable sans attendre (l’exemple donné par la ville de Grigny au travers de son maire est sûrement le plus intéressant, car il démontre avec brio que la faisabilité d’un projet est avant tout liée à la volonté politique, à l’implication citoyenne et à la conviction de ceux qui le porte. Ainsi voit on la cantine scolaire gratuite et partiellement (pour l'instant) bio mise en place...).

Bien que peu long, ce livre est une mine de questionnements et de pensées offertes pour une réinvention d’une gauche progressiste, d’une sortie de l’économisme et pour un projet émancipateur du 21ème siècle.

Info éditeur :

Le capitalisme connaît une nouvelle crise. On peut cependant lui reprocher tout ce que l’on veut, ce système sait susciter le désir.

Les peuples qui sont tombés dans la marmite il y a presque un siècle ne demandent qu’à poursuivre. Ceux qui y échappent encore n’espèrent qu’à les imiter.

Qu’opposer d’aussi fort que ce mythe d’une abondance généralisée ? Il ne suffit pas en effet d’avoir raison en politique. Encore faut-il rendre une alternative désirable.

Et si la gratuité était ce nouveau paradigme qui manque tant ?

Les auteurs : sous la direction de Paul Ariès , Jean-Louis Sagot-Duvouroux, Denis Collin, Daniel Bensaïd, Roger Martelli, Pierre Sommermeyer, Jean-Luc Debry, Mathilde Ariès, Alain Jugnon, Jean-Claude Bessons-Girard, Michael Singleton, Philippe Godard, Gilles Alfonsi, Laure Pascarel, Denis Vicherat, Baptiste Mylondo, Jacques Testart,

Réseau pour l’Abolition des Transports Payants, René Balme, Jean-Paul Damaggio, Alain Bihr.

 

A voir :

Débat sur la Gratuité

 

Paul Ariès, né le 11 mai 1959 à Lyon (France) est politologue et écrivain. Il est également partisan de la décroissance économique.
Il échange à l'initiative de la Ville de Grigny avec René Balme, Maire de la commune, Stéphane Bienvenue, Adjoint au Maire de Vaulx en Velin et le public grignerot, au cours d'un débat, ses opinions sur la gratuité

22.10.2009

Recommandations de la HAS sur le dépistage du VIH : il était temps (ActUp Paris)

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Un communiqué dont je partage le fond.

 

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publié en ligne : 21 octobre 2009

La Haute autorité de santé (HAS) recommande un dépistage généralisé du VIH/sida. Une mesure qui aurait dû être mise en place il y a au moins 3 ans ! Pour autant, le nécessaire renforcement du dépistage ne saurait à lui seul remplacer une réelle politique de prévention.

Trois longues années auront été nécessaires pour que les autorités publiques se rendent enfin à l’évidence : il est nécessaire de renforcer les politiques de dépistage du VIH/sida en France. Depuis 2006, Act Up-Paris, comme d’autres, presse le ministère de la santé de mettre en œuvre les recommandations contenues dans l’avis du Conseil national du sida (CNS). Mais, alors que ces recommandations faisaient l’objet d’un large consensus parmi les associations de lutte contre le sida et le milieu médical, le ministère de la santé a préféré saisir la HAS pour une étude coût-efficacité.

Une proposition systématique du dépistage du VIH/sida présente pourtant deux intérêts manifestes :

- permettre une prise en charge précoce pour les personnes encore trop nombreuses qui ignorent leur infection et découvrent leur séropositivité à un stade trop tardif de la maladie ;

- contribuer à réduire le nombre de nouvelles infections en diminuant le nombre de personnes porteuses du virus qui ignorent leur séropositivité.

Une autre proposition du Conseil national du sida de 2006 consistait à expérimenter l’emploi des tests rapides. Malgré nos démarches réitérées et un précédent rapport de la HAS, le ministère de la santé n’a toujours adapté la réglementation concernant le dépistage afin de permettre leur utilisation.

Pour nous, ces tergiversations et ces retards sont une nouvelle preuve de l’incurie actuelle des pouvoirs publics et de la ministre de la santé, Roselyne Bachelot-Narquin, à mettre en œuvre une politique efficace de lutte contre le sida qui prenne toute la mesure de l’urgence de l’épidémie dans notre pays.

Toutefois, il ne s’agit pas de rendre obligatoire le dépistage mais simplement d’en organiser la proposition systématique. Il s’agit bien de rompre avec la logique fallacieuse des groupes à risques alors que la majorité des nouvelles infections ont lieu par voie hétérosexuelle et dans le même temps de prendre toute la mesure de l’importance de l’épidémie comme dans la communauté homosexuelle et parmi les personnes étrangères où l’incidence des nouvelles infections est particulièrement inquiétante.

Mais, faut-il le rappeler, le dépistage n’intervient qu’après coup, et si une politique accrue de dépistage peut concourir à la réduction de l’épidémie, elle ne peut remplacer une véritable politique de prévention. La généralisation du recours au dépistage, ne doit donc pas se substituer au nécessaire renforcement des politiques de prévention dans notre pays.

De même, un renforcement du dépistage doit s’accompagner d’une lutte accrue contre les discriminations qui frappent les séropositifVEs et constituent un frein majeur au dépistage.

Act Up-Paris exige :
- que la mise en œuvre des recommandations du Conseil national du sida confirmées par la HAS intervienne sans délais ;
- que le ministère de la santé adapte de toute urgence la réglementation en vigueur sur le dépistage ;
- que le ministère de la santé mette réellement en oeuvre une politique de dépistage et de prévention adaptée aux urgences de l’épidémie en France.

19.10.2009

20 ans, plus de glace...

D'ici 20 ans, l'Arctique pourrait se voir libre de glace pendant les périodes d'été. L'impact sur le climat et la biosphère sera énorme et risque de provoquer des catastrophes bien plus importantes que prévues.arctique.jpg

Mais déjà se dessine la cupidité de certains qui y voient un route commerciale maritime plus courte et d'autre la possibilité d'aller encore chercher plus de pétrole, pour le brûler et accélérer encore et toujours le suicide collectif.

Je vous laisse découvrir l'article ci dessous issu du site "Contre Info".

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http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2846

L’Arctique sera libre de glace d’ici 20 ans, estime un expert britannique
15 octobre 2009

Peter Wadhams, universitaire de Cambridge qui étudie la région depuis les années 1960, estime que d’ici 20 ans le pôle sera entièrement libre de glaces l’été, et que la plus grande partie de la banquise aura disparu dans les 10 ans. De toute évidence, les transferts d’énergie résultant du différentiel thermique entre l’équateur et le pôle seront notablement affectés. La boite de Pandore est désormais bien plus qu’entrouverte. Dans l’immédiat, et de façon plus triviale, les expéditions polaires ne peuvent d’ores et déjà plus compter sur les chiens de traineau, en raison des nombreuses zones d’eau libre parsemant la banquise.

Par David Shukman, BBC, 14 octobre 2009 (extrait)

L’océan Arctique pourrait être en grande partie libre de glace et ouvert à la navigation pendant l’été d’ici dix ans, estime un expert des régions polaires.

« C’est comme si l’homme avait retiré le couvercle au nord de la planète », déclare le professeur Peter Wadhams, de l’Université de Cambridge, qui étudie les glaces de l’Arctique depuis les années 1960.

Le professeur Wadhams a communiqué à Londres les résultats obtenus par l’expédition Catlin en Arctique, qui a parcouru 435 km à travers les glaces cette année.

L’équipe dirigée par l’explorateur Pen Hadow a mesuré que la banquise avait en moyenne 1,8 m d’épaisseur - ce qui est typique des glaces vieilles seulement d’un an, qui se forment au cours de l’hiver et sont les plus vulnérables à la fonte.

Etant donné le trajet effectué par cette mission - au nord du Canada - elle s’attendait à traverser des zones de glaces vieilles de plusieurs années, plus épaisses et plus résistantes.

En incluant les crêtes de glace présentes entre les morceaux du pack, l’expédition a mesuré une épaisseur moyenne de 4,8m.

Le professeur Wadhams estime que « les données obtenues par la mission Catlin en Arctique confirment le consensus actuel, basé sur la variation saisonnière de l’étendue et de l’épaisseur de la glace, les variations de températures, des vents et surtout de la composition de glace. L’Arctique sera libre de glace durant l’été d’ici 20 ans, et une grande partie de ce phénomène prendra place dans les 10 ans. »

« Cela signifie que l’on sera en mesure de considérer l’Arctique comme s’il s’agissait essentiellement d’une mer ouverte durant l’été, permettant le transport à travers cet océan. »

Selon le professeur Wadhams, dans le court terme, cette fonte des glaces permettra un trafic maritime plus rapide et facilitera l’accès aux réserves pétrolières et gazières.

Mais à plus long terme, cette disparition d’une caractéristique jusqu’alors permanente de la planète risque d’accélérer le réchauffement climatique, de transformer les schémas de circulation dans les océans et l’atmosphère, et d’avoir des effets inconnus sur les écosystèmes en raison de l’acidification des eaux.

Des difficultés techniques ont contraint l’équipe à procéder manuellement aux forages dans la glace, ce qui a ralenti sa progression et entrainé l’abandon de l’objectif d’atteindre le pôle nord.

Pen Hadow Pen considère que si cette expédition n’a pas permis de réaliser « un grand bond en avant dans la compréhension » du pôle, elle n’en a pas moins été utile, représentant une étape supplémentaire dans les recherches scientifiques tentant de répondre aux questions clés sur l’Arctique.

Le professeur Wadhams partage cette opinion et précise que l’expédition a fourni des renseignements sur la glace qui n’étaient pas disponible à partir de satellites, et que par ailleurs aucun sous-marin n’était disponible à cette période pour mener des recherches scientifiques.

Pen Hadow se dit choqué par la façon dont on observe de son vivant « une transformation de l’image de la planète vue de l’espace. »

Il estime également que les explorateurs polaires devront changer leurs méthodes héritées de l’époque où les traineaux pouvaient être tirés par des chiens sur la glace.

« Les chiens peuvent nager, mais ils ne peuvent tracter un traineau dans l’eau, ce qui est désormais nécessaire. »

« Aujourd’hui, nous devons porter des combinaisons d’immersion et nager. Nous avons besoin de traîneaux qui peuvent flotter. Je prévois des traîneaux ressemblant plutôt à des canoës que l’on pourra aussi trainer sur la glace. »


Publication originale BBC, traduction Contre Info

16.10.2009

La vache ....

Les méfaits de l'élevage intensif, du brevetage du vivant et des manipulations génétiques expliqués à la génération internet :)

Copier coller | Copy and clone from louis rigaud on Vimeo.

15.10.2009

Jean Sarkozy, papa et le moutons...

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Depuis quelques jours, les journaux bruissent, comme les blogs (et le mien ne fait donc pas exception) de l'affaire du fils de, Jean Sarkozy, qui est propulsé à la tête de l'EPAD (le truc du quartier de la Défence, à Paris) soit disant parce que papa le veut, ou pas.

Dans cette affaire, que Nicolas Sarkozy soit intervenu ou non, nous pouvons noter que de toute façon les laquais prêt à tout pour satisfaire le pouvoir sont de sortie, et que Jean, fils de, aura la place.

Mais est ce si grave ? Le népotisme n'est pas une nouveauté en France...

Ce qui me gène le plus, c'est que pendant que nous parlons de cette affaire qui n'en est pas une, nous ne parlons pas des sujets essentiels. Qui a parlé du budget 2010 par exemple ? Alors que ce budget est un des plus antisocial qui soit depuis des années !

Qui parle de la réforme des retraites, pourtant sur les rails, et qui va nous concerner tous en 2010 ? Qui parle de la réforme des lycées, bien plus perfide qu'il n'y parait tant elle ouvre la porte des lycées aux entreprises. ?Qui parle de la réforme hospitalière qui se poursuit, créant de véritables déserts médicaux ? Qui parle de la réforme de la justice, celle qui créé un malaise tant la justice semble avoir perdu toute indépendance ?...

Autant de sujet éclipsés par les pets et rôts de la nouvelle famille royale de France....

Les moutons suivent souvent bêtement ce qu'on leur montre comme chemin. Sommes nous à ce point devenus des ovidés ?

12.10.2009

Prix Nobel de la paix... and he winner is...

 

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C'est l'histoire d'un chef de guerre, d'un président dont le pays est ouvertement en guerre dans deux régions du monde, et occupe deux autres pays.

C'est l'histoire d'un président à la tête d'un pays dressant des murs à ses frontières, avec des milices qui tirent à vue.

C'est l'histoire d'un pays dirigé par un président qui n'abolit pas la peine de mort.

C'est l'histoire d'un président qui ne souhaite pas l'égalité totale des droits pour tous, et surtout pas le mariage pour les LGBT.

C'est l'histoire d'un président qui n'a rien à redire au droit de porter une arme.

C'est l'histoire d'un président qui n'abolit pas les prisons interdites et hors droit international.

C'est l'histoire des USA et d'Obama, qui reçoit le prix Nobel de la paix.

Aucune de ces histoires n'est drôle....

 

Edition : deux ajouts, merci Vincent (et j'approuve : le prix Nobel à perdu de son sens depuis bien longtemps)

06.10.2009

Le syndrome du Titanic ; Nicolas Hulot

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Que dire de ce film… Ca se complique avec monsieur Hulot.

D’un côté, nous ne pouvons qu’apprécier que son documentaire ne soit pas un documentaire zoologique ou sublimant la nature. Non, c’est bien un pamphlet contre la société de consommation qui est ici présenté.

Et l’appel à la prise de conscience est salutaire, nous ne devons pas le nier. Mais le fond et la forme laisse parfois à désirer grandement.

C’est le cas déjà du choix de parler à la première personne. Oui, Nicolas Hulot, vous l’aurez dans les oreilles durant tout le film. Et nous constatons malheureusement que c’est… fatigant ! Déjà par le côté très moralisateur qu’il emploie. Nous sommes presque dans le religieux là aussi (c’est un peu la filiation avec Home de Yann Arthus Bertrand). La première phrase du film, détournée de Simone de Bauvoir, qui est : « Je ne suis pas né écologiste, je le suis devenu » pose le ton du film. Nicolas Hulot va vous expliquer comment lui est sur le bon chemin, et comment il va faire pour vous (nous) sortir de l’ornière… Sauf que nous restons sur notre faim côté solutions !

Bien sur le film souligne pas mal de choses intéressantes. Parfois avec une côté assez dérangeant quand aux choix : les mégapoles surpeuplées sont presque toutes… asiatiques. Drôle d’orientation que de montrer uniquement cela. Nous en venons à nous demander, au final, s’il n’y aurait pas une forme de rejet d’une partie de la population, malgré les bons sentiments affichés. Peut être un simple choix maladroit, mais qui laisse un drôle de goût.

Au niveau des constats, le film est assez bon. Le problème, orienté comme il l’est, le métrage n’offre pas de solution.s Et ce n’est pas l’empilement de personnalités mondialement connues qui peut offrir l’éclairage nécessaire, tant elles sont réduites au plus simple … Alors oui vous croiserez, sous différentes formes, Robert Oppenheimer, Muhammad Yunus, Nelson Mandela, Salvador Dali, Al Gore, Hubert Reeves, Lula, John Fitzgerald Kennedy… Mais tout cela n’offre qu’un constat presque d’échec tant l’agencement n’est pas positif. Une erreur de montage, sans doute.

Mais au-delà de ça, si le film dresse un constat intéressant, il a aussi un côté « moi, animateur de télévision, je détiens le seau de la moral ». C’est ainsi qu’une phrase très agaçante comme « Je m'améliore chaque jour un peu plus. J'essaye de m'extraire de la société de consommation mais pas encore suffisamment », tant elle suinte la prétention, nous est assenée. Suivez mon exemple brave gens, je détiens la vérité.

Sauf que c’est là que le bas blesse. Le film n’apporte pas de réelles solutions tant il cherche à ménager, à l’habitude d’Hulot, chèvres et choux. Nous sentons poindre une envie de dire que le capitalisme et le productivisme sont la cause de tout cela, mais non, ça ne sortira jamais réellement dit ainsi. De la même façon, le rôle de l’oligarchie dirigeante et des multinationales est inexistant ou minimisé. C’est plus que gênant, mais nous comprenons d’un coup, avec un certain désarroi, que Nicolas Hulot n’a pas l’intention d’aller plus loin que le constat et quelques pics sur les consommateurs (car eux sont prêts à entendre).

Et là le malaise s’installe. Nous repensons à la phrase de Gandhi : « L’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre, c’est le seul ». Alors nous nous plongeons dans les interviews données autour de la sortie du film. Et c’est dans Gala (déjà rien que la référence est amusante) que nous lisons les choses les plus étonnantes. ( Ref : http://www.gala.fr/l_actu/on_ne_parle_que_de_ca/nicolas_h...).

Il dit clairement dans cette interview qu’il est fatigué. Mais personne ne lui a demandé d’être un martyr ! Va-t-il essayer de nous faire croire qu’il souffre de son positionnement ? Que cela a entravé sa vie comme elle entrave celle de millions de combattants des droits de l’homme ou pour la nature de par le monde ? Aurait il cette indécence lui qui émarge à 30 000 € par mois ? Et bien oui, il suffit de lire :

Le super héraut de l’écologie est fatigué. Voilà vingt ans qu’il se bat pour sauver la planète grâce à sa fondation. «Une vie», lâche-t-il, l’air songeur, rêvant d’une pause, d’un ailleurs.

Rien que cela… Pauvre Nicolas, vous avez tant souffert… Désolé du ton un peu ironique, mais nous ne pouvons nous empêcher de penser à ces syndicalistes enfermés, à ces défenseurs des droits de l’homme tués, à Aung San Su Kyi, par exemple, qui vit cloitrée par ses ennemis depuis des années. Et lire que « monsieur Hulot est fatigué », cela nous laisse quand même pantois.

Mais cela ne s’arrête pas là. Oui, il nous dire faire des efforts, du vélo… Mais sa famille prend l’avion pour aller loin au moins une fois par an ! Attention, vous avez bien lu. Monsieur Hulot doit ignorer qu’un Paris / New York c’est quasiment 8000 km en Twingo en ville en terme d’émission de CO2 rejeté par personne. Donc si tous les ans sa famille fait « un grand voyage », elle annule de fait les efforts fait sur le CO2 pour 5 ans ! Et ce, chaque année…

Mais je reste humain. Je laisse encore de la place pour le superflu et l’incohérence. Il m’arrive de céder à la tentation. Une fois par an, nous prenons l’avion et nous offrons un voyage lointain.

La chose dont nous ne pouvons pas douter c’est que Nicolas Hulot est un gentil. Mais il perd de vu du coup des réalités pourtant prégnantes : c’est bien le système capitaliste qui met à mal toute la planète et l’humanité. C’est bien le productivisme qui entraîne ce vers quoi nous allons. C’est bien la dépolitisation, que prône à longueur de temps sa fondation, qui entraîne le manque de réactions.

Alors oui, monsieur Hulot, les multinationales qui vous financent le font pour se servir de votre image, et non, elles ne sont pas prêtes à changer quoique ce soit. Oui, seul un changement de société, et donc un changement politique, au sens premier du terme, pourrait nous permettre de limiter les dégâts. Non, votre approche basée sur la bonne volonté et la quasi bondieuserie autour de Gaïa n’est pas celle qui suffira à le faire.

Comme le dit assez bien Hervé Kempf, le manque de recule de Nicolas Hulot face à l’oligarchie est flagrant. Et cela donne ce passage très juste (Ref : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/10/03/nicolas... )

Dans le commentaire habillant les images, il dit : "Je suis perdu." Perdu ? Ah ? Je lui téléphone pour comprendre. Il répond : "Je suis perdu parce que je ne comprends pas qu'il faille autant d'énergie pour placer des évidences auprès de nos élites. Des gens qui ont une intelligence parfois fulgurante ont des angles morts, c'est-à-dire qu'ils n'arrivent pas à comprendre que leur modèle économique ne tiendra pas."

C'est le problème de Nicolas Hulot, et donc notre problème : il croit que l'action politique est aujourd'hui inspirée par la recherche du bien commun. Mais il oublie la force des intérêts : l'intérêt individuel et l'intérêt de classe. Ce qu'Hulot appelle les élites, c'est aujourd'hui une oligarchie. Elle ne veut pas entendre l'évidence de la crise écologique et de la désagrégation sociale, parce que le but principal de l'oligarchie est de maintenir ses intérêts et ses privilèges. Elle ne s'intéresse au bien commun que pour autant que cela ne remet pas en cause sa position.

Quand on est gentil, il est difficile d'assimiler le fait que les autres ne sont pas tous gentils. Nicolas Hulot est au bord de le faire, et surtout d'en tirer les conséquences. Soit : ne plus parler vaguement du "libéralisme", mais porter le couteau dans la chair des égoïsmes de classe. Il peut le faire. Mais il sait qu'alors, tout soudain, nombre de médias et de puissances plus discrètes lui trouveraient beaucoup de défauts.

Là est la limite de l’exercice et de ce film, de Nicolas Hulot et de sa fondation : il ne peut y avoir de changements en profondeur sans remise en question radicale des causes ayant entrainées la catastrophe. Encore un effort, monsieur Hulot, avant d’aller vous reposer, devenez donc un peu plus politique, pas pour en faire, mais pour commencer à réellement changer le monde et les choses. Parce que non, ce n'est pas "aux politiques de faire" mais bien à nous tous de devenir enfin conscients, donc politique.

 

04.10.2009

REVEILLE-TOI, REVOLTE-TOI — METS-TOI EN MOUVEMENT!

Un "petit" film à regarder pour comprendre ce qui est en jeu par rapport au dérèglement climatique. Et son mécanisme !

REVEILLE-TOI, REVOLTE-TOI — METS-TOI EN MOUVEMENT! 01 from Leo Murray on Vimeo.

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