16.05.2008

Protection des sources ? Mon œil !

1942395251.jpgIl y a un texte qui aurait dû faire l’unanimité à l’assemblée nationale : celui sur la protection des sources journalistiques. Il n’est pas très difficile de saisir que seule une réelle impunité peut garantir des enquêtes journalistiques fiables et surtout l’apparition de scoop.

Mais la loi votée aujourd’hui est bien loin de cela. En prétextant encadrer le droit d’enquête judiciaire, elle en renforce en fait le pouvoir. Ainsi, dans une pompeuse dénomination parlant d’ « impératif prépondérant d’intérêt public », on donne le droit à la justice d’enquêter au sein des rédactions et auprès des journalistes. Et ben… Tout pouvant relever de cela grâce aux lois anti-terroristes, ou sur le secret défense, on ne peut plus vraiment parler de « protection des sources » !

Mais Rachida Dati précise que « le secret des sources des journalistes est protégé afin de permettre l’information du public sur des questions d’intérêt général ». Elle est comique non ? Parce que si l’on s’en tient à sa définition, les journalistes vont devoir parler de la météo et des chiens écrasés. Car dans quoi classe t on une affaire comme Clearstream ? Le crédit Lyonnais ? Les comptes supposés de Chirac ? Et bien pas dans l’intérêt général justement ! C’est énorme comme phrase et lourd de sens.

On interdit pas les perquisitions. Mais simplement maintenant elles devront être faites par un magistrat. Et le journaliste aura le droit de refuser la saisie d’un document. Ce n’est pas une avancée, loin de là, juste le minima de la directive européenne sur le droit des journalistes.

Mais le pire dans tout cela, c’est qu’a aucun moment le texte ne définit ce qu’est une source !!! On protège ce que l’on ne définit pas ! C’est tout simplement hallucinant ! C’est donc bien du vent que vient de nous pondre la ministre de la justice.

Sans secret des sources, il faudra s'en tenir aux communiqués et à l'information officielle, surveillés par les communicants et professionnels du marketing. Cette phrase est tirée d’un commentaire sur un article du Nouvel Observateur. Et elle est lourde de sens car très juste.

Le but de cette loi est bien, encore une fois, de restreindre les libertés, et d’ouvrir un brèche vers un état de plus en plus dur.

27.03.2008

Rachida Dati : une haute opinion d'elle même ...

Connivence entre journaliste et politique, interviewer par une amie... Et les micros restent ouverts... Pour notre plus grand plaisir...

 

01.12.2007

Colonna : la justice n'est pas définie d'avance

b5f2e665e5852864dbdd048b583bbfc3.jpgLe procès d'Yvan Colonna donne lieu à un de ces dénis de justice dont, malheureusement on est trop habitués en France. Attrapé par "supersarkoministredelintérieur", il n'avait pas franchi les portes du fourgon blindé de transfert que déjà, on annonçait avoir "arrêter l'assassin du préfet Erignac". Quelle vision de la justice ! Pas de présomption d'inoncence, rien. On aurait peut être dû le bruler en place publique ?

C'est bien à la justice de trancher, d'établir si oui ou non il est coupable. D'établir si oui ou non il est chef de réseau terroriste. Etc... Mais lui laisse t on réellement sa chance ? Ou n'est on pas encore devant un cas de "justice fast food". Cette justice où il faut un coupable et vite. Cette justice rendue à l'aveugle pour éviter de remuer trop le fond de l'histoire? J'en suis malheureusement persuadé.

La Ligue des Droit de l'Homme a fait un communiquer qui m'inquiète. je le reproduit ici :

La Ligue des droits de l’Homme et sa délégation régionale de Corse déplorent l’amalgame entre l’exigence d’un procès équitable pour Yvan Colonna et une quelconque appréciation sur les responsabilités éventuelles de ce dernier dans les faits qui lui sont reprochés. Pas plus que dans de nombreuses affaires judiciaires dans lesquelles elle est intervenue, la LDH n’entend porter, à ce stade, un jugement sur la culpabilité ou la non culpabilité d’Yvan Colonna. En revanche, la LDH s’est inquiétée, à plusieurs reprises, des conditions dans lesquelles l’instruction de ce procès a eu lieu et des déclarations d’hommes politiques considérant Yvan Colonna comme coupable. Ses inquiétudes ont été renforcées par la décision des juges qui ont acquitté deux des personnes poursuivies dans cette affaire alors qu’elles en étaient présentées comme les instigateurs. La LDH reste attachée à ce que tout accusé bénéficie de la présomption d’innocence et d’un procès qui soit pleinement équitable.

J'en partage chaque mots. La justice s'accomode mal du politique et du spectacle. Yvan Colonna, comme d'autre, mérite justice et pas pogrom.