10.04.2008

Arrestation arbitraire de Waikilaf Cadin jeudi dernier à la suite d'une manifestation pour commémorer la mort de Matias Catrileo

Il s'agit de l'arrestation arbitraire de Waikilaf Cadin jeudi dernier à la suite d'une manifestation pour commémorer la mort de Matias Catrileo.
Il n'est franchement pas utile de comprendre l'espagnol pour se faire une idée de la façon dont carabineros et militaires agissent en ce moment au Chili, y compris sachant que la scène est filmée.

 

Le communiqué (traduction par Joëlle)

Mercredi 9 avril 2008

http://blog.gritosdelatierra.com

 

 

La violence continue en Araucanie : injuste arrestation de Waikilaf Cadin

A la suite une manifestation pacifique devant l’Intendance de la Région d’Araucanie, commémorant les trois mois passés depuis l’assassinat de Matías Catrileo, Waikilaf Cadin Calfunao, fils de la lonko de la Communauté Juan Paillalef, Juana Calfunao, a été arrêté brutalement.

Extrait de la déclaration de la Communauté Juan Paillalef.

Nous déclarons que le jeudi 3 avril à 13h20, alors que Waikilaf, assis sur l’escalier de l’Intendance de la IX région, était en train de passer une communication téléphonique, à la fin de la manifestation qui commémorait les trois mois passés depuis le lâche assassinat de notre frère Matías Catrileo par les Carabineros, il a été arbitrairement détenu par 6 carabineros sous les ordres d’un major sans être informé des raisons de l’arrestation et sans qu’il y ait de motif pour expliquer ces agissements policiers.

Devant la stupeur de nombreux témoins qui passaient par là et en présence de la presse il a été conduit par un fort contingent vers un véhicule de police et a fait l’objet d’un brutal passage à tabac lors duquel il était menacé au moyen d’armes de gros calibre, ce qui a fortement scandalisé les personnes qui ont assisté à la scène. Ont été aussi arrêtés deux jeunes gens qui se sont élevés avec la foule contre ces violences policières.

Waikilaf a été victime de blessures diverses résultant de cette action. Nous signalons qu’il a en outre été menotté et blessé à la tête par un chien utilisé par les policiers. Un fonctionnaire de Carabineros a déclaré de vive voix et avec mépris à trois personnes qui sont allées constater l’état dans lequel se trouvaient les détenus qu’il était lui-même l’auteur des violences et « qu’ils n’avaient qu’à le dénoncer aux Nations Unies ou à qui ils voulaient » et un autre fonctionnaire a menacé Waikilaf en lui disant « il vaut mieux que tu quittes le pays, sinon on va te garder prisonnier toute ta vie. »

A l’heure actuelle les autorités policières n’ont toujours pas communiqué la raison ni le nom du responsable de l’ordre d’arrestation arbitraire subie par Waikilaf et on ne l’a pas informé de ses droits, ce qui établit clairement qu’il s’agit d’un de ces montages policiers que l’Etat Chilien utilise de façon systématique pour inculper les dirigeants mapuche et ainsi traîner en justice la cause mapuche. Devant les faits exposés la communauté Juan Paillalef a décidé de présenter un recours en justice demandant la protection des membres de la communauté et en particulier de notre dirigeant Waikilaf, rappelant que, depuis qu’il a retrouvé sa liberté après un emprisonnement d’un an et demi à la Prison de Haute Sécurité de Santiago du Chili, en moins de trois mois il a été arrêté à deux reprises à l’aide de montages policiers. Notre communauté déclare que nous poursuivrons notre lutte pour nos revendications comme Peuple-Nation Mapuche et que ni la prison ni les persécutions politiques ni les intimidations pas plus que les montages policiers ne parviendront à venir à bout de notre conviction et de notre résistance pour ce que nous considérons notre droit légitime à défendre notre territoire ancestral.

Assez de montages policiers !!!

¡ ¡ ¡MARICHIWEU! ! !

Communauté Juan Paillalef

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Commentaires

Cela s'est passé jeudi dernier et bien sûr, pas une ligne dans la presse chilienne, pas une image dans les médias nationaux.
Seuls les médias alternatifs se font l'écho de ce qu'endure en ce moment le peuple mapuche.

Ecrit par : Joëlle | 10.04.2008

J'essaie d'être un de ces relai, par ton intermédiaire Joëlle. La situation est catastrophique, on se demande ce qui reste d'idéologie de gauche dans le gouvernement Bachelet quand on voit ce qu'elle est capable, soit de laisser faire, soit d'ordonner de faire....

Ecrit par : Chezfab | 11.04.2008

Une info arrivée hier par Enlace Zapatista.

Teresa Bautista Merino (24 ans) et Felicitas Martinez Sanchez (20 ans) étaient les voix de la radio communautaire "La Voz que Rompe el Silencio" (La voix qui brise le silence...pour les irréductibles à l'espagnol) de la localité de San Juan Copala, état d'Oaxaca (Méxique...pour les irréductibles à la géographie).

Alors qu'elles se rendaient à Oaxaca pour participer aux "Rencontres pour la Défense des Droits des Peuples de Oaxaca", elles sont tombées dans une embuscade dressée par un groupe paramilitaire et y ont laissé la vie.

Deux jeunes filles assassinées.
Si vous avez du temps à perdre vous pouvez essayer d'entrer leurs noms dans les moteurs de recherche des médias méxicains.

Alors, encore une fois, merci Fabien d'offrir ce relai aux voix que la société neolibérale qui nous étouffe tente de faire taire par tous les moyens.

Ecrit par : Joëlle | 11.04.2008

Vraiment de rien Joëlle, je ne fais pas grand chose....

Ecrit par : Chezfab | 11.04.2008

Un autre appel à la solidarité internationale sur Quechuanetwork le 10 avril:

En Amazonie péruvienne les communautés Achuar et Kichwa, employées comme main d'oeuvre par l'entreprise Petroplus ont eu le "mauvais goût" de manifester leur mécontentement en ce qui concerne leurs conditions de travail.

Le Ministre de l'Intérieur péruvien a dépêché illico 200 à 300 policiers pour mettre bon ordre à tout cela.

Bilan de l'opération: 3 morts, 52 arrestations (dont 2 blessés par balle et un mineur). Les personnes arrêtées sont détenues dans divers endroits, leurs familles ignorent où ils sont exactement. La moitié ne parle pas l'espagnol et ils n'ont pas d'interprète.

Un nouvel exemple d'Etat à la botte du néolibéralisme.

Ecrit par : Joëlle | 12.04.2008

FMI et banque mondiale sont les deux mamelles des assassin mondiaux....

Ecrit par : Chezfab | 12.04.2008

Le FMI vient tout de même de prendre position sur les agrocarburants. On verra bien ce que ça donne.

Mais en fait cela ressemble assez à une mise en garde du type: "on tond le mouton, on ne l'écorche pas". J'ai l'impression que ce qui les motive c'est surtout la peur d'un gros clash de la part de ceux qui n'ont plus rien à perdre.

Ecrit par : Joëlle | 12.04.2008

Oui c'est plus cela le problème : comment évier que tout s'embrase trop vite, pour gagner encore un peu avant...

Ecrit par : Chezfab | 13.04.2008

Je vous mets ci-dessous le lien d’un article de:

‘Observatorio para la Protección de los Defensores de Derechos Humanos’

L’Observatorio vient de recevoir des nouvelles très préoccupantes de l’état de santé de Juana Calfunao, lonko, c’est-à-dire autorité traditionnelle de la communauté ‘ Juan Paillalef’, mère de Waikilaf Cadin Calfunao.

Elle est incarcérée depuis le 15 novembre 2006 et a été condamnée à trois ans de prison le 31 octobre 2007. Aux yeux des juges elle s’est rendue coupable ‘d’atteinte à l’Autorité’. (En fait elle a coupé une route d’accès pour protéger sa communauté et craché au visage d’un procureur)

Elle souffre de graves problèmes cardiaques (et autres), n’est pas soignée et se retrouve en butte aux vexations de ses geôliers dans la prison de Temuco.

http://www.omct.org/index.php?id=&lang=es&actualPageNumber=1&articleId=7873&itemAdmin=article

Ecrit par : Joëlle | 19.06.2008

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