26.10.2009
La marchandisation du corps… mères porteuses ou rentes viagères ?

Je sais que le titre est très provocateur mais je voulais clairement marquer les esprits. Le débat qui s’installe aujourd’hui autour des mères porteuses me semble ne pas aller de soi et surtout occulter une chose pourtant évidente : le risque flagrant de marchandisation du corps.
La première erreur me semble relever de l’idée qu’il y aurait un droit à l’enfant. Loin de moi l’idée de dire que certaines personnes, atteintes de stérilité ou autre, ne pourraient pas avoir recours à l’adoption pour être parents. Mais l’idée du « droit à l’enfant » avancée par les défenseurs de la solution des mères porteuses est plutôt un droit à avoir SON enfant, qui porte ses gènes. Une sorte de filiation de droit de sang obligatoire. Cela pose question, clairement, lorsque nous voyons des personnes de gauches soutenir cela, le droit du sang… Un enfant qui porte mes gènes est il plus mon enfant qu’un enfant adopté ? Car c’est bien de cela qu’il relève lorsque nous pouvons lire : « Une personne, même homosexuelle, à le droit d’avoir son enfant, sa filiation, et que celle-ci porte la suite du génome familiale ». Cela à de quoi faire froid dans le dos et c’est pourtant la position défendue par certaines personnes dites progressistes …
Devons nous pour autant baisser les bras et dire que, comme l’affirment certains, vu que la situation existe (celle des mères porteuses) nous devons légaliser cela pour « régulariser » mieux la chose et l’encadrer de façon plus claire ? Je n’en suis pas persuadé, loin de là. Pour deux raisons : la première, c’est la négation dans cette affirmation du risque de « location temporaire » de corps humain, la seconde, c’est le manque de recul éthique sur les dangers que représentent malgré tout une grossesse.
Pour ce qui est de la première, nous sentons bien l’idée qui est derrière le fait de pouvoir entrer en gestation pour autrui. Bien sur, la réponse toute trouvée est qu’il ne s’agira pas de salaire, mais d’une compensation versée par l’état ou la mutuelle de la personne demandant la gestation. Et ? Où est réellement la différence ? Comment pouvons-nous ne pas voir que ce sont encore une fois les populations les plus pauvres qui vont se retrouver au service des plus riches ? Car, disons que ce sont les mutuelles qui paient, savez vous combien de personnes pauvres n’en ont pas ? Et les bénéficiaires de la CMU se retrouveraient en droit de demander ce service ? Nous pouvons en douter… Et c’est bien un nouveau marché, un de plus, qui va s’installer. Profitant de la misère des plus démunis (qui verront, n’en doutons pas, mais surtout ne les en blâmons pas, dans la procréation pour autrui une source de revenus), une catégorie plutôt aisée pourra faire porter son enfant… Comment ne pas voir aussi se profiler le risque de la « procréation protectrice » ? Dans la société du paraître, combien de riches femmes décideront de ne pas porter leurs enfants « pour ne pas abimer leur corps » et de déléguer cette tâche à autrui… Autrui étant le même que celui qui fait le ménage, accompagne les petits à l’école et sort les poubelles…
Pour ce qui est de la seconde, il me semble que les risques liés à la grossesse sont largement sous estimés. Je veux parler ici des risques mortels, bien entendu, qui existent toujours, mais aussi des blessures psychologiques qu’engendre le retrait d’un enfant à une femme qui l’a porté durant neuf mois. Comment imaginer, par exemple en cas de drame, le statut d’un enfant qui nait d’une mère morte en couche, qui ne serait que sa mère porteuse ? Quel est le statut de la personne décédée ? Quelle indemnisation pourrait avoir ses enfants à elle ? Serait ce un accident du travail ? Et si c’est le cas, comment ne pas voir que c’est bien une forme de vente du corps, de la « force de travail » du corps ? Et dans ce contexte là, n’est ce pas la pire des négations des combats féministes ? Le corps comme outil de travail, y compris pour la procréation ?
Cette question n’est pas simple et ne peut être tranchée sur l’affect. Il ne peut être opposé simplement le désir d’enfant des couples (ou personnes) ne pouvant en avoir à l’idée d’avoir une vie remplie uniquement si nous avons a des enfants.
Les solutions intermédiaires et salvatrices peuvent être mises en place bien plus vite et de façon plus efficace que de légaliser les mères porteuses. Ainsi pouvons-nous envisager une refonte des règles d’adoption (en ouvrant le plus largement possible pour les adoptants), le droit d’utiliser les dons de spermes pour ouvrir une procréation plus libre (alléger les règles mises, sans pour autant négliger l’éthique bien sur). Ces deux mesures, mises en œuvre rapidement, permettraient d’éviter bien des soucis.
Le problème reste entier sur l’idée de filiation : considérer un enfant comme sien relève-t-il de l’idée d’avoir une filiation génétique avec lui ou de l’amour, la protection, que nous lui offrons ? C’est bien sur l’idée même de générosité que porte le débat d’aujourd’hui…
Ajout le 06/11/09 :
Quelques liens fort intéressants :
L'avis de L'association Nationale des Centres d'Interruptions de Grosses ; du Collectif National pour le Droit des Femmes et du Mouvement Français pour la Planning Familiial :
http://www.etatsgenerauxdelabioethique.fr/uploads/article...
Et un avis d'un juge pour enfant : (J P Rosenczveig) http://jprosen.blog.lemonde.fr/2009/10/11/les-meres-porteuses-a-portee-de-loi-337/
18:55 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (39) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité, mère porteuse, libéralisme, féminisme



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Commentaires
Délicat sujet?
Le seul droit à l'enfant que je reconnaisse à coup sûr, c'est l'interdiction d'empêcher une personne d'avoir un enfant pas des voies naturelles.
Pour le reste, le droit d'utiliser son corps comme il me semble me semble fondamental.
La ou il faut légiférer, c'est lorsqu' il y a utilisation de moyens tiers pour parvenir à des fins que la nature empêcherait.
- location du corps d'un être pour en obtenir une satisfaction sexuelle (prostitution)
- utilisation de la science pour répondre à ses désirs (FIV, suivis particuliers, ...)
- location du corps d' un être pour produire une substance ou un être humain.
Il y a dans ces propositions des choses que j'approuve mais dont les excès me font horreur.
Le don de lait est une chose sympa (pratiquée depuis très longtemps) dans la mesure où la donneuse est réellement libre de son acte et le fait plus par amour et solidarité que pour toute autre raison.
La FIV, pour des jeunes couples rencontrant des difficultés identifiées, peut être , sous contrôle psychologique, profitable.
Le problème réside bien dans les excès et dans la marchandisation de ce qui , au départ, n'a d'autre objectif que l'aide à des personnes en difficultés. Et tracer la frontière entre aide et action commerciale n'est pas aisée.
Le sujet offre suffisamment prise à l'émotionnel pour que le législateur balise fermement un cadre large. c'est pourquoi, pour ma part, je déclarerais non valide tout accord contractuel portant sur la naissance des enfants ainsi que sur l'autorité parentale.
Ecrit par : Jean Philippe | 28.10.2009
Le business des mères porteuses.
Recourir aux services d’une mère porteuse est illégal dans toute l’Europe et aussi en Suisse. Mais, poussés par un irrésistible désir d’enfant, de plus en plus de couples brisent le tabou et violent la loi. Un clic sur Internet leur suffit pour trouver une multitude de femmes en Amérique latine ou en Inde, prêtes à louer leur ventre pendant neuf mois en échange de quelques milliers de dollars. Mais au bout du chemin, ces couples doivent souvent déchanter, victimes d’arnaques ou simplement de désillusions.
Dossier sur Abandon & adoption
http://abandon-adoption.hautetfort.com/meres-porteuse/
Ecrit par : zench | 28.10.2009
@ Jean Philippe :
Toute la difficulté, c'est justement de fixer la limite de l'acceptable, du faisable et de l'éthique....
Ecrit par : Chezfab | 28.10.2009
Bonjour, merci de mettre à disposition des endroits où faire avancer ce débat.
Etant moi-même en plein dans la processus de GPA, je pense pouvoir parler en connaissance de cause du problème.
J'aimerais apporter plusieurs éclairages concernant l'adoption, que vous présentez comme une solution "salvatrice":
- Avoir un enfant biologique et accueillir un enfant adopté sont deux projets totalement différents. Tout le monde n'a pas l'envie ou la possibilité d'assurer un cadre de vie adapté à un enfant ayant subit le traumatisme de l'abandon. C'est bien pour cela que l'obtention de l'agrément est relativement sévère. L'adoption n'est donc pas un paliatif ou une solution pour combler un manque d'enfant biologique, l'adoption c'est offrir une famille à un enfant et non l'inverse!
- Admettons que certains couples voient dans l'adoption une voie satisfaisante pour répondre à leur désir d'enfant. Actuellement il y a 10 fois plus de parents demandeurs que d'enfants dans le monde! Les délais sont de 4 à ... 12 ans selon les pays et vont en s'allongeant. Et vous voudriez ouvrir encore plus les vannes pour les adoptants??? Le mythe du monde rempli d'enfants à adopter a décidemment la vie dure!
- On nous reproche souvent d'être des couples égoïstes et de ne penser qu'à nous à vouloir un enfant "a soi". Et bien oui c'est vrai! Un désir d'enfant biologique est toujours égoïste, pour tous les couples stériles ou pas!
Que ceux qui nient ce besoin soient logiques et décident de ne pas de faire d'enfants dans ce monde déjà pourri & surpeuplé et adoptent plutôt un enfant à particularité, en effet! Nier le fait qu'avoir un enfant "à soi" est important pour la plupart des gens est au mieux naïf, la majorité des couples n'ont tout simplement pas été confrontés à la stérilité pour s'apercevoir de ce fait.
Concernant la simplification du don de sperme, je ne vois pas en quoi cela change la donne pour les femmes ayant une déficience utérine comme moi ?...
Encore une fois, je ne demande pas un "droit" à l'enfant, je demande juste à essayer un traitement médical adapté à ma stérilité comme d'autres font des FIV, et que celui-ci soit encadré par la loi pour que cela se fasse dans les meilleures conditions possibles pour tous, sans abus ou marchandisation.
Ecrit par : Véronique | 29.10.2009
Je vais essayer de répondre point par point, si vous le voulez bien.
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"Avoir un enfant biologique et accueillir un enfant adopté sont deux projets totalement différents. Tout le monde n'a pas l'envie ou la possibilité d'assurer un cadre de vie adapté à un enfant ayant subit le traumatisme de l'abandon. C'est bien pour cela que l'obtention de l'agrément est relativement sévère. L'adoption n'est donc pas un paliatif ou une solution pour combler un manque d'enfant biologique, l'adoption c'est offrir une famille à un enfant et non l'inverse!"
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Vous avez une vision bien pessimiste de l'adoption. Ceci dit je peux rejoindre le fait que pas mal d'enfants ont connu l'abonadon et que cela est en effet une problématique claire. Maintenant, je vais vous choquer je le sais mais pardonnez mois d'avance, croyez vous vraiment qu'il n'y ait pas d'abandon dans le cadre de GPA ? Croyez vous sincèrement que la femme qui va porter "votre" enfant n'est pas dans l'abandon de celui ci à l'issue d'une grossesse ?
De plus, je ne dis pas que c'est une solution miracle mais salvatrice. Les mots ont un sens. Les demandes de GPA sont faibles globalement, mais beaucoup y pensent maintenant parce que c'est plus simple que d'adopter parfois. Alors que leur premier choix est l'adoption. Donc permettre de rester sur le premier choixme semble bien plus salvateur que de partir sur le second.
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Admettons que certains couples voient dans l'adoption une voie satisfaisante pour répondre à leur désir d'enfant. Actuellement il y a 10 fois plus de parents demandeurs que d'enfants dans le monde! Les délais sont de 4 à ... 12 ans selon les pays et vont en s'allongeant. Et vous voudriez ouvrir encore plus les vannes pour les adoptants??? Le mythe du monde rempli d'enfants à adopter a décidemment la vie dure!
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Vous parlez de mythe et vous utilisez un... mythe :)
Oui les délais sont aujourd'hui long, c'est bien pour cela que je dis qu'il faut revoir le processus d'adoption. Seul 10 % des enfants sont aujourd'hui adoptables à cause de règles assez contraignantes et souvent datées.
De plus, je n'ai jamais dit que le monde était rempli d'enfants à adopter, juste dit que l'adoption est aussi une solution. Elle ne vous conviens pas (je ne sais pour quelle raison et ne présume de rien), c'est votre droit le plus strict. Mais n'allez pas généraliser à votre tour en laissant entendre qu'elle ne pourrait convenir à personne, voir qu'elle ne peut apporter réellement satisfaction ;)
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On nous reproche souvent d'être des couples égoïstes et de ne penser qu'à nous à vouloir un enfant "a soi". Et bien oui c'est vrai! Un désir d'enfant biologique est toujours égoïste, pour tous les couples stériles ou pas!
Que ceux qui nient ce besoin soient logiques et décident de ne pas de faire d'enfants dans ce monde déjà pourri & surpeuplé et adoptent plutôt un enfant à particularité, en effet! Nier le fait qu'avoir un enfant "à soi" est important pour la plupart des gens est au mieux naïf, la majorité des couples n'ont tout simplement pas été confrontés à la stérilité pour s'apercevoir de ce fait.
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Non, c'est croire que l'on puisse dépasser une notion aussi archaïque que celle de la filiation de sang. Elle ne date que du 19ème siècle, donc ne doutons pas que ce soit possible :)
Sinon, vous parlez de besoin. C'est uen envie plus qu'un besoin je pense. On ne meurt pas de ne pas avoir d'enfant (je ne dis pas que l'on n'en souffre pas). De plus, j'ai aussi une désagréable impression sur "mon enfant". Dire qu'un enfant porté par une autre personne est "son" enfant, c'est réduire l'humain à son code génétique. Cela ne semble pas vous déranger, moi cela me dérange énormément tant je vois les dérives possibles de cette vision. De plus, et j'y reviens plus bas, il manque dans votre argumentation une chose : la tiers personne.
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Concernant la simplification du don de sperme, je ne vois pas en quoi cela change la donne pour les femmes ayant une déficience utérine comme moi ?...
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Dans votre cas, c'est certain. Mais votre cas n'est pas le seul :) Moult cas seraient résolus par cela (je pense au couple lesbien par exemple).
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Encore une fois, je ne demande pas un "droit" à l'enfant, je demande juste à essayer un traitement médical adapté à ma stérilité comme d'autres font des FIV, et que celui-ci soit encadré par la loi pour que cela se fasse dans les meilleures conditions possibles pour tous, sans abus ou marchandisation.
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Sans le vouloir, j'en suis persuadé, vous franchissez ici exactement ce que je déplore : la marchandisation. A quoi le voit on ? A une chose simple : vous réduisez l'idée de faire porter par une autre femme que vous votre enfant à un acte médical ! A un traitement médical ! Excusez moi mais ça a de quoi choquer non ?
La tiers personne est une personne de plein droit, pas juste une amphore ou un incubateur. C'est là que le bas blesse dans votre agumentation : la FIV (à laquelle je ne suis personnellement pas plus favorable, pour d'autres raisons) n'est pas comparable au fait d'insiminer une femme pour lui faire porter un enfant qu'on va lui retirer. Ne pensez vous pas ?
Vous êtes bien là déjà dans la déshumanisation (transformer cela en simple soin) et dans la marchandisation (la tiers personne prenant la dimension de simple machine au sein d'un processus de soin). Désolé si je vous blesse, je n'exprime que ce que je pense.
Cordialement
Ecrit par : Chezfab | 29.10.2009
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Je vais essayer de répondre point par point, si vous le voulez bien.
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Idem
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Vous avez une vision bien pessimiste de l'adoption.
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Absolument pas, je parle là aussi en connaissance de cause puisque en demande d'agrément!
Les assistantes sociales et psy vous diront toutes comme moi: le processus d'adoption n'a rien à voir avoir l'attente d'un enfant biologique.
Je n'ai pas dis que c'était "meilleur" ou "pire", l'adoption peut aussi être une merveilleuse aventure, et c'est la plupart du temps heureusement le cas!
Je dis que c'est très différent, et que tout le monde ne peut pas ou ne veut pas de cette "solution".
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Maintenant, je vais vous choquer je le sais mais pardonnez mois d'avance,
croyez vous vraiment qu'il n'y ait pas d'abandon dans le cadre de GPA ?
Croyez vous sincèrement que la femme qui va porter "votre" enfant n'est pas
dans l'abandon de celui ci à l'issue d'une grossesse ?
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Non je ne le crois pas (voir plus bas). Je ne parle que de mon cas personnel et non pas de toutes les dérives que l'on pourrait imaginer ailleurs.
Rien ne me choque, ne vous excusez pas, toutes ces questions nous nous les sommes posé depuis des mois et des mois avant de nous lancer. Débattre est légitime et je ne prends aucune attaque comme personnelle.
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De plus, je ne dis pas que c'est une solution miracle mais salvatrice.
Les mots ont un sens. Les demandes de GPA sont faibles globalement, mais
beaucoup y pensent maintenant parce que c'est plus simple que d'adopter parfois.
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Simple??? Vous croyez que la GPA est "simple"????
D'abord il faut passer par cet étude éthique & légale puisqu'en France rien n'existe pour nous guider.
Je peux répondre à toutes vos interrogations justement parceque nous avons du étudier ces problemes des mois durant.
"Ferai-je du mal à mon futur enfant ou à d'autres personnes" est la première question que nous nous sommes posée.
"Mon enfant aura t-il des papiers légaux en France, ne sera t-il pas pénalisé par ma faute?" a été la deuxième question.
Ces réflexions sont lourdes et impactantes, on passe par des stades de doute, de renoncement, de culpabilisation avant de se décider puisque nous sommes laissés à notre propre jugement et ceux des autres.
Ensuite sur l'aspect pratique, pour ne pas être dans l'illégalité et pour avoir un cadre médicale et législatif adéquat
nous sommes maintenant obligés de partir à l'étranger et dépenser une somme d'argent -très- conséquente (et non, pas en loyer de location de ventre) impactant tous nos autres projets de vie, voire de mettre en cause notre vie familiale et professionnelle.
Vous trouvez ça plus "simple" que d'adopter, vous?
Entre adoption et GPA, je peux vous assurer que les deux voies sont aussi difficiles l'une que l'autre, chacunes dans leur genre.
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Alors que leur premier choix est l'adoption. Donc permettre de rester sur le premier
choix me semble bien plus salvateur que de partir sur le second.
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Sur certains l'estiment et qu'ils le peuvent c'est très bien pour eux!
Malheureusement cela ne concerne pas tout le monde.
Vous savez lorsque vous faites votre projet d'adoption, vous spécifiez les "caractéristiques"
de l'enfant que vous souhaitez accueillir. Vous pouvez demander "un enfant de moins de 2 ans",
ou "une fratrie jusqu'à 9 ans", ou encore "uniquement un enfant européen".
Si les parents émettent ces souhaits, ce n'est pas parcequ'ils se croient au supermarché, ni parcequ'ils sont racistes ou "difficiles".
C'est parceque se sentir et être capable d'accueillir un enfant abandonné ne s'improvise pas.
L'amour ne fait malheureusement pas tout, il faut pouvoir assumer.
Je parle de cela uniquement pour vous faire comprendre que l'adoption n'a rien d'anodin et ne peut difficilement se comparer au fait d'avoir un bébé naturellement, ou par FIV, ou encore par GPA.
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Vous parlez de mythe et vous utilisez un... mythe :)
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Lequel? pas compris...
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Oui les délais sont aujourd'hui long, c'est bien pour cela que je dis qu'il faut revoir le processus d'adoption. Seul 10 % des enfants sont aujourd'hui adoptables à cause de règles assez contraignantes et souvent datées.
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En france oui les règles concernant les pupilles de la nation sont strictes, dans le but premier de protéger ces enfants.
Mais l'adoption pour de simples question de chiffres concernent l'étranger à 80%.
Le nombre d'enfants étrangers adoptables ne cesse de baisser, justement pour éviter les abus du passé où traffic en tout genre permettant à des parents peu scrupuleux
ou inconscients de ramener un bébé sans vraiment savoir si ses parents étaient vivant ou l'avaient réellement abandonné...
Plus il y a de pays qui adoptent la convention de La Haye (ce qui est une bonne chose pour les gosses), et moins il y a d'enfants à adopter, c'est la tendance actuelle.
Donc, il n'y a pas assez d'enfants à adopter et il n'y en aura jamais assez même en "assouplissant" les règles en France.
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De plus, je n'ai jamais dit que le monde était rempli d'enfants à adopter, juste dit que l'adoption est aussi une solution.
Elle ne vous conviens pas (je ne sais pour quelle raison et ne présume de rien), c'est votre droit le plus strict.
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Ai-je dis que cela ne me "conviendrait" pas? Je dis juste qu'elle ne peut ne pas convenir à tout le monde, et que de toutes façons au
niveau pratique elle ne pourra jamais satisfaire la "demande".
Nous passerons également par l'adoption, car notre infertilité nous a justement beaucoup
fait réfléchir sur toutes ces questions de filiations.
Encore une fois, les deux voies sont très différentes et ne s'abordent pas de la même manière,
c'est pouquoi nous sommes sur ces deux projets. Ne serait-ce que du point de vu pratique, notre adoption ne se réalisera -peut-être- qu'en... 2017.
Cela ne veut pas dire que nous n'aimerons pas également nos enfants ou que nous serons plus heureux de l'un ou l'autre!
Cela veut juste dire que nous ne nous préparerons pas de la même manière.
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Mais n'allez pas généraliser à votre tour en laissant entendre qu'elle ne pourrait convenir à personne,
voir qu'elle ne peut apporter réellement satisfaction ;)
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Je ne dis pas cela, encore une fois. Je dis que l'adoption pose d'autres problèmes et qu'on accueille pas
un enfant ayant déjà un vécu et un abandon comme on élève un bébé.
Tout le monde ne veut pas adopter et de toutes façons tout le monde ne pourrait
pas adopter pour des simples et malheureuses raisons numériques.
En apparté, je remarque que cela serait bien pire si tous les parents ayant eu un bébé par FIV -que vous n'approuvez pas-
n'avaient pas pu le faire et se tournaient aussi vers l'adoption (14000 bébés FIV et 5000 adoptions par an en France...)
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Non, c'est croire que l'on puisse dépasser une notion aussi archaïque que celle de la filiation de sang.
Elle ne date que du 19ème siècle, donc ne doutons pas que ce soit possible :)
Sinon, vous parlez de besoin. C'est une envie plus qu'un besoin je pense. On ne meurt pas de ne pas avoir d'enfant
(je ne dis pas que l'on n'en souffre pas). De plus, j'ai aussi une désagréable impression sur "mon enfant".
Dire qu'un enfant porté par une autre personne est "son" enfant, c'est réduire l'humain à son code génétique.
Cela ne semble pas vous déranger, moi cela me dérange énormément tant je vois les dérives possibles de cette vision.
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Contrairement à ce que vous pensez, nous ne faisons absolument pas une fixette sur le côté génétique.
Voir un enfant qui vous ressemble doit être une expérience incroyable, mais ce n'est pas ce qui nous anime.
Nous pensons avoir infiniment plus de choses à transmettre par notre amour et notre éducation que par nos gènes.
Dans un monde idéal, si l'adoption pouvait nous permettre d'élever un bébé, là oui cela serait une solution,
mais encore une fois l'adoption n'est pas cela dans la majorité des cas.
On ne "choisit" pas "notre enfant", on accueille du mieux que l'on peut un enfant qui a déjà un vécu.
C'est formidable en soit, mais c'est très différent et non, tout le monde ne peut pas assumer cela.
Les règles de l'adoption sont faites pour protéger l'enfant, car TOUS ont des traumatismes plus ou moins marqués
dont il faut tenir compte pour ne pas aggraver les choses.
Pour nous les parents sont ceux qui élèvent l'enfant depuis sa naissance, qui sont là pour lui toute sa vie! C'est justement le cas dans la GPA !
Nous ne sacralisons pas les liens du sang, mais je pense par contre que la société sacralise les liens de la grossesse!
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De plus, et j'y reviens plus bas, il manque dans votre argumentation une chose : la tiers personne.
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Mon intervention était sur l'adoption, pas sur tout le reste où il y a effectivement bcp à dire (voir plus bas)
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Dans votre cas, c'est certain. Mais votre cas n'est pas le seul :)
Moult cas seraient résolus par cela (je pense au couple lesbien par exemple).
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Ce débat ressurgit suite à une proposition de loi qui concernerait uniquement les couples hétérosexuels
ayant des pbs de stérilités graves empéchant la grossesse, d'où ma remarque.
Je ne porte pas de jugement de valeur sur ce cadre applicatif, je veux juste borner le débat.
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Sans le vouloir, j'en suis persuadé, vous franchissez ici exactement ce que je déplore : la marchandisation.
A quoi le voit on ? A une chose simple : vous réduisez l'idée de faire porter par une autre femme
que vous votre enfant à un acte médical !
A un traitement médical ! Excusez moi mais ça a de quoi choquer non ?
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Toujours dans le cadre de cette hypothétique loi, la GPA est envisagée comme recours pour les couples infertiles,
et uniquement dans ce cas.
C'est donc un "traitement" dans le sens "solution à un problème médical grave donné", en effet.
Ce cadre a pour but d'envisager la GPA dans des cas bien précis médicaux, et non pas de simple convenance
(genre: "je n'ai pas envie d'avoir de vergétures, faisons une GPA").
Dans la pratique, le processus de la GPA est évidemment bien plus complexe qu'un simple "acte médical"
puisqu'il implique des personnes, des familles et surtout un enfant.
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La tiers personne est une personne de plein droit, pas juste une amphore ou un incubateur. C'est là que le bas
blesse dans votre agumentation : la FIV (à laquelle je ne suis personnellement pas plus favorable, pour d'autres raisons)
n'est pas comparable au fait d'insiminer une femme pour lui faire porter un enfant qu'on va lui retirer. Ne pensez vous pas ?
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Je n'ai indiqué encore aucun argument à ce sujet que je sache.
Concernant la tierce personne, je ne peux parler que de mon propre cas.
Depuis des mois nous conversons avec cette tierce personne que nous avons mis très longtemps à trouver car nous voulions trouver une femme avec laquelle nous pourrions avoir la même vision des choses.
Nous l'avons rencontré plusieurs fois pour répondre ensemble à toutes nos questions, comme:
- quelles sont ses motivations?
- comment elle allait vivre sa grossesse? Comment voyait-elle se futur bébé? Quelle sorte d'affection lui porterait-elle pendant la grossesse?
- vivrait-elle l'accouchement comme un abandon? Que pensera t-elle lorsque c'est moi qui prendrait le bébé dans mes bras?
- comment voit-elle nos relations avant/pendant/après?
- comment réagit sa famille à cet idée? comment l'expliquer à ses enfants? est-elle soutenue dans sa démarche?
- comment de notre côté raconter ses origines à notre enfant? Comment expliquer le rôle de cette femme dans sa conception?
Je ne souhaite pas tout raconter de cette relation, il faudrait des pages et de toutes façons c'est pour moi du domaine du privé et de l'intime.
Je peux juste vous assurer que cette femme fait cela de son plein gré avec le désir de faire une "bonne" action en son âme et conscience.
Je précise aussi, qu'elle et sa famille ont une bonne situation et qu'elle n'a vraiment pas besoin de notre argent.
Quand à toutes les autres questions nous avons réussi à trouver des réponses communes avec elle afin que notre projet commun se passe le mieux possible, entre les psy, les médecins, les avocats (oui, cela est compliqué).
Finalement si abandon il y a, il se résume à la perte supposée des repères biologiques du bébé passant d'un corps familier de 9 mois aux bras d'une autre personne.
Ces 9 mois ne sont pas neutres, ils existent, mais un enfant s'attache à la personne qui prend soin de lui à sa naissance, c'est à dire à ses parents, nous.
Cet enfant aura été entouré avant, pendant, après la grossesse, donc non, je ne pense pas qu'on puisse parler d'abandon, jamais nous ne donnerions pas naissance à un enfant si nous pensions lui faire du mal ainsi ou à tout autre personne.
C'est une aventure avant tout humaine, et que nous réussissions ou pas, je trouve le geste de cette femme absolument formidable.
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Vous êtes bien là déjà dans la déshumanisation (transformer cela en simple soin) et dans la marchandisation
(la tiers personne prenant la dimension de simple machine au sein d'un processus de soin).
Désolé si je vous blesse, je n'exprime que ce que je pense.
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Je pense que je viens de répondre à cela. Le processus de la GPA dans notre histoire implique une relation humaine poussée
avec une autre femme parfaitement consciente de ce qu'elle fait et qui n'a rien d'un utérus sur pattes à louer ou d'une femme du tiers monde en esclavage.
Oui c'est complexe, oui, les dérives sont possibles, et c'est bien pour cela qu'il faut encadrer et légiférer.
Ecrit par : Véronique | 29.10.2009
Désolé pour mes excès (sur l'adoption) et l'emploi malheureux du mot "simple"
Sinon, pour le reste :
- légaliser serait une solution mais n'évite en rien les abus et risque de dérives éthiques, morales et surtout d'esclavage moderne (mots forts).
C'est cela le coeur du problème pour moi : aucun moyen légal ne pourra éviter, comme c'est le cas dans tous les payx où la GPA est légalisée, ces dérives.
Pour satisfaire un désir égoïste (n'y voyez pas mal, je veux dire qui ne concerne qu'une personne) doit on ouvrir la boite de Pandore ?
Autre point : vous vous méprenez sur ce que je pense de l'adoption. Je me réjouis au contraire que de moins en moins d'enfants ne soient vendables (adoptables) à l'étranger.
La seul différence, c'est que j'admets qu'il peut y avoir des personne sans enfants. Et ce même pour raison médicale. Je sais que cela est dur, mais je ne crois pas au "droit à l'enfant"... (même si je reconnais l'article 16 des droit de l'homme, à fonder une famille)
Ecrit par : Chezfab | 29.10.2009
Aucun soucis pour vos mots ou les incompréhensions mutuelles, vous êtes déjà bien plus renseigné pour débattre de la question que nombre de personnes qui se permettent de donner un avis sans savoir de quoi ils parlent. Cet échange était intéressant.
La légalisation de la GPA n'est pas facile, il faut la penser effectivement.
S'il fallait se rapprocher d'exemples, regardez le cas de l'Angleterre qui va plutôt dans le bon sens selon moi.
Le "droit à l'enfant" je ne le revendique pas, je ne vais pas attaquer en justice l'état où qui que ce soit parce que je n'ai pas d'enfant. Je ne demande même pas réparation pour le distylbène que ma mère à ingérée durant sa grossesse et qui est à l'origine de mon histoire.
Mais le droit d'essayer avec l'aide de la médecine, oui je le revendique.
Je comprends votre position, essayez de comprendre la mienne et à chacun de se faire une idée.
Bonne soirée.
Ecrit par : Véronique | 29.10.2009
Je connais assez bien le cas anglais, et tout n'y est pas rose.
Et n'allez pas croire que je comprenne pas votre point de vue. Mais comprendre n'est pas accepté (vous voyez ce que je veux dire)
Cordialement,
Fab
Ecrit par : Chezfab | 30.10.2009
Je me permets de réagir car j'ai lu les propos de Véronique écrivant que « C'est donc un "traitement" dans le sens "solution à un problème médical grave donné", en effet. » « Mais le droit d'essayer avec l'aide de la médecine, oui je le revendique. »
De tels propos sont vraiment choquants.
La médecine, oui. La FIV, oui. Mais là ce n’est plus de la médecine.
Excusez-moi, Fab. Mais moi je ne suis pas aussi calme que vous. Comprendre n’est pas accepter, comme vous avez raison.
« Nous ne sacralisons pas les liens du sang, mais je pense par contre que la société sacralise les liens de la grossesse! »
Il serait plus honnête d’écrire que vous estimez que les liens du sang sont plus importants que ceux de la grossesse.
« Je peux juste vous assurer que cette femme fait cela de son plein gré avec le désir de faire une "bonne" action en son âme et conscience.
Je précise aussi, qu'elle et sa famille ont une bonne situation et qu'elle n'a vraiment pas besoin de notre argent. »
Chaque fois que j’ai entendu parler des gens devenus parents pas la gestation pour autrui, à la télé ou dans les magazines, c’était toujours avec des femmes formidables, absolument désintéressées, n’ayant surtout pas besoin d’argent, avec qui ces parents vivaient une super relation. Mais … , il y a un mais, refusant catégoriquement de la considérer comme la mère de leur enfant (et la mère porteuse était dit-on d’accord d’être la solution à un problème médical). Ca ne leur venait même pas à l’idée qu’ils étaient dans le même cas que des parents adoptifs ayant rencontré une femme abandonnante pendant sa grossesse et permettant à l’enfant d’être accueilli par ses nouveaux parents dès la naissance.
pourtant, il faudrait distinguer le discours conscient, et les motivations et le ressenti inconscients.
Quand à prétendre que légaliser éviterait la marchandisation, c’est évidemment utopique. Et comment trouverait-on suffisamment de mères porteuses dans l’hexagone alors que de nombreux couples qui désirent un don d’ovocyte se rendent en Espagne pour que l’attente soit moins longue ? sinon en payant en liquide, ce qu’il en serait pas possible de contrôler.
Merci Fab pour votre site et votre pondération.
Ecrit par : Emma | 30.10.2009
@ Emma : merci à vous, surtout, de le faire vivre en commentant comme vous le faites. C'est par l'échange que l'idée nait ;)
Ecrit par : Chezfab | 30.10.2009
Les commentaires précédents illustrent mes premières remarques. Nous sommesdans un domaine dans lequel l'affect, le vécu individuel, est intense. En conséquence, tous les dérapages sont possibles car l'indispensable des uns rejoint l'inacceptables des autres.
Il faut donc, en ces domaines de procréation, disposer de deux dimensions : celle du cadre général, rigoureusement balisé, et à l'intérieur de ce cadre, celui du particulier qui doit faire l'objet d'une grande personnalisation non généralisable.
Mais, quelque soit le cas, des références et questionnements de base doivent guider la démarche. Celui qui n'a rien choisi, l'enfant, ne doit en aucun cas subir des douleurs à venir.
Dans le cas d'une mère porteuse, j'imagine l'enfant qui se dit :
- Vous, mes parents de coeurs, ce n'est pas moi que vous aimez, mais seulement l'enfant que vous vouliez avoir.
- Toi, ma mère biologique, je ne valais pour toi rien d'autre qu'un paquet d'argent.
Il y a bien suffisamment des enfants rejetés, orphelins, mal aimés. Qui profite de la naissance de l'enfant : les parents demandeurs, la mère porteuse, ou l'enfant?
Un enfant ne demande pas à être aimé pour ce qu'il représente mais pour ce qu'il est. C'est le fondement même de la personnalité.
Ecrit par : Jean Philippe | 30.10.2009
Cet article est aussi posté sur Agoravox, et donc le commentaire que j'y ai fait s'applique ici à l'identique. C'est en effet un article un peu trop caricatural et repose sur certaines contre-vérités, ce qui est d'ailleurs le point commun de la quasi-totalité des déclarations des détracteurs de la GPA. Cela se vérifie dans certains commentaires disons très éloignés de la réalité (mention spéciale à Zench). Quelques points suffisent à comprendre la réalité de la problématique débarrassée de moralisme réactionnaire :
Aucun couple infertile, aucune association qui les représente n’évoque cet étrange concept de droit à l’enfant.
Les couples infertiles invoquent le droit à fonder une famille (article 16 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme) et le droit à bénéficier équitablement de soins et de la protection de la santé (préambule de la Constitution française, article 11 de la Charte Sociale Européenne, Convention internationale de l’OMS…).
L’infertilité est reconnue comme une maladie par l’OMS.
Il y a de l’AMP dans tous les pays, y compris dans ceux où le taux de natalité est élevé et où l’adoption est ouverte. L’OMS finance un programme de FIV à bas coût pour en faciliter l’accès dans les pays en développement.
La gestation pour autrui est légalement encadrée dans la plupart des états ou provinces des USA, du Canada et de l’Australie, le Royaume Uni, Israël, la Russie, la Géorgie, l’Ukraine, les Pays-Bas, le Danemark, la Nouvelle Zélande, la Corée du Sud, l’Iran, le Brésil, l’Afrique du Sud, la Grèce, la Roumanie. Dans des pays comme la Hongrie, l’Irlande, la Pologne, la République Tchèque, la Belgique et l’Inde, la loi autorise la GPA sans l’encadrer, mais laisse la régulation des pratiques se faire au travers des codes de santé quand ils existent. Néanmoins, des projets de loi sont en cours dans ces derniers pays pour réguler les pratiques dans un cadre plus strict de consentement libre et éclairé, mais aussi pour traiter les questions de filiation.
Il est à noter que la plupart de ces pays, au contraire de la France, ont fait une différence entre la gestation pour autrui et la procréation pour autrui. Cette dernière est généralement soit interdite, soit relevant du dispositif légal de l’adoption (USA et Canada par exemple).
Un nombre plus faible de pays ont interdit la GPA : l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne, la Suisse… Dans la majorité des cas, l’interdiction de la GPA est associée à celle du don d’ovules, voire du don de sperme).
L’interdiction pousse les couples infertiles à l’étranger voire dans la clandestinité. C’est bien la prohibition actuelle en France qui pousse les couples à se rendre dans des pays où la gestation pour autrui n’est pas forcément encadrée, et donc à s’exposer à des dérives commerciales, à du chantage à l’enfant (demandes d’argent) voire à des problèmes médicaux, et dans tous les cas à des problèmes de filiation insolubles.
L’on constate d’ailleurs une recrudescence de cet exode procréatif, voire de la pratique clandestine en France. Or, tout accouchement sous X est déclaré aux équipes de l'ASE dans les hôpitaux et il y a systématiquement une enquête ordonnée au plan local. Les couples s’exposent donc à des poursuites judiciaires qui ne seraient pas dans leur intérêt ni bien sûr dans celui de l’enfant. D’où l’urgence à légiférer et à conférer aux enfants un statut équitable.
Ecrit par : Cristophe | 31.10.2009
"L’interdiction pousse les couples infertiles à l’étranger voire dans la clandestinité"
On peut remplacer le mot infertilité par celui que l'on veut et ainsi, on ouvre la porte à toutes les dérives. On pourrait mettre le mot polygamie, par exemple.
Christophe ne semble pas avoir compris que ce qui fait problème est le risque de marchandisation incontrolée du corps.
Alors,soyons crus. imaginons un personnage tenant sous sa coupe plusieurs femmes dont la mission est d'utiliser leur corps pour satisfaire les désirs et attentes naturelles d'autres personnes. Comment appelle-t-on cela?
Ecrit par : Jean Philippe | 01.11.2009
Jean-Philippe,
Mon commentaire intègre tout à fait le risque de la marchandisation que je décrit d'ailleurs de façon plus large que d'autres. En effet, on oublie souvent de dire que dans les quelques cas qui ont défrayés la justice cette dernière décennie, c'est la mère porteuse qui a exploité le couple infertile et non pas le contraire, comme dans ces deux cas où elle a vendu l'enfant en Hollande après avoir prétendu avoir fait une fausse couche. Au passage, il est aussi utile de rappeler que ces deux affaires avaient pour point de départ la Belgique, pays où il n'y a pas d'encadrement légal de la GPA.
De fait, dans toute activité humaine, on encadre pour éviter les risques, car la prohibition n'a jamais marché. Car elle débouche sur les pratiques clandestines ou dans d'autres pays qui n'ont pas tous mis en place des cadres éthiques pour la GPA. C'est exactement ce qui se passait avec l'IVG avant les lois des années 1970.
Quant à la référence à la polygamie (pourquoi pas le canibalisme ou l'inceste tant que vous y êtes !), elle ne vous honore pas, mais au contraire montre la faiblesse de vos arguments.
Ecrit par : Cristophe | 01.11.2009
Jean-Philippe, vous écrivez :
« Dans le cas d'une mère porteuse, j'imagine l'enfant qui se dit :
- Vous, mes parents de coeurs, ce n'est pas moi que vous aimez, mais seulement l'enfant que vous vouliez avoir.
- Toi, ma mère biologique, je ne valais pour toi rien d'autre qu'un paquet d'argent.
Il y a bien suffisamment des enfants rejetés, orphelins, mal aimés. Qui profite de la naissance de l'enfant : les parents demandeurs, la mère porteuse, ou l'enfant? »
Quel culot vous avez en osant poster avec aplomb des mensonges abyssaux et des déductions consternantes !
Un couple infertile ne pourrait pas aimer la femme qui porte leur enfant parce qu’ils aiment l’enfant à naître ? Grosse ficèle d’opposer les personnes pour seul argumentaire. L’adoption contre la GPA, les couples infertiles contre les couples qui procréent sans aide… C’est absurde ! Depuis quand aimer quelqu’un empêche d’avoir de l’affection et du respect pour une autre personne ! De plus, la réalité est toute autre : comme le démontre toutes les études sur le sujet, la quasi-totalité des parents d’enfants nés par GPA continuent d’avoir des relations après la naissance avec la femme qui a porté leur enfant. Lisez le livre Interdits d’enfants (Editions Michalon) et vous réaliserez que ce que vous « imaginez » comme vous le dites n’est pas à votre honneur et surtout bien éloigné de la réalité.
De même, il est tout à fait délirant de mettre dans le même sac des enfants rejetés, orphelins ou mal-aimés. Tout d’abord, les orphelins ne représentent qu’une fraction très réduite des enfants adoptables ou adoptés dont on rappelle qu’ils ne sont qu’environ 700 par an (à comparer aux 20 000 naissances par AMP !). D’autre part, s’il fallait retirer de leur famille des enfants parce qu’une personne à la psychologie de bazar comme vous estime qu’ils sont rejetés ou mal-aimés, ce sont des centaines de milliers de familles qui seraient brisées chaque année ! Soyons sérieux, à l’ASE, on parle d’abandon ou de maltraitance avérée, et on essaye de trouver des remédiations qui permettent de maintenir et de redévelopper un lien familial. Votre imagination relève franchement de la paranoïa et en dit long sur ce qui alimente le rejet de la GPA par quelques individus. Cela tourne même au comique avec cette interrogation « à qui profite la naissance de l’enfant ? » Que pourrait bien dire l’idée d’une naissance qui ne profite pas à l’enfant ? Un droit à ne pas naître ? Mais interdire d’enfants une catégorie de la population au nom de l’intérêt de la société et de l’enfant à ne pas naître, cela rappelle l’objet de politiques de stérilisations massives menées en Amérique du Nord ou en Scandinavie il n’y a pas si longtemps. Ces politiques ont été qualifiés à juste titre d’eugénisme social. Enfin, un esprit un tout petit peu logique pensera à juste titre que lorsque le don d’une personne, qu’il soit de gamètes ou de gestation, permet d’atteindre ce qu’elle souhaitait, en l’occurrence la naissance d’un enfant chez un couple stérile, il lui apporte une satisfaction personnelle. C’est d’ailleurs ce que nous disent les nombreuses études sur le sujet et ce que je constate autour de moi.
Ecrit par : Cristophe | 01.11.2009
Je me permets de mettre ici le commentaire que Cristophe à posté sur Agoravox et ma réponse. Et ce afin d'éviter les "allusions croisées". Si cela pose problème, merci à Cristophe de m'envoyer un mail pour me le dire.
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Tout d’abord, c’est en connaissant l’éthymologie du mot exode que l’ai utilisée à bon escient, comme beaucoup de personnes qui travaillent sur cette question.
Concernant les contre-vérités, vous dites : "Mais l’idée du « droit à l’enfant » avancée par les défenseurs de la solution des mères porteuses est plutôt un droit à avoir SON enfant, qui porte ses gènes." Gros mensonge, je vous mets au défit de nous montrer un couple infertile ou une association de couples infertiles avancer celà. De plus, alors que 97% de la population a des enfants génétiquement liés, il est plus que ridicule d’y voir là un crime moral comme vous le faites.
Autre contre-vérité implicite quand vous dites : "Un enfant qui porte mes gènes est-il plus mon enfant qu’un enfant adopté ?" Vous opposez alors l’adoption à la GPA, ce que ne font pas les couples infertiles. Cela repose surtout sur une imposture : seulement 6% des couples qui font la démarche d’adopter adopteront réellement. 94% des couples resteront sur le carreau après avoir passer de nombreuses années pour rien. Et vous allez leur dire de suivre vos billeversées pour renoncer à une solution comme la GPA ?
Un sommet de contre-vérités est atteint quand vous dites : "Les solutions intermédiaires et salvatrices peuvent être mises en place bien plus vite et de façon plus efficace que de légaliser les mères porteuses. Ainsi pouvons-nous envisager une refonte des règles d’adoption (en ouvrant le plus largement possible pour les adoptants), le droit d’utiliser les dons de spermes pour ouvrir une procréation plus libre (alléger les règles mises, sans pour autant négliger l’éthique bien sur). Ces deux mesures, mises en œuvre rapidement, permettraient d’éviter bien des soucis."
L’ONU vient de condamner la France pour manque d’éthique en matière d’adoption, notamment pour ne pas assez tenir compte des liens familiaux existants en mettant trop souvent des enfants en adoption en les arrachant à leur milieu de naissance. C’est dire jusqu’où tout a déja été fait, voir trop fait, vous augmenter le nombre d’enfants adoptables ! Quant au don de sperme, il est sans effet aucun sur les demandes de GPA dont la cause est d’ordre utérin. C’est dramatique de votre part de vous permettre de juger les gens en méconnaissant pareillement le sujet. Votre aveuglement idéologique vous fait nier la réalité, tout simplement.
C’est ce qui vous fait voir chez une femme qui veut aider un couple infertile qu’un simple outil de production ou un simple ventre. Quel mépris ! D’autant plus que selon le sondage Ipsos de décembre 2008, 17% des Françaises se déclarent prêtes à porter l’enfant d’autrui, et 39% quand cet autrui est un proche. Pour moi, l’attitude généreuse des femmes françaises est la meilleure réponse aux gens qui comme vous ne peuvent imaginer que bien des femmes ont une démarche généreuse et raisonnée. Elles sont bien plus ouvertes et au courant que vous !
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Oui, le mot exode est magnifiquement utilisé par beaucoup de défenseurs de la GPA, en effet. Parce qu’il est fort et offre une vision disons appocalyptique d’une situation loin de l’être, même si je ne nie pas la douleur personnelle que le fait de ne pas avoir d’enfant peut entrainé. C’est un peu la technique sémantique habituelle lorsque l’on défend une cause (et j’en use aussi parfois), c’est à dire trouver le mot le plus violent possible mais le plus acceptable limite.
Je ne vois aucun crime moral dans ce que vous affirmer, par rapport à vouloir une filiation génétique. C’est votre interprétation parce que vous rêvez de pouvoir affirmer haut et fort que je suis un réactionnaire. C’est plutôt l’inverse : je trouve désuet qu’au 21 ème siècle, après toutes les définitions nouvelles de la famille, on en soit encore à glorifier le génome. C’est tout. Donc, exige une filiation n’a rien d’un crime moral à mes yeux, c’est juste pour moi d’un archaïsme et d’un rétrograde surfait, voir dangereux.
Extraire une question ("Un enfant qui porte mes gènes est-il plus mon enfant qu’un enfant adopté ?") pour batir votre théorie est intéressant. Mais vous ouvrez une généralisation que je ne fais pas. En effet, vous remarquerez que j’ai soigneusement pris le temps de lier cette question à la position précédente dans le texte. Et pas, non jamais, généralisé. Quand à votre affirmation sur "Et vous allez leur dire de suivre vos billeversées pour renoncer à une solution comme la GPA ?", je vais vous dire : non, mais je suis persuadé que tout le monde ne peut pas avoir un enfant, et qu’il est dangereux d’en faire un prérequis d’une vie heureuse. Désolé si cela vous choque, mais oui, dans ce monde, et malgré tous les progrès de la science, j’admets que tout le monde ne peut pas avoir d’enfant. C’est la différence entre votre présupposé (toute personne à le droit à un enfant) et le mien.
Oui l’ONU "réprimendé" la France, mais pas seulement sur l’adoption : http://www.santelog.com/modules/con...
Il y a bien d’autres sujet comme on peut le voir. Alors bon, oui, tout a été tenté peut être, et alors ? Cela ne change en rien le fond : doit on consiédérer qu’un enfant est une obligation, et si oui autorisé la GPA ? Cela ne change rien à la vision que j’ai de la GPA...
D’autre part, je ne juge pas, je donne un avis. Je n’ai à aucun moment condamné qui que ce soit, simplement souligné une dérive que je sens poindre, et ce surtout en observant les dérives dans les pays l’ayant légalisé (CF les rapports sur les USA et le Royaume Unis, ou sur les pays de l’Est).
C’est dingue les chiffres. Alors un sondage démontre que 17 % des femme seraient prêtes à et vous voilà à dire qu’après tout ... on peut bien le légaliser pour toutes :). Et c’est moi qui généralise ? Blague à part, je ne doute pas un instant que certaines personnes font cela par pur bonté, générosité et ouverture d’esprit. Et je dirais même que j’ai une certaine admiration pour elles. Noté aussi au passage que vous êtes sacrément gonflé d’affirmer que je ne verrais ces femmes que comme des "ventres" alors que j’affirme exactement le contraire !
Ce que vous ne semblez ne pas saisir, c’est que légaliser revient à mes yeux à ouvrir une boite de Pandore : celle de la dérive marchande. Car comme pour les enfants à adopter, pensez vous réellement que l’on trouvera assez de personne acceptant une GPA ? Ne voyez vous donc pas poindre les dérives très prévisibles ?
Et autre chose : vous avez une vision réductrice fort simple ; pour vous la GPA n’est que pour les couples hétérosexuels ayant une personne de sexe féminin présentant un problème spécifique... Mais pourquoi le législateur limiterait-il cela à ce type de couple exclusivement ?
Je veux bien que l’on me traite de salopard, mais c’est un peu facile quand on le fait non pas sur le sujet, mais en extrapolant. Mon texte souligne les dérives possibles, les risques, n’est en rien un jugement de morale ou de valeur. Si ce n’est peut être une valeur un peu éthique, vaguement protectrice des plus démunis.
Ecrit par : Chezfab | 01.11.2009
Et pour mémoire, cet excellent travail effectué par le Sénat de comparatif des différentes législations :
http://www.senat.fr/lc/lc182/lc1820.html
Ecrit par : Chezfab | 01.11.2009
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Je me permets de réagir car j'ai lu les propos de Véronique écrivant que « C'est donc un "traitement" dans le sens "solution à un problème médical grave donné", en effet. » « Mais le droit d'essayer avec l'aide de la médecine, oui je le revendique. »
De tels propos sont vraiment choquants.
La médecine, oui. La FIV, oui. Mais là ce n’est plus de la médecine.
Excusez-moi, Fab. Mais moi je ne suis pas aussi calme que vous. Comprendre n’est pas accepter, comme vous avez raison.
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Le cadre médical est le premier pas le plus sur pour borner les choses et éviter les abus.
C'est bien par un problème médical que notre projet commence. Notre gynéco nous a dit à un moment donné "Sur le plan strictement médical, la GPA est la solution la plus adaptée dans votre cas".
Cela étant dis, j'ai aussi dit tout de suite après "Dans la pratique, le processus de la GPA est évidemment bien plus complexe qu'un simple "acte médical" puisqu'il implique des personnes, des familles et surtout un enfant.".
Puis j'ai expliqué tout le processus humain pour montrer qu'on passait infiniement plus de temps à discuter avec cette femme qu'avec les chirurgiens!
Si je prends la peine de développer longuement mon expérience, ce n'est pas pour voir une phrase tirée de son contexte pour déformer mes pensées.
Je n'ai jamais demandé à Fab d'accepter mais de juste comprendre mon histoire, justement.
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Il serait plus honnête d’écrire que vous estimez que les liens du sang sont plus importants que ceux de la grossesse.
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Non, les liens d'éducation, d'affectation et de vie commune sont les plus importants. Sinon nous n'adopterions pas également!
Un enfant s'attache aux personnes qui s'occupent vraiment de lui, ses parents. Après si vous doutez de mon honnêté ou pensez que j'ai un probleme de conscient/inconscient, je n'ai ni les moyens ni la volonté de vous convaincre.
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Chaque fois que j’ai entendu parler des gens devenus parents pas la gestation pour autrui, à la télé ou dans les magazines, c’était toujours avec des femmes formidables, absolument désintéressées, n’ayant surtout pas besoin d’argent, avec qui ces parents vivaient une super relation. Mais … , il y a un mais, refusant catégoriquement de la considérer comme la mère de leur enfant (...)conscient, et les motivations et le ressenti inconscients.
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Nous vivons en effet une relation intense avec une femme formidable.Effectivement elle ne sera abolument pas la mère de l'enfant. Elle aura porté notre enfant 9 mois. Il n'y a aucune confusion à ce sujet ni dans sa tête et ni dans la nôtre.
A ce propos, l'encadrement légal dans certains pays impose des séances de psy spécialisés dans la question afin de vérifier que toutes les motivations et ressentis sont clairs pour chacun.
Cette femme veut nous aider librement avec le soutien de sa famille, notre enfant sera entouré, aimé et n'aura aucun problème identitaire si ce n'est une histoire différente des autres que nous ne lui cacherons absolument pas. A qui portons-nous tort dans cette histoire?
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Ca ne leur venait même pas à l’idée qu’ils étaient dans le même cas que des parents adoptifs ayant rencontré une femme abandonnante pendant sa grossesse et permettant à l’enfant d’être accueilli par ses nouveaux parents dès la naissance.
pourtant, il faudrait distinguer le discours conscient, et les motivations et le ressenti inconscients.
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Je ne vois pas où est l'abandon. Cet enfant est attendu depuis des années, ce projet est le nôtre et cet enfant nous ne l'abandonnerons jamais. Le fait que cette femme nous aide à porter notre enfant ne fait pas d'elle sa mère. Nous ne lui causons aucun tort, ni à elle, ni à sa famille et encore moins à cet enfant.
En parlant des enfants GPA, je pense qu'ils sont tellement attendus et que leurs parents en ont tellement bavés que je ne me fais aucun soucis sur leur vie affective et familiale, du moment que tout soit fait dans la transparence et dans la légalité.
Ces parents connaissent mieux que quiconque leur chance et leur responsabilité de parents.
J'aimerais sincèrement être sure de pouvoir dire la même chose pour tous les enfants nés naturellement.
Le cas d'une femme qui accouche sous X quand elle s'aperçoit que finalement, tout bien réfléchit, elle ne veut plus du gosse m'apparait mille fois plus choquant que tous les projets GPA du monde.
Cela vous parait caricatural et réducteur comme exemple? Pas plus que les idées reçues sur la GPA.
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Quand à prétendre que légaliser éviterait la marchandisation, c’est évidemment utopique. Et comment trouverait-on suffisamment de mères porteuses dans l’hexagone alors que de nombreux couples qui désirent un don d’ovocyte se rendent en Espagne pour que l’attente soit moins longue ? sinon en payant en liquide, ce qu’il en serait pas possible de contrôler.
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Est-ce une raison pour ne rien faire?
Les moeurs et les lois évoluent en parallèle, pas à la même vitesse, pour faire en sorte que telle ou telle pratique soient plus accessibles et éviter les abus.
Quand bien même si une loi ne règle pas tout elle ne peut qu'améliorer une situation arnarchique où les gens s'enfoncent dans la clandestinité (France) ou bien nagent dans le vide juridique (Belgique) ou la marchandisation des corps (Inde), et où tout le monde est victime.
Nous avons maintenant suffisamment de recul pour voir ce que la GPA donne dans divers pays l'ayant légalisée. Je pense que nous sommes capables de légiférer pour tirer les leçons de ces expériences.
Ecrit par : Véronique | 02.11.2009
Non Chezfab le rapport du Sénat sur la comparaison des législations dont vous donnez le lien vers la synthèse est très loin d’être un excellent travail.
Tout d’abord, il est très important de ne pas oublier l’avertissement donné par le rédacteur :
« L'arrêt de la cour d'appel de Paris conduit ainsi à s'interroger sur la pratique de la gestation pour autrui à l'étranger, non seulement en Europe, mais aussi en Amérique du Nord. Dans cette perspective, les dix pays suivants ont été retenus : l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suisse, le Canada et les États-Unis. »
Ce choix est fortement contestable car il oublie d’étudier deux législations européennes qui autorisent et qui encadrent la gestation pour autrui : la Grèce et la Roumanie.
De plus, l’analyse des USA est franchement fausse : il est dit : « Aux États-Unis, il n'existe aucune législation fédérale sur ce sujet et les États acceptant la gestation pour autrui constituent une minorité. La Californie en fait partie : la jurisprudence de cet État attribue en effet la filiation maternelle à la mère génétique même si elle n'a pas porté l'enfant. De plus, elle permet aux parents commanditaires d'obtenir avant la naissance une décision judiciaire leur attribuant la filiation lorsqu'ils ont un lien générique avec l'enfant. Dans les autres États, la situation juridique est souvent incertaine parce que la législation est fragmentaire et que la jurisprudence n'est pas confirmée. »
En réalité, il y a 14 états qui ont une législation qui autorise et encadre la GPA, et dans 11 autres c’est la jurisprudence qui autorise et encadre la GPA. Ainsi la GPA est majoritaire aux USA contrairement à ce que raconte le rapport du Sénat. De plus, la filiation d’un enfant né par GPA n’a aucunement pour base la génétique, mais l’intention d’être parent (exactement comme pour le don de sperme en France).
Quelques perles : le rapport dit : « Parmi les États qui ne sont pas favorables à la gestation pour autrui, certains (Kentucky, Indiana, Louisiane et Nebraska) déclarent les contrats de gestation pour autrui nuls, tandis que d’autres (New York, Michigan et Washington) érigent en plus la gestation pour autrui à titre onéreux en infraction pénale. »
En réalité pour ces états :
Indiana, Louisiane, Michigan, Nebraska et New York : la GPA est interdite (ces états font partie des neufs qui ont voté une loi d’interdiction).
Mais en Kentucky, la GPA est autorisée par jurisprudence.
Et d’autre part, dans l’état de Washington, il a été voté une loi autorisant la GPA comme dans 13 autres états passés sous silence ! (Arkansas, Floride, Illinois, Nevada, New Hampshire, Nouveau Mexique, Oregon, Rhode Island, Tennessee, Texas, Utah, Virginie, WestVirginia).
De même, il eut été pertinent de citer aussi les législations Australiennes, De Nouvelle Zélande, d’Israël parce qu’elles ont une vingtaine d’années, ce qui permet d’en juger la pertinence dans leur capacité à éviter les dérives qui sont agitées pour que rien ne change.
Au final, on ne peut être que déçu par l’étude du Sénat sur les législations, d’autant plus qu’elle est largement instrumentalisée pour dire que les états qui ne sont pas cités interdisent la GPA ! Idem pour les états européens où la GPA n’est pas traitée par la loi et où on assiste à une forte pratique de la GPA comme en Hongrie, Pologne, République Tchèque, Irelande…
Ecrit par : Cristophe | 02.11.2009
@ Véronique :
Deux points. Attention à ne pas aller dans un excès inverse en laissant croire que le désir d'enfant, ou l'attente, donnerait des parents meilleurs que ceux pouvant procréer sans GPA... D'abord parce que l'amour ne fait pas forcément de bons parents, ensuite parce que c'est tout simplement faux de lier les deux . La hiérarchisation tendant à rendre les "attendants" d'enfants adoptés ou par GPA meilleurs que les autres est juste propagandiste et faite pour se faire plaisir...
Ensuite, affirmer qu'il n'y a pas d'abondon, en se plaçant juste du côté de ceux qui élèveront l'enfant, c'est, que vous le vouliez ou non, nier une part importante de l'enfant, celle des "premières minutes de vies" (je sais pas si vous voyez ce que je veux dire). Je ne pense pas que l'on parle de jugement de valeurs...
@ Cristophe : tout est contestable, c'est le principe mais ce rapport à la force d'exister.
Mais encore une fois, je me situe plus sur le chemin de la philosophie que de la législation, tout comme Agacinski dans ce texte : http://www.lesquotidiennes.com/soci%C3%A9t%C3%A9/selon-sylviane-agacinski-la-grossesse-pour-autrui-est-un-nouvel-esclavage.html
Ecrit par : Chezfab | 02.11.2009
Exode : nom formé à partir d’un terme grec « exodos » lui-même composé de 2 éléments :
"ex-" : "au-dehors"
"hodos" : la route
L’exode veut dire littéralement « marcher en dehors de la route » et est donc le contraire de l’académie qui vient également du Grec (l’école de Platon où les élèves recevaient l’enseignement du maître en marchant ensemble dans le parc). Exode procréatif me semble autrement plus pertinent que le mot « tourisme procréatif » car l’AMP n’a franchement rien du tourisme.
Pour la fixette que vous faites sur le génétique, allez-vous dire à 97 % des parents qu’ils sont « d’un archaïsme et d’un rétrograde surfait, voir dangereux » parce qu’ils ont un lien génétique avec leur enfant ? Et on peut vraiment s’interroger sur la réalité du prétendu danger que vous invoquez. Si les gênes n’avaient aucune importance et se dissolvaient dans les bons sentiments, on n’assisterait pas à une majorité de séparation dans les familles issues de don de sperme, et de même on n’aurait pas 16% des enfants placés dans une famille en vue de l’adoption qui se retrouvent au final dans une situation où les parents demandeurs refusent de les adopter. En fait, vous vous méprenez sur les motivations de la GPA : c’est avant tout un désir de participer à la venue au monde d’un enfant et cela ne peut se caricaturer au seul aspect génétique.
Beaucoup de votre discours tourne autour du tout ou rien alors que les questions complexes nécessitent un respect du pluralisme des comportements. Des couples décident de vivre sans enfants ? Très bien, mais pour d’autres, c’est la séparation, la dépression voir le suicide. 17 % des femmes se disent prêtes à porter l’enfant d’autrui (et 39% quand l’enfant d’autrui est un proche, merci de ne pas oublier ce point) ? Très bien, et cela n’empêche pas de respecter celles qui font un autre choix. 55% des Français pensent qu’ils auraient recours à la GPA en cas de nécessité si cela était légal. Respectons leur choix, tout comme ceux qui en font un autre. Le tout est que ce choix soit assumé et que personne ne cherche à l’imposer aux autres. Corine Pelluchon a écrit dans le Monde une phrase qui me semble très pertinente : « On peut penser que le don, qui échappe à la logique du donnant-donnant, de l'échange, et qui n'implique aucune discussion sur la filiation de l'enfant et donc aucun abandon, est à peine croyable. Mais, si le droit n'exige pas la sainteté, si la loi ne nous demande pas d'être de Bons Samaritains, elle ne doit pas non plus l'empêcher. »
Vous dites que je ne vois que l’infertilité féminine dans la GPA, et rien sur l’homosexualité ? C’est absolument faux et je ne vous autorise pas à spéculer sur mes pensées. Je parle d’inclure la GPA dans le cadre global français de l’AMP, car c’est un sujet où je m’estime légitime. Ouvrir la question de l’accès à l’AMP pour les couples de même sexe est une autre question qui me semble légitime, mais pour laquelle je ne me sens pas compétent pour défendre une opinion. Il me semble que le préalable serait de solutionner une autre question qui est la parenté des couples de même sexe, où l’expérience que je peux avoir auprès d’amis me fait penser que ce serait une bonne chose de reconnaître les droits et responsabilités de ces familles.
Quant à l’argumentation de la boîte de Pandore, je le trouve totalement irresponsable et à des kilomètres de la réalité. Tout d’abord, toute activité a besoin d’être régulée, il n’existe aucune liberté absolue, ne serait-ce parce qu’il faut des points de repère ! Comment voulez-vous qu'un consentement soit éclairé si le cadre n'est pas défini ? Le mariage n’est-il pas encadré ? Est-ce que cet encadrement prive de libertés nos concitoyens ? En quoi la légalisation de la GPA dans le cadre de l’AMP ouvrirait la porte à d’autres prétendues dérives, que de plus les pouvoirs publics ne sauraient juguler ? Cette thèse n’a aucun sens, et l’expérience des pays étrangers qui ont mis en place un cadre légal depuis 20 ans pour la GPA montre la pertinence de ce cadre à éviter les dérives. Au contraire de la situation de la prohibition française qui pousse des gens à la clandestinité sur le sol national, et donc de risquer d’être à la merci d’aigrefins qui profitent de ces situations. Nous avons connu cela avec l’IVG en France : sa dépénalisation ne s’est pas traduite par une augmentation du nombre d’avortements comme les prêcheurs d’apocalypse le criaient. Idem pour la contraception. Cet argument relève franchement de la tarte à la crème, comme l’a très bien démontré Ruwen Ogien dans son dernier livre.
Ecrit par : Cristophe | 02.11.2009
@ Cristophe : interdire c'est ... réguler ! Cesser de parler comme s'il n'y avait pas d'interdiction ! Elle est là de fait dans notre pays..
Et le parallèle entre IVG et GPA est pertinent, mais il oublie le fait, comme toujours, que la GPA se fait au moins à 3... et n'est pas un acte personnel.
Quand à spéculer, vous le faites beaucoup aussi. Mais au delà de ça, je commence à avoir un peu de mal avec votre agressivité feutrée. Je veux bien parler, mais pas être invectivé.
Ecrit par : Chezfab | 02.11.2009
@Fab
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Deux points. Attention à ne pas aller dans un excès inverse en laissant croire que le désir d'enfant, ou l'attente, donnerait des parents meilleurs que ceux pouvant procréer sans GPA... D'abord parce que l'amour ne fait pas forcément de bons parents, ensuite parce que c'est tout simplement faux de lier les deux . La hiérarchisation tendant à rendre les "attendants" d'enfants adoptés ou par GPA meilleurs que les autres est juste propagandiste et faite pour se faire plaisir...
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Je suis d'accord, l'excès inverse serait parfaitement caricatural. Par contre, comprenez justement qu'on demande et qu'on reproche beaucoup plus aux parents "attendants" que les autres, c'est un fait.
Beaucoup de personnes se permettent de nous juger et donc de hiérarchiser: d'un côté les bons parents naturels et de l'autre les apprentis sorciers égoistes, inconscients, choquants.
J'avoue que la tentation de m'abaisser à répondre par le même genre de jugements réducteurs est grande, voyez-vous!
Pour information, je ne me sens aucunement plus égoïste que le couple qui conçoit son enfant sous la couette et parfaitement consciente de mes actes. Quant au côté choquant, j'y survivrai certainement.
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Ensuite, affirmer qu'il n'y a pas d'abondon, en se plaçant juste du côté de ceux qui élèveront l'enfant, c'est, que vous le vouliez ou non, nier une part importante de l'enfant, celle des "premières minutes de vies" (je sais pas si vous voyez ce que je veux dire). Je ne pense pas que l'on parle de jugement de valeurs...
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Pour moi tout le coeur du problème se résume ici. Je pense qu'il est possible de réguler les dérives de marchandisation, de prévenir les risques médicaux et psychologiques, tout est possible par l'évolution de la loi, de la société, des moeurs.
Reste donc uniquement à évaluer l'impact réel de cette "rupture des liens intra-utérins" sur l'enfant, ce qui n'est pas un jugement de valeur mais une recherche de faits.
Mon mari et moi sommes de culture scientifique&médicale et nous nous sommes -beaucoup- renseignés sur ces choses en nous documentant sur les différentes études dans le domaine et les témoignages des personnes concernées, en s'efforçant de garder un regard objectif malgré notre propre désir.
Il se trouve que rien de sérieux et étayé nous fait penser que cet enfant subit un traumatisme (du moment que nous ne lui cachons pas son histoire), sinon nous ne nous engagerions pas.
Ecrit par : Véronique | 03.11.2009
@ Chezfab :
Je parle suffisamment de la prohibition de la GPA en France pour que cela soit très étonnant que l'on puisse penser que je nie l'interdiction contenue dans les lois de 1994. Cette interdiction ne peut être considérée comme une forme de régulation. En effet, le principe de la régulation provient de la définition même du mot réguler : contrôler, modérer, limiter, assurer l'équilibre. L'interdiction ne permet absolument pas de contrôler les pratiques car elles deviennent clandestines, comme se plaisent à le démontrer les documentaires sur le sujet. De plus, cette interdiction ne repose sur aucune notion de modération ou d'équilibre mais sur une intransigeance totale.
Merci de trouver le parallèle avec l'IVG pertinent. Mais si vous lisez un peu le discours pro-life (pince à linge sur le nez recommandée), on y trouve cet argument que la légalisation de l'IVG oublie deux personnes : l'enfant en développement et son père. De fait, de nombreuses études ont mis en évidence les collusions entre pourfendeurs de l'avortement et pourfendeurs des mères porteuses (je ne dis pas GPA car à l'époque il s'agissait de procréation pour autrui, ce qui sensiblement différent). Le parallèle des slogans "baby killing" et "baby selling" est assez révélateur.
Sans vouloir être agressif, je suis toujours demandeur pour avoir une explication concrète de ce contient la boîte de Pandore que vous imaginez.
Ecrit par : Cristophe | 03.11.2009
Puisque vous parlez de S. Agacinski, je met ci-dessous cette analyse d'Eric Waldo qui me semble apporter des éléments concrets de réflexion :
Réalités en pièces : une analyse du livre « Corps en miettes » de S. Agacinski
Ce livre calomnie la gestation pour autrui et apparaît comme un florilège d’omissions, de réalités mises « en pièces » et… de déni. Dès l’introduction, le ton est donné par la citation du livre « Baby business », de Deborah Spar présentée comme une pointure sur le sujet et dont la conclusion serait que les corps de pauvres femmes seraient exploités par l’industrie biotechnique. Dès lors, la tentation est grande de passer directement à cet ouvrage cité, car quel serait l’intérêt de lire un recueil de lieux communs, qui plus est de seconde main ? Question inutile dans les faits, car le livre de D. Spar, professeur d’économie et non de sociologie, développe une toute autre thèse. Dans les affaires de parenté, D. Spar argumente qu'il est temps de reconnaître la vérité commerciale au sujet de la reproduction et d'établir des normes qui régissent ses transactions. Des histoires fascinantes illustrent le fonctionnement intérieur des segments de ce marché : recherche sur les cellules souches, dons de gamètes, gestation et procréation pour autrui, diagnostic préimplantatoire, adoption, et clonage humain, et servent de base à un inventaire des défis moraux et législatifs que notre société va devoir traiter. En résumé, il n’y a rien dans le livre de D. Spar pour alimenter la thèse d’une nouvelle lutte des classes entre mères porteuses en détresse et riches couples corrupteurs comme voudrait nous le faire croire S. Agacinski. En une centaine de pages, par une association de clichés sans lien logique, S.A. tente de justifier bien laborieusement sa thèse a posteriori. A tel point qu’il devient moins pénible de commencer la lecture par la fin pour tenter d’y comprendre quelque chose.
Elle nous explique ainsi qu’une femme qui donne la vie comme une machine à fabriquer les enfants subit une des pires formes d’aliénation. Difficile de comprendre le sens d’une telle déclaration car soyons humbles : personne ne donne la vie, on ne fait que la transmettre. Ensuite, l’infertilité ne serait pas une pathologie et il n’y aurait que des ignorants pour croire que l’on peut soigner une personne en utilisant les organes d’une autre (expression répétée jusqu’à la nausée pour tenter de susciter des peurs chez les biens pensants). L’infertilité est en fait reconnue par l’OMS comme une pathologie et le texte fondateur de l’OMS ne parle pas seulement de soigner des pathologies, mais aussi de « bien-être ». Par ailleurs, la médecine a besoin souvent du corps d’autrui pour soigner : sang, organes, moelle, urines (pour fabriquer certains médicaments), mais aussi pour fabriquer des vaccins ou pour tester des médicaments. Surtout, cette tirade sur l’instrumentalisation d’autrui et le dévoiement de la médecine pour des pratiques qui ne soignent pas des pathologies rappelle l’argumentaire des extrémistes religieux (« l’IVG et la contraception ne sont pas des pratiques médicales car la grossesse n’est pas une pathologie. »).
Mais il est vrai qu’en matière de dogme S. Agacinski ne s’embarrasse pas trop de la réalité, qu’elle met en pièces, et préfère le domaine des mots. Selon elle, Gestation pour autrui serait la dernière imposture verbale du lobby de l’industrie biotechnique pour faire disparaître du champ de vision la femme dont on utilise les organes. Faut-il rappeler que les termes de gestation pour autrui et procréation pour autrui ont été introduits par un rapport commandé il y a vingt ans par Michel Rocard et repris dans le texte des lois de bioéthique de 1994 dans les articles qui ont organisé la prohibition de ces pratiques ? Un lobby qui prêterait le flanc à l’interdiction de son marché « voyou » (expression que l’on retrouve dans presque toutes les pages), lobby déjà taxé de « proxénète » et « d’esclavagiste » serait-il donc purement masochiste ?
Précisons que la procréation pour autrui (mères porteuses par insémination) qui se pratique en dehors du corps médical, -au contraire de la FIV, nécessaire dans la gestation pour autrui-, a toujours été critiquée par ce même corps médical. Une exploration historique des déclarations du Pr Frydman à la fin des années 80 (« ces personnes n’ont pas besoin de la médecine, leur seul problème est qu’elles refusent les relations sexuelles ») rappelle que nombre de médecins de la reproduction assistée de l’époque ont vu dans les mères porteuses une concurrence artisanale déloyale. En effet, à l’époque où les débuts de la FIV se caractérisaient par des coûts très élevés et des taux de réussite très bas, l’insémination artificielle bricolée à la maison offrait un rapport qualité / prix incomparable. Ceci explique sans doute l’acharnement du même Dr Frydman à continuer aujourd’hui d’amalgamer procréation pour autrui et gestation pour autrui sous le vocable de mères porteuses et de faire alliance avec S. Agacinski pour les vouer aux gémonies. Le fait que le Dr Frydman soit un leader -certes contesté- de l’industrie biotechnique vilipendée par S. Agacinski peut faire s’interroger quant aux intérêts en jeu.
Mais qu’en est-il de « l’exploitation » de ces femmes (porteuses) qui seraient « noires, pauvres et en faiblesse psychologique », ce qui serait la seule explication sensée au fait qu’elles fabriquent des enfants sur commande ! Pourtant, l’étude de Betsy Aigen sur les gestatrices (la pire insulte faite aux femmes selon S. Agacinski qui n’a pourtant jamais cherché à rencontrer aucune d’elles) montre que 71 % d’entre elles ont en réalité un travail, qu’elles sont très majoritairement blanches, catholiques ou protestantes, et que leur revenu professionnel est en moyenne de 24 000 US $. Mais cela ne semble pas effleurer la philosophe, qui se contente d’aligner des poncifs. Et pour cause, la description traumatisante qu’elle fait de la grossesse, nous interpelle sur son vécu personnel. Du coup, comment croire son affirmation sur la grossesse, qui serait « la période la plus importante pour l’épanouissement de l’enfant » ? De plus, l’hypothèse des liens tissés in utero avec l’enfant n’a jamais été confirmée cliniquement, bien au contraire, comme l’a analysé l’anthropologue Arthur P. Wolf. Une femme qui ressent de l’affection pour l’enfant qu’elle porte n’entre pas obligatoirement dans une relation mère/enfant et comme le dit Elisabeth Badinter « l’instinct maternel n’existe pas ».
Revenons à la lutte des classes matinée de féminisme victimaire prônée par S.Agacinski. Les femmes porteuses, qui ne touchent rien en dehors du remboursement de leurs frais liés à la grossesse ne pourraient pas être considérées comme faisant un don altruiste, car selon S. Agacinski, prêter son corps à autrui n’est pas un don mais une aliénation. Et de nous citer Maurice Godelier, selon une définition surréaliste du don qui n’a rien à voir avec ce qu’explique cet anthropologue, par ailleurs favorable depuis longtemps à la légalisation de la gestation pour autrui au titre du don comme on peut le lire dans ses livres (« L’énigme du don », « Métamorphoses de la parenté ») et ses déclarations. Le revoilà de nouveau instrumentalisé quelques pages plus loin pour nous montrer toute la souffrance des enfants de la mère porteuse qui vont avoir peur toute leur vie d’être vendus à leur tour à un autre couple. Une fois de plus, il vaut mieux s’en tenir à la version originale. C'est-à-dire à la mention par M. Godelier des analyses de Héléna Ragone faites à la fin des années 80 lorsque que les pratiques de procréation pour autrui et les tous débuts de la gestation pour autrui n’étaient pas encadrés par des lois spécifiques, mais par celles de l’adoption. Ce qui faisait que la mère porteuse accouchait et s’occupait du bébé pendant quelques jours avant que l’adoption soit prononcée. Une situation de confusion des rôles qui n’existe plus depuis longtemps grâce aux propositions faites entre autres par H. Ragone : les parents intentionnels sont présents à l’accouchement et sont responsables de l’enfant dès sa naissance, comme d’ailleurs le veulent toutes les formes actuelles de protocole médical spécifiques à ces formes d’AMP.
Mais justement, qu’en est-il des lois ? S. Agacinski nous relate l’affaire Baby M qui aurait suscité une réprobation universelle, à commencer par les féministes américains. Car pour faire un enfant, écrit-elle, il faut une femme, et de tout temps, l’homme aurait inventé des outils pour contourner ce fait et s’approprier les enfants : mariage, contraception, avortement, et maintenant mères porteuses. S’il est vrai que cette affaire de procréation pour autrui a déclenché une panique morale de 1986 à 1988 aux USA, fortement alimentée par l’alliance d’un mouvement féministe et des fondamentalistes religieux, l’histoire ne s’est pas arrêtée là. En 1993, l’affaire Johnson vs Calvert a lancé un débat national, mais cette fois ci au sujet de la gestation pour autrui. Et c’est un autre courant féministe qui s’est imposé. Et que l’on retrouve dans le jugement . Comment expliquer que ce jugement, qui a mis un terme aux débats conflictuels aux USA et a servi de base législative à la majorité des lois dans le monde encadrant la gestation pour autrui ait échappé à S. Agacinski ?
Quelle que soit la motivation de ses écrits, il est certain que ce livre n’apporte aucune voie progressiste pour remédier à l’infertilité et aux questions attenantes, que ce soit pour les hommes ou les femmes. Mais si vous aimez la lecture des faits divers, la théorie du complot ou « Les Protocoles des Sages de Sion », ce livre est pour vous.
Eric Waldo le 16 juin 2009
Ecrit par : Cristophe | 03.11.2009
@Chris @Fab
D'un point de vue strictement éthique, je trouve effectivement que comparées à la GPA, l'IVG ou encore l'accouchement sous X sont des avançées beaucoup plus osées/courageuses/choquantes (suivant le point de vue de chacun) dans notre société.
Aujourd'hui on m'interdit de d'essayer de donner la vie par le biais de la GPA. Mais si j'étais fertile j'aurais la possibilité de priver de vie mon futur enfant (IVG), ou encore de renoncer à m'en occuper après ma grossesse (X) ???
J'ai beaucoup de mal à saisir la logique des choses sur cette échelle de valeurs.
Ecrit par : Véronique | 03.11.2009
L'IVG a été légalisée pour éviter toutes les dérives des avortements clandestins bricolés pour celles qui n'avaient pas les moyens d'aller à l'étranger.
L'accouchement sous X a été instauré pour éviter de retrouver les enfants dans les poubelles et protéger les femmes en détresse des conséquences médicales d'un accouchement clandestin voir solitaire.
Le pragmatisme l'a emporté sur l'intransigeance.
Dans le cas de la GPA, cette question est instrumentalisée pour revenir sur les libertés en matière d'IVG et d'AMP. Celà fait malheureusement un écran de fumée qui étouffe le pragmatisme.
Ecrit par : Cristophe | 03.11.2009
@ Cristophe : vous devriez lire un peu plus mon blog, cela vous éviterait de me comparer au "prolife".
Que ce soit claire : je ne suis pas contre A PRIORI la GPA mais contre tant que l'on aura pas écarté le risque de marchandisation, ou que l'on ne m'aura pas démontré que c'est possible. Et jusque là, rien ne m'a persuadé du contraire. Et encore une fois, vous niez la tiers personne (en me mettant sur le côté prolife... super... je me demande pourquoi je respecte encore vos interventions). J'aimerais vraiment croire que cette troisième personne ne pose problème, mais elle a un rôle... qui n'est quand même pas négligeable et qui peut se voir être instrumentalisé.
@ Véronique : vous dérapez là quand même en affirmant que l'IVG c'est, je site, "priver de vie mon futur enfant (IVG)". Non, c'est éviter, bien souvent, un réel problème par l'arrêt d'une grossesse et cela entraîne bien des souffrances. Mais pas la mort d'un enfant.
Et pour vous deux : ce n'est pas parce que je m'interroge, que je pose des questions, que j'exprime des doute quand au risques, que je suis un croisé anti quoique ce soit....
Et pour finir, merci d'éviter d'amalgamer ce qui n'a pas à l'être : l'IVG et l'accouchement sous X relèvent de choix individuels et personnels. Ce n'est pas le cas de la GPA...
Ecrit par : Chezfab | 03.11.2009
@ Chezfab :
Vous plaisantez j'espère ! Je n'ai jamais pensé que vous étiez comparable aux pro-life, bien au contraire ! Je faisais juste remarquer le danger de l'utilisation de certains arguments dénigrants la GPA qui sont basés sur des arguments pro-life. Ce texte là est très parlant :
Surrogacy and the Politics of Commodification (Professor Elizabeth S. Scott, Columbia Law School (10 octobre 2008)
http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1282330
Ecrit par : Cristophe | 04.11.2009
@fab
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@ Véronique : vous dérapez là quand même en affirmant que l'IVG c'est, je site, "priver de vie mon futur enfant (IVG)". Non, c'est éviter, bien souvent, un réel problème par l'arrêt d'une grossesse et cela entraîne bien des souffrances. Mais pas la mort d'un enfant.
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Cette phrase était à prendre au sens ironique en reprenant un de ces arguments anti-IVG caricaturaux dont je sens les mêmes relens dans le débat anti-GPA parfois certains sont "choqués".
Je suis bien évidemment pour l'IVG à titre personnel. Navrée si cela n'était pas clair dans mon intervention, cela me paraissait tellement gros comme argument que je pensais que ça allait de soi.
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Et pour vous deux : ce n'est pas parce que je m'interroge, que je pose des questions, que j'exprime des doute quand au risques, que je suis un croisé anti quoique ce soit....
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Je ne crois pas avoir insinué cela. Je suis bien contente qu'il y ait un débat ouvert quelqueqpart et vous en remercie sincèrement.
Sur ce je pense avoir fait le tour sur la GPA et cela commence à partir en sucette bien malgré nous, donc j'arrete là.
PS: Cela étant dit si ça n'est pas déjà fait: il me semble que vous avez dit n'être pas favorable à la FIV. Je serais très très curieuse de connaître vos raisons là-dessus et de débattre avec vous dans un autre post.
Ecrit par : Véronique | 04.11.2009
@ Véronique :
Pour la FIV, c'est une question de vision que j'en ai, de mes amies (ou proches) qui ont usé de cela. Le contre coup sur le corps est assez énorme, et je trouve, mais là c'est un avis tout personnel, que bien souvent le jeu n'en vaut pas la chandelle.
Sinon pour le reste : difficulté d'interprétation sur le net.
Ecrit par : Chezfab | 04.11.2009
@ Chezfab :
Je suis déçu de votre incapacité à échanger sur ce que j'ai pu écrire sur ce blog. Vous répétez les mêmes arguments sans comprendre ceux que l'on vous donne. Un bel exemple sur l'IVG où vous ne voyez qu'une décision personnelle !
Même si in fine c'est la femme qui a le libre arbitre de la décision finale, il y a la plupart du temps un homme qui a participé à la réflexion et qui va être aussi concerné par la décision.
Et justement, c'est assez proche de la GPA. C'est bien la gestatrice qui prend toutes les décisions finales sur sa santé, son corps, y compris l'e fœtus qu'elle porte. Les parents intentionnels peuvent donner leur avis, et rien de plus, même s'ils sont concernés par ces décisions. C'est bien la gestatrice qui prend la décision et elle seule d'entrer dans un parcours de GPA, de l'interrompre ou de le mener à terme. C'est surement ce que vous avez les plus de mal à comprendre.
Ecrit par : Cristophe | 05.11.2009
@ Cristophe : c'est toujours pareil, c'est moi le méchant... Mais c'était pas la peine de l'écrire 3 fois. J'en supprime donc deux....
Ensuite sur l'IVG, c'est une décision personnelle, désolé, je le dis et l'affirme. Si parfois (je dis parfois, car souvent, les femmes sont seules dans ces cas là, le courage n'étant pas l'apanage de l'humanité) un homme participe à la réflexion, cela ne peut être qu'en soutien. Pour une raison simple : c'est le corps de la femme qui va devoir subir l'avortement, c'est elle qui va devoir digérer cela et avancer. Pas l'homme qui, comme dans une grossesse, est extérieur et ne peut être qu'un soutien.
Ce qui est drôle c'est qu'ensuite vous reliez cela à la GPA en affirmant que... c'est pareil ! Y'a comme une nuance : on ne rémunère (sous quelque forme que ce soit) pas un avortement... C'est ça la nuance que vous refusez de voir, je ne sais pas vraiment pourquoi (enfin si je sais, parce que cette dimension est gênante pour votre argumentaire de libre arbitre supposé). Donc peut être que je comprends mal, ou bien est ce vous qui refusez de voir qu'il y a une dimension en plus...
Ecrit par : Chezfab | 06.11.2009
Quelques liens fort intéressants :
L'avis de L'association Nationale des Centres d'Interruptions de Grosses ; du Collectif National pour le Droit des Femmes et du Mouvement Français pour la Planning Familiial :
http://www.etatsgenerauxdelabioethique.fr/uploads/articles/contribution%20GPA%20Ancic%20cadac%20Mfpf.pdf
Et un avis d'un juge pour enfant : (J P Rosenczveig) http://jprosen.blog.lemonde.fr/2009/10/11/les-meres-porteuses-a-portee-de-loi-337/
Ecrit par : Chezfab | 06.11.2009
@Chezfab :
Désolé pour la répétition de mon précédent post, c'était involontaire.
Je suis assez d'accord avec vous qu'en cas de motivation financière, le consentement n'est plus libre. Mais à part les quelques pays qui autorisent la GPA sans l'encadrer, la place de l'argent est limité à la compensation des frais liés à l'état de grossesse, et les personnes qui seraient dans la détresse financière ou dont les motivations seraient d'ordre pécunier ne sont pas acceptées dans un parcours de GPA. Si la GPA serait légalisée en France, ce serait bien sûr dans un cadre du don, c'est à dire de neutralité financière, et donc dans le respect du consentement libre et éclairé.
Quand aux liens que vous citez, leur consultation montre des critiques très intéressantes de l'argumentaire paranoïaque de l'avis de L'association Nationale des Centres d'Interruptions de Grosses ; du Collectif National pour le Droit des Femmes et du Mouvement Français pour la Planning Familiial.
Votre choix m'apparait donc fortement orienté alors que de multiples organisations se sont prononcées en faveur de la GPA. Citons au hasard :
La fondation progressiste TerraNova :
http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=624
Les professionnels de la gynécologie et de l'obstétrique :
http://www.etatsgenerauxdelabioethique.fr/base_documentaire/exp/GEFF.pdf
Ecrit par : Cristophe | 08.11.2009
@ Cristophe :
Cela devient une habitude pour vous de vouloir me carricaturer, mais je trouve cela assez amusant en fait.
Vous découvrez donc qu'un point de vue est ... orienté ! Ben oui, désolé, mais toute conviction l'est, c'est parfaitement logique. Elle n'est que la résultante d'une étude d'un fait par rapport à sa grille de lecture. Et oui, ma grille de lecture est plus proche (beaucoup plus) des choix du Planning Familial que de Terra Nova.
Terra Nova, qui se présente comme progressiste, n'est que l'excroissance Strauss Kahnienne du social libéralisme en France. En gros, tout peut se résoudre par le marché et l'argent, y compris le social, et tout peut être régulé par la pression financière. C'est donc une position cohérente qu'ils adoptent en promouvant le GPA : créer un marché étatique (par l'encadrement subventionnel) pour réguler. Moi la régulation par le marché, je n'y crois pas. En ai je le droit ?
D'ailleurs, petite parenthèse que vous m'accorderez, quand je lis leur point de vue sur la tarrification sécu : http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=1049 je ne peux que m'inquiéter de ce salmigondis qu'est cette fondation....
Pour ce qui est de dire "les personnes qui seraient dans la détresse financière ou dont les motivations seraient d'ordre pécunier ne sont pas acceptées dans un parcours de GPA", c'est un vœu pieux. Cela relève de la croyance, ou pire du mépris des pauvres. Car comment connaitre la réelle envie ? Si ce n'est en partant au final du fait que pauvres est synonyme de profiteurs ? Ceci dit, je pense sérieusement que les pauvres sont souvent entrainer à devenir non pas des profiteur, mais des objets de profits pour les plus riches. Et qu'il en sera ainsi avec la GPA.
J'ajoute, car je ne l'ai pas fait avant par oubli, que je trouve odieuse votre comparaison entre GPA et avortement. C'est nier la douleur et le poids d'un choix comme celui de l'arrêt volontaire de grossesse. Et c'est finalement une assez belle démonstration de votre manque de recul sur ce qu'implique psychologiquement les choix faits....
Dernier point sur votre dernier lien, qui n'est pas celui des professionnels de la gynécologie et de l'obstétrique mais celui de la GEFF : Groupe d'Etude de la Fécondation In Vitro en France, rien d'étonnant à leur position ! la GPA passe forcément par une fécondation in vitro, et ils défendent donc leur business. On a rarement vu un mécanicien prôner la fin de la voiture....
Merci pour vos liens, ils viennent étayer finalement ce que je dénonce : une marchandisation du corps, et une vision purement pécuniaire.
Ecrit par : Chezfab | 08.11.2009
@Chezfab :
vous faites la démonstration complète de votre absence d'arguments en vous en prenant à ceux qui donnent après réflexion un avis favorable sur la GPA. Vos dénigrements assez ridicules sur TerraNova, DSK ou le GEFF ne reflètent que haine et bêtise et ne sont en aucun cas un élément qui concerne la GPA.
Concernant le GEFF, l'avis donné résulte d'une enquête allant bien au delà du GEFF puisqu'elle recouvrait aussi le BLEFCO et le CNGOF ,la SFG et la FNCGMF dont font partie les gynécos, les obstétriciens et les sages femmes. Pour détailler :
http://www.geffprocreation.com/pdf/questamp011008.pdf
http://www.cngof.asso.fr/D_TELE/090622_GPA.pdf
Visiblement, vous êtes trop pressé à dénoncer des turpitudes imaginaires qu'à lire les documents et surtout à essayer de comprendre. Il fallait s'en douter avec le titre racoleur et lamentable de votre billet. Sans compter vos conclusions à trois balles.
PS : confondre pauvreté et détresse financière, c'est assez insupportable, et ce d'autant plus quand on prétend donner des leçons de gauchisme aux autres.
Ecrit par : Cristophe | 08.11.2009
@ Cristophe :
Et bien, passé votre chemin ! Que voulez vous que je vous dise de plus ? Je vous donne un avis, vous le comprenez de travers, et vous venez ensuite pleurer parce que cela ne vous convient pas. Et tout cela sans arguments non plus en me reprochant de ne pas en avoir ! Ca vole haut !
Et croire en prime que j'ai écrit cela sans lire au préalable, ça ça ne vous grandit pas non plus. Seulement, vous êtes convaincu, parce que c'est votre cheval de batail, que vous détenez la vérité. Donc toute personne qui serait d'un autre avis serait une sorte d'hérétique à pourfendre. Souffrez un peu, cher Cristophe, qu'en démocratie, la vérité ne soit pas unique.
Et si vous m'aviez lu, au lieu de commencer à chialer sur la pauvreté de Terra Nova, vous auriez compris qu'a aucun moment je ne confond pauvreté et détresse financière. Mais encore eut il fallu pour cela que vous acceptiez de lire, et non d'interpréter mes propos.
Je pense que tout est dit, et qu'il est temps que ce débat entre nous (en fait un dialogue de sourds) cesse. Si vous souhaitez continuer, faite donc. Mais je ne suis pas certain de répondre.
Et désolé d'avoir égratigné votre idole. Je le referais sans déplaisir, soyez en certain.
Et in fine : je donne un avis, aucune leçon, et surtout pas de gauchisme, ce mot étant assez insultant en lui même.
Dormez bien.
Ecrit par : Chezfab | 08.11.2009
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