31.05.2008

Essai sur la raison de tout, Vincent Mignerot

1868796563.jpgBien entendu, la lecture d'un tel titre sur la couverture peut laisser à penser que nous sommes en présence d'un fou, d'un de ces philosophes de bazar (un petit bonjour à BHL) qui ne savent pas faire autre chose que tourner autour de leur nombril, ce qui leur facilite la vision d'une raison de tout.

Mais bien au contraire. Nous voilà face à un texte dense, mais humble. Simple dans sa présentation (le choix de l'énumération codifiée et chiffrée est plus audacieux qu'il n'y paraît) et épuré (bien que complexe parfois) dans le style.

Où veut nous emporter l'auteur ? Pas si loin finalement : vers nous même, notre relation au monde, en passant par les erreurs systématiques de l'homme. Ambitieux? Oui mais il le faut : comment comprendre ce que l'on est sans appréhender ce que le monde est ? Comment donner un sens à son existence, si l'on ne veut pas admettre certaines réalités ?

Transcendant l'écrit, c'est en lien étroit avec nous même que l'auteur nous met. Les mots appellent les émotions et la raison. Réunir les deux est un tour de force. Un vrai clef de bras à notre inconscient pour qu'il révèle une partie de ce qu'il est. Et un éclairage sur le présent pour nous délivrer des illusions.

La philosophie profonde de ce livre en fait non pas un guide, mais une aide à la révélation à soit, au monde, à ses limites, à nos limites et surtout à la fin des faux semblants. Car c'est bien cela que nous avons entre les mains : un passage entre l'imaginaire et la réalité.

Bien sur certains risquent de trouver le livre sombre, noir et poussant à la dépression. Je pense que ceux là ne voient pas, justement, la lueur grandissante face à eux. Ce texte est un accouchement de soit même, de l'auteur aussi. C'est douloureux mais ce qu'il donne à la fin est agréable. Car avoir la réalité devant les yeux, n'est ce pas le meilleur moyen de vouloir l'infléchir pour que tout aille mieux ?

Un livre que je vous recommande, à lire et relire (d'autant plus qu'il ne fait qu'une soixantaine de pages). Pour le commander, cliquez ici.

18.04.2008

L’Evangile selon Satan, Patrick Graham

709107532.jpgJ'aime les bons livres, et les bons thrillers. On m'avait parlé de celui ci, "L'évangile selon Satan". Bon je me suis dit encore un Da Vinci Code à la noix (j'ai pas aimé le Dan Brown).

Mais bon, je surf un peu sur internet et les critiques ont l'air assez bonne. Je lis le résumé du livre :

" 1349, année de la grande peste noire, couvent des Augustines de Bolzano. Entrée en possession d'un Evangile apocryphe, Mère Yseult de Trente, la supérieure, s'emmure vivante avec le manuscrit pour échapper au massacre de sa congrégation par un moine démoniaque. Le tueur crucifie ses victimes et porte les signes des adorateurs du Diable. 2006, Hattiesburg, Maine. Rachel, l'assistante du shérif du comté, enquête sur la disparition de quatre jeunes serveuses. Elle disparaît à son tour. Marie Parks, profileuse au FBI qui possède des dons de médium et s'est spécialisée dans la traque des cross-killers est chargée d'enquêter sur la disparition de Rachel. Elle retrouve son corps torturé et la dépouille des quatre disparues crucifiées dans une crypte. Quelques jours plus tard, au Vatican, le cardinal Oscar Camano, patron de la Congrégation des miracles, apprend que les quatre jeunes femmes assassinées sont les religieuses qu'il avait envoyées aux Etats-Unis pour enquêter sur la vague de meurtres qui frappent l'ordre des Recluses, un ordre très ancien chargé depuis le Moyen Age de protéger et d'étudier les manuscrits interdits de la chrétienté. Il confie au meilleur de ses exorcistes, le père jésuite Carzo, le soin de retrouver la trace de cet Evangile. L'enquête de Parks et celle de Carzo vont se croiser et les mener des Rocheuses jusqu'au couvent de Bolzano et à la bibliothèque secrète du Vatican. Que contient cet Evangile de si dangereux pour l'Eglise ?"

En fait l'histoire m'attire. Et je dois dire que je ne suis pas déçu, bien au contraire !

Me voilà devant une histoire solide, bien construite, documentée, ou le fantastique s'invite petit à petit, sans que l'on s'en rende compte. Les personnages sont complexe, pas simple, parfois rotors. Et le livre est très prenant.

Si vous voulez passer un très bon moment, laissez vous aller et foncer lire cet évangile, qui vous fera oublier les niaiseries Brownesques... 

26.02.2008

Entropia n°3

777094726.jpgEntropia numéro 3 : "Décroissance et technique".

Les décroissants sont ils technophobes ou bien ont ils une vision différente de ce que doit être la technique et son utilisation ? C'est à cette question que répond (brillamment) le troisième numéro de la revue Entropia. 

Alternant les texte sur le fond (qu'et ce que la technique, pourquoi la technique) et sur la forme (les mots ont ils réellement un sens), ce numéro nous pousse à nous "décrasser la tête" de nos idées reçues et à construire un mode de pensée différent , intégrant l'homme au centre et non la science ou la technique.

Salvateur.

06.02.2008

Entropia n°2 : Décroissance et travail

4e00aec0bb475545b77b7d8178d72858.jpgAlors que le premier numéro nous faisait entrer dans le lien entre politique et décroissance, celui-ci touche à une notion essentielle de la décroissance (et de la vie) : le travail.

 

Passant en revu la définition du travail décryptant André Gorz, offrant un de ses derniers textes, ce numéro d’Entropia ouvre la porte vers des lendemains meilleurs. Afin de forger une base commune à ceux qui désirent faire avancer la décroissance, Entropia réussit son coup en ce qui concerne le travail.

 

A lire.

15.01.2008

No Kid , Corinne Maier

c12d410bf9255aadb391f4690a3b48ed.jpgAutant dans "Bonjour Paresse", Corinne Maier est à son meilleur niveau, autant dans "No Kid" elle nous amuse mais perd parfois son style et sa fougue au profit d'un peu de "vengeance".

Le livre présente 40 raisons de ne pas avoir d'enfant. Avec humour, et parfois avec une terrible lucidité. Agréable à lire, et surtout plein de conseils avisés, "No Kid" vaut le détour. Sauf sur la fin, ou l'auteure s'essouffle et règle un peu ses comptes avec elle même, au travers du lecteur. Sommes nous devenu ses psy ? Elle qui les réprouve tant ?

A lire avec l'idée que la transgression, c'est parfois bon !  

21.11.2007

«A la croisée des mondes » de Philip Pullman

c969c51cedad681e328d62e354f1bf90.jpgQuand j’ai décidé d’acheter l’édition complète de « A la croisée des mondes » qui réunit les trois tomes d’origine, j’étais loin d’imaginer ce que ce livre allait m’apporter. C’est tout simplement l’un des meilleurs livres de fantasy que j’ai lu de ma vie.

L’histoire est palpitante : Lyra, jeune étudiante dans un monde mélange de modernité et d’archaïsme, découvre par hasard que Lord Asriel, son oncle, détient un secret d’une importance capitale. Tellement capitale que certains essaient de le tuer ! Mais l’intervention de Lyra change la donne, et finira par changer le monde… ou plutôt les mondes !

Superbement écrit, captivant, plein de rebondissements, c’est une trilogie de fantasy digne des plus grands auteurs. Mais de plus, une dimension inattendue transcende le livre. Car ce bouquin va vous faire réfléchir sur la croyance, Dieu, les églises, la religion… Il est une véritable ode à la liberté de penser, au choix individuel avec parfois une légère dérive vers l’existentialisme, sans gravité aucune.

Un livre à lire absolument pour les fans de Fantasy, et les autres !

Note : une adaptation cinématographique est prévue, et devrait sortir le 05 Décembre 2007, pour l’adaptation du premier tome. J’ai un peu peur, mais l’auteur semble avoir été impliqué  dans le projet, ce qui peut avoir de bonnes répercutions.

09.10.2007

Mauvaise Langue

f73442bf9038a63258f134562c65ee66.gifIl est des bouquins que l’on apprécie, comme ça par simple gourmandise. Et d’autre sur lequel on s’arrête après en avoir entendu parler, ou parce que le titre nous plait. Mon envie de lire « Mauvaise langue » me vient justement d’une émission de radio, sur France Culture ou France Inter, ou le livre était cité. Son sujet, une réflexion sur la dégradation de la langue et de son apprentissage à l’école, mais aussi le lien entre barbarisme de langage et barbarie tout court m’a beaucoup questionné.

 

Me voilà donc partis à l’assaut de ce livre, pas très épais, mais dense, dès le départ. L’auteure (j’espère qu’elle ne s’offusquerait pas de la  féminisation du terme) est une professeure, une de ces pasionarias du métier. Elle enseigne les lettres, que dis-je, elle fait vivre les lettres pour ses élèves. Mais elle constate surtout que le niveau baisse, que le SMS entre en masse dans la dialectique, sans parler des grossièretés et autres. Mais elle constate dans le même temps que l’envie d’apprendre est là, que les élèves, exposés à ce qu’ils ne connaissent pas (texte ancien, grands classiques) peuvent, si on leur en donne l’envie, se dépasser et aller plus loin.

 

Cécile Ladjali nous entraine dans les méandres de sa réflexion sur la langue, sa vision de l’apprentissage, la transmission du savoir. Certes elle est élitiste. Mais pas de l’élitisme pédant des donneurs de leçon, non. De celui du maitre (qui détient le savoir) trop heureux de vouloir le transmettre, au prix d’efforts, à l’élève. Mais prêt à tout lui donner pour que lui aussi puisse toucher la quintessence du texte, du verbe, de l’écrit.

 

L’éditeur résume le livre ainsi : « Pour un nouveau mot qui entre dans le dictionnaire (comme le verbe "kiffer"), c'est douze verbes qui sont condamnés à ne plus être dits par les adolescents. La langue est un code, avec ses lois, sa grammaire, et qui les ignore ou les malmène menace son lien avec autrui. Le barbarisme mène à la barbarie, tel est le credo de Cécile Ladjali, son cri d'alarme. Car, encouragés par la mode banlieue et les nouveaux supports qui exigent vitesse et laconisme (SMS, MSN, e-mails), la plupart des jeunes parlent désormais une "mauvaise langue", doublée d'une orthographe désastreuse, et s'en vanteraient presque puisque l'autre langue est devenue celle des "bouffons". Ni réactionnaire ni démagogique, Cécile Ladjali fait plutôt l'éloge d'un nouveau bilinguisme. Apprendre le français dans ce qu'il a de convenu et d'académique au bon sens du terme, le maîtriser pour ensuite s'en écarter, telle est l'unique façon de ne pas être dupe des rébellions qui fissurent ce qui fait le ciment d'une société civilisée, à savoir sa langue. »

 

Le livre est vraiment à lire, pour ceux qui comme moi, loue l’envie d’éclectisme des savoirs dans l’école publique, et désapprouve les méthodes de plus en plus destructrices mises en place depuis quelques années.

26.08.2007

Nécrophilia, par Mia Cage

2eecce830af00d3e680f76ae38173b5f.jpgNécrophilia ne vous laissera pas indifférent. Ce thriller horrifique, superbement écrit par Mia Cage, est un roman à ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui a une telle force de fascination que vous ne pourrez en décrocher avant la fin.

L'histoire se passe a Paris, surtout au Père Lachaise, cimetière au combien célèbre. Elle croise la destinée d'une médecin légiste,d'un commissaire, d'un nécrophile, d'une voyante et d'un écrivain. Mêlant avec subtilité des révélation familiale avec une histoire horrifique du meilleur cru, Mia Cage nous confirme dans ce roman sa puissance et son sens du mystérieux.

Un livre à ne vraiment pas manquer, toujours publié aux éditions "Nuit d'avril", qui nous démontre une fois de plus la qualité de leurs auteurs.

Une présentation de l'auteur, issue du site :

Née en 1963 à Paris, Mia Cage, lauréate en 2001 du concours des Ecrivains de Demain, s'affirme comme l'une des valeurs montantes de la littérature fantastique. Elle vit aujourd'hui en Bretagne.

Gouverner par la peur, collectif d'auteurs

4a14a623e6ab5646419a5a902dab3dc9.jpgPoser une réflexion sur la peur, sur ce qu'elle permet de faire mais aussi sur ses excès, n'est pas chose aisée. Mais quand on cherche en plus à démontrer le lien entre peur et gouvernance, là cela devient coton. Pourtant, les quatre auteurs de ce recueille y parviennent simplement, mais de façon lumineuse.

Démontant les mécanisme de la peur, posant les perspectives et surtout, donnant des piste pour reprendre en main notre destin, ils nous démontrent que nous ne sommes que dans une mauvaise phase de nos démocraties modernes, phases de peur et de repli sur soit. Mais que tout reste possible ! Nous pouvons encore changer les choses, mettre à mal le système de pression par la peur en comprenant nos peurs, en les domptant et en faisant en sorte de mettre en perspective les choses.

Nous somme le moteur de nos peur et nous pouvons les combattre.

A lire pour mieux comprendre et mieux militer.  

Biographies succinctes des auteurs, issue du site du GRIT :

Leyla Dakhli est historienne et activiste. Bernard Maris est économiste. Il a publié Antimanuel d’économie (deux volumes parus chez Bréal en 2003 et 2006). Roger Sue est sociologue, auteur de La Société contre elle-même (Fayard, coll. « Transversales », 2005). Georges Vigarello, anthropologue et historien, a collaboré à l’ouvrage collectif Histoire du corps (Seuil, 2006).

Les hommes dénaturés, de Nancy Kress

439622285b07f6181cd7fff6858fbd69.jpgVoilà un livre passionnant de bout en bout. L'auteur, Nancy Kress, nous plonge dans un univers qui nous est familier, bien que plus évolué que le notre. Et pour cause : l'histoire se passe dans un futur proche, très proche. L'humanité est face à une crise des naissances et est vieillissante.

Dans ce contexte, trois personnages vont être confrontés à l'horreur. Ils n'auront de cesse de vouloir comprendre et de vouloir empêcher l'irréparable. Empêcher que la génétique ne déshumanise le monde.

En nous offrant une réflexion sur le devenir de l'humanité, sur nos erreurs et sur la vie, Nancy Kress nous plonge, via la science fiction, au plus profond de nos convictions : sommes nous prêt à laisser l'humanité sombrer, ou voulons nous changer les choses et nous donner un espoir.

Une biographie de l'auteur, issue de Wikipédia :

Nancy Kress est une auteur américaine de science fiction, née à Buffalo (État de New York) le 20 janvier 1948.

En général, elle écrit des histoires concernant un futur proche plausible et avec des technologies réalistes. Ses thèmes préférés sont le génie génétique et à un degré moindre l'intéligence artificielle. 

L'auteur adore la danse et certaines de ses histoires se déroulent dans cet univers. C'est le cas par exemple de Danse aérienne.

Un livre à lire, pour ne pas désespérer et qui ne fera, si vous en avez une, que renforcer votre conscience humaniste et écologiste.